4146 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
427 critiques spectateurs
5
55 critiques
4
123 critiques
3
151 critiques
2
46 critiques
1
24 critiques
0
28 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
nikolazh
76 abonnés
1 060 critiques
Suivre son activité
2,0
Publiée le 1 mai 2011
Une très belle histoire et une jeune interprète extraordinaire, magnifiée par la réalisation solaire de la réalisatrice/scénariste, qui oublie cependant d'étoffer son histoire avec des vrais morceaux de trucs intéressants dedans ! Du coup au lieu de devenir un portrait touchant de l'enfance, le film reste au niveau de l'anecdotique. Sympathique quand même.
Tendre et à peine grave, authentique et aussi légère, justement encadrée par les parents Mathieu Demy et Sophie Cattani, cette histoire de petite fille qui se fait aléatoirement passer pour un garçon mérite bien l'appellation de meilleur téléfilm français sorti en salles cette année.
Le cinéma de Céline Sciamma est celui des seuils, des identités qui s’inventent et qui se créent. Tomboy s’inscrit dans cette continuité, capturant un moment où Laure devient Mickaël, où le corps se plie aux désirs intérieurs, avant que le monde ne vienne rappeler ses règles.
À hauteur d’enfant, Sciamma filme l’identité non comme une certitude mais comme un élan, un jeu sérieux. Dans cette fable naturaliste, la caméra ne tranche jamais, elle accompagne, capte l’essentiel sans le surligner. Ici, l’identité n’est ni un manifeste ni un débat, mais un état, une exploration où tout semble possible jusqu’à ce que le réel impose ses contours.
L’épure est la langue de Sciamma, son art de la retenue construit ses silences. La caméra ne s’attarde pas, elle laisse advenir. Dans Tomboy, pas d’explication sur l’élan de Laure vers Mickaël, pas de justification ni d’argumentation.
Cette mise en scène discrète, fluide, donne au film une sensation d’évidence. Rien n’est forcé, rien n’est démontré, et c’est là que réside sa force. En s’attachant au sensible plutôt qu’au discursif, Sciamma touche à une vérité universelle : l’enfance est un territoire mouvant où l’on tente, l’on s’égare, l’on se cherche, avant que les frontières ne se referment.
Il y a chez Laure/Mickaël une liberté désarmante, celle d’un enfant qui n’a pas encore appris à voir le monde comme il est censé être vu. Se fondre parmi les garçons n’est pas une provocation, ni même une revendication, c’est un geste naturel, un prolongement d’un soi intérieur qui refuse l’étau des assignations.
La mère, pivot du récit, incarne ce tiraillement. Elle ne condamne pas, mais elle corrige. Son regard n’est pas celui du rejet, mais de l’inquiétude, du poids du monde qui s’infiltre dans l’espace préservé de l’enfance.
Chez Sciamma, l’émancipation se heurte toujours à une frontière, une limite qui rappelle que l’identité ne se construit jamais seule, mais dans un dialogue, souvent conflictuel, avec le réel.
Simple en apparence, immense dans son retentissement, Tomboy dit ce que le cinéma dit de mieux : une vérité que les mots ne sauraient totalement saisir.
Un film sur la recherche de l'identité, sujet intéressant et plutôt bien traité d'ailleurs, les acteurs sont bons, mais il manque un peu de rythme pour rendre le tout passionnant. Un film intéressant tout de même
Très bon film!! Laure, garçon manqué, vient de déménager et se fait de nouveaux amis sous le prénom de Mickaël. Action ou vérité, elle préfère le mensonge et l'action : c'est drôle, touchant et troublant de la voir accréditer sa nouvelle identité. C'est réalisé comme un bon polar américain, ou Laure serait un flic et ses nouveaux amis un gang qu'elle doit infiltré (réalisé avec bien plus de douceur et de sensibilité bien sûr...) Certains dans la salle l'ont trouvé ennuyant, personnellement, j'ai adoré! Là où ils se sont ennuyé, j'y ai vu des "temps de pause" permettant la réflexion, et créant du suspens...
TomBoy n'est pas un film mais un avant programme pour une soirée thema sur arte... c'est dommage le sujet était vraiment intéressant mais le résultat est très décevant.
Bravo, bravo pour ce film magnifique. Un sujet intelligent, rarement traité au ciné. Une interprétation au sommet, des enfants toujours justes et souvent drôles. Un film solaire, sublime et au final, émouvant.
Laure à 10ans, le temps d’un été, dans le nouveau quartier dans lequel elle vient d’emménager avec ses parents et sa petite sœur, elle se fait passer pour Michaël. L’illusion est parfaite, garçon manqué en apparence, elle parvient à tromper son monde et notamment Lisa sa nouvelle amie (qui tombe amoureuse de Michaël). Mais la rentrée approche, sa nouvelle identité survivra-t-elle jusqu’à la fin des vacances ?
Après Naissance des pieuvres (2007), la question de l’identité est toujours au cœur du film, après l’identité sexuelle, cette fois-ci, il est question de l’identité de genre lorsqu’une jeune fille décide de se faire passer pour un garçon.
L'ambiguïté est poussée à son paroxysme puisque dès le début on ne parvient pas à savoir s'il s'agit réellement d'une fille ou d'un garçon, la confusion est impressionnante. Zoé Héran, qui campe le rôle principal est remarquable, voir même fascinante (les dialogues se font rares, sa seule présence face caméra suffit à transporter le spectateur). D'une rare justesse, empreint d'un réalisme saisissant, les acteurs sont stupéfiants, surtout pour leur si jeune âge.
Pour son second long-métrage, Céline Sciamma (Bande de filles - 2014) nous prouve qu’elle est une cinéaste de talent qu’il faut suivre de près. Elle filme avec beaucoup de justesse ces pré-ados et leurs premiers émois, le tout, sublimé par la B.O. composée (à nouveau) par Para One, notamment le titre "Always".
Ah j'avoue que c'est avec plaisir que je retrouve Céline Sciamma au cinéma tant sa "Naissance des pieuvres" m'avait enthousiasmé ! D'ailleurs, on remarque très vite la patte du maître dès les premières minutes de ce nouveau "Tomboy". Il y a tout d'abord une réelle légèreté de la réalisation traduite par une photographie suave et surtout par cette écriture très « premier jet » qui donne une réelle spontanéité au récit. Mais à cela s'ajoute aussi une magnifique authenticité, ceci étant dû à une remarquable direction d'acteurs car – ici encore – malgré le jeune âge du casting, Céline Sciamma sait donner un véritable souffle à ses échanges et à ses dialogues, chose qui manque trop souvent au cinéma français. Ainsi, "Tomboy" peut se vanter, selon moi, d'être un film qui dispose d'une réelle personnalité et qui traduit un véritable savoir-faire. Seulement voilà, la bande-annonce n'aidant pas, j'avoue que je n'ai pu m'empêcher de me frustrer face au manque d'enjeu dramatique du film : ce qu'il gagne en authenticité à être simpliste, il le perd en dynamique à diluer les principaux ressorts de son intrigue. Ainsi, alors que "Naissance des pieuvres" parvenait à construire progressivement son cheminement sans réel temps mort, "Tomboy" m'a laissé souvent sur quelques scènes qui s'étendaient trop largement à mon goût sur chaque étape de la construction identitaire du personnage central. Ainsi, et comme souvent avec le « cinéma d'auteur », je ressors de là en ayant l'impression que le film s'arrête au moment où il devrait pleinement commencer. On reste au simple constat d'un instant plutôt que dans le questionnement d'une dynamique. Alors certes, j'en ressors malgré tout heureux, exposé que je fus à l'univers charmant que ce "Tomboy" propose, mais je ressors aussi insatisfait face au temps perdu à illustrer de nombreux détails – avec beaucoup de subtilité certes – mais qui du coup abandonne la possibilité laissée au film d'aller plus loin dans son propos. Je sais qu'en disant cela, les adorateurs du film ne comprendront certainement ce que je pouvais attendre de plus de ce "Tomboy", il n'empêche malgré tout que ce sentiment fut réel et que par conséquent il a joué sur mon ressenti personnel. Ainsi, ceux qui, comme moi, on une réelle exigence de densité dans un film, dites-vous que ce "Tomboy" ne vous déplaira pas forcément mais risque de vous frustrer gravement. Cependant, pour les autres qui se contentent juste d'aller au cinéma pour y trouver des instants déroutants mais authentiques, alors ne perdez plus votre temps à lire cette critique, et faites confiance au talent de la grande Sciamma pour vous faire un film honnête comme il faut...
Céline Sciamma prouve après le réussi "Naissance des pieuvres",qu'elle comprend parfaitement la psychologie enfantine et adolescente,et le trouble identitaire et sexuel qui va avec.Dans "Tomboy",une petite fille de 10 ans se fait passer pour un garçon auprès de ses camarades de jeux,trompés par sa coupe à la garçonne et son physique androgyne.Laure,enfant équilibrée avec des parents aimants,devient donc Michael,gamin mutique et troublant.Sciamma désamorce toute psychologie véritable.Il n'y a pas de source traumatique à ce mensonge d'un été,juste un enfant qui se cherche et qui veut être aime pour ce qu'il est est et non bride par la nature de son sexe.La justesse du regard,la volonté de ne pas juger,les moments intimes et le fait que tout semble pris sur le vif,font du film un objet quasi naturaliste,avec une lumière estivale,et une pureté de mise en scène qui s'accorde complètement avec la profondeur thématique jamais imposante.Meme si l'on aurait aimé quelque chose de plus abouti scenaristiquement,et moins base sur quelques images révélatrices,c'est une étonnante découverte française.
Un film très original qui aborde un sujet délicat, comme toujours dans le cinéma de Sciamma. On est une fois encore à la frontière de la sexualité ou de la naissance de la sexualité, comme dans le très réussi « Naissance des Pieuvres ». Ici le thème est encore plus d’actualité et plus tendancieux, car on aborde le sujet de « la théorie du genre », et de ce qui différencie le garçon de la fille, Est-ce que cette différence est sociale ou génétique ? Est-ce que la société nous conditionne tout petit. On devine bien sûr la position de Sciamma qui s’exprime sur le sujet, et on pouvait craindre un manifeste didactique. Le film reste mesuré et s’attache réellement à ce personnage, cette petite fille, qui joue d’ailleurs remarquablement bien. On découvre ses envies de masculinité, sa détresse, ses hésitations, ses angoisses. La difficulté à nommer et à exprimer ce qu’elle ressent. Il y a heureusement sa petite sœur qui la protège et la comprend. Beaucoup de scènes de groupes d’enfants qui jouent à la campagne, car nous sommes en été, et il y a des jeux d’eau, c’est très bien filmé :bucolique, un peu naturaliste , on retrouve le style des années 30 de Renoir . La mère découvrira le pot aux roses et sans méchanceté, obligera la fille à avouer son mensonge à ses camarades et surtout sa meilleure copine, amoureuse du garçon. C’est assez violent sur le fonds (on avait déjà ce sujet dur de la transgression dans la « Naissance des pieuvres »).On comprend bien la difficulté pour ces êtres « androgynes » , d’accepter leur différence , et l’on devine l‘implication personnelle de Sciamma. Mais la réalisation est belle , sobre , intense , bien maitrisée , et la direction d’acteur est surtout remarquable , un vrai savoir faire maison, rappelons que c’est Sciamma qui donnera sa 2eme opportunité à Adèle Haenel dans « Les pieuvres » ( après le remarquable mais controversé " Les diables" deC. Ruggia,), et que cette jeune actrice remportera ensuite deux Césars consécutifs (2014 et 2015).
La confirmation d'un immense talent de cinéaste : Céline Sciamma trouve le ton juste dans cette histoire sobre et émouvante, avec une maîtrise de la direction d'acteurs enfants. Délicat et pudique, d'une violence contenue, c'est incontestablement le premier grand film français de l'année.
"Tomboy" prouve à quel point, avec des choses simples, on peut faire un film superbe. L'histoire n'est pas particulièrement originale car on a déjà pu voir ça sur les écrans mais ici règne une atmosphère à la fois légère et nuée de tabou. Que dire des acteurs ? Ils sont tous au sommet de leur art. On dirait même qu'ils en oublient la présence de la caméra, c'est impressionnant et je parle également pour les plus jeunes. D'ailleurs, il faut avouer que l'actrice principale (Zoé Héran) m'a carrément ébahit. Je pense qu'elle pourra devenir une grande de ce monde et nous débarrassera des faux talents comme Marion Cotillard et Leïla Bekhti (par exemple - elles sont largement surestimées pour moi). La photographie est simple mais très jolie pour le peu que l'on voit. On ne s'ennuie vraiment pas et pourtant ce n'est pas un film d'action ni une comédie. Ce long métrage est un drame prenant et touchant dans tous les sens du terme. Je ne m'attendais vraiment pas à un tel coup de cœur malgré de nombreuses éloges, que ce soit pour la presse ou pour le public. Et puis ça m'a rappelé de sacrés souvenirs avec les jeux d'enfants et tout ce qui va avec ... Sinon, je regrette peut-être quelques instants de la fin du film qui auraient mérités d'êtres coupés car ils sont légèrement en trop. Cependant, je ne vois pas quoi reprocher à cette œuvre de Céline Sciamma dont j'avais déjà vu "La naissance des pieuvres" à l'époque. Une vraie montée en puissance au fil du temps, alors qu'est-ce que ça va être pour la prochaine prod' ? J’ai hâte de voir ça ... Je recommande vivement "Tomboy" à tout le monde et pour tous les âges car c'est une réelle découverte à faire. C'est grâce à ce genre de prestation que le cinéma me fait remonter l'estime que j'ai du cinéma hexagonal depuis maintenant, quelques temps. 14/20.