"Lucy", (selon Besson), comme l'australopithèque, est bien partie pour marquer elle aussi l'Histoire de l'humanité. Elle, elle n'est pas éthiopienne, mais américaine et blanche (et même blonde - décolorée), et rencontre son fabuleux destin à Taipei (capitale de Taïwan), se retrouvant la proie de la mafia coréenne, par la faute d'un petit ami très récent (et indélicat). Elle est l'une des 4 "mules" que le caïd en cause contraint d'acheminer (en payant littéralement de leur personne) un paquet d'une nouvelle drogue de synthèse en Europe. S'étant retrouvée faisant un petit détour par une geôle lugubre, et en fort mauvaise posture, elle subit un petit désagrément (la conduisant un peu plus tard à l'hôpital) et un grand choc.... Ne pas s'étonner de (déjà) quelques ellipses, ce n'est que le début.... Les béances dans le récit, les invraisemblances, les grosses ficelles et les scènes à faire (même, voire surtout, sans lien nécessaire avec le reste), cette nouvelle production bessonienne (l'industriel du "divertissement" calibré "bankable" étant à l'écriture, la réalisation, la production..) les enchaîne, avec jubilation. Comme on n'est jamais si bien servi que par soi-même, l'auteur convoque un "best of" maison, s'inspirant de "Nikita", du "Cinquième élément", et même de "Taxi", le tout passé à la moulinette et au shaker, avec en liant un vernis "scientifique" pathétique (Morgan Freeman en expert), aboutissant sur un "message" quasi-biblique, en conclusion des prouesses (extravagantes) de Lucy, en démiurge se sacrifiant pour l'espèce humaine. Scarlett Johansson, la nouvelle égérie de Besson, se donne beaucoup de mal, dans un rôle très physique. Un film puéril et vain, très boum-boum et bling-bling. Plaira aux amateurs de jeux vidéo.