Ni un chef d’œuvre, ni une daube, ou quelque part entre les deux. C'est définitivement un OVNI cinématographique, qui change radicalement de tout ce qu'on voit régulièrement, qui du coup fait plaisir à voir. Une sorte d'expérience sensorielle, audiovisuelle et c'est bien ce qu'est le cinéma, ou ce qu'il se doit d'être. Alors quand des personnes, pour une bonne partie illettrés, nomment le film de merde, de navet, c'est qu'elles ont justement oublié que le cinéma est avant tout un art. Ces personnes, qui sont tellement habituées à regarder passivement des films racontant une histoire claire, linéaire, seront forcément outrées par un film comme Under the skin, car elles n'attendent pas ça. Attention le film n'est pas d'un ennui mortel, comme on peut le lire dans des critiques spectateurs. La 1ère moitié du film est la plus réussie. Oui c'est répétitif, mais ça ne veut pas dire chiant. Le même schéma se répète, à savoir la femme arrivée d'on ne sait où, aborde un homme et l'emmène quelque part.. mais J. Glazer change plus ou moins ses dispositifs de mise en scène. En tout cas, il y a une vraie tension, un certain malaise, qui fait qu'on reste assez captivé. Cette première partie, au delà d'être plutôt "surréaliste", se voit aussi comme un docu sur l'Ecosse, ou sur les écossais. La seconde moitié est beaucoup moins prenante, l'impression que le cinéaste ne sait plus où aller, même s'il sait comment finir le film, la fin qui n'est pas spécialement surprenante ou incroyable. Il y a des images marquantes, mais on n'en revient assez vite. A noter, Scarlett dans un de ses meilleurs rôles.