La Chevauchée fantastique
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haciol
haciol

11 abonnés 264 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 janvier 2008
Un beau film,pas exeptionel mais très plaisant...
Charlotte28
Charlotte28

204 abonnés 2 898 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 octobre 2022
Mêlant les différents attendus d'un western, John Ford y ajoute une galerie de personnages nettement dessinés prouvant l'inanité du manichéisme. Alternant le huis clos d'une diligence et les grands espaces de l'Ouest américain où se trame l'attaque des Indiens, la mise en scène demeure dynamique, soutenue par d'efficaces dialogues ainsi qu'un excellent casting mené par un jeune John Wayne. Un incontournable du genre, entre topos et innovation!
weihnachtsmann

1 622 abonnés 5 745 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 septembre 2015
En terme de chevauchée, on peut être déçu.....sauf à attendre la dernière demi-heure. L'essentiel du film se situe dans les auberges ou les huis-clos se succèdent. C'est ce qui fait la force du film. C'est assez théâtral, très typé au niveau des personnages et l'histoire (tirée d'une nouvelle de Maupassant, mais arrangée) est assez dense et intéressante psychologiquement. On ne peut pas dire que c'est un western classique car les séquences cow-boys et indiens sont rares mais c'est davantage une analyse des comportements humains au sein de lieux emblématiques du western et des codes qu'on aime y retrouver: le sens du sacrifice, la droiture, l'aventure évidemment, les grands espaces et l'amour toujours...
Acidus

877 abonnés 3 957 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 février 2018
"La chevauchée fantastique" est un des films les plus emblématiques de John Ford mais surtout un classique du western américain. Après visionnement, j'admets ne pas avoir été totalement conquis par cette traversée en territoire apache en compagnie de cet équipage composé depersonnages aux profils hétéroclites mais néanmoins très stéréotypés. D'ailleurs, je ne comprends pas vraiement cet engouement autour de ce long métrage. Certes, "La chevauchée fantastique" relance la mode du western américain et booste la carrière de John Wayne jusqu'à en faire l'icône-type du cow-boy. Pourtant, l'histoire reste très basique, souffre de longueurs et ne possède pas cette dimension épique que l'on était en droit d'attendre d'une telle odyssée. John Ford n'est heureusement pas un manche et sa mise en scène relève le niveau ainsi que la photographie. On profite bien de ces magnifiques paysages de cette région de Monument Valley. Une réputation surfaite donc mais un western plaisant bien que les années commencent à peser.
loulou451
loulou451

147 abonnés 1 503 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 février 2012
Un tournant dans la carrière de Ford et de Wayne. Car c'est avec la "Chevauchée fantastique" que John Wayne atteint définitivement le rang de star et de plus grand "cowboy" de l'histoire du cinéma américain. Tourné la même année qu' "Autant en emporte le vent" (qui lui ravira les statuettes des oscars), la "Chevauchée fantastique" n'en reste pas moins un film majeur du traditionnel western américain. Il est vrai que le film a de quoi séduire. Par son scénario tout d'abord qui vient dépoussiérer le genre : une prostituée au grand cœur tombe amoureuse d'un repris de justice ayant soif de vengeance, un joueur amoureux d'une femme mariée et enceinte, un médecin alcoolique épris de justice et de liberté, de conducteur maladroit et un shérif un peu borné, un banquier malhonnête et peureux, le tout rassemblé dans une caravane traversant les plaines désertiques de Monument Valley, dans le Nouveau-Mexique et poursuivie par une horde d'indiens commandés par le mythique Géronimo. excusez du peu ! Ajoutez à cela, un règlement de compte final digne des plus grands duels du cinéma (incontournable avec "L'homme qui tua Liberty Valence") et vous avez sous les yeux l'un des plus grands monuments du western américain. Repris, remis à la sauce du jour, parodié parfois, "la Chevauchée fantastique" demeure l'archétype même du western de Ford, décalé, sombre, épique, déconcertant parfois, où les méchants ne sont pas vraiment des méchants, où les hommes bons restent victimes de leurs faiblesses...
Tupois Blagueur
Tupois Blagueur

75 abonnés 1 162 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 6 septembre 2015
Cela a beau être un classique du western, il n'en reste pas moins que "La Chevauchée fantastique" est vraiment décevant. Trop d'attentes de ma part ? Peut-être. Une réputation surfaite ? Sans aucun doute. Comment élever ce film sans saveur au rang de film culte, quand celui-ci, sensé durer environ 90 minutes, en paraît bien plus ? La faute n'est pas à rejeter sur une seule personne, tout le monde est fautif dans l'histoire : le script est plat, ennuyeux pendant les deux premiers tiers du long-métrage, et les dialogues sont creux et sans substance, bref les scénaristes se sont plantés. John Ford n'a pas arrangé les choses avec sa mise en scène passive et trop sobre pour compenser la vacuité du fond. Et les acteurs, que puis-je en dire ? Ils sont mous, mauvais et peu charismatiques, excepté Claire Trevor et Thomas Mitchell, qui sont les deux seuls à tirer leur épingle du jeu et à faire montre d'un véritable talent. Heureusement que le dernier tiers, plus généreux en action et plus avare en dialogues, sauve le film du naufrage complet grâce à une attaque de diligence bien menée. Toutefois c'est trop peu pour un film qui se prétend être un classique. Mauvais.
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 777 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 août 2017
John Ford est un géant du septième art. De ceux qui ont non seulement un style inimitable, mais aussi de quoi dire, et surtout de belles choses à dire. C'est, en somme, un artiste complet. « La Chevauchée fantastique » est un grand film par sa perfection formelle : cadrages magnifiques (que l'on parle de gros plans sur des visages ou de plans larges sur les paysages de Monument Valley), rythme (et montage) tantôt trépidant, tantôt calme et serein, bref maîtrisé à la perfection, merveilleux usage du son et de la musique, et bien sûr, mise en scène impressionnante de grandeur et d'évidence (cette rencontre, le soir, entre Dallas et Ringo, tous les passages dans et au dehors de la diligence, ou encore cette scène inoubliable à la fin du long métrage, qui clôt l'intrigue avec force mais retenue – scène que l'on ne risquerait pas de trouver dans un film actuel, surtout dit d'« action »). Oui, esthétiquement parlant, « La Chevauchée fantastique » est génial. Mais plus encore, ce qui est incroyable chez John Ford, c'est la richesse de ses scénarios et de ses personnages. Chacun d'entre eux est profondément fouillé, même s'il est assez archétypique (le bandit, le shérif, le banquier, le joueur, la prostituée, le médecin alcoolique,...), et surtout, brillamment (et le mot est faible) interprété ! Tous, je dis bien tous les acteurs sont ici excellents, des premiers aux seconds rôles. Mais ce qui frappe le plus, c'est la compassion qu'a Ford pour ses personnages, voire l'amour qu'il leur porte. Malgré leur passé trouble ou leurs défauts, les personnages de « La Chevauchée fantastique » ont toujours un bon fond (exceptés peut-être ce banquier égoïste ou ces dames de la bonne société un peu (beaucoup) trop hautaines pour sembler vraiment humaines...). On comprend rapidement qu'outre la joliesse picturale, ce qui intéresse John Ford c'est la mise en situation de ses personnages face aux aléas de la vie et aux exigences morales qui leur incombent. Notons aussi que Ford est tout aussi à l'aise dans le registre épique que dans le registre intimiste et l'intériorité de ses personnages. Si les scènes de batailles sont exceptionnelles, que dire de ces jeux de regards qui disent tout des relations entre les protagonistes ! Et le résultat est plus que réussi : on passe un fort agréable moment en la compagnie de ces femmes et de ces hommes réfugiés dans leur diligence brinquebalante. Un grand classique, qui réserve un moment de cinéma particulièrement rare et appréciable.
selenie

7 460 abonnés 6 689 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 avril 2008
Le film qui rendit star John Wayne ! Rien que ça ça vaut le détour.
D'après une trame très classique John Ford nous offre une histoire au scénario plus travaillé qu'il n'y parait (surtout pour un western de cette époque). Où le bandit n'est pas aussi méchant et où les voyageurs sont obligés de s'entraider.
L'apparition de Wayne est une image culte et les cascades sur la dilligence n'ont rien à envier aux cascades aseptisées d'aujourd'hui.
Chef d'oeuvre culte à revoir à volonté
Barry.L
Barry.L

37 abonnés 136 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 mars 2020
‘’Stagecoach’’ est probablement l’un des films les plus importants de la première moitié du XXème siècle. Grâce à lui, deux hommes vont accéder à la notoriété. Simple aphorisme pour dire que ces deux hommes deviendront deux monstres sacrés du cinéma, deux myhes qui à eux seuls sont des incarnations vivantes des Etats-Unis. Ces hommes, ceux sont bien évidemment l’acteur John Wayne et le réalisateur John Ford (on peut aussi ajouter le grand scénariste complice du réalisateur Dudley Nichols). Le film marqua un tournant en relançant la mode du western, genre qui sera au coeur de la plus belle période de l’histoire du cinéma : l’âge d’or hollywoodien des années 40-50.

Les temps sont troublés : le chef apache Geronimo est sur le sentier de la guerre. Plusieurs personnes embarquent à bord d’une diligence pour un périple au coeur de l’ouest sauvage : une prostituée, un docteur alcoolique, un représentant en whisky, une lady, un joueur de poker professionnel, un banquier, un shérif et le conducteur. Ils sont rejoints par Ringo Kid, un hors-la-loi évadé de prison, qui cherchera à venger la mort de son père et de son frère.

Il y a toujours eu chez les cinéphiles américains un duel acharné entre les fans de John Ford et les fans d’Howard Hawks. Aujourd’hui encore, on trouve des chapelles de cinéphiles qui défendent soit l’un soit l’autre. Entre un Clint Eastwood digne héritier de John Ford (comment ne pas penser à ce dernier en voyant le beau ‘’Josey Wales’’?) et un Tarantino, grand admirateur de Howard Hawks, mais peu intelligent dès qu’il critique violemment Ford, on comprend que ce duel n’est pas prêt de s’éteindre. Cela est d’autant plus incongru qu’accepter de défendre l’un des deux réalisateurs signifierait ne pas aimer l’autre ? Comment ne pas aimer Hawks ? Comment ne pas aimer Ford ? Comment rejeter ce cinéma si attachant, si amical, si profond, si humaniste ? ‘’Stagecoach’’ est donc le film qui a permis à Ford de s’imposer comme l’un des réalisateurs majeurs de cette époque. Il réalise déjà un chef-d’oeuvre, bien avant les piliers que sont ‘’La prisonnière du désert’’ (1956) et ‘’L’homme qui tua Liberty Valance’’. Dès ce film, tout est parfait, Ford fait du Ford et il a raison tant son cinéma est délicieux. Qu’est ce que la magie John Ford ? Déjà, il est difficile de ne pas apprécier ce réalisateur tant il est capable d’offrir un cinéma fédérateur, qui peut satisfaire tout le monde. Il ne s’agit pas tellement d’alterner des films de différents genres (comme sait si bien le faire Howard Hawks) mais plutôt d’alterner les registres au sein du même film. ‘’Stagecoach’’ n’échappe pas à cela tant il offre une richesse et un panel d’émotions extrêmement varié, et ce malgré sa courte durée (1h30) : on rigole, on jubile, on frissonne, on pleure… sans que cela ne fasse forcer (l’efficacité américaine dans toute sa splendeur). Donc, qu’est-ce que ‘’Stagecoach’’ ? Abordons d’abord l’action du film. Ford a toujours été un immense maître dès qu’il s’agissait de filmer l’action, même si ce composant est au demeurant très négligeable dans son style. Malgré tout, si Ford est un réalisateur qui s’intéresse d’abord à l’humain, tous ses films s’envolent dans les airs grâce à cet incroyable souffle épique qui traverse toute sa carrière. Popularisant la Monument Valley (le John Ford point), le réalisateur se libère d’une certaine artificialité hollywoodienne grâce à ces somptueux paysages et décors naturels. Ajoutez que l’action est superbement découpée avec cette simplicité qui fait la force du réalisateur (un simple et brusque mouvement caméra pour révéler la présence des Indiens). Mais cet élément ne peut occuper plus longtemps l’écran avec Ford (souvent, ces films n’offrent qu’un seul grand moment de bravoure). L’action est réduite à son stricte minimum : par exemple, Ford ne filme pas le duel final (au contraire d’un Fred Zinnemann dans ‘’Le train sifflera trois fois’’). Ford aime avant tout s’intéresser à des microcosmes, à de petites sociétés, à des ‘’milieux’’ et à ses habitants. Qu’il s’intéresse à la cavalerie, aux Irlandais, aux Indiens, Ford prend toujours son temps pour décrire des tranches de vie. Bon, ok on est pas dans du cinéma social français des années 2000. pourtant, Ford aime se pencher sur le quotidien des gens, quitte à mettre l’intrigue en suspens (on le verra avec ‘’My darling Clementine’’ où l’intrigue et l’action ne commencent… que dans le dernier quart d’heure du film!). Au sein de ce petit monde, Ford aime peindre des portraits généreux d’hommes et de femmes attachants (bons comme mauvais). Dans ‘’Stagecoach’’, Ford s’intéresse aux membres de la diligence dans le but de faire une typologie des profiles américains de cette époque. Cela permet au metteur en scène (en 1h 30 ! il faut insister!) de faire de ‘’Stagecoach’’ un film incroyablement consistant grâce à ses personnages. Chaque personnage sent le passé,le vécu ; chacun est exploré, profond... Souvent considéré comme une adaptation de la nouvelle ‘’Boule de suif’’ de Maupassant, ‘’Stagecoach’’ semble opposer de façon binaire les aisés aux ‘’moins que rien’’. La lady, le banquier et le joueur de poker vont évidemment snober la prostituée, le bandit et le médecin alcoolique. Mais Ford n’est pas aussi pessimiste que Maupassant : ces figures qui peuplent son cinéma sont capables de progrès et d’évoluer. La lady et le joueur de poker le comprendront et sauront reconnaître ces plus modestes personnes à leur juste valeur. Quant au banquier, c’est une figure entièrement condamnable. Mais l’habilité de Ford n’est pas d’entrer entièrement dans un bête rapport riches/ pauvres. Le reste de la diligence est là pour éviter que tous les héros ne soient réduits à leur condition sociale. Entre un shérif lucide et héroïque que Dudley Nichols a l’intelligence de ne pas en faire son personnage principal, un chef de diligence marié à une Mexicaine, on retient aussi le très curieux représentant de whisky. Il s’agit de Monsieur Tout le Monde avec des qualités que tout le monde peuvent avoir et des défauts que tout le monde peuvent avoir également. Ni mauvais, ni héroïque, il ne participe jamais à l’action mais enrichit la nature des personnages présentés ‘’Stagecoach’’.

Mais assez parler de Ford. ‘’Stagecoach’’ est grand et important pour le cinéma. Il a révélé Ford mais aussi John Wayne. Dans ce film, Wayne est déjà fidèle à lui-même : s’il interprète un voyou, Ringo est brave, courageux, juste et aussi en quête de vengeance. Pourtant… Wayne n’est pas encore ce rouleau compresseur qui écrase tout ce qui l’entoure. Peut-être parce qu’il n’est qu’un des nombreux personnages principaux du film, Wayne dans le film n’est qu’un des excellents acteurs qui peuplent ce film. On retiendra notamment Thomas Mitchell (oscarisé à juste titre pour ce rôle). Etonnant, Mitchell incarne avec justesse ce rôle pas forcément facile à jouer sans tomber dans la caricature. Il fallait parvenir à passer de clown alcoolique (le comique de service) à noble docteur. Thomas Mitchell le fait et on se souviendra bien davantage du personnage du docteur que de Ringo. John Wayne n’est donc pas encore ce qu’il sera plus tard.

Difficile donc de rejeter John Ford. Comment mettre de côté non pas un simple réalisateur, mais une légende ? Humaniste, chaleureux et attachant, le cinéma et l’homme qu’incarnait John Ford n’ont sans doute jamais eu d’équivalent dans le reste de l’histoire du cinéma. Il restera à jamais le réalisateur d’une certaine forme d’optimisme et d’une époque : celle de l’Ouest et de ses peuples (cavalerie, cow-boy, immigrés, indiens…). Jamais comédie humaine au cinéma ne fut aussi vivante.
ronny1
ronny1

56 abonnés 913 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 janvier 2023
N’ayant pu convaincre David O’Selznik qui ne croyait plus au western (qui était devenu une production de masse avec des budgets de série B), ni en Joihn Wayne, John Ford se tourna vers Walter Wanger qui accepta pour la United Artits Et le “coach” va révolutionner le western à partir d’une histoire comme il les aimait, adaptée par Dudley Nichols et Ben Hecht. Le comité de vieille pucelle accompagne à la diligence Dallas (Claire Trevor sublime), une fille aux moeurs légères, et l’alcoolique Dr Boone qui a pris sa défense. Ils voyageront en compagnie d’Hatfield (John Carradine) un joueur professionnel qui va tenter sa chance ailleurs, de M. Peacock qui vend son whisky de saloon en saloon, de Mrs Mallory femme et fille d’officiers qui voudrait rejoindre son mari avant d’accoucher, du Sheriff qui veut arrêter Ringo Kid, et d’un banquier véreux puisqu’il part avec la caisse. Ringo Kid dont le cheval est blessé se fait rejoindre et continuera dans la diligence comme prisonnier sur parole. Mais il faut traverser le Nouveau-Mexique où Geronimo et les Apaches sont sur le sentier de la guerre et l’escouade qui les accompagne s’arrête à la frontière. Dallas et Ringo, les deux marginaux, vont rapidement se rapprocher l’un de l’autre. Au fur et à mesure que le danger se précise, les évènements vont souder le groupe autour d’eux, à l’exception du banquier. Enfin, lorsqu’ils ne sont plus qu’à vingt miles de leur destination et qu’ils se croient sauvés, les Apaches attaquent…
Le plus frappant lors de la vision de Stagecoach c’est le rythme du film. En fait il s’agit plutôt de deux rythmes développés en parallèles et qui se complètent. Celui du rapprochement du groupe, de la découverte des individus qui le compose et de leur analyse est constant et densifié par sa lenteur (la scène où Kid offre de l’eau et celle ou Boone offre de l’alcool aux passagers mais refusera de trinquer avec le banquieren est une parfaite illustration, chacun acceptera et boira selon son caractère). Celui de l’action va crescendo, augmentant l’angoisse, si bien que la fameuse chevauchée est à la fois une fusion puisque le verbe devra se prouver dans l’action (le premier rythme est donc absorbé par le second), et surtout une libération (maintenant il faut jouer le match). Après la scène admirable du gunfight, la fin plus ambiguë est bien dans la retenue propre à John Ford. Le casting exceptionnel est soutenu par une mise en image d’une virtuosité inégalée à l’époque. Mais c’est une fois de plus le découpage qui laisse pantois : pas un plan de trop, tout est utile, ce qui est d’autant plus surprenant que Ford filmait très peu. Cette maestria technique lui permet, en dépeignant les personnages du huis-clos de la diligence comme un modèle réduit de la société, de régler une fois de plus quelques-uns de ses comptes favoris : la grandeur des petites gens, la médiocrité morale du banquier véreux (ça devient un pléonasme chez lui) et des puritains atrabilaires de tout sexe. Et tout cela en rendant au western ses lettres de noblesse. Peu d’oeuvre dans l’histoire du cinéma laisseront une telle empreinte sur les deux ou trois décennies qui suivront. C’est dire si ce film est incontournable, sa date de réalisation constituant toujours une surprise pour ceux qui le voient pour la première fois. Lors de la remise des Oscars 1940, la profession lui préféra (ainsi qu’au Magicien d’Oz) le très conventionnel et rasoir « Gone with the wind » (Autant en emporte le vent) et Victor Fleming. Il recevra le prestigieux Award des New York Film Critics.
Yasujirô Rilke
Yasujirô Rilke

272 abonnés 1 059 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 novembre 2007
John Ford et les westerns, éternel relation tantôt fructueuse («Cheyenne Autumn» (USA, 1964)) tantôt inféconde («WagonMaster» (USA, 1950)). Au sein des années 30 où le western est dévalorisé, où Ford lui-même se consacre davantage à des films noirs, Dudley Nichols, scénariste du film, et Ford décident de réhabiliter le genre en adaptant, très librement donc officieusement, une nouvelle de Maupassant : «Boule de suif». «Stagecoach» (USA, 1939) illustre la renaissance du western par une dynamisation de ses codes. Finis les décors froids de studios et les réalisation plan-plan qui n'élevaient le western pas plus haut que le fantasme puéril du sherif et du cow-boy, «Stagecoach» et sa photographie brumeuse et incandescente plonge l'oeuvre dans le bronze et se donne des airs de gravure. Se sont surtout les gros-plans qui auréolent les visages et les nimbes d'une grâce photogénique charmante. Mélancolie que celle d'un cinéma en noir et blanc dont la seule limpidité des traits nous font rêver. Il s'agit de cinéma de divertissement sans nul doute, encore qu'en cinéaste-historien des Etats-Unis, Ford consigne la révolte de Geronimo. La structure du film possède d'ailleurs une intéressante imbrication entre la lutte national et la lutte individuelle. Deux dangers menacent le film : celui de l'attaque des Apaches et celui de Luke Plummer, ennemi du jeune Rinog Kid (John Wayne). Elles seront mentionnés en parallèle mais résolues indépendamment. Western renouvelé, harmonie des lumières, conflits doubles, les ingrédients devenus classiques du film de divertissement semblent réunis dans ce «road-movie». C'est sans compter son étrange singularité contextuelle. Le film est un voyage (à l'instar de bons nombres de films fordiens), un voyage où se côtoient différentes classes sociales et différents sexes. Le film n'a jamais la prétention d'offrir l'échantillon de la société américaine mais la poignée qui est saisis là suffit à fournir les traits esquissés d'une Amérique adolescente.
Caine78

7 771 abonnés 7 400 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 juin 2007
Un éblouissant western, dont le rythme endiablé nous fait paser un très grand moment de cinéma. Grace à des acteurs et des personnages plus truculents les uns que les autres (épatants John Carradine et Thomas Mitchell) et des dialogues ne manquant pas d'humour et le plus souvent irrésisitibles, ce film se transforme parfois en récit d'aventures, de plus que l'action est aussi présente, et on est vraiment impressionné par le souffle que dégage l'ensemble. Le film est de plus soutenu par une musique entrainante. L'un des plus plus grands films de John Ford. Exceptionnel.
Plume231

4 413 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 juin 2010
Paragon incontestable qui allait changer la face du genre, "La Chevauchée fantastique" est un western a qui ont pourrait quelques légères longueurs et des personnages un peu trop typés. Mais force est de contaster l'efficacité de John Ford a les décrire en quelques traits et a les rendre attachants. Ces derniers permettent aux acteurs qui les incarnent de donner le meilleur d'eux-mêmes. Mention spéciale à John Carradine dont la silhouette ambigue mais au final sympathique n'a pas finit de hanter votre esprit, à Claire Trevor touchante en prostituée et bien sûr à John Wayne dont le charisme éclatait vraiment pour la première fois. Le scénario aux airs de "Boule de suif" permet à John Ford de règler ses comptes avec le puritanisme hypocrite et avec une certaine mauvaise image du capitalisme représentée par le seul passager désagréable de la diligence. Quelques morceaux de bravoure bien évidemment comme la traversée du fleuve ou encore l'attaque de la diligence par les indiens. Et tout cela constitue un grand western très divertissant.
teofoot29
teofoot29

109 abonnés 648 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 juillet 2010
Pouf ! Quelle claque de John Ford ! Encore une fois, le maître du western met tout son savoir de cinéaste au service de cette chevauchée inoubliable, et cela nous donne un énième chef d'oeuvre de sa part. Une belle galerie de personnages complètement opposés de caractère et de classe sociale s'entremèlent dans un espace clos, traversant le territoire appache sous une musique splendide et une ambiance menaçante... Un culte ! Un des meilleurs films de John Ford assurément, c'est le genre de film que tout cinéphile se doit de posséder.
Jack G
Jack G

12 abonnés 175 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 juillet 2020
A bien des égards, La Chevauchée fantastique est une étape historique dans le genre western puisqu’elle marque le début de son âge d’or après une longue traversée du désert au cours des années 1930.
A la suite de l’échec de La Piste des géants en 1930, John Wayne a été cantonné, tout au long de la décennie, à des westerns de série B. De son côté, John Ford, qui avait déjà engagé l’acteur dans des rôles de figurants dans ses premiers films muets, n’a plus tourné de western depuis 1926 et son film Trois sublimes canailles. Pour autant, contrairement à Wayne, Ford ne traverse pas une période difficile de sa carrière puisqu’il réussit à s’adapter à l’arrivée du parlant et rencontre tout de même plusieurs succès cinématographiques, dont Le Mouchard (1935), qui lui offre d’ailleurs son premier Oscar du meilleur réalisateur. Mais en 1939, avec La Chevauchée fantastique, Ford renoue avec le western et propulse ce genre délaissé au premier rang, devenant l’un de ses cinéastes les plus emblématiques.
Le scénario de Dudley Nichols, partenaire régulier de Ford, s’inspire de la nouvelle Stage to Lordsburg (1937) de Ernest Haycox pour donner vie à La Chevauchée Fantastique, même si le cinéaste révèle également l’influence de la nouvelle Boule de suif (1879, de Guy de Maupassant, qu’il a cherché à transposer dans l’univers western. Toutefois, davantage séduit par les personnages de la nouvelle d’Haycox que par son scénario, qu’il trouve mal construit, Ford se décide à l’adapter au cinéma, et ce en dépit de l’avis contraire de David O. Selznick (producteur d’Autant en emporte le vent la même année). Ce dernier est surtout hostile à l’idée qu’un réalisateur impose ses conditions, dans un contexte américain où, à l’inverse de l’Europe, la production et la réalisation cinématographiques sont contrôlées par des magnats du secteur, des studios et des producteurs puissants et fondateurs d’Hollywood. Mais heureusement pour lui, un autre producteur, Walter Wanter, est lui aussi prêt à tenter le pari.
Ce premier grand western parlant de John Ford place la majorité de son intrigue dans les paysages désertiques et somptueux de Monument Valley, un site naturel dont tout le monde a déjà entendu parler aujourd’hui mais qui, à l’époque, était bien moins connu. Ainsi, La Chevauchée fantastique est le premier film à faire découvrir cet endroit de toute beauté grâce à ses scènes d’extérieur tournées en 4 jours seulement, conférant définitivement à ce cadre unique l’image de Ford et de ses réalisations. A ce titre, il existe un célèbre promontoire sur le site, le John Ford Point, rendu célèbre par La Prisonnière du désert, réalisé 17 ans plus tard.
Pour Orson Welles, La Chevauchée fantastique est le parfait manuel de réalisation d’un film, à tel point qu’il déclara l’avoir visionné une quarantaine de fois durant le tournage de son légendaire Citizen Kane. Et il faut reconnaître que Ford offre ici une belle leçon de cinéma et de mise en scène. Cette dernière, précise et millimétrée, marque l’esprit avec des cadrages parfaitement maitrisés et des plans remarquables. Parmi eux, l’un des plus célèbres offre une entrée en scène inoubliable pour Ringo Kid, hors-la-loi interprété par John Wayne, dont le visage juvénile et l’allure triomphante sont dévoilés par un travelling avant renversant. Cette technique de mise en scène est d’ailleurs reprise plus tard, avec un plan qui passe brutalement de la diligence perdue au milieu du désert à des Indiens cachés au sommet des montagnes, prêts à attaquer le convoi. Enfin, pour conclure le sujet de cette mise en scène finement construite, n’oublions pas l’incroyable plan en caméra embarquée sur la diligence au moment de traverser le fleuve, qui nous fait plonger dans l’eau au côté des chevaux et du véhicule.
Au-delà de ces qualités qui ne doivent pas être sous-estimées, Ford fait également preuve d’efficacité dans la manière de présenter ses personnages, et d’une grande sensibilité dans leur développement. En effet, le cinéaste a choisi de peindre une petite communauté humaine comme il les affectionne, montrant une tendresse particulière pour les parias et les excentriques. Dans la micro société qui prend place sur les sièges de la diligence, chaque personnage est rejeté par une société bourgeoise et puritaine que Ford lui-même semble mépriser. D’ailleurs, au moment de quitter Tonto, au début du film, alors que Dallas demande au docteur Josiah Bonne si elle n’a pas le droit de vivre comme tout le monde, ce dernier lui offre cette réponse sans ambiguïté et dont on aurait presque l’impression qu’elle sortirait des lèvres de Ford lui-même : « Nous sommes victimes d’une maladie sociale : le préjugé bourgeois ».
Parmi cette galerie de portraits peinte avec empathie, seul le banquier est présenté sous un mauvais angle. Pour mieux comprendre ce traitement, il est utile de revenir un fait historique majeur survenu 10 ans plus tôt. En 1929, la Grande Dépression éclate et Ford est frappé par la misère et les milliers de chômeurs jetés à la rue. Sa sympathie pour les victimes de la société et des préjugés s’exprime donc dans toute sa vigueur au cœur de ce long-métrage, où la représentation du banquier ne peut qu’être peu flatteuse après les tristes évènements survenus. La dimension sociale de ce western fondateur n’est donc pas à écarter car elle est essentielle pour être au cœur de l’essence du film.
Au cœur des personnages intégrés à cette micro société, en plus de Ringo Kid (John Wayne), il y a le Dallas, une belle et jeune prostituée chassée de la ville par la ligue de moralité puritaine et féminine de la ville. Lors du voyage, ce personnage attachant va révéler une grande bonté et un véritable courage, notamment lorsqu’elle aide Lucy Mallory à accoucher, une autre participante à ce voyage qui a pourtant fait preuve de discrimination envers l’ancienne prostituée.
Si c’est finalement John Wayne qui est sur le devant de la scène et vole la vedette au reste de la distribution, c’est bien autour du personnage de Dallas que gravitent les regards et les principaux enjeux de l’histoire, de sa romance naissante avec Ringo Kid aux jugements des autres passagers, dont la méfiance atteint son paroxysme au cours d’une sombre histoire de placement à table. La place accordée aux femmes dans ce long-métrage, et de manière générale dans la filmographie de John Ford, est centrale, comme le remarque André Bazin, célèbre critique du cinéma, qui a écrit au sujet de La Chevauchée fantastique « Dans l’univers épique du western, toutes les femmes sont bonnes, c’est l’homme qui est méchant. Si méchant que le meilleur doit, en quelque sorte, racheter par ses épreuves le péché originel de son sexe ». Ford a toujours exprimé son amour pour les personnages féminins forts et volontaires, jusqu’à son ultime long métrage Frontière chinoise (1966), dont le titre original reprend cette haute considération (« 7 Women »).
Dans cette diligence, si au début de l’aventure, les personnages ont tous des préjugés entre eux, leur union face aux dangers du voyage, dont la terrible menace indienne, finira par les rapprocher et faire disparaitre ces considérations basées sur la simple apparence ou le statut social. En somme, humaniste et tendre, Ford a ainsi voulu prouver, quatre ans seulement avant la publication du Petit Prince de Saint-Exupéry, que l’essentiel ne se voit pas avec les yeux, mais avec le cœur.
Toutefois, malgré les incontournables atouts de cette production épique, il est nécessaire, mais pas injuste, de nuancer l’éloge dont a profité le film au fil des ans. Certes, son caractère fondateur et symbolique dans l’histoire du genre western est indéniable grâce à la mise en place des codes traditionnels qui définiront le genre cinématographique américain par excellence, alors en décrépitude au moment de la sortie de La Chevauchée fantastique (le shérif, la cavalerie, la diligence, ainsi que les Indiens et leur leader Geronimo), mais une faiblesse structurelle majeure doit être soulignée. En effet, le scénario est loin d’être particulièrement passionnant et s’achève dans un épilogue un peu tiré par les cheveux, où le shérif abandonne son prisonnier pour qu’il parte vivre la Dolce Vita avec son coup de foudre du voyage après avoir vengé son père et son frère.
A sa sortie en salle, La Charge fantastique parvient à réunir les spectateurs en récoltant une recette honorable de près d’un million de dollars (pour un budget de près de 400 000 dollars), mais pour autant, les critiques ne sont pas forcément favorables. En Amérique, ce classique n’a pas tout de suite été apprécié, les spectateurs n’étant au départ pas très enthousiastes : on lui reproche notamment trop de psychologie et pas assez d’action. Néanmoins, lors de la cérémonie des Oscars 1940, Thomas Mitchell décroche le trophée du meilleur acteur dans un second rôle pour son interprétation sincère et touchante d’un médecin ivrogne en quête de rédemption, et la musique est également récompensée. De son côté, John Ford, nominé dans la catégorie du meilleur réalisateur, ne fait pas le poids face au triomphe de la soirée, Autant en emporte le vent, véritable épopée marquante dans l’histoire du septième art qui rafle huit oscars, un record pour l’époque. Sur les sept nominations pour La Charge fantastique, deux sont récompensées, un score plutôt correct pour un long-métrage d’un genre qui est alors dans l’oubli. Mais c’est surtout grâce à son accueil européen que le film a acquis une telle réputation.
1939 est une année marquante pour le cinéma américain, l’année qui débute l’âge d’or hollywoodien, une période d’une vingtaine d’années. C’est en cette année faste pour le cinéma que sortent aussi Seuls les anges ont des ailes, Autant en emporte le vent, Le Magicien d’Oz et Mr Smith au Sénat. Réalisé la même année que Sur la piste des Mohawks, autre belle production cinématographique de l’année, La Charge fantastique illustre un nouveau souffle de la part de John Ford dans le registre western, un nouvel élan dont les bénéfices se répercuteront aussi sur le genre cinématographique qui débute alors son glorieux âge d’or, en même temps qu’Hollywood. Avec ce succès, Wayne devient dès lors le comédien fétiche de Ford et entame définitivement sa carrière de grand acteur.
Classé neuvième des dix meilleurs westerns de tous les temps d’après l’American Film Institute, inscrit à la prestigieuse bibliothèque américaine du National Film Registry, nul doute que La Charge fantastique démontre une importance historique et esthétique dans l’histoire du cinéma. Son influence marque des générations d’artistes, tant dans le septième art où Gordon Douglas tourne un remake, La Diligence vers l'Ouest, en 1965 ; que dans la bande dessinée, avec l’album La Diligence (1968), quarante-septième histoire de la série Lucky Luke par Morris (dessin) et René Goscinny (scénario), qui met également en scène certains ingrédients du film : une diligence transportant un échantillon de personnages de l’Ouest voyage de relais en relais et doit faire face à des indiens belliqueux. Toutefois, son scénario simple et sa conclusion hasardeuse, ainsi que la romance mielleuse et peu constructive des deux protagonistes principaux sont un frein à l’attribution du statut de « chef d’œuvre », quand bien même Ford a fait part d’une grande maitrise du cadrage et de la mise en scène à travers des plans historiques.
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