Les Temps modernes
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MaCultureGeek

1 167 abonnés 1 224 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 janvier 2020
Il n'y aura jamais suffisamment d'encre et de papier, de rédacteurs et de pages internet pour parvenir à vanter les mérites de l'artiste Chaplin, dont le génie visionnaire semblerait ne trouver aucune équivalence dans un cinéma politiquement engagé dont il ne reste aujourd'hui que des bribes trop discrètes. Si l'homme, taxé à l'époque de communiste, s'attaquait à tant de thématiques en si peu de mètres de bobines, l'efficacité de dénonciation qu'il collait à chaque image frôlait la perfection pure et dure, imposant son talent comme meilleure manière de dénoncer en divertissant.

Toute la première partie, autrement dit la plus citée, mêle avec brio le désespoir des travailleurs utilisés puis jetés comme des outils obsolètes avec un burlesque généreux et désarçonnant, qui couvera souvent une hilarité salvatrice : Chaplin, pour le baroud d'honneur de son très cher Charlot, repousse toujours plus les limites de son art en intégrant astucieusement des éléments parlants à cette bobine pourtant presque entièrement muette, ajout qu'il répète deux fois.

La première comme aliénation du travailleur par le contrôle d'une autorité tyrannique : le langage n'intervenant que par la technologie, il est constamment lié à la figure du patron d'usine et se rapporte à de la surveillance, presque de la persécution, atteinte étouffante aux libertés du peuple, que Chaplin allie habilement à la maladresse fantastique de son protagoniste, source inépuisable de séquences devenues cultes.

On peut voir ici, outre une critique évidente du capitalisme et du contrôle des masses par un travail déshumanisant que les prolétaires considèrent, paradoxalement, comme un mal nécessaire pour continuer de survivre, une parabole dissimulée sur l'impact désastreux du cinéma parlant sur les films muets : à l'époque ultime défenseur populaire de cette parcelle du 7ème art en voie de disparition, il place le langage en premiers lieux comme un oppresseur puis, dans la même scène, comme source d'inspiration artistique aux premières manifestations du génie chorégraphique de Charlot.

Chaplin associe critique sociale et artistique pour rire du capitalisme et du cinéma parlant, affrontant, tout maladroit qu'il est, la technologie sous les commentaires réprobateurs de son chef d'usine, se faisant de ses collègues travailleurs des ennemis en affirmant sa liberté d'agir; c'est là que survient un malaise irrépressible, de voir ces automates conscients obligés de répondre à chaque sonnette d'arrêt ou de reprise du travail, norme devenue réflexe presque instinctif.

Chaplin propose comme moyen de survie la fuite et le renversement de l'autorité : d'abord de son patron en ne respectant pas ses directives, puis de la police en sauvant des geôles la resplendissante Paulette Godard, se riant alors des forces de l'ordre. Il n'oublie cependant pas que chaque acte doit avoir une conséquence, et fait passer son temps à Charlot sous le poids constant de ses responsabilités : les réprimandes de ses supérieurs hiérarchiques, des représentants de l'Etat, la simple consommation quand ils se retrouveront dans un centre commercial, de nuit, faussement libres de faire ce qu'ils veulent, puisqu'il faudra se dissimuler aux premières minutes de la réouverture.

Ses thématiques bien avancées, l'usine rouverte après avoir licencié maints ouvriers, amenant dans son sillage de faux espoirs de vie tranquille, conduisent ce fantastique duo de famille de substitution vers la deuxième façon d'inclure le langage : la scène du bar, et la préparation d'un spectacle qui devra leur apporter argent et réputation, détourne le réalisme du langage avec une malice géniale.

Charlot témoigne, après toute la séance sur les préparatifs complexes pour apprendre à bien chanter, de la liberté artistique de Chaplin : au lieu de respecter le langage, de proposer des phrases construites comme son chef d'usine, le voilà devenu le chef de la danse deson ultime chef-d'oeuvre comique, seul face à lui-même, sans ses anti-sèches et seulement épaulé par son imagination, son talent, sa liberté artistique : c'est ici que le personnage de Charlot épouse la grandeur de sa destinée d'homme d'improvisation et devant vivre dans l'instant, puisqu'il n'y a finalement que dans la spontanéité que ressort toute sa richesse d'esprit et son humanité.

Cette parole qui l'enchaînait autrefois est désormais totalement sous son contrôle, et devient la représentation de son génie, langue qu'il crée entièrement, qu'il s'approprie comme il dessine, sur un magnifique dernier instant, un sourire spontané sur le visage de sa bien-aimée.

Smile.
moket

668 abonnés 4 729 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 mai 2020
Tout le génie comique et la tendresse de Charlot dans ce film qui manque parfois un peu de liant. Cela ressemble à un enchaînement de sketches, mais attention, de grande qualité.
Alasky

460 abonnés 4 663 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 octobre 2021
Un chef d'oeuvre et bien sûr un des plus grands classiques du 7ème art. Charlie Chaplin, ce virtuose devant et derrière la caméra, passe des scènes drôles aux scènes émouvantes, toujours avec une grande maîtrise. La bande originale est magnifique. Un film incontournable et intemporel.
Gentilbordelais

405 abonnés 3 602 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 décembre 2017
Chaplin croque parfaitement le nouveau monde avec l'industrialisation. et, c'est forcément drôle, brillant, émouvant aussi. du grand cinéma classique, incontournable, inoubliable même 80 ans après!
Ricco92
Ricco92

291 abonnés 2 340 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 juin 2025
En 1936, le cinéma sonore existe depuis 9 ans et le muet a quasiment disparu. Malgré tout, après de longues hésitations (il avait d’abord écrit un scénario pour le parlant), Charles Chaplin décide de conserver son art de la pantomime et de faire des Temps modernes un film muet. Enfin presque car, pour la première fois, le cinéma de Chaplin contient des éléments parlants mais ceux-ci sont méticuleusement choisis.
En effet, Charlot acquiert une voix pour la chanson se situant à la fin mais celle-ci devient un élément comique spoiler: puisque notre héros perd les paroles de celle-ci et pallie à son problème en chantant un charabia international qui lui permet une fois de plus de parler à tous les publics à travers le monde et qui rend éternelle la chanson française Je cherche après Titine
. Mais outre cette séquence hilarante (et quelques bruitages comiques comme des gargouillements), le parlant lui permet d’appuyer le discours engagé du film. Effectivement, les seuls dialogues compréhensibles proviennent de machines permettant de donner des ordres, ce qui appuie totalement sa critique de la déshumanisation de la société moderne.
Chaplin signe un véritable tract politique évoquant à la fois le travail à la chaine, les révoltes ouvrières, le chômage et, une fois de plus, la pauvreté. spoiler: Il n’est d’ailleurs pas innocent que notre vagabond bien aimé préfère un moment la prison à une liberté qui constitue essentiellement pour lui aliénation par le travail (le geste répétitif qu’il effectue toute la journée devenant une vraie maladie) et misère.

Chaplin est passionné par son sujet et cela se ressent par l’inventivité dont il fait preuve spoiler: : il est impossible d’oublier les séquences où Charlot est martyrisé par la machine à manger, est aspiré par la chaine de montage, chante la reprise de Je cherche après Titine évoquée plus haut ou est en train de patiner sans se rendre compte qu’il risque sa vie. Cette dernière séquence montre, en outre, que, bien qu’il ne soit généralement pas vanté pour ses innovations formelles, Chaplin contrôle parfaitement la technique du 7ème Art puisqu’elle a été créée grâce à un trucage ingénieux et parfaitement maitrisé utilisant le principe du matte-painting
. De même, son sens plastique ressort avec les magnifiques plans d’usine que l’on peut trouver dans la première partie. Quant à sa maitrise du montage, elle apparait clairement avec le célèbre fondu enchainé entre les deux premiers plans du film qui provient directement des recherches du cinéma soviétique (et en particulier du travail de Sergueï Mikhaïlovitch Eisenstein).
Enfin, Chaplin signe à nouveau une splendide bande originale contenant le célébrissime morceau Smile.
Ainsi, même si le public actuel pourra être un peu heurté par la jeunesse de la femme dont Charlot tombe amoureux (il est indiqué qu’elle est mineure, ce qui rappelle les différents problèmes qu’a pu rencontrer l’acteur-réalisateur dans la vraie vie à cause de la jeunesse de certaines de ses conquêtes), Les Temps modernes reste une œuvre hilarante et touchante tout en ayant un discours politique toujours d’actualité. En résumé, un chef-d’œuvre qui n’a aucunement vieilli malgré les années et le fait qu’il soit un film muet et qui est un des meilleurs films du grand Charles Chaplin.
Charlotte28
Charlotte28

207 abonnés 2 916 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 septembre 2020
Concluant à la fois le cycle Charlot et celui du (quasi) muet, ce film ressemble parfois trop à une compilation des précédents, entraînant une accumulation de péripéties qui nuisent à la qualité de l'intrigue ainsi que des gags répétitifs qui ne resteront pas tous dans les annales. Cependant le génie de Chaplin apparaît toujours aussi vivement, qu'il s'agisse de l'analogie de la scène introductive marquant clairement la critique sociétale exploitée ici, de quelques tours d'équilibriste humoristique (le patinage au bord du chantier) et surtout de cette capacité admirable à rendre des scènes apparemment anodines fort poétiques, notamment le numéro chanté. Une œuvre vieillie mais foisonnante.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

167 abonnés 1 789 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 mai 2021
Ce film, un des plus aboutis de Chaplin, décrit un monde mécanisé dans lequel le grain de sable, c’est l’homme.
Ce film renvoie aussi à un extrait de « Dans la dèche à Paris et à Londres » de Georges Orwell publié en 1933 qui est terriblement d’actualité un siècle plus tard : « Dans la pratique, personne ne s’inquiète de savoir si le travail est utile ou inutile, productif ou parasite. Tout ce qu’on lui demande, c’est de rapporter de l’argent. Derrière tous les discours dont on nous rebat les oreilles à propos de l’énergie, de l’efficacité, du devoir social et autres fariboles, quelle autre leçon y a-t-il que “amassez de l’argent, amassez-le légalement, et amassez-en beaucoup” »
Et pour la critique même de ce film phare du cinéma qui conduira en partie Chaplin à s’expatrier en Suisse jusqu’à la fin de sa vie suite à la chasse aux sorcières ; Jim Stark écrit : « En 1911, Franck Taylor, ingénieur économiste, crée l’Organisation Scientifique du Travail (OST) et donne naissance à un courant économique désormais célèbre : le taylorisme. Le scientifique diffuse ses idées selon deux grands principes : la division horizontale du travail qui consiste à supprimer toute tâche intellectuelle aux ouvriers afin qu’ils se concentrent sur le travail manuel et la division verticale qui, elle, attribue à chaque travailleur une tâche spécifique ayant pour but l’accélération et l’automatisation de la production. Séduit par cette thèse, Henry Ford décide de l’appliquer dans ses chaînes de montage automobile. Les profits des usines explosent et le modèle micro-économique est repris par toutes les grandes entreprises. Dès lors, l’homme devient un rouage de la machine capitaliste et doit suivre la cadence sous peine d’être éliminé. Pour éviter tout mouvement de contestation, Ford s’appuie sur les thèses keynésiennes et augmente les salaires, afin d’accroître la demande. Il crée le Five Dollar Day et ses ouvriers deviennent les premiers consommateurs des produits Ford.

Charles Chaplin a toujours été préoccupé par le sort de son pays d’adoption ; et lorsque la pauvreté envahit les rues pour se mêler à la richesse opulente d’une caste dominante, il ne peut rester muet. 1931 : peu de temps après que la crise a frappé les Etats-Unis, le cinéaste quitte Hollywood et entreprend un voyage de dix-huit mois autour du monde. Lors de ce périple, il rencontre des personnalités telles Gandhi ou Einstein aux côtés desquelles il constate une hausse effarante du chômage et de la pauvreté. Selon lui, la solution à ces dérives passe par une meilleure distribution des richesses et du travail. Il s’approche ainsi des thèses marxistes qui lui vaudront tant d’ennemis aux USA. Lors d’une interview, il déclare à un journaliste : « Le chômage, voilà la question essentielle. Les machines devraient faire le bien de l’humanité au lieu de provoquer tragédie et chômage. » De retour de voyage, il n’a qu’une envie : produire un grand projet qui servira de creuset à ses idées politiques. Après avoir écrit une version définitive de son scénario, d’abord intitulé Les Masses, Chaplin commence un tournage marathon le 11 octobre 1931 qui prendra fin le 30 août 1935 !

On peut voir dans le changement de titre évoqué plus haut une volonté d’orienter l’œuvre vers le conte et l’éloigner ainsi du drame social pur (la brutalité du titre Les Masses évoque d’ailleurs des ouvrages marxistes tel que Le Capital). On retrouve cette volonté dans la modification de l’épilogue : la jeune fille se retrouvait nonne alors que Charlot était hospitalisé à la suite d’une dépression nerveuse ! Devant ce final dénué d’espoir, l’humaniste Chaplin remet tout en cause et s’attelle à une autre conclusion, plus joyeuse, dans laquelle le couple, bras dessus bras dessous, se dirige vers des horizons lointains.

Alors que le film s’apprête à sortir, le cinéma parlant a déjà fait son apparition depuis presque dix ans. Peu enthousiasmé par cette nouvelle approche du septième art, Chaplin se contraint malgré lui à faire une tentative sur Modern Times. Des dialogues sont écrits et des essais de voix effectués. Peu convaincu par cette expérience, le cinéaste les abandonne et préfère consolider son film à l’aide d’une musique et d’effets de style, tel le patron de l’usine communiquant ses ordres à travers un écran. Le pari s’avérait donc risqué, mais Chaplin savait très bien que la force de son cinéma résidait dans l’utilisation du muet et préféra remplacer les dialogues par une gestuelle importante de ses personnages, jouant sur des sourires, des larmes ou autres expressions. Néanmoins, Les Temps modernes n’est pas totalement muet : lors d’une scène au cours de laquelle Charlot est engagé dans un restaurant à la fois comme serveur et chanteur, il oublie les paroles de son texte et les écrit sur ses manchettes. Lorsqu’il doit faire entendre sa voix, les manchettes s’envolent et Charlot doit improviser lui-même un texte dans un charabia "pseudo-italianisant". Mélange de français et d’italien incompréhensible, cette fusion de langues rappelle l’espéranto, ce dialecte universel imaginé pour unir les hommes.

Si Charles Chaplin renie le parlant, il ne néglige pas pour autant ses partitions musicales et compose celle de Modern Times qu’Alfred Newman doit orchestrer. Mais Chaplin ne supporte pas le travail de ce chef d’orchestre et compositeur, qui côtoiera pourtant les plus grands tels que Hawks, Ford ou Lang. Il lui demande sans cesse de modifier ses partitions. Excédé par la somme de travail demandée par Chaplin, Newman quitte la production.

Ce ne sera pas le seul souci que rencontrera le cinéaste au cours du tournage. La société franco-allemande Tobis portera de graves accusations de plagiat à l’encontre de Chaplin pour avoir volé des idées et des scènes à un autre film sur l’ère industriel, A nous la liberté (1931) de René Clair. La société qui détenait les droits de ce dernier alla jusqu'à réclamer la destruction du film de Chaplin. René clair, en tant qu’admirateur du cinéaste anglais, fut assez gêné par le problème et finalement Charles Chaplin acceptera de payer une modique somme pour se débarrasser à jamais de cette histoire. Chaplin avait sa petite idée sur les propos calomnieux tenus envers son film et mit ceci sur le compte d’une vengeance personnelle.

Le tournage prit fin le 30 août 1935 et la production le 21 janvier 1936. Il était donc temps de se lancer dans le grand bain des médias et une première mondiale fut organisée au Rivoli Theater de New York le 5 février 1936. S’ensuivirent alors trois grandes projections, respectivement à Londres, Hollywood et Paris. Malheureusement, le film reçut un accueil mitigé, une partie de la presse reprochant à Chaplin une tentative de propagande des idéologies communistes ! Dès le générique le réalisateur affiche ses ambitions, non pas de construire un film consacré uniquement à Charlot mais plutôt de réaliser une satire prenant pour cible le modèle social américain. Ainsi le personnage interprété par Chaplin est un factory worker (un ouvrier d’usine), autrement dit un rouage auquel on a retiré toute forme d’humanité. Chaplin filme les hommes allant chercher un travail à l’usine comme de vulgaires moutons d’un immense troupeau. Ces premières images plantent le décor : les nouvelles aventures de Charlot seront fortement ancrées socialement avec une ambition politique résumée dans ce premier carton évoquant "Un récit sur l’industrie, l’initiative individuelle et la croisade de l’humanité à la recherche du bonheur."

Cependant, si la critique de Chaplin est violente, elle passe toujours par le rire, l’image symbolique du film étant celle de Charlot dont le corps s’emmêle dans les rouages des machines. L’homme et la machine exécutent un numéro de danse et ne forment plus qu’un tout. La virtuosité que le cinéaste impose lors de cette scène parfaitement chorégraphiée lui permet de dominer la machine à laquelle il impose sa vision et donc ses idées : le système et ses rouages ne sont rien sans l’homme ; une manière pour Chaplin de replacer l’homme en haut de l’échelle sociale. Le spectateur va d’ailleurs beaucoup rire durant tout le film. Ainsi, la séquence où Charlot resserre tous les boulons de l’usine, allant jusqu’à confondre les boutons de la robe d’une femme avec ces mêmes boulons, demeure hilarante. Et pourtant, là encore, le rire se fait jaune car si le gag est efficace, il montre aussi combien les ouvriers sont aliénés.

Comme souvent dans sa filmographie, Chaplin est accompagné d’une présence féminine, ici l’actrice Paulette Goddard qu’il a rencontrée lors de son voyage en Europe. Celle-ci est présentée comme l’alter ego de Charlot, abandonnée, sans aide et se débrouillant par ses propres moyens. Leur rencontre - lors d’une des plus belles scènes du film - marque le début d’une nouvelle vie : la jeune fille vole un pain, s’échappe puis est arrêtée. Charlot a alors une lueur d’humanité : il se fait passer pour le voleur et prend la jeune femme solitaire sous son aile. Cet événement sert de déclic à un retour vers une forme d’humanité pour "l’ouvrier machine".

En plus d’être une satire sociale déguisée sous une apparence burlesque, Les Temps modernes s’impose donc comme une très belle histoire d’amour. Il est intéressant de voir comment l’amitié naissante entre les deux personnages grandit au fil du temps pour se muer en idylle. Suite à leur rencontre, ils se retrouveront par le plus grand des hasards. Ce signe du destin les aidera à réaliser cet amour. A partir de cet instant, ils uniront leurs forces et trouveront ainsi le remède à tous leurs problèmes. Charlot et la gamine ne feront alors plus qu’un : elle se nourrit de la faculté de Charlot à se débrouiller, et lui puise dans l’optimisme et la confiance de la jeune femme. Sur ce dernier point, la scène du restaurant est révélatrice : Charlot ne connaît pas les paroles de sa chanson mais devant les encouragements de la gamine, il se met à interpréter ce fameux charabia qui ravira le public. Cet amour prend pleinement forme au final lorsque la gamine, apparemment dépitée, retrouvera son courage devant l’optimisme candide affiché par Charlot, ce dernier allant jusqu’à la faire grandement sourire. « Nous nous débrouillerons », lui dit-il dans un dernier carton qui résume magnifiquement son message d’amour et de partage. »
tout-un-cinema.blogspot.com
Arnaud R
Arnaud R

99 abonnés 826 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 mars 2020
Une superbe œuvre poétique et d'une grande modernité, qui allie une réflexion sur l'industrialisation, les effets du capitalisme et la déshumanisation.
surfnblue
surfnblue

89 abonnés 1 870 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 juillet 2020
La crise économique américaine, comme on a du mal à l'imaginer. Ses plans de relance aussi, dans la déshumanisation du travail. Et puis Chaplin, toujours inimitable. Le N&B ajoute également au dramatique du scénario. Un classique.
Michael78420
Michael78420

68 abonnés 1 954 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 avril 2026
Le démarrage est tonitruant et on est surpris, quatre-vingt-dix ans après sa sortie en 1936, de se laisser prendre au jeu de ce film muet ou presque. Ainsi les premières images montrent des moutons pressés d'aller on ne sait où. Tandis que la scène suivante montre des hommes qui sortent du métro, également en troupeau. Le ton est donné est on s'attend à une sévère critique de la mécanisation. Pendant que les ouvriers travaillent à des cadences infernales, le président de l'entreprise fait un puzzle dans son bureau. Puis le patron apparaît soudain au travers d'un écran dans les toilettes tandis que l'ouvrier fume une cigarette, à l'affût des baisses de productivité. On vire alors dans la critique du capitalisme. La suite est beaucoup moins captivante. Les gags s'enchainent, soutenus par une musique quasi permanente. En 2026, on n'est plus habitué ! L'histoire avec la gamine (Paulette Goddard) est gentillette. En revanche la démonstration de patin à roulettes par Charlie Chaplin est stupéfiante. L'ensemble est inégal, probablement en décalage avec son époque déjà passée au parlant, et sans véritable propos de fond. À voir pour soigner sa culture des classiques.
Marc Taton (Belgique)
Marc Taton (Belgique)

43 abonnés 1 064 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 mai 2025
Un tout grand classique à consommer sans modération, à la fois une dénonciation de ce qu'est la société moderne (sur ce point le film est toujours d'actualité et le restera encore très longtemps) et une avalanche de séquences burlesques dont Charles Chaplin avait le secret, je pense qu'en mantière de burlesque personne n'a égalé ce petit homme par la taille et si grand par le talent.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 14 décembre 2012
Excellente satire des "temps modernes" de l'époque. Qui est d'ailleurs toujours plus ou moins d'actualité aujourd'hui encore.
Eselce

1 626 abonnés 4 240 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 mars 2017
Successions de sketch avec pas ou peu de dialogues, l'humour est toujours aussi bon aujourd'hui et les méthodes de travail archaïques de l'époque nous font aisément comprendre une partie du remplacement de l'homme par la machine, pour tout ce qui concerne les tâches pénibles, tout en nous faisant comprendre que l'homme doit travailler sans être esclave de la machine. La plupart des mimes sont très explicites et drôles. La musique colle bien et le film est d'un beau romantisme à la fois simple et naïf. Un incontournable chef d'oeuvre de Chaplin et du cinéma.
Hotinhere

799 abonnés 5 513 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 janvier 2021
Pour la dernière apparition du personnage de Charlot, Chaplin met en scène une satire aussi drôle que féroce de la société industrielle, avec une grâce poétique et une invention burlesque inégalables, accompagnée par la sublime Paulette Goddard, qui sera sa femme pendant dix ans. Un chef-d'œuvre intemporel.
Ti Nou

629 abonnés 3 921 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 mars 2015
Quand Charlie Chaplin s'attaque au taylorisme, cela donne une critique pertinente, parfois forte (la prison serait plus douce que le travail en usine...) dans les premières minutes mais elle ne tient pas forcément sur toute la longueur. En effet, quelques passages à vide viennent un peu handicaper le rythme.
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