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Matthieu “Yhakrkw” Mouillon
11 critiques
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5,0
Publiée le 7 juin 2026
Pour ma génération Bardot n'est pas une si jolie femme. En revanche, son attitude incarne, donne son sens au mot "sex appeal". Une jeune femme, nonchalente et rêveuse, tranche par son attitude libre avec les conventions sociales. Ce film se caractérise par sa tension érotique, ou, selon les scènes, amoureuse. Entre pulsions animales et raison, la jeune femme exprime le mépris d'une génération pour les conventions, la soif d'amour quoiqu'en dise le "quand dira t-on", mais aussi une société cadenassée, où les petits cherchent à survivre d'abord libres, puis sous les ormes des grands, la fin des indépendants, le tourisme, les familles et leurs ridicules préjugés. Les luttes intestines aux familles et les luutes de pouvoir en l'occurrence pour racheter un terrain. Parmi les scènes cultes, l'ouverture et la petite voiture derrière un grand drap blanc reste pour moi aussi fort que la chute de reins filmée par Godard dans le mépris. Il y a aussi une scène hallucinante de trahison où perdue, l'héroïne se retrouve à danser, en transe sur des rythmes de bossa nova, dans un bar. Un film à mon sens sur le destin, le pouvoir et l'amour qui transcende malgré tout.
Le film qui aura fait exploser le phénomène Brigitte Bardot en dévoilant beaucoup (pour l époque) la plastique de l actrice et en la montrant comme un objet de fantasme pour toute la gent masculine. Que penser de ce film aujourd hui? Pas grand chose de bien. Malgré son sex appeal le talent d actrice de BB s avère ici très limité, Roger Vadim ne fait pas preuve d une grande inspiration derrière la caméra et le film tourne rapidement à un vaudeville sans comique d une grande banalité. Un film qui vaut plus pour son contexte et le phénomène qu il a contribué à engendré que pour ses qualités artistiques propres.
féministe ou patriarcal ? les deux. Féministe car Vadim libère les désirs sensuels de la femme, ce qui désorganise la société. Mais la fin est tout autre, suggérant l’idée que la nature féminine nécessite d’être domptée. Certes on peut voir dans ce revirement final et très tardif (10 dernières minutes) une soumission aux codes moraux de l’époque, passage obligé pour être distribué en salles, un peu comme un Hitchcock, dans « Fenêtre sur cour » inverse le message des 4/5 du film dans un final qui valide la surveillance des voisins alors qu’il semblait le dénoncer jusque-là. Idem dans Flight de Zémékis où la rédemption final du héros invalide la valorisation de la drogue du reste du film. Ainsi le bain de contestation des codes moraux qui irriguent la presque totalité de ces films sont apparemment contredits par la fin, mais le spectateur a bien macéré dans la contestation et il lui en restera quelque chose. Dans « Et dieu créa la femme » pourtant, ce retournement n’est pas suffisamment « artificiel » pour vraiment apparaitre comme un contournement de censure. Trop de scènes préalables suggèrent déjà la stupidité de l’héroïne (le tir au pistolet dans l’usine, son attitude dans la librairie) et le regard amoureux et soumis de BB après une double paire de gifles par JL Trintignant est assez difficile à supporter. Si les extérieurs sont plutôt fades et ont pour seul intérêt maintenant de nous montrer le St Tropez de l’époque, les prises de vue en studio sont magnifiques, et Vadim montre ici un sens du cadre, de la couleur et de la mise en scène. Quoique que s’étiolant sur la fin, les dialogues sont drôles et riches contrairement à l’opinion de beaucoup de spectateurs et des critiques. Le film est fait pour BB, plein de son désir de liberté et déjà de références aux animaux. Elle est excellente dans le rôle à l’exception de la fameuse scène du Mambo où sa danse est médiocre et mécanique, souffrant de la comparaison avec l’orchestre qui l’accompagne. JL Trintignant pourrait incarner une sorte d’homme nouveau affranchi du machisme, malheureusement annihilé par la scène finale de la gifle. Les autres personnages sont si superficiels qu’on a du mal à juger du jeu des acteurs. BB est l’incarnation d’une époque de libération du désir. Force est de constater qu’elle a su quitter le cinéma au bon moment, avant d’être obsolète. Si son corps était libre, point de doute ,à observer sa vie, que sa pensée l’était aussi, sachant se battre pour ce qui l’importait, quitte à s’opposer aux dictats des époques qu’elle a traversés.
Le film débute plutôt bien, posant des personnages intéressants et une histoire romantico-dramatique pleine de promesses. Cependant la suite s'enlise un peu, et même se perd vers la fin. Bardot joue parfaitement la jeune femme aussi ingénue qu'aguicheuse. Le film peut également être vu comme le témoignage d'une époque où la Côte d'azur des artisans et autres petits pêcheurs s'est vendue aux promoteurs immobiliers et autres spéculateurs.
Un drame sentimental un peu niais mais précurseur et fascinant qui dresse le portrait d’une jeune femme indomptable et courtisée dans une France encore patriarcale, interprétée par la magnétique BB.
Comme un voyage dans le temps, un voyage kitch. Le film a tellement mal vieilli. Quand on pense qu'il fit scandale ! ! Très mauvaise réalisation. Quel dommage de n'avoir offert trop de mauvais rôles a BB
Très vite on comprend deux choses, la première est qu'en vérité elle n'est pas libre mais veut le faire croire et surtout veut y croire, la seconde est essentielle au vu du mythe c'est que si le film a fait scandale pour sa sexualité et sa nudité le film en est en vérité complètement dénué ! La sensualité ambiante ne doit qu'à la beauté insolente de BB et à une subtile mise en scène de Vadim qui permet de confronter le public à ses propres frustrations sans jamais rien montrer frontalement. On frôle le génie. Même en 1956 on constate que le film a choqué car c'est sans une des premières fois où une femme assume son corps, exprime ses désirs et en quelque sorte annonce son émancipation... mais qui n'est en vérité qu'une chimère ! Vadim signe un film visuellement sensuel et solaire, sans aucun doute plus profond qu'on l'imagine au premier abord et qui s'inscrit effectivement dans une époque encore très patriarcale et que l'émancipation féminine est encore balbutiante, le film est ainsi un petit pas pour la femme mais un bond de géant pour le féminisme... Site : Selenie
Fort agréablement surpris! Ce film a la réputation d'être démodé, je n'ai pas trouvé, certes il n'est pus ni érotique ni scandaleux mais le propos reste toujours intéressant grâce au portrait de ce "quatro" et à l'exploration des désirs sexuels et des sentiments qu'ils engendrent. J'ai trouvé le film plus complexe que décrit habituellement. Les acteurs servent le film, et oui BB apporte beaucoup. Là aussi j'ai été agréablement surpris,trouvant son jeu bon (je l'ai vu moins bonne dans certaines comédies), dans le côté désagréable comme dans le côté séductrice. Et la mise en scène est dynamique (en dehors des scènes de bagarres qui là font bien ringardes effectivement, passons...) voire imaginative. Et bien sûr son âge (presque 70 ans quand j'écris) ajoute un intérêt "historique", une plongée dans l'époque de nos parents/grand-parents. Bref un film qui mérite d'être vu même en 2025, pas que pour la culture ci(je m'y étais mis pour ça) mais tout simplement car il est très intéressant et tout à fait plaisant .éil
Alors marié avec Brigitte Bardot, Roger Vadim lui offre le rôle lui permettant véritablement d’atteindre le statut de sex-symbol. En effet, dans ce long-métrage, sorti en 1956, elle incarne une épouse libérée et diaboliquement sensuelle. Cette représentation de la femme choque les esprits de l’époque (le film rencontrant l’hostilité des courants conservateurs et subissant la censure pour ses quelques scènes dénudées). Pourtant, le scénario reste d’une grande pauvreté. Sur fond de magouilles immobilières à Saint-Tropez, l’histoire retrace les agissements d’une jeune fille faisant chavirer le cœur des hommes. La mise en scène étant incapable d’insuffler du rythme et de rendre l’intrigue passionnante, on s’ennuie fermement. Bref, une comédie de mœurs légère bénéficiant uniquement de la beauté naturelle de BB.
N'ayant jamais eu l'occasion de voir ce film avant 2025, je m'attendais à un truc nunuche avec une Bardot ridicule . Non seulement elle ne l'est pas, mais j'ai perçu beaucoup plus de profondeur que ce à quoi je m'attendais. Je passe sur la sensualité de l'actrice qui manifestement a choqué les bonnes mœurs de l'époque. Bardot incarne certes une jeune femme aguicheuse, sans stabilité affective (orpheline) mais pas sans personnalité. Mais surtout, elle est libre. Libre de dire ce qu'elle veut, libre de choisir qui elle veut, de faire ce qu'elle veut de son corps. Et en 1956, c'est carrément punk ! C'est aussi un remarquable portrait du patriarcat d'alors, de la morale et de la place des femmes dans la société. Juliette apparaît comme un électron libre, bouillonnante de vie mais aussi écartelée entre son indépendance, son besoin d'amour et de stabilité. Les personnages sont plutôt bien écrits, notamment les trois hommes qui la convoitent. Les autres femmes l'envient et la vilipendent à la fois. Certains dialogues sont déjà cultes (''l'avenir, c'est ce qu'on a inventé de mieux pour gâcher le présent"). La dernière scène est réellement d'un machisme écœurant, ce qui m'empêche de donner une meilleure note. Un film avant-gardiste qui finit dans le conformisme absolu. On aurait préféré une fin dramatique, plus en accord avec le reste. "Et Dieu... créa la femme" est peut-être un titre à double sens : Dieu créa la femme parfaite physiquement (l'objet sexuel des hommes), mais aussi la femme qui veut enfin exister en tant qu'individu débarrassé de l'image que l'on attend d'elle. Et c'est cela que je préfère retenir.
BB est très jolie, mais sur les canons de l'époque. Aujourd'hui, elle ne serait pas la star qu'elle a été. Les physionomies ont changé et les femmes enfants, poupées et niaises sont moins glamour. Par contre, c'est entre la pièce de théâtre et le film d'auteur. Les acteurs surjouent et BB joue mal, ou encore comme on jouait à l'époque au cinéma. Un titre ambitieux pour un film culte qui met en scène une lolita en quête de succès.
Dans ce filim d'une grande banalité Vadim a trouvé une histoire tordue de terrain qu'un riche veut acheter à une famille pauvre, pour mettre en scène la plastique de sa moitié. Bardot qui en est a ses débuts fait du Bardot , comme elle va en faiire toute sa carrière en jouant la pin up niaise et naïve qui ne sait pas trop ce qu'elle veut et se fait arnaquer tout en brisant des tout ça avec une voix insupportable ! Je mets quand même une étoile, mais juste pour son corps maggnifiquement galbé ...
Difficile de croire aujourd'hui, que ce film a choqué à sa sortie. Sans doute que ce qui a dérangé pas mal de spectateurs puritains, en 1956, c'est plus le comportement aguicheur de Juliette que ce qu'elle montre de son corps à l'écran. Parce qu'il s'agit d'une jeune beauté sensuelle qui vit dans le présent et n'entre pas dans le registre habituel de conduite des femmes de l'époque. Alors, oui, elle dérange en incarnant la tentation pour l'homme. Il faut voir comment elle est jugée par les habitants et l'absence de respect à son égard. Seule la fin m'a dérangée car elle ne va pas dans le sens de ce qui nous est proposé avant. Le film de Vadim est intéressant en ce sens qu'il montre le chemin parcouru par les femmes, en 70 ans. Et bien sûr, il a été aussi le révélateur d'un sex-symbol mondialement connu.
Le titre de ce film a ceci d'extraordinaire qu'il promet énormément et qu'il est inoubliable. Pourtant, après avoir vu le film, il est clair que son titre n'a été choisi que pour attirer les spectateurs dans les salles, car la femme, ici, c'est bien sûr Brigitte Bardot, et uniquement elle. La séparation semble inexistante entre l'actrice de 22 ans et son personnage prénommé Juliette (il y a même trois scènes dans lesquelles elle montre spoiler: son amour pour les animaux ). Quand le film est sorti, on devine sans peine qu'il devait intégralement son succès à cette actrice jeune et captivante, tour à tour ingénue et féline, à la voix douce et aux longs cheveux blonds, mais qui n'avait pas peur des hommes.
Le film tient entièrement sur les épaules de Brigitte Bardot, mais l'histoire en elle-même est en fait assez tartignole. Pourtant, il serait faux de dire que cette histoire qui se déroule au soleil de Saint-Tropez n'a aucun intérêt. Ce film est une preuve édifiante du comportement des hommes en France au milieu des années 50 par rapport à une jeune femme orpheline, qui n'a le choix qu'entre spoiler: le pensionnat catho et spoiler: le mariage , la deuxième option étant celle qui lui laisse le plus de liberté… Le rapport homme/femme, c'est-à-dire ici voir des hommes qui tournent autour d'une très jeune femme qu'ils veulent tous posséder (sans la moindre prise de distance du réalisateur, humour ou second degré), ça ne pourrait plus être tourné aujourd'hui, tant on trouverait cela paternaliste. Que de chemin parcouru en 70 ans!