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marc sillard
11 abonnés
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4,5
Publiée le 7 avril 2024
Quel exploit pour Raoul Walsh d'avoir fait deux films top et super top la même année 1949 : "la fille du désert" et "l'enfer est à lui". Un contributeur d'AlloCiné dit que l'attaque du train dans le désert est faite de rushes de "Cheyenne" tourné deux ans auparavant et qu'on y aperçoit même Arthur Kennedy qui n'était pas là en 1949. Cela fait gagner du temps. Rebelote pour "white heat", reattaque de train, mais originale et particulièrement brutale. Evidemment l'apport de James Cagney est phénoménal. Sujet à des crises que je qualifierai d'épileptiques, et surtout de démence quand il apprend la mort de sa mère chérie, il est à la fois méfiant de nature et confiant quand on le chouchoute, craint et admiré de sa troupe de gangsters. Il faut reconnaître qu'il a un esprit de décision exceptionnel et une énergie vitale hors du commun. Et Cagney joue cela à la perfection. Il est bien servi par le scénario et par la réalisation de Walsh, technique, précise, belle, bien jouée, variée. On va du train à la maison de Ma, puis au pénitencier, dans les voitures radarisées des flics, pour finir dans la raffinerie d'essence en feu. Les scènes de prison sont particulièrement réussies. Un tueur du Désert devient chef flic plein de sang froid dans l'Enfer et c'est sympa de la part de Walsh de lui avoir permis de changer. Même chose pour la belle Virginia Mayo, qui passe de métisse cheyenne amoureuse et active à femme fatale pour gangsters, coquette et cynique. C'est elle qui m'a donné l'idée de revoir ce film. Pour déterminer la couleur de ses yeux c'est loupé. Un film de cape et d'épée en technicolor vu par ailleurs me suggère qu'ils sont noisette avec des reflets d'un vert profond. De quoi plaire à James Cagney en tout cas même si son attachement à la dame est purement physique. La scène finale de la raffinerie en flammes fait penser à l'incendie du Walhalla de Wagner et inspire la musique, pompière forcément, du film. Il y a la même chose dans "Johnny Guitare". Pour conclure, c'est un super film, de référence, à voir absolument.
White heat est à n'en pas douter un excellent film, qui pose les règles pour ses successeurs.
James Gagney porte le film à lui seul comme c'est souvent le cas, le rôle de cinglé lui va à merveille, même si je lui préfère sa prestation dans "angel with dirty face".
Le scénario est trop découpé à mon sens en parties qui peinent parfois à faire vase communiquant, il manque cette fluidité qui vous scotche au film. spoiler: Braquage initial, mère cinglée, prison, mère cinglée, trahison d'associé, second braquage, final.
L'ensemble aurait gagné à être plus fluide, plus court, à la fin du film on en oublie déjà certains personnages du début qui semblent appartenir à un autre film. La relation mère fils dont les critiques nous rebattent tant les oreilles apparait anecdotique.
Pour avoir enchainé quelques films du genre de cette époque, "white heat" me semble marquer un tournant dans le cinéma du genre, les courses poursuites en voiture en journée, l'introduction de la technologie semble remplacer les courses poursuites à pied nocturnes dans des décors brumeux. Les crissements de pneus remplacent les halètements désespérés d'un fuyard au fin fond d'une ruelle sordide. Les scènes d'action remplace le travail de photographie.
Ce que le film gagne en conformité et en clarté il le perd en ambiance et en suspense.
Raoul Walsh envoie James Cagney "on the top of the world". Dans ce film noir très bien mis en scène par la légende hollywoodienne, Cagney livre une performance extraordinaire qui fut qualifiée à l'époque de démesurée (dans le sens péjoratif du terme...) d'un gangsters névrosé (la relation avec sa mère - Margaret Wycherly - en est le témoin !) et en proie à d'intenses migraines que Cagney a si bien jouées qu'on raconte que certains techniciens arrivant sur le plateau ont cru à une vraie crise de l'acteur. N'oublions pas le scénario (même si effacé face à cette performance) classique, simple et efficace, digne d'un très bon film noir, et une fin démesurée, peut-être trop d'ailleurs mais sans conséquences devant ce monument de cinéma.
s'il fallait citer un seul film de gangster dans toute l'histoire du cinéma, je citerai celui ci tant il fait figure de classique parfait (a l'image de rio bravo dans la catégorie western)le film est à la fois très bien construit et a une ampleur inégalée grâce notamment à l'interprétation de james cagney qui incarne avec une force incroyable un gangster pathologique lui donnant quasiment une dimension shakespearienne. le film très dure et réaliste dans la description des rapports entre les personnages ne fait aucune concession aux conventions de l'époque et garde toute sa modernité. En cela il dépasse SCAREFACE d'Howard Hawks ,autre chef d'œuvre mais qui a plus vieilli.
Très bonne interprétation de Cagney (à mes yeux son meilleur rôle!). Virginie Mayo est splendide et incarne son personnage à la perfection. Le rapport mère/fils est très touchant. A voir absolument!!!