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PhilippeToile
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3,5
Publiée le 21 mars 2012
En adaptant le livre de Chantal Thomas Benoît Jacquot choisit délibérément le romanesque en s’affranchissant de toute rigueur historique. Le contexte politique de ces premiers jours de la révolution n’est que rapidement effleuré au profit de la relation trouble entre trois personnages féminins qui semblent flotter en dehors de toute réalité. Diane Kruger campe une Marie-Antoinette altière et crédible, mais beaucoup plus conventionnelle que celle concoctée pour Kirsten Dunst par Sofia Coppola, victime de ses tentations d’amour saphique avec Gabrielle de Polignac, la remplaçante de la princesse de Lamballe à la place de favorite. Mais le rôle pivot est tenu par Léa Seydoux, lectrice de la reine, spectatrice de cette fin de règne, admirable de fraîcheur candide au milieu du naufrage versaillais. On l’aura compris, ceux qui recherchent une grande fresque historique seront déçus, mais le jeu triangulaire sentimental entre ces trois femmes est une incontestable réussite.
Impression assez mitigée sur ce film au rythme, lent, mais lent ! En 1789, le microcosme de Versailles vit dans un cocon fermé à tout ce qui se passe à l'extérieur. Les remous du 14 juillet, pas encore fête nationale, y sont à peine perçus, en tout cas avec retard, et de manière fragmentaire et déformée. S'en suit une panique générale qui font que "les rats quittent le navire". Louis XVI, lui, décide de rester (et c'est à mon avis tout à son honneur, même si cette décision ne lui portera pas chance...). Sidonie Laborde, lectrice de Marie-Antoinette (qui semble beaucoup l'apprécier) dont on ne sait rien et dévouée corps et âme à sa reine refuse la réalité. Elle finira par accepter de quitter Versailles pour "couvrir", en lui servant d'alibi, Gabrielle de Polignac, amante suggérée (info ou intox ?) d'une tendance lesbienne de la reine. La futilité de la cour, essentiellement présentée dans les "communs" sordides de Versailles, est en net décalage avec les prémices de la Révolution naissante. L'annonce d'une liste de "286 décapitations" circulant dans les couloirs du château préfigure les "guillotinades" effrénées des années de la Terreur. L'ambiance du film est décalée et surréaliste. Petite remarque : quelle utilité dans le cadre de ce film de nous montrer (même si ça vaut quand même le coup d’oeil) le corps dénudé de Virginie Ledoyen et de Léa Seydoux ? Belle surprise : Michel Robin, dont j’ignorais qu'il était encore en activité...
A un moment donné, je me suis demandé si je n'allais pas quitter la salle, face à l'agacement que m'inspirait la musique du film, qui en multipliant avec balourdise les effets faciles, essayait, sans d'ailleurs y parvenir, à mettre un peu de tension dans cette intrigue poussive. Car malgré un sujet de départ en or, malgré la réussite de la reconstitution (décors, costumes, ...), malgré un casting alléchant, ce film est réalisé de façon incroyablement poussive. Si le côté "Titanic" de la cour est par moments très bien retranscrit, le triangle Marie-Antoinette / Polignac / Sidonie peine manifestement dégager la tension et l'émotion qui pourraient réveiller le spectateur, sauf dans la toute dernière partie du film. Noémie Lvovsky, une fois de plus sort du lot, tout comme assure Michel Robin, tandis que du côté des têtes d'affiche, faut bien reconnaître qu'on reste un peu sur sa faim.
Formidable pour décrire ce chef-d’œuvre, la mise en scène déroule les dessous d’intrigue de cour royale, le royaume de France touche à sa fin, la nouvelle de la prise de la Bastille. Diane Kruger est la Reine d’origine autrichienne, dit l’étrangère, sœur de l’empereur germain, épouse de ce Roi des français aux abois. Une prestation rayonnante lui convient jusqu’au bout, la solitude accompagnée de la sollicitude de ses servantes opulentes excessives ronge son côté frivole, tenue à l'écart insouciante des problèmes populaires, ce sera les intrigues politiques qui l’emportera dans l’histoire. Les défaites alimenta les rumeurs, détails croustillants et calomnies à son égard légué par la révolution vainqueur, laisser cours à l’imagination des auteurs pour cette réalisation. Plusieurs versions interprétées aux spectateurs d’une époque trouble de la France post-monarchique et pré-républicaine, les mœurs d’un autre temps bien amical.
Voici donc les derniers jours de la vie de la cour à Versailles. Versailles, que l'on nous a toujours présenté comme une abondance de luxe, une démesure de richesses, un cocon de bien-être, que sais-je encore, un endroit totalement idéalisé. Or, ici, point de tout cela, on ne se contente pas de nous présenter à nouveau cette vision stéréotypées du château de la belle reine dévergondée. Et c'est là qu'est le point fort du film : le contexte dans lequel évoluent les personnages est des plus intéressants, et des plus marquants. On nous montre un château où les dorures recouvrent des bois en piteux états, cachant pourritures et moisissures. Une ancienne cabane de chasse où pullulent les rats et où l'eau des bassins est croupie. Où la crasse se cache derrière des accessoires bling bling. L'autre point fort que le film nous fait vivre, c'est le rapport à l'information en ces temps où elle mettait des jours à se propager et où il était fort difficile de faire la part des choses entre vérités et rumeurs. Alors que nous vivons une nouvelle ère de l'ultra-instantanné, nous assistons ici à une population qui vit dans le flou total de ce qui se passe à quelques kilomètres à peine. On savait déjà ça, mais le film nous offre une opportunité de nous plonger dans cet état d'esprit. Léa Seydoux est impériale, tout comme la très talentueuse et ancrée Noémie Lvosky. Belle mise en scène aussi qui nous immisce dans les coulisses de la vie des courtisans. A voir !
Les adieux à la reine est un film qui tente par tous les moyens d’an-historiciser son propos. Que ce soit dans le peu de plans d'ensemble montrant Versailles ou dans la description minimale des personnages et de leurs rôles, le film déjouant tout classicisme (d'une manière tout à fait différente que dans le Marie Antoinette de Sofia Coppola) parvient à immerger le spectateur durant quatre jours parmi la noblesse alors vacillante et "sur le point d'être immergée" tel que le dit le réalisateur Benoît Jacquot faisant l'analogie avec le naufrage du Titanic. Certains plans du film sont assez fabuleux et évocateurs de ce naufrage, on pense à celui où Léa Seydoux coure à travers les portes d'un Versailles déjà désertique et sans couleurs ou encore au passage où ces bougies divaguent telles des fantômes dans un couloir où les annonces -terribles dans une cour en émoi- fusent à la minute. Dans de nombreuses scènes, la caméra à l'épaule convient parfaitement à traduire cet ébranlement, cette instabilité qui agite les individus de la cour allant jusqu'à créer un effet vidéo filmée sur le coup comme celles pullulant sur le net. Dans ce décor, les personnages -que les actrices campent professionnellement (sans plus) tous en proie à la menace qui pèse sur eux- campés par un joli casting d'actrices principalement nous apparaissent comme des figures se vidant peu à peu de tout contenu, désarçonnées et dans le cas de la reine et de sa lectrice; déprimées, blessées. Agréable à voir et touchant la grâce dans certains plans magnifiques, le film stagne peut être ne trouvant jamais, chez le spectateur de moments de palpitations véritables.
Magnifique. Une immersion totalement prenante dans cet épisode historique, avec les yeux (et le coeur) de protagonistes qui vibrent et vivent. Le réalisme social double une approche de la psychologie des personnages (surtout féminins) très sensible. Les acteurs (surtout les actrices) sont remarquables. J'avais aimé la Marie-Antoinette jeune et frivole de S. COPPOLA. J'aime tout autant celle de la fin de règne que décrit B. JACQUOT.
Le réalisateur, (qui adapte ici un roman), fait donc un zoom sur l'histoire d'amour de la reine avec Gabrielle de Poulignac et dont le pcadre temporel est la prise de la Bastille. Mais il se penche également, et surtout, sur le point de vue de sa lectrice,Sidonie Laborde, et par conséquent, sur tous les autres domestiques qui vivent et qui gravitent autour de ces hauts personnages. L'histoire reste dans le cadre du palais de Versailles, mais il n'y a pas besoin de voir les émeutes en dehors pour comprendre et ressentir la violence et l'agitation de la révolution qui s'annonce. Un excellent film ou le casting (un énorme bravo à Léa Seydoux), les décors, la musique, la mise en scène sont quasi parfait. On déguste ce film comme un livre. Et le meilleur pour la fin, le film a réellement été tourné dans le magnifique châteaux de Versailles.
Un film tres interessant realise par Benoit Jacquot, dont la mise en scene tres soignee nous montre que ce grand artiste n'est plus un debutant. Les performances conjuguees des deux actrices principales sont epoustouflantes. Diane Kruger parfaite en Marie-Antoinette, et Lea Seydoux touchante en servante devouee, livrent toutes deux de tres belles prestations. Du reste, j'ai trouve le film un peu court et le personnage de la duchesse de polignac m'a un peu decu. Mais cela reste du cinema agreable a regarder.
Un film historique qui gagne ses étoiles grâce au décor et aux costumes. L'ambiance de Versailles est bien restituée mais la mise en scène est complètement insipide. Dommage, un grand réalisateur aurait sans doute fait beaucoup mieux.
(...) En effet, Léa Seydoux, belle et vibrante comme jamais, attire, joue et séduit la caméra : une performance incroyable pour la jeune comédienne. On ne voit que ce qu’elle voit, on cavale avec elle de galeries en couloirs, et pour elle comme pour nous le macro-enjeu historique s’entrelace à un enjeu plus intime et passionnel : l’amour de cette jeune lectrice pour cette reine déboussolée, ingrate et manipulatrice (Diane Kruger, spectaculaire d’intensité), elle-même éperdument amoureuse d’une sulfureuse courtisane qu’elle entretient (Virginie Ledoyen, savoureuse en intrigante pincée). Un scénario superbe, des décors magnifiques, des actrices d’exception : « Les Adieux à la Reine » a la matière pour combler autant les historiens que les passionnés d’histoires mystérieuses.
Sidonie Laborde est la lectrice favorite de la Reine. C’est par elle que nous assistons aux quelques jours qui suivent la prise de la Bastille. Elle est loin de se douter qu’elle passe ses derniers jours auprès de sa Reine bien aimée ne voulant pas croire aux rumeurs de révolution.
Benoit Jacquot nous offre un très beau film. Le tournage a eu lieu au Château de Versailles, la caméra se promène dans ce magnifique endroit. Dans de longs couloirs sombres qui donne une tension à ce long métrage. Le film révèle également un triangle amoureux. Au côté de la Reine, la belle Gabrielle de Polignac et leur relation fusionnelle et passionnelle.
Le casting est parfait. La très jolie Virginie Ledoyen incarne la favorite détestée et respectée de la Cour. La Reine est jouée par Diane Kruger. Xavier Beauvois est le roi. Quant à Sidonie, le personnage central de cette histoire, il a été confiée à la très belle et talentueuse Léa Seydoux, d’une aisance parfaite.
Un beau long métrage, à ne pas manquer ! http://framboisemood.wordpress.com/
Marie-Antoinette homosexuelle, une supposition tout de même un peu fort de café qu'aucun historien n'a entérinée ni même envisagée. En cela le film est un peu limite, mais bon. Le rendu historique est, en plus, moyen. Un mérite toutefois, faire ressortir le quotidien de la Cour insouciante au moment des évènements de juillet 1789.
C'est bien, c'est joli, le casting féminin est fantastique (Léa Seydoux est magnifique.. et Virginie Ledoyen n'en parlons pas, parcontre Diane Kruger à tendance à m'énerver) mais tout le film est fade, sans réel piquant, une belle reconstitution des décors des costumes sans vraiment de recherches sur l'histoire. Un ennui honorable.