Un sujet très intéressant car peu traité celui d'un accroc au sexe incapable d'éprouver un autre sentiment que celui du désir sexuel; c'est frontal sans tabou mais pour ma part gênant par le côté moralisateur ressentie à certain moment du film. L'impression d'extrême solitude en milieu urbain est elle une franche réussite ainsi que l'interprétation de Carey Mulligan en jeune femme perdue dans un monde trop égoïste pour elle.
Shame est perturbant, gênant, dérangeant, magnifique : Steve McQueen montre la vie d'un homme accro au sex. Les images de McQueen sont magnifiques, jouant sur les jeux de reflets de miroirs et de vitres. Michael Fassbender est tout simplement parfait. Son personnage est tellement complexe, tellement perturbé en quelques sortes; et Fassebender le joue avec perfection. Carey Mulligan est toujours aussi douée : elle nous montre là qu'elle peut chanter aussi bien que jouer. La musique est magnifique, et le final est tout simplement triste. Il y a plusieurs longueurs, mais le rythme se tient. Ce film s'approchant du chef d'oeuvre uniquement pour sa morale et son sujet est très beau.
A voir surtout pour Fassbender qui n'incarne pas un rôle facile mais qui est pourtant impressionnant de justesse. Scènes contemplatives, mise en scène glauque, excellente BO, rythme lent, un personnage qui tour a tour on déteste et d'on on a pitié. A voir.
Assez froid comme son personnage principal, par moments très cru et avec des looongs plans séquences pour accentué le coté réaliste. Celui avec la chanson du bar est de trop. Sinon rien à redire sur l'interprétation qui est très juste. Le personnage se découvre petit à petit tout au long du film. Un film intéressant car peu banal, mais la morale est au final un peu trop cul cul. On était en droit de s'attendre à mieux. (Bien)
Un long-métrage particulier, quasi muet, et qui concerne un sujet tabou dans notre société. Une dépendance à laquelle on ne pense pas nécessairement. Michael Fassbender est époustouflant dans ce rôle difficile a porté. A voir impérativement !
Sur la forme, c'est un bon drame, assez poignant et surtout très marquant. Les personnages sont plus torturés les uns que les autres, mais l'on se prend d'affection pour eux, les plaignant même d'avoir tant de travers.
Mais c'est sur le fond que ce film se démarque. Par un rythme lent et simple, le réalisateur nous embarque loin avec ses personnages. De nombreuses scènes sont tournées en un seul plan, ce qui renforce le réalisme, et souligne surtout la grande prestation des acteurs, Michael Fassbender en tête. Je pense notamment à un travelling d'une minute, et surtout à un plan de 6 minutes (!!) dans un restaurant. Époustouflant ! Attention cependant, le film est très cru, avec de nombreuses scènes érotiques. Cela peut en rebuter certains.
Sans être un classique, je pense que ce film restera comme une grande réussite pour son réalisateur et ses acteurs. Un film qui aurait mérité plus de visibilité lors de sa sortie.
Un très bon film de cinéma indépendant qui nous plonge dans un univers prenant, avec ce protagoniste à la vie ronronnante dont le seul extra (et pas des moindres) est l'addiction sexuelle. Un climat pesant mais envoutant, des personnages intriguants mais flippant, une histoire intéressante mais qui fait mal... A voir pour passer un bon moment, à condition de ne pas être accro aux blockbusters américains commerciaux et insipides.
C'est entendu, la caméra louvoie avec style, belles images, belles couleurs, plans bien pensés. C'est indéniable, Fassbender est possédé et impressionnant. Mais pour le reste...c'est Waterloo morne plaine. Un scénario insipide, une approche prétentieuse d'un sujet que le réalisateur nous présente en ouvrant des portes qu'il referme aussitôt. Je me suis laissé guider par le flots d'étoiles de la presse et de certains critiques en herbe, mal m'en a pris, je m'attendais à un nouveau "Drive", raté. Too much noise about nothing.
Je lui mets 0,5 pour une belle réalisation mais ça ne fait pas tout! Aucun intérêt, juste du porno chic! Je suis déçue je m'attendais réellement à un vrai film psychologique, et en fait non! La presse me fait vraiment de la peine!! Merci aux Cahiers du Ciné pour rester objectif!
Film bouleversant en particulier grâce à la prestation des acteurs en particulier celui du personnages principal , on voit quelqu'un à la fois torturé et qui dépend d'une grande addiction , le film avait beau être assez lent, on reste quand même fasciné par l'œuvre
Shame nous guide dans les longs petits moments de la vie: une chanson, un ascenseur, des voyages en métro avec des plans éternels, le temps d'un moment. Plus qu'un film sur l'addiction sexuelle, Mc Queen nous présente l'univers torturé d'un homme sans vie, sans but, qui suit le courant dans lequel le "hasard" le guide ou peut être est ce une destinée parmis tant d'autres qui s'offrent à lui. Une destinée qu'il est incapable de quitter. Sans jamais atteindre de sommets intenses dans son intrigue, Shame captive notre attention par la vie maussade de ce personnage ancré dans un quotidien amputé de toutes voies divergentes à celle de la satisfaction sexuelle qui s'apparente d'avantage à un moyen de quitter un temps la réalité qui s'impose à lui, face à laquelle Brandon ne peut rien.
Je trouve ce film d'une puissance monstrueuse ! La performance de Fassbender en proie à des addictions sexuelles y est pour beaucoup. Une scène me marque particulièrement,spoiler: celle ou il parle avec une nana censée commander au bar. Tout la construction de ce dialogue, la rythmique du phrasé, la musique m'a donné des frissons !
2011 fut une belle année en cinéma. Du dernier Lars Van Trier, Melancholia, au divertissement français Intouchables, il y en a eu pour tous les gouts. Mais il aura fallut attendre un mercredi 2 décembre 2011 pour voir sur nos écrans le plus beau film de cette année. Celui qui la conclue magistralement. Shame est un chef-d’œuvre de par la richesse de son esthétisme, scénaristique et au niveau de l’interprétation de ses acteurs. Steve McQueen s’impose définitivement comme l’un des plus grands réalisateurs d’aujourd’hui.
Le film nous scotche dés les premiers plans. Ceux d’un homme, nu, allongé dans son lit. C’est Brandon (Michael Fassbender), un trentenaire new-yorkais. Il vit dans un appartement austère, qui le ferait presque passé pour un appartement-témoin. On le suit peu de temps après dans un métro tout aussi glauque, qui l’amène à son travail, qui n’est guère plus gai. La vie d’un occidental classique. Oui, mais voilà, Brandon a une addiction : le sexe. Ici, aucune notion de plaisir, Brandon la consomme dans un instinct de survie, pour anesthésier ne serait-ce que quelques minutes son mal de vivre. Il enchaine les relations sexuelles tarifées ou non, se masturbe dans les toilettes de son bureau à la pause et use des possibilités qu’offrent internet à ce sujet. Steve McQueen nous dépeint au passage notre société. Celle qui a banalisé la pornographie, la faisant passée pour un synonyme d’amour. En autre depuis l’essor de ce nouveau média qu’est internet. Dans son quotidien malsain, Brandon n’avait pas prévu l’arrivée de sa sœur, Sissy (Carey Mulligan), qui va y amener un grand désordre. Si le film marche, avec un sujet aussi difficile, c’est déjà grâce à la prestation de Michael Fassbender. On savait que Steve McQueen exploiter merveilleusement bien le potentiel de l’acteur, avec leur première collaboration dans Hunger. Mais en plus de savoir l’exploité, il lui offre surement ici l’un des plus beaux rôles de sa carrière. Michael Fassbender se met à nu physiquement dans un premier temps, mais aussi intérieurement. Il explore son personnage jusqu’au plus profond de son âme, dans son voyage sans répit qu’il entreprend dans les ténèbres. Car, à première vue, Brandon représente l’idéal de la plupart des hommes que compose cette terre. Celui d’un séducteur hors pair, qui en un regard peut faire chaviré sa « proie ». Mais le duo McQueen/Fassbender nous montre habilement le double tranchant de sa personnalité névrosée : elle lui interdit l’amour. La scène ou Brandon se retrouve avec une collègue de bureau à dîner, est criante de vérité. Face à des enjeux un peu moins bestiaux, quand un brin d’amour rentre en jeu, Brandon perd ses moyens. Le film prend une dimension encore plus forte avec l’arrivée de la sœur, la non moins névrosée Sissy, magnifiquement bien interprétée par Carey Mulligan. Elle agit ici comme un véritable miroir de ce qu’est son frère. Le poussant dans ses retranchements et le mettant face à une vérité qu’il n’osait avoué. En une phrase, Sissy lui délivre la clé de ses maux : « On n’est pas mauvais, on vient juste d’un mauvais endroit ». Steve McQueen arrive à nous passer autant d’émotions grâce à sa mise en scène. Qui à travers le jeu des contrastes de noir et blanc et de tons grisâtres, la beauté de ses travelings, ses longs plans et l’isolement des personnages dans le cadre, nous dessine un univers malsain et glauque qui sonde au plus profond l’âme humaine. Ce qu’il y a de pire en nous, ce qu’on refoule le plus loin possible. Sans oublier la musique d’Harry Escott qui retranscrit à merveille l’histoire du film. On en sort donc bouleversé mais réveillé comme pour chaque vérité que l’ont reçoit en plein cœur. Par ailleurs, il est rassurant de voir dans cette génération de nouveaux réalisateurs des artistes comme Steve McQueen, un cinéma réfléchit qui prend encore son temps. Face à l’arrivée de cette « génération MTV » inspirée par un style télévisuel et dont la mise en scène clipesque/épileptique est navrante. Dans trente ans (ou peut être moins), quand quelqu’un parlera de Steve McQueen, on ne dira plus « ah ouais, l’acteur qu’a fait Bullit, là. », on dira « ah ouais, le réalisateur de talent à qui on doit notamment Shame. ». On parie ?