Pfff…non, malgré mes efforts, je ne peux cautionner ça, désolé. Adapté d’une nouvelle de Michel Faber dans laquelle un couple d’extraterrestres voyage à travers l’écosse en se nourrissant d’humains, "Under The Skin" est un film contemplatif au rythme très lent dans le quel il ne se passe...rien ! Et si je n’avais pas trouvé l’info qu’il s’agissait d’une adaptation et le résumé de cette nouvelle, il n’y a aucun moyen de comprendre ce qu’il se passe à l’écran tant il n’y a aucun indice au sujet d’une quelconque métaphore ou allégorie. De plus, Le film de Jonathan Glazer est d’une lenteur accablante et il n’y a pratiquement pas de dialogue (il faut attendre plus de 10 minutes pour pouvoir entendre la première phrase minimale !!). Pour renforcer ce sentiment de pénibilité, certaines séquences du film sont filmées en Go Pro dissimulées dans lesquelles Scarlett Johansson accoste des passants dans la rue sans que ces derniers ne se doutent qu’ils sont filmés : était-ce obligé de passer par la case « amateurisme » pour donner un style « arty » au film ? Oui, le mot est lâché : « arty ». Oui car finalement, "Under The Skin" ne propose que la répétition d’un schéma : Scarlett part à la pêche au péquenot, le chauffe à mort, l’emmène dans un lieux où ils se retrouvent dans une pièce entièrement noire (métaphore de la fatalité à laquelle on ne peut échapper ?) dans laquelle le pauvre gars va s’embourber dans une sorte de liquide noir façon sables mouvants. Et voilà, on recommence…pas d’explication. Je n’ai rien d’habitude contre les films qui n’expliquent pas tout car on peut toujours arriver à interpréter certains éléments visuels ou sonores pour se faire une opinion (je pense notamment aux récents "Valhalla Rising" et "Only God Forgives" de Nicolas Wending Refn). Mais ici, que nenni, Jonathan Glazer compose son film comme une peinture « arty », vous savez : cette catégorie de l'art contemporain détestable qui consiste à nous mettre une croûte devant les mirettes en nous balançant « Trouvez-lui la signification que vous voulez, car je n'en ai pas » (ou plus sobrement : « Je vous donne ma merde, démerdez-vous avec !! »). C’est réellement ce que je ressens après avoir vu "Under The Skin" : c'est vide de sens, ce n’est que de la masturbation intellectuelle (et avec Scarlett Johansson à poil, c’est plus que vérifié !!). Vous allez dire que je suis réfractaire à ce style de films, et pourtant c’est faux car il y a plusieurs films dits « étranges » que beaucoup de personnages ont en horreur et que j’affectionne grandement (jugez par vous-même : "Eraserhead", "Lost Highway" et "Muholland Drive" de David Lynch ; "Un Chien Andalou" de Luis Buñuel ; "Tetsuo" de Shinya Tsukamoto ; "Enter The Void" de Gaspard Noé ; "El Topo", "La Montagne Sacré" d’Alejandro Jodorowsky ; "Videodrome" de David Cronenberg ; "Rubber" et "Wrong" de Quentin Dupieux ; "Gozu", "Dead Or Alive" et "Visitor Q" de Takashi Miike). Mais là, je ne sais pas pourquoi mais je n’arrive pas à entrer dedans et mon seul sentiment est l’ennui. J’ai lu sur internet que "Under The Skin" était « une innovation majeure du cinéma qui n'a jamais été proposée auparavant »…bin voyons...ah si c’est vrai : je me suis rarement fait autant chier devant un film auparavant !! Bref, si ce genre de truc ça fait bander les hipsters et les bobos (tiens, c’est Télérama, Les Inrocks et Studio Ciné Live qui vont être contents !!), ce n’est pas mon cas. Je vais me purifier en me rematant de vrais péloches barées…où est-ce que j’ai mis mon "Lost Highway" et mon "Tetsuo" ?...