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Mathieu B.
43 abonnés
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4,0
Publiée le 11 janvier 2020
Kirkou n'est pas grand, mais il est vaillant ! Et aussi très futé ! Contrairement aux villageois qui sont peureux et ingrats même lorsque Kirikou les sauve ou remet la source d'eau en fonctionnement. Et il a raison de demander pourquoi la sorcière est aussi méchante, parce qu'elle a une raison. Il y a beaucoup de symboles et de belles valeurs dans ce joli dessin animé. Sagesse, solidarité, humilité, compassion, courage et, à la fin, le pardon ! Très beau film aussi bien pour adultes que pour enfants.
Beaucoup de poésie, un peu de philosophie, de jolis dessins tout mignons, une grande simplicité, un héros trop craquant, voilà quelques-uns des ingrédients de cet excellent "Kirikou et la Sorcière". Michel Ocelot nous conte une histoire, certes un peu courte, mais tellement rythmée et intelligente (pas caricaturale pour un bijou de Karaba) qu'il y a de quoi ressortir comblé de cette aventure. Et puis il y a tous ces chants à la gloire de Kirikou qui donnent le sourire ! D'ailleurs, le public ne s'y est pas trompé en plébiscitant ce film d'animation français. Universel.
Kirikou et la Sorcière, réalisé par Michel Ocelot, raconte la naissance du minuscule Kirikou dans un village d’Afrique de l’Ouest terrorisé par Karaba, sorcière superbe et cruelle qui a asséché la source, rançonne les villageois et a fait disparaître tous les hommes, dont le père de Kirikou. Refusant les superstitions et les rumeurs, Kirikou veut comprendre « pourquoi Karaba est méchante » et entreprend un voyage initiatique jusqu’au sage de la montagne pour découvrir le secret de la sorcière.
Le film est un conte philosophique et humaniste, anti‑Disney assumé : le mal y est expliqué par la souffrance (l’épine dans le dos de Karaba) plutôt que présenté comme inné, et la résolution passe par l’empathie et la compréhension plutôt que par la destruction. L’univers graphique, inspiré des arts africains, offre une animation simple mais d’une grande beauté, portée par une musique envoûtante de Youssou N’Dour et une mise en scène qui respecte l’intelligence des enfants.
Succès critique et public majeur, le film a dépassé 1,6 million d’entrées en France et révélé Ocelot au grand public, malgré les craintes initiales des distributeurs devant un long métrage d’animation entièrement africain avec nudité non sexualisée. Aujourd’hui encore, Kirikou et la Sorcière reste un classique du cinéma jeunesse : un récit d’initiation lumineux, profond et accessible.
Kirikou incarne ce refus de céder aux superstitions et au silence qui les entoure ; c’est dire qu’il suit un parcours en sens inverse du cheminement éducatif traditionnel, celui qui voit un jeune candide se former par sa confrontation directe à l’existence. Ici c’est le monde qui apprend du nouveau-né, source vive de sagesse dans laquelle Michel Ocelot place toute sa poésie graphique et sonore. Sa franchise, ses questions dérangent et remuent l’ordre établi, raniment dans le cœur des hommes les épines qu’ils pensaient à jamais enfouies en eux. Sur une subtile métaphore du viol se construit le personnage démoniaque de Karaba, sorcière nourrie par la peur et les fictions qu’elle engendre. Nous retrouvons d’ailleurs l’appellation sorcière employée pour désigner à la fois une puissance maléfique, mais également une femme bannie de la société de ses pairs et contrainte de vivre retirée, persécutée par sa propre solitude alors qu’elle passe son temps à persécuter autrui. Dans cette violence cyclique et sans fin, Kirikou apparaît tel un coup de poignard qui viendrait mettre à nu les corps et leurs maux, les guérissant par le seul fait de les déshabiller par la force de sa parole pure. Se tiennent donc, dans le film de Michel Ocelot, non seulement un vibrant hommage aux pouvoirs de la fiction, mais aussi une mise en garde contre l’aveuglement éventuel que pourrait susciter la fiction auprès de son public. Cette seconde dimension étant incarnée par le retournement de situation final qui vient heurter, pour un temps, la zone de confort du spectateur : on y voit le village tout entier se liguer contre les deux amants, ce qui renverse subitement la polarité jusqu’alors adoptée entre bien et mal. Les frontières sont poreuses entre l’un et l’autre, et le long-métrage l’illustre à la perfection. Kirikou et la Sorcière constitue donc un magnifique acte de foi dans l’enfant, seul à même de révéler aux adultes leurs erreurs, de faire choir leurs idoles pour les raccorder à leur humanité fondamentale.
Un très joli conte initiatique pour enfants, intelligemment et poétiquement conçu. Sur le plan visuel, le dessin explose en mille couleurs, dans un style naïf mais avec des techniques d'animation modernes. L'histoire est simple pour mieux désarçonner les préjugés du bien et du mal. Ce film plein de charme et de sagesse a obtenu le Grand Prix du festival d'Annecy 1999.
Je l'ai vu a sa sortie il y a 10 ans, et j'en garde un très bon souvenir, c'est un très beau dessin animé, tant au niveau de l'histoire que des dessins.
Un joli conte pleins de bonnes morales. Le petit kirikou est attachant. Mais le plus du film demeure les dessins, hauts en couleur et aussi digne qu'une production disney, mais avec sa propre personnalité.
Tous les ingrédients d'un conte réussi: un héro hors du commun, une sorcière en souffrance, un vieux sage charismatique, un village plein de bon sens rural et des décors d'une beauté stupéfiante. Vous rajoutez à tout ça la structure classique de la répétition des épreuves et du parcours initiatique, et vous obtenez le conte animé universel. Une réussite indéniable.