Grâce à ce film dérangeant, Thomas Vinterberg se permet de briser à la fois tous les codes du cinéma conventionnel et l'image de la petite bourgeoisie. Son histoire est tétanisante de part son réalisme dans les réactions humaines face à l'horreur et dans sa mise en scène (la caméra au poing et la lumière naturelle rappellent justement un gentil film de famille...). Tous les dialogues sont excellents pour nous faire partager la psychologie des membres de cette famille en pleine implosion. Il s’agit de ce qu’il ressorti de meilleur du Dogme 95, cet accord passé entre cinéastes scandinaves pour refaire rimer réalisme et cinéma.
Très bon travail qui aurait peu être sensationnel vu le matériel de base. Cela manque cependant - à mon goût - d'approfondissement dans l'hypocrisie des invités face au "sujet".
Un film absolument brillant, d'une intensité rare. La forme (contraintes du dogme) s'accorde extrêmement bien au fond cruel, dans sa sécheresse et son urgence. Sans être psychologisant, Festen exhibe de tristes vérités sur les comportements humains : le déni total jusqu'à ce que les faits ne soit plus contestables, le refus du désordre même au préjudice de la vérité (c'est d'abord la victime qui est lynchée). Un film absolument glaçant qui doit beaucoup à ses interprètes.
Un zéro pointé pour le film le plus ennuyant et le plus inintéressant depuis que j'ai découvert le cinéma, donc depuis mes 6 ans environ. Je n'ai pas compris ce qui a valu à ce désastre d'être primé, j'avoue que j'en suis étonnée. Une histoire à dormir dehors avec des acteurs tout justes bons. Un scénario limite vulgaire, décidemment j'aurais mieux d'aller me coucher ce soir-là...
Vrai faux film dogme (le film ne respectant pas toutes les règles de la charte dogma...), il est prétexte pour le metteur en scène à dénoncer les hypocrisies de la famille bourgeoise conservatrice et disséquer les névroses de chacun. Un grand moment de cinéma jubilatoire.
difficile de donner une note à ce film. bien sûr le scénario est plutôt bon et les acteurs très convaincants...mais cette image si mauvaise!! oui je sais ,le dogme, etc. Je ne suis pas contre le cinéma expérimental, et j'apprécie certaines oeuvres du dogme, notamment les films de Lars von Trier. Mais quand on fait un film, qu'on le soumet à un public, il y a un minimum de respect à avoir pour les gens qui vont regarder votre production. Et je pense que dans le cas de Festen, le minimum n'a pas été atteint. Je ne parle pas de la façon de filmer, qui elle encore est acceptable (filmé à l'épaule), bien qu'elle fasse un peu amateur, mais ça peut se défendre, ça donne un genre au film (on peut le croire filmé par l'un des invités de la fête par exemple, c'est intéressant). je veux parler de la qualité même de l'image, qui est déplorable: floue, sortie tout droit du premier camescope venu, les ombres sont mal découpées, les couleurs laides, le son aussi est pourri, bref le film des 75 ans de ma grand-mère est meilleur. qu'est-ce que cela apporte, de mettre une image de si mauvaise facture? en quoi cela sert-il le dogme? je ne comprends pas bien non plus pourquoi ce film a reçu un tel accueil enthousiaste, et pourquoi ces défauts n'ont pas été plus relevés, y compris au festival de Cannes: doit-on se sentir obligé d'adhérer à tout ce qui est nouveau ou original, même au plus mauvais, par peur de ne pas être "dans le coup"? voilà, donc 4 étoiles pour l'histoire et les acteurs, et 0 étoile pour la forme, en coupant la poire en deux, j'arrive à 2 étoiles...
Je ne suis pas pour que tout le cinéma suive le dogme95 mais je trouve ça très bien que quelques réalisateurs le fasse aussi bien que Thomas Vinterberg de temps à autres!! Autant parfois les films tournés caméra à l'épaule peuvent être vraiment moches, autant ici ça sublime l'atmosphère qu'il y règne et on s'y habitue assez vite, ça donne ici un accent de vérité aux acteurs qui joue tous vraiment bien!! On ne ressort pas indemne de ce repas de famille qui tourne mal (c'est le moins que l'on puisse dire)! A voir!!
Première œuvre du Dogme 95, «Festen» (Danemark, 1998) de Thomas Vinterberg aborde le fameux thème de la famille par une forme singulière, en menant une révolution de l’esthétique au cinéma. La famille que Vinterberg créé pour défendre une nouvelle approche, plus réaliste, du cinéma s’apparente davantage à une tribu, à un groupe bouffonesque où le Mal est instillé de façon pernicieux. Le secret de famille, rouage usé par les feuilletons télévisés de l’été, se révèle de façon progressive. Si l’ascension est lente, c’est en vue de l’incroyable force mise en œuvre pour cacher le secret de famille. Cette quête désespérée de l’honneur donne des airs grotesques au film. C’est une constante que révèle le cinéma des années 2000 et que Vinterberg, et le numérique, semble avoir préfiguré : le Mal possède des apparences saugrenues de granguignolesque. Dans ce «théâtre de l’absurde et de l’horreur», Vinterberg filme l’intrigue en suivant la charte du Dogme. Les plans sont pour la plupart si dénué d’artifices qu’il nous semble assister à une vidéo de famille. La caméra s’insère au cœur même des évènements. Vinterberg ne nous considère pas comme spectateur du séjour mais tend à nous rendre acteur. Il aurait suffi à certains plans d’être plus exempts de virtuosité et au montage d’être moins perceptible pour que nous puissions avoir sincèrement l’impression d’être plongé dans la mascarade. Le mot «mascarade» s’entend en l’occurrence comme l’expression d’une hypocrisie. Il n’y a certainement pas de hasard si le Dogme 95 s’ouvre avec un film qui dénonce l’hypocrisie d’une communauté et l’horrible abus de l’innocence. C’est bien ce que Vinterberg et Von Trier en tête dénoncent par le biais de leur mouvement. Dénonçant la dérive bourgeoise de la Nouvelle Vague, et la trahison de leurs idéaux de pureté, et accusant les dérives maniériste du moyen cinématographique, la famille conformiste est ce cinéma pervertis contre lequel a lutté «feu» le Dogme 95.
Ce film m'a troublé... Intimiste, camera à l'épaule, trop tellement on ressent chaque souffrances. L'histoire est horrible, c'est dure de ne pas en sortir déprimé. mais créer une émotion aussi forte chez le spectateur ne peut etre que louable! C'est le meilleur film que la rigueur du Dogme ai produit!
« Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark ». Le film fait penser au Hamlet de Shakespeare (Christian en est sûrement un avatar conscient) mais aussi à Octave Mirbeau, pour les dessous faisandés de la respectabilité bourgeoise. La tragédie familiale rejoint la métaphore politique avec les rapports entre les domestiques et les membres de la famille, le frère « beauf » fascisant converti quand la vérité lui éclate à la figure, le conjoint noir dérangeant… Démystification oedipienne vertigineuse et subversion sociale. Le parti pris de la mise en scène mimant une vidéo amateur parait gratuit au départ mais devient de plus en plus pertinent au fur à mesure qu’on rentre dans l’intimité de la famille. Certaines scènes vers la fin (la réminiscence de la sœur défunte) prennent véritablement aux tripes. Un grand film.
Un film poignant et touchant qui a le merite de traiter d'un sujet encore tabou. On ne peut rester insensible à ce film. Je regrette juste le mode de filmage qui ne me plait pas.
Pas de scènes spécialement violentes mais plutot chocs.Le réaisateur nous fait ressentir des émotions comme jamais on en avait ressenties et cela sans esbrouffes particulières.J'ai manqué de pleuré tellement c'est bouleversant.
Le cinéma danois a apparemment beaucoup de choses à dire. C'est en tous cas ce que "Festen" nous laisse penser. En effet, ce film est une réussite complète dans le domaine du drâme familial, filmé sous forme de huis-clos, caméra au poing avec des acteurs bouleversants de simplicité et de naturel. A côté, le "Pardonnez-Moi" de Maïwenn (réalisé après "Festen") fait un peu cheap.