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Ismael
128 abonnés
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4,0
Publiée le 16 août 2026
Vu en avant première dans le cadre du Club Allo-Ciné et en présence du réalisateur Cristian Mungiu. Commençons par dire que Fjord est un film parfaitement dans l'air du temps pour ce qui est des thématiques traitées Ainsi qu'une œuvre qui s'impose au spectateur comme une sorte de savant mélange de Ken Loach pour tout l'aspect cinéma social et de Michael Hanecke pour la froideur et la précision dans la manière de décortiquer les mœurs ainsi que la culture d'un endroit et d'un moment donné.
Autant dire qu'il y a pire comme références dans le cinéma et d'ailleurs, en réalisateur déjà expérimenté (7 films, dont une précédente palme d'or pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours), Mungiu n'a absolument pas à rougir de la comparaison avec les deux maîtres en fin de carrière. Sa mise en scène est belle, sa photo magnifique, sa réalisation est au scalpel, ses interprètes sont criants de vérité, et ses dialogues réalistes et inspirés. Mais ce n'est pas tout, car Fjord a visiblement aussi été trés bien documenté, notamment en tout ce qui concerne le système judiciaire et celui de protection de l'enfance Norvégien. En termes purement formels et cinématographiques, le film est assez admirable et il difficile de lui reprocher quoi que ce soit.
Sans aller jusqu'à parler de ses possibles défauts, là ou il peut, en revanche, soulever certaines questions, c'est sur le fond de son récit. Car, comme la majorité des films ayant remporté la récompense suprême à Cannes, Fjord a vocation à nous délivrer un message universel. En tout cas c'est l'impression qu'il donne clairement et l'intervention du réalisateur après la projection allait aussi dans ce sens. Sauf que, si l'on regarde de plus prés, le film de Mungiu se déroule dans un univers trés bourgeois ainsi que dans un coin perdu et peu peuplé d'un pays de seulement 4 millions d'habitants. Quand il nous plante le décor, on est clairement dans un univers trés privilégié et donc par définition pas vraiment représentatif de l'humanité. Je ne suis pas certain que si cette famille roumaine s'était installée dans la banlieue de n'importe quelle grande métropole occidentale, en envoyant ses enfants dans une École publique lambda, la suite du récit aurait été la même (mais peut-être me trompe je..). Et d'ailleurs, c'est finalement assez logique de le penser, puisque toute la spirale destructrice qui se met en place dans Fjord, repose justement sur cette idée de proximité et de population trés réduite ou l'anonymat n'existe pas et où chacun épie discrètement l'autre en portant un jugement sur lui. D'ailleurs, le film devient assez rapidement (et à raison au vu de qui nous est montré) une charge contre la mentalité rigide et le système administratif et judiciaire qui l'est tout autant, des norvégiens, dont le portait brossé est assez peu flatteur.
Mais peut être vais-je trop loin avec ces considérations, car Fjord reste avant tout un film à suspense haletant et de trés bonne facture. Un peu à la manière d'une autre palme d'or: Anatomie d'une chute, mais avec une dimension sociologique et internationale en plus. Et, comme une preuve supplémentaire de sa capacité à scotcher et à passionner le spectateur, les 2h26 qu'il dure passent... à toute vitesse.
Vu lors d'une projection privée AlloCiné. Fjord est un film où il faut se laisser prendre par ce qu'il raconte. Il apporte un débat politique sur la société qui est très fort avec la question de la manière dont l'on doit éduquer ses enfants, et comment la punir auprès des parents. Il montre une société stricte ou le moindre avis des parents peut leur être fatal. ET il le fait surtout de la meilleure des manières : le film prend le temps de bien développé les personnages pour pouvoir s'attacher plus facilement, portée par l'acting des acteurs qui est très bon, la mise en scène avec certains plans avec la caméra sont bien (même si ça devient trop simple), Le travail de l'image est superbe avec un grain et un contraste fort qui donne un côté déstabilisant et réel. Bref ce film va vraiment vous faire poser des questions, et je ne peux que le recommander.
Un film troublant, qui questionne sur la morale, la religion, la politique... Le genre de film qui nous pousse dans nos retranchements, qui mène au débat et auquel on pense encore bien après la fin de la séance.
Vu dans le cadre du Club AlloCiné, en présence de Cristian Mungiu. Un film intelligent, bien construit, qui fait réfléchir à la confrontation des convictions. Qui nous réussi à ne pas emmener le spectateur à prendre parti. Un film « nécessaire » et utile.
Prenant ! un engrenage culturel et judiciaire soulevant de multiples réflexions. La partie du procès est marquante, froide, à la réalisation efficace. Côté casting, nous découvrons Sebastian Stan comme on l'a jamais vu. Les personnages secondaires sont tout aussi intéressants.
Un film très intéressant par son écriture, très complète qui peux se transposer à d’autres pays, d’autres situations. C’était assez lent ça peut perdre une partie des gens, néanmoins son écriture, l’interprétation des acteurs adultes et enfants est maîtrisé.
La plupart des grands réalisateurs sont des manipulateurs et ne demandent pas notre consentement pour aller au bout de leur cheminement. En la matière, Fjord se révèle un exercice assez vertigineux, plus encore que dans tous les films de Cristian Mungiu, désormais double palmé cannois. spoiler: La question qui reste posée est celle de l'origine des bleus, arborés par deux enfants d'une famille roumano-norvégienne, qui vient de s'installer dans un petit village nordique. Aurons-nous la réponse à l'issue de la projection ? Attendez, ce n'est pas aussi simple, dans l'esprit de Mungiu, spoiler: qui entend bien nous ballotter entre deux versions opposées, tout en ne semblant pas vouloir trancher entre une plutôt qu'une autre . D'un point de vue purement narratif, la mise en scène addictive du cinéaste n'a pas de mal à nous maintenir sous pression et c'est même du grand art. spoiler: Mais tout de même, qui a donc raison et qui a tort dans la manière d'éduquer sa progéniture ? Réfléchissez et faites votre religion, le film tangue à droite puis à gauche et si ce n'est pas une forme de perversité, cela y ressemble peut-être. Le cinéma de Mungiu n'avait sans doute jamais été aussi clivant que dans Fjord, spoiler: car il confronte là deux manières très différentes d'envisager un modus vivendi familial. Et toujours cette interrogation lancinante : quel est celui qui est le bon ? Malicieux, le cinéaste roumain ne nous ménage pas et tant pis si l'on ressort un tantinet agacé. Il s'agit bien de cinéma, largement au-dessus de la moyenne habituelle des productions actuelles. Est-ce que cela valait une Palme d'Or ? En voici une autre bonne question !
Captivant. Une plongée dans le système de protection de l'enfance des pays nordiques. On se prend à douter de la bonne foi de chacun. Ambiance nordique garantie et acteurs excellents.
Si tous les téléfilms d’Arte é avaient cette facture, tant du point de vue de l’écriture que du jeu, ce serait sans doute merveilleux ! Une petite palme, en somme. On pense parfois à Anatomie par certains fils qui se tendent et se nouent mais rapidement, les points de vues extérieurs l’emportent sur l’intériorité. Alors on ne s’attache pas vraiment, simple spectateurs d’un théâtre d’ombres. Ca reste quand même le haut du panier de l’édition 2026 du Festival de Cannes. A voir au moins pour faire le point avec la Croisette !
Une Palme d'or intelligente qui aborde un sujet novateur, particulièrement bien taillé pour le grand écran. On se laisse facilement emporter par ce drame familial, plongée au cœur d'un décor aussi beau qu'inconfortable, où l'on peine à trouver sa place.
Découverte en avant-première chez UGC de Fjord, la nouvelle Palme d'Or 2026 réalisée par Cristian Mungiu, qui nous plonge dans la nouvelle vie d'une famille roumano-norvégienne très religieuse qui vient de s'installer dans un village isolé de Norvè bascule lorsque l'école remarque des ecchymoses sur la fille aînée. spoiler: Les services sociaux retirent alors immédiatement la garde des enfants à leurs parents, déclenchant une longue bataille judiciaire et administrative . La grande force du film est d'éviter tout jugement hâtif. Là où l'on pourrait rapidement se forger une opinion tranchée, le réalisateur choisit au contraire de mettre en scène une confrontation juridique complexe et nuancée, laissant constamment planer le doute entre la bonne foi des parents et la logique des institutions. Il nous invite ainsi à construire notre propre réflexion sur cette affaire. Les acteurs incarnent leurs personnages avec une grande justesse et parviennent à maintenir une tension permanente du début à la fin. Malgré quelques longueurs, le scénario se révèle particulièrement intelligent et continue d'interroger le spectateur jusqu'à la dernière scène. Fjord est un drame puissant, réaliste et captivant, que je ne peux que recommander d'aller voir qui suscite autant l'émotion que la réflexion.
Quelles sont les deux montagnes qui se font face dans ce fjord norvégien ? D’un côté, l’intégrisme religieux d’une famille roumaine immigrée, et de l’autre, la communauté d’un village norvégien, incarnation d’un État parmi les plus progressistes au monde, convaincu de son pouvoir d’intégration. Mais lorsque cette même institution cherche à protéger les enfants à la suite d’une suspicion de violence, les deux mondes et leurs valeurs incompatibles font face à leurs hypocrisies respectives.
Mungiu choisit de nous désaxer volontairement des enfants, pourtant au cœur du sujet. On finit par se désintéresser de leurs émotions et de leurs états d’âme, alors que ce sont eux qui naviguent littéralement dans ce fjord. C’est bien chez eux que s’opèrent les transformations les plus importantes : un cadre pour l’adolescente turbulente, davantage de liberté pour ceux qui en sont privés.
Son point de vue divisera, puisqu’il épouse largement celui de la famille roumaine. Mais son constat final est sans appel : alors qu’une justice impartiale semble amener vers le compromis, certaines lignes semblent infranchissables pour la religion.
spoiler: SPOILER : Lorsque le père Gheorgiu (Sebastian Stan) découvre les sentiments amoureux de sa fille envers son amie Noora sur leur terrasse, il prendra la décision immédiate de fuir le pays. Cette histoire parallèle pourrait même expliquer les bleus injustifiables car possiblement causer par une querelle amoureuse entre les adolescentes (une ancienne petite amie très virulente, que l’on ne verra plus du tout ensuite)
Fjord du Roumain Cristian Mungiu n’est pas une grande Palme d’Or. Je déteste la polémique créée par ceux - tels certains critiques du Masque et La Plume - qui veulent vérifier que le pédigrée du réalisateur est impeccable et se disent mal à l’aise avec le fait qu’il n’ait pas choisi son camp (ce qui en fait obligatoirement un coupable). Le sujet ? L’intégration pour le moins difficile d’une famille roumaine catho tradi (par le père) dans la Norvège d’aujourd’hui, son système d’alerte implacable des services sociaux, la présumée maltraitance de leurs enfants, le père n’ayant l’impression que de faire montre de fermeté dans leur éducation.