Inherent Vice
Note moyenne
3,0
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197 critiques spectateurs

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Benjamin A

816 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 5 mars 2015
"Inherent Vice" signait le retour de Paul Thomas Anderson deux après le mitigé "The Master" et par la même occasion, l'une de mes plus grosses attentes de l'année. Voir le metteur en scène du génial Magnolia se frotter au film noir en adaptant le roman homonyme de Thomas Pynchon en nous faisant suivre un détective dans le Los Angeles des années 1970 était plus que prometteur.

Et pourtant, tout commence de la meilleure des manières avec un Paul Thomas Anderson nous immergeant au cœur d'un Los Angeles transformé en jungle urbaine où l'on assiste d'abord à un défilé de personnages hauts en couleur souvent louches (un dentiste pervers, un flic qui déteste les hippies...) et surtout drogué. Il s'arrête surtout sur un détective régulièrement défoncé qui va peu à peu se retrouver au cœur d'une mystérieuse disparition et là, il met en place une intrigue de plus en plus complexe, sombre et ambiguë.

Mais malheureusement je ne suis que trop rarement rentré dans le trip et excepté lors de certaines séquences rehaussant l'intérêt, c'est clairement d'un ennui mortel. Peu à peu le film devient incompréhensible et on assiste à un défilé de personnages peu approfondis et surtout totalement inintéressants. PTA multiplie les sous-intrigues mais oublie clairement de les rendre passionnante et surtout ne créé que trop rarement une atmosphère folle et prenante, qui aurait été adéquate au détective. Mais non, il préfère prendre longuement son temps avec quelques fulgurances, quelques moments drôles, parfois hallucinants et bien sentis mais qui dans l'ensemble m'a clairement laissé sur le côté.

Avant de le voir je pensais un peu au génial "The Long Goodbye" de Robert Altman, où ce dernier magnifiait un Los Angeles corrompu jusqu'à la moelle mais ici il n'en est rien, et je ne retrouve pas le Paul Thomas Anderson qui signait de si magnifiques plans et était capable de me renverser à l'aide d'un seul plan-séquence dans des films comme Boogie Night ou Magnolia. Les acteurs défilent, arrivent aussi vite qu'ils repartent sans grande cohérence et de façon assez bordélique avec l'impression que, excepté un Phoenix génial en privé à rouflaquette drogué, chacun vient faire son petit numéro sans vraiment apporter quelque chose.

Quelle déception ! Pourtant tout était réuni pour avoir un grand film mais au lieu de ça, Paul Thomas Anderson livre une oeuvre plate, très et trop longue, sans grand intérêt et dont les quelques bonnes idées sont plombées par un ennui mortel et l'impression d'avoir été largué sur le bord de la route au bout d'une demi-heure...
MC4815162342

451 abonnés 1 489 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 avril 2015
Et voilà que pour son nouveau film le génie Paul Thomas Anderson adapte le livre dérangé de Thomas Pynchon, c'est le genre de bouquin qui d'après certains semble inadaptable, que voilà justement un défi pour ce bon vieux... enfin pas tant que ça, Anderson.

Pas mal critiqué et même traité de pire film du réalisateur Inherent Vice est loin de valoir ces mots, certes ce n'est peut être pas la plus importante des œuvres du monsieur mais ça reste du très bon niveau tout de même. Réputé également fouillis voir brouillon certains n'ont pas du apprécier le fait de se perdre dans ce sac de nœuds psychédélique. Sachant que le film serait lent et loin de l'ambiance groovy de la bande annonce je n'ai pas reçu de coup de massue à ce niveau. Je ne trouve pas non plus l'histoire aussi imbitable et mal foutue qu'on le dit, par moment on se perd dans ces histoires qui se croisent et se mélangent mais au final on décèle très bien les liens entres toutes ces fameuses histoires.
Pour résumer le film à son image, nous suivons donc Larry Sportello surnommé "Doc", un détective privé hippie et accro à la fumette qui est chargé de retrouver le riche Michael Z. Wolfmann disparu avec son ex copine Shasta, rien de bien compliqué jusqu'à ce que les rencontres et connaissances de Doc surgissent, et là, la question est: "Peut-on aller pisser pendant le film sans mettre pause ?", à cette question je répondrais: "Même en mettant pause, tu auras du mal à t'y retrouver !". Même si je n'ai peut être pas tout saisi, bien que j'ai compris une bonne grosse partie, je ne me suis pas ennuyé comme certains apparemment, je suis resté si concentré sur l'histoire pour ne pas perdre le fil que je n'ai pas franchement eu le temps de m'ennuyer.

Anderson pose sa caméra au sein d'une ambiance seventies superbement retranscrite, il adapte ses cadrages à l'ambiance et au style du film, au début je me demandais même si j'étais bien devant du PTA tellement les cadres sont nouveaux. La bande son qui est toujours un point essentiel chez Anderson et elle aussi en total accord avec l'époque, les costumes quant à eux sont top fun, chaque personnage à bien un style différent, et le plus classe est évidement celui de Doc alias Joaquin Phoenix.
Phoenix qui se retrouve une fois de plus après "The Master" devant la caméra de Paul, il y est formidable, même sans parler, il a une telle présence, une présence ringarde, mais c'est bien sur voulu, ces rouflaquettes, cette tignasse, ces lunettes, ces yeux de "je comprend rien", ces pieds sales et ce chapeau de paille, tout est réuni pour donner à ce personnage le look hippie parfait. A ses cotés on retrouve bon nombres de noms comme Josh Brolin alias Bigfoot qui aime les bananes au chocolat, Owen Wilson en une sorte de Judas, et également Katherine Waterston, Reese Witherspoon, Benicio Del Toro, Jena Malone, Martin Short, Michael K. Williams ou encore Eric Roberts, par contre cette fois ci pas de Philip Seymour Hoffman malheureusement, il aurait été parfait en hippie, R.I.P. mon vieux.

En bref, sans être son film le plus remarquable, il reste bien au dessus de ce que les critiques en disent, c'est un film drôle, bien écrit, soigné, barré bien sur, avec de nombreux plans séquences classes, une BO délicieuse, un casting au top, et voilà. Seule petite chose dommageable c'est qu'après avoir revu la bande annonce je me rend bien compte que certaines scènes barrées présentes dedans n'étaient pas dans le film, je me doute qu'il a fallu couper des choses et que le film fait déjà 2h30 mais c'est un petit regret tout de même.
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