Le musicien réalisateur est de retour et gare à vous, avec The Lords Of Salem, Rob Zombie étonne et verse dans le film de genre en omettant certains traits de caractère. Plus de 3 ans après son glorieux Halloween 2, Rob oublie le gore, préfère le rythme apathique et s'essaie à l'ambiance ténébreuse avec... des qualités indéniables. Car son métrage est avant tout une oeuvre chargée, au climat troublé, et qui alimente le mythe de la sorcière comme peu de films savent le faire. Ainsi, The Lords Of Salem brillera surtout grâce à son esthétisme et à son atmosphère brillamment travaillée plutôt que par son scénario, talon d'achille que l'on peut, sans problème, ne voir que comme un simple prétexte à la mise en image d'un récit envoûtant.
Heidi bosse dans une radio et rien ne semble pouvoir déranger sa petite existence placide. Mais la jeune femme vient d'arrêter la drogue et, un soir, après qu'elle a reçu un vinyl, il semblerait que le sort lui réserve d'autres tourments...
L'attente fut longue mais le résultat plaide en faveur de Rob Zombie, son Lords Of Salem assure : le parti pris du metteur en scène, à savoir, tel un Ty West, faire un gros effort sur le climat et les effets, et partant, sur le rythme lent, permet de classer cette bobine dans le cercle restreint des vraies réussites. À l'instar de Innkeepers, Zombie nourrit son récit de l'envoûtement causé par la musique (superbe), de ses jump scares et de la composition de ses images mêmes. C'est que la pellicule ressemble parfois à une oeuvre d'art avec un visuel sublimé, dans des séquences fantasmées, à la fière allure. Et en dépit d'un récit linéaire qui joue moins sur la surprise que sur la narration angoissée, le film impose une nouvelle vision, dépoussiérée et fascinante. 4/5