Shame
Note moyenne
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930 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 19 décembre 2011
Euuuh... Je ne comprends décidément rien au cinéma en ce moment. Il semblerait qu'on s'évertue à rendre intéressants des films qui sont d'un ennui profond, sous prétexte qu'ils sortent de l'ordinaire ou ont des plans wahou grandioses... Mouais... Le sujet aurait pu captiver mais malheureusement est mal exploité. Les premières minutes sont sérieusement marrantes on a l'impression de voir la vie d'un ado, le lycée en moins mais oh zut c'est un adulte accroc au sexe mais on ne sait ni pourquoi, ni comment... Pi vla que sa sœur débarque ! Tous les deux ont une relation étrange et limite incestueuse. Où ça nous mène ? Nul part ! Ha si, on se demande s'il va se taper (dans tous les sens du terme) sa sœur ! alors oui on peut y voir une énième façon de traiter de la déshumanisation, de la solitude et des "traumatismes" familiaux mais malheureusement ce n'est pas exploité. Le tout donne donc un film sans queue ni tête.
Caine78

7 756 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 mars 2012
S'il y a bien une raison qui m'empêche de mettre la note suprême à « Shame », c'est sa crudité. Steve McQueen a pensé que pour parler d'addiction sexuelle, il fallait nécessairement montrer des corps nus et des scènes explicites, dont une absolument insoutenable de triolisme : il avait tort, tant celles-ci sont aussi inutiles que pénibles. Pour le reste en revanche, aucune réserve : c'est une claque, pour ne pas dire un énorme coup de poing dans la gueule. Quelle mise en scène, quelle intensité, quelle force du propos ! Bien que pas franchement concerné par le sujet, je me suis senti terriblement proche de cet anti-héros à la fois pathétique et terriblement touchant tant il est pris dans une mécanique qu'il ne contrôle plus, surtout qu'en voulant atteindre le plaisir suprême, il ne récolte quasiment que de la souffrance, totalement incapable d'éprouver le moindre sentiment. Mais ce qui marque le plus, c'est le nombre incroyable de scènes marquantes dans l'oeuvre : je crois même que c'est l'un des rares films que j'ai vu dans ma vie qui en offre autant, et ce de la première à la dernière minute, même si je me garderais bien de vous les citer afin de vous laisser une éventuelle surprise. Enorme carton rouge sinon aux Oscars pour ne même pas avoir nominé Michael Fassbender, car pour moi, c'est lui l'acteur de l'année, bien épaulé par une Carey Mulligan aussi écorchée que le héros dans un registre très différent, et elle non plus pas franchement verni par l'Académie : avec pourtant deux rôles aussi marquants que celui-ci et « Drive », il y avait pourtant largement moyen ! Mais laissons les Academy Awards à leurs choix bizarroïdes pour mieux faire l'apologie de ce drame déchirant, qui aurait sans nul doute été un pur chef-d'oeuvre sans quelques défauts. Indispensable néanmoins.
JimBo Lebowski

447 abonnés 1 080 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 mars 2014
Deuxième film de Steve McQueen que je vois après "12 Years A Slave", racontant cette fois l'addiction au sexe et ses répercussions mentales et sociales. C'est plutôt bon dans la mise en scène, Fassbender est excellent, le thème est très peu abordé au cinéma (enfin à ma connaissance) et bien montré. Mais j'ai trouvé le rythme du film bien trop lourd, au bout d'une demi heure on se demande où on va vraiment, les scènes s'enchaînent mais sans réelle intensité, traînant même parfois en longueur sans réel intérêt. J'ai plus vu "Shame" comme la descente au enfers d'un homme ordinaire dans une intimité rappelant celle de Travis Bickle dans "Taxi Driver" mais sans le talent de Scorsese et avec une photo horriblement froide. Pour synthétiser ce n'est ni un bon ni un mauvais film, un long métrage qui se regarde mais qu'on oublie aussitôt.
cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 novembre 2011
Après avoir fait une grève de la faim pour Steve McQueen, Michael Fassbender est cette fois-ci un accro au sexe dans ce film poignant, troublant et intense qui nous met face à une addiction dont on ne parle quasiment jamais mais qui est bien réelle. La mise en scène est toujours aussi efficace, épurée et nous montre sans concessions le quotidien de Brandon qui passe sa vie entre masturbation et fornication. Si le film traîne parfois en longueurs, il ne perd jamais de son intensité et laisse le spectateur seul juge de Brandon. Dans ce rôle Michael Fassbender est grandiose, entre violence et fragilité, bouillonnant de colère et de charisme. Face à lui, Carey Mulligan est touchante en sœur paumée et suicidaire qui vient troubler la vie de son frère. Une chose est certaine : Fassbender est un des plus talentueux de sa génération et Steve McQueen s'annonce comme un brillant cinéaste.
chrischambers86

16 164 abonnés 13 124 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 novembre 2012
Ce deuxième long-mètrage de Steve McQueen est d'une grande maitrise, filmè d’une manière quelque peu ètrange mais valorisè par une photo soignèe! Tout rèside dans les dètails, tout est suggèrè, impliquè, montrè! En homme perdu dans New York, de corps et d'allure, Michael Fassbender est èblouissant dans un rôle complexe mais taillè sur mesure! Le prèdateur qu'il incarne est palpable de la première à la dernière minute, et plus que jamais dans la sèquence du mètro, d'un Fassbender qui dèshabille des yeux une jolie rouquine! Le ton est donnè! Glacè et glaçant, "Shame" est avant tout une oeuvre sur les addictions sexuelles dont on ne sort pas indemne! Quand arrive enfin la meilleure sèquence du film dans ce restaurant chic où l'èmotion emporte tout sur son passage parce qu'elle semble dèfinitivement venir d'un autre monde, celle d’une Carey Mulligan chantant magiquement "New York New York". D'un incroyable rèalisme, "Shame" va de l'èmotion aux larmes amères en passant par la poèsie la plus trouble! Mais peut-être est-il trop dèrangeant ? trop froid ? (c’est souvent le cas dans le cinèma britannique), malgrè ses qualitès indèniables...
lhomme-grenouille

3 615 abonnés 3 170 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 10 décembre 2011
« Honteux... » Il n'y a pas à dire : j'adhère totalement au titre. Je ne m'en cache pas, j'avais déjà détesté "Hunger", le premier film de Steve McQueen, que j'avais trouvé incroyablement vide, creux, racoleur et totalement déshumanisé. Mais bon, quand j'ai vu que ce "Shame" osait aborder un sujet aussi audacieux et tendancieux que l'addiction au sexe, mon goût pour le vice a été plus fort et j'ai ainsi voulu laisser une seconde chance au jeune Irlandais. Eh bien : « Paf ! Dans ma gueule ! ». Moi qui me disait que je n'avais rien à perdre à part – au pire – deux heures de mon week-end, je me suis rendu compte qu'un film pouvait avoir un pouvoir de nuisance bien plus fort que celui du simple ennui. Franchement, Steve McQueen est un réalisateur qui me sidère. Je ne sais pas comment il fait, mais même avec un sujet aussi charnel et pénétrant que le sexe, la dépendance, ou bien même le corps, il arrive à désincarner totalement son sujet jusqu'à le rendre imbuvable. Alors d'accord, c'est sûrement l'effet voulu, de montrer la déshumanisation du mec (visiblement une chose qui tient à cœur à McQueen, j'espère que je croiserais jamais ce mec de ma vie...) mais le résultat c'est qu'à faire un film aussi réfractaire à la sensation, au corps, au plaisir, moi je ne n'ai absolument pas vu comment je pouvais m'immerger dans cet univers ! Il est question d'addiction au sexe et jamais on n'arrive à ressentir ou comprendre ce que le héros retrouve là-dedans tellement la sexualité est ici totalement évidée ! Bien sûr, certains me diront que le but était justement de montrer la misère sexuelle du mec, aussi bien au niveau du plaisir personnel qu'au niveau relationnel et que je suis bien con de reprocher ça à ce film. Je leur répondrai que le problème est pourtant là ! Ce film, ce n'est que du pur misérabilisme ! On se contente juste d'observer un mec fade et son univers sans saveur. Le film n'a rien d'autre à proposer que cette complaisance outrancière pour la misère et ce déni total de l'humain. D'ailleurs, le plus incroyable avec les films de Steve McQueen, c’est qu'ils sont totalement vides. Même au niveau de l'intrigue, de l'histoire et des dialogues, il brasse en permanence du néant, comme s’il cherchait à s’assurer le niveau zéro du plaisir cinéphilique. Quand j'ai compris que le cauchemar "Hunger" se reproduisait, je me suis décidé à partir avant la fin. Malgré tout, je ne peux m'empêcher de fixer comme principe de laisser une heure à un film afin qu'il ait suffisamment de temps pour réussir à me convaincre. Or, pour le coup, ce principe a failli m'être fatal tant cette heure fut une souffrance insoutenable. En sortant de ce film, il m'a fallu réapprendre à redevenir sensible aux choses tellement tous mes sens avaient été anesthésiés par cette heure de visionnage. Enfin bon, moi je dis ça parce que je vais au cinéma à la recherche de sensation, d'où ce propos sans concession. Mais après tout, si vous-même votre vie n'a plus de saveur et qu'en plus de cela vous détestez votre propre humanité, alors peut-être qu'à l’inverse de moi, vous trouverez dans cette pornographie misérabiliste qu'est "Shame" la satisfaction à vos pulsions suicidaires. Dans ce cas, il n'est pas impossible que vous interprétiez la désensibilisation que génère ce film comme du plaisir et que, par conséquent vous trouviez "Shame" à votre goût. Mais, en toute sincérité, si vous allez au cinéma pour le plaisir de la sensation et non pour faire bien en société, fuyez Steve McQueen et ses films autant que vous le pourrez...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 4 août 2013
Tout d'abord en acceptant Shame, Michael Fassbender a pris des gros risques, mais lui au moins ces t'un acteurs qui a du talent, et qui a acceptait de joué un personnage avec de la profondeur, du talent et du réalisme.
L'histoire de départ est d'abord très osé, avec un scénario assez simple, mais assez rare sur grand écran, ce style de film est pour moi le plus dur à adapter, mais pour Steve McQueen cela passe comme du gruyère ( désolé pour le terme ).
Alors bon l'histoire : Brandon un trentenaire New-yorkais se trouve être un vrai ad-dicte sexuelle, évitant de s'engager dans de vrai relation ( je suppose que vous vous en doutiez ) et ayant rompu tout contact avec sa sœur ( enfin presque si on compte le répondeur ). Un jour Sisi, sa sœur s'installe à l'improviste chez elle, demandant du coup a Brandon de dissimuler sa vie qui garde secret ( un peu logique en même temps ).
Et c'est ici que tout prend de l'ampleur, c'est grâce à une énorme maîtrise des personnages et à un réel aboutissement que Shame fait de lui le film parfait.
Ici le personnage de Brandon n'est pas vraiment soumis à la parole, un peu comme dans le film Drive, là où certain films sont important par la qualité des dialogues, ici c'est plus par la qualité des actes des personnages et par leur caractère.
Les scènes sont certes très osé, mais qui demande quand même de l'intention pour arriver à décerner les vrais "enjeux" du film.
La relation entre Brandon et sa sœur ( qui est interprété par la magnifique Carey Mulligan ) est le pilier de cette histoire, le peu de dialogue inscrit dans le film sont en revanche de très bonnes qualité.
Comme je l'ai précisé Mcqueen a préférer joué sur les actes des personnages, ce qui implique un grand majorité et qualité de certaines scène ( celle du restaurant, du jogging... ).
Une atmosphère froide mais maîtrise, la relation des personnages très travaillé et impressionnante. Bref Shame a tout du film parfait, qui offre a Fassbender une grande étapes dans sa carrière et une mention spéciale à lui pour son interprétation.
Shame est un chef d'oeuvre.
ghyom
ghyom

110 abonnés 150 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 mars 2014
Superbe photographie, très belle mise en scène, très bon jeu d'acteurs (Fassbender et Mulligan sont magnifiques), un scénario original qui traite de l'addiction sexuelle frontalement (c'est le cas de le dire puisque dès les premières minutes on a le droit à des plans sur le pénis de Fassbender) tout en restant plus observateur que juge. C'est subtil, c'est intelligent, ça questionne sur le monde dans lequel on vit et notamment sur la relation à l'autre et notre difficulté à créer de vrais liens et à se montrer honnête. Pourquoi alors ne mets-je que 3.5/5 ? Et bien voilà, la fin vient gâcher le film. Pourquoi cette fin ? Quel intérêt que cette spoiler: tentative de suicide de Sissy ?
Peut être fait-elle sens mais, personnellement je l'ai ressentie comme factice surtout de la manière dont elle est amenée spoiler: (oh une scène de crime dans le métro, vite, vite je pressens le drame !!!)
et présente uniquement que pour le côté "scène choc" et nous tirer les larmes comme le montre la scène suivante où spoiler: Brandon s'écroule en pleurs sur le pont
avec la musique bien larmoyante au cas où on n'aurait pas compris que c'est un moment triste. Bref, c'est vraiment dommage cet épisode de remplissage limite putassier. En un sens, Shame annonce déjà l'un des gros défaut de 12 years a slave, il me reste à voir Hunger pour savoir si cela est (et sera ?) un défaut récurent des films de McQueen.
ER  9395
ER 9395

112 abonnés 1 337 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 23 février 2013
Film surprenant et déroutant , quelques beau moments mais rien de plus .
Sébastien D
Sébastien D

126 abonnés 548 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 15 juillet 2020
C'est incroyablement mauvais. Dans cette vie rangée et aisée, ou le personnage est accro au sexe, je ne peux pas comprendre comment des gens ont pu ressentir compassion, complaisance ou quoique se soit, tellement le propos est vide. Le scénario a du tenir sur 2 pages, tellement le silence se fait présent. Puis tout le film suit les aventures de ces frères et soeurs, mais sans aucun but. Il est accro au sexe, et alors ? Personne ne dit que c'est grave, personne (en tout cas pas moi) ne cherche a comprendre le pourquoi du comment, on s'en fout ! Du coup ce n'est pas intéressant du tout. La soeur est aussi vide que le frère, personnage complètement inutile. Le final n'apporte rien du tout non plus, ont-ils eu une enfance difficile ? Ont-ils eu un traumatisme qui leur pousse a agir comme ca adultes ? On sait pas, et on s'en fout en fait. Et la scène dans la boite gay... bien qu'elle soit courte, c'était pour moi à vomir. Comme si un bel homme qui pouvait avoir toutes les femmes qu'il souhaite va aller dans une boite gay pour embrasser un mec et plus, devant tout le monde, c'est stupide et opportuniste de la part du réalisateur. Et une chose qui m'énerve encore plus, c'est que parce que le réalisateur fait de bonnes choses habituellement, et que l'acteur principal à la cote, on va encenser ce navet qui serait passer inaperçu sans eux. C'est vraiment tout ce que je n'aime pas dans un seul film.
Wobot
Wobot

21 abonnés 137 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 août 2012
Au début,je pestais en visionnant le long de Mcqueen:des plans fixes très longs,très peu de dialogues mais "qui veut tellement tout dire" lol et des velléités de mise en scène puant l'"auteurisme".Mais les 10 min énervants passés,on est "dans" Michael Fassbinder:on aperçoit à petite touche ses méandres psychologiques,sa tourmente et ses démons sous son apparence "bien sous tous rapports".On peut rajouter aussi la relation fascinante et ambiguë avec sa soeur,Carey Mulligan qui est la moelle épinière de l'histoire et rend ce film tellement particulier et beau.
Estonius

4 737 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 27 septembre 2023
Je ne peux donner la moyenne a un film dont le message (parce que, c'est encore un film à message) est de nous dire en gros que l'addiction au sexe et à la porno, c'est pas bien et que ça empêche d'avoir des relations normales avec les gens. Point de vue puritain et faux (depuis 1970 où le porno s'est libéré, s'il était si nocif que ça, ça se saurait !) Et puis le film vérifie l'adage selon lequel puritanisme et hypocrisie vont souvent de pair. Sinon pourquoi ces scènes de sexe ? Ils ne sont d'ailleurs pas mal, ça nous change des baise en soutif. On pourra apprécier les prestation de Michael Fassbender et de Carey Mulligan (sauf quand elle chante). Sinon le film abuse de plan longs (les critiques adorent) voire inutiles. On a loué la réalisation, tu parles ! Dès qu'il y a un plan séquence la critique pleure de joie, pourtant à bien regarder et pour prendre qu'un seul exemple, la chanson de Carey Mulligan, outre le fait qu'elle soit mauvaise est un exemple de non-cinéma c'est du plan fixe (et ça n'apporte rien au film) on se demande aussi l'utilité de cette scène où spoiler: Fassbinder, obsédé sexuel se permet de critiquer la conduite libertine de sa frangine
! Enfin pour terminer sur une note spoiler: "bonne manière", le serveur au restau ne sait servir le vin, l'usage veut que l'on serve madame après que monsieur ait gouté, là c'est n'importe quoi, je n'irais pas dans ce restau.
jspl
jspl

23 abonnés 231 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 17 décembre 2011
Film sans intérêt aucun à part qq prises de New York. Oui, la chair est triste et le spectateur plus encore d'avoir perdu argent mais surtout temps. Bon j'ai fini par abréger et partir au bout d'une heure et je me
demande même comment j'ai tenu aussi longtemps. Affligeant
Viintage_dreams T.
Viintage_dreams T.

55 abonnés 451 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 26 décembre 2019
Film assez dérangeant à regarder, assez sale en réalité. J'ai un sentiment de malaise, une opinion très mitigée. Il n'y a pas de morale dans le film, je n'ai ressenti aucune émotion du début à la fin. Très déçue du cinéaste, qui, je pensais réalisait de très bons films. Je vous déconseille ce film.
Skipper Mike
Skipper Mike

111 abonnés 650 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 février 2014
Le thème de "Shame", l'addiction sexuelle, a beau être original et peu traité, il ne suffit pas à faire un bon film. Et pourtant, Steve McQueen parvient à réaliser un chef-d’œuvre en montrant toute l'étendue de ses talents : la mise en scène est géniale, et ce dès l'introduction, stupéfiante mise en image de la routine de Brandon dont le caractère tragique de son obsession transparaît aussitôt. Le cinéaste parvient à magnifier New York, la filmant surtout de nuit en choisissant à la perfection ses angles de vue, jusqu'à immortaliser une scène cruciale de course en plan-séquence, moment de bravoure qui produit un effet sensationnel, d'autant plus que la photographie est somptueuse. McQueen sait aussi se faire proche de ses personnages, filmant par exemple des scènes de chant et de dispute en plan fixe, ce qui permet une identification plus facile. C'est aussi dans ces moments que le jeu des acteurs crève l'écran avec le plus d'évidence, notamment celui de Michael Fassbender, l'un des meilleurs comédiens de sa génération. Quant au scénario, il est finement écrit et donne au récit une grande profondeur. Ainsi, "Shame" apparaît surtout comme un film sur la solitude, thème commun à beaucoup de film mais que le réalisateur traite ici sous un angle inédit. En effet, le septième art montre souvent la façon dont elle détruit les hommes, mais McQueen explique ici au contraire qu'elle est aujourd'hui de plus en plus recherchée. Ce comportement casanier est en effet en augmentation de nos jours, en réaction à l'invasion quotidienne de la part des relations sociales, par le biais d'Internet notamment mais aussi par d'autres moyens en milieu urbain. Face à cette profanation de plus en plus insistante de la vie privée, les frustrations sont légion et la paranoïa guette ; la ville, cause partielle des problèmes, peut alors être aussi la solution, dans le sens où sa dimension labyrinthique permet la dissimulation : les rues se suivent, les appartements se ressemblent, les rencontres d'un soir se multiplient. Évidemment, il y a là aussi aliénation, quand l'autre n'est plus perçu qu comme le moyen de satisfaire ses désirs et devient un obstacle quand il les contrecarre. La perversion du film, ce n'est pas la recherche compulsive du sexe mais la perte progressive de l'empathie due aux proches : l'uniformisation du monde entraîne la nécessité de se distinguer et le retour de l'égoïsme. À mots couverts, "Shame", œuvre majeure dans le cinéma américain de cette décennie, doit accompagner avec majesté cette prise de conscience.
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