Tout le film semble n'être qu'un support construit pour recevoir l'une des dernières scènes, palpable d'une émotion étirée entre le malaise et l'érotisme (bien plus, d'ailleurs, que la scène de sexe qu'elle précède et anticipe, au point de revêtir un caractère fantasmatique, ensorcelant). Cette représentation -le lien entre hystérie et performance scénique étant très vite souligné- contient à elle seule le renversement presque géométrique du système que la fiction avait d'abord dévoilé tout en étant son prolongement logique, son re-jeu: le soudain épanouissement d'une femme, irrémédiablement consciente de son pouvoir sexuel. Ce qui dérange surtout, c'est cette insolence (au-delà de sa bienveillance, ou justement, génialement, à cause d'elle) se livrant en spectacle. Cette victoire terrassante, preuve de l'irréductibilité de l'être à son aspect physique, charnel et visible par tous, seuls deux personnages, parmi la foule des spectateurs, en sont finalement témoins: Charcot et Augustine. Le docteur et la bonniche. A la fin, on n'est pas bien sûr de qui fut guéri par l'autre, la paralysie partielle d'Augustine abolie par une simple chute d'escalier et en aucun cas grâce aux "soins" médicaux de Charcot. La fin c'est le dispersement de la brume, du corps et du monde, entre lesquels Winocour tissent des circuits souterrains, sortes de collages discrets de sensations. Par ailleurs, le combat de petit soldat d'Augustine servira, par le biais d'un intérêt plus large et ainsi, d'une plus grande subvention accordée aux recherches de Charcot, à la libération des autres femmes, qu'on aura aperçues dans les apartés godardiens, peut-être moins victimes de leur propre corps que de celles de l'incompréhension médicale et des tabous archaïques. Mais ce combat est avant tout celui, contre l'écran, de Soko, la dernière possédée.
Ce film a les mêmes qualités que "Les blessures assassines", de Jean-Pierre Améris : il saisit très bien l'esprit et la psychologie de l'époque. Les médecins vus comme des dieux, la mauvaise condition faite aux femmes. Il saisit aussi très bien le carcan social, une certaine pression... et le niveau des connaissances scientifiques. Question jeu des acteurs, Vincent Lindon joue un jeu très hiératique ; la jeune actrice Soko est absolument extraordinaire de naturalisme, c'est une vrai découverte !
Le travail de Soko est époustouflant. Elle est magistrale et superbement filmée. Les éclairages sont très réussis et le clair obscur habille joliment les boiseries de l'époque. Mais à part ça, je n'ai pas saisi l'intérêt du film. Pas grand chose sur Charcot et ses théories, mis à part l’irrésistible attirance sensuelle qui le pousse vers sa patiente. Grosse déception.
Trés déçue, je m'attendais à un film plus poignant style psycho même si certaines scénes ne m'ont pas laisser insensible comme les conditions dans les hôpitaux avant et montrer sa nudité devant n'importe qui ne devait pas être évident, !! hélas je me suis ennuyée pas assez de dialogue, histoire trés monotone, mais par contre les acteurs jouent trés bien.
Long, lent , bref ennuyeux: les travaux de charcot, l'hystérie , tout est survolé....Vincent lindon de parodie lui même entre regard noir et cigarettes à la chaîne. Une grosse déception.
Nous avons les artistes que notre époque mérite : cruels et sans compassion. On veut nous faire gober que ce film est un portrait de femme -presque féministe mais c'est ignorer le lien FONDAMENTAL entre le féminisme et le spécisme ! Ce film, par le truchement de la si peu " éthique" (car on a dépassé le cadre de l'art) mise en scène de l’auteur, n'hésite pas à assassiner des animaux ! Décapitions et ébouillantages sont au programme ! La maltraitance et la torture ne seront jamais des procédés artistiques. Il sont juste la preuve du peu de noblesse des artistes engagés dans ce petit snuff movie à la sauce intello. Je déconseille ce film laudatif, aussi mauvais qu'on peut être sans coeur aucun , et prétendre dépendre une âme humaine.
"La réalisatrice Alice Winocour n’a pas voulu faire une simple reconstitution historique, elle apporte avec ce film une véritable réflexion sur la condition féminine, l’émancipation des femmes..." La suite, c'est sur le blog d'ISC CInéfeel http://isccinefeel.net/2012/11/07/augustine/
Le Film Français par excellence : voyeur, malsain, sexiste, mal joué, mal filmé. Et cruel : dame Winocour n'hésite pas à ébouillanter des crabes et décapiter des poules pour les "besoins" dramatiques de son chef-d'oeuvre ! Bravo décidément. Et bien sûr, les critiques (français), dès qu'il s'agit de films français, sont à genoux, criant au génie. Quelle honte.
Derrière un apparat teinté d’un fort classicisme, tant sur le fond que sur la forme, ce premier film fait toutefois preuve d’une maîtrise prometteuse. Alice Winocour nous y livre une réflexion sur la condition féminine face aux méthodes médicales de la fin du 19ème siècle, et ce à travers un esthétisme d’une rare beauté. Le traitement du sujet, mettant l’accent sur le sentiment de domination, tant matérielle que psychologique, masculine rappelle la reconstitution historique de "A dangerous method" et, dans une certaine mesure, quoique moins éprouvante, celle faite dans "Venus noir" mais a le défaut d’avoir rien à nous apprendre sur les découvertes médicales de Docteur Charcot pour se conclure par une fin tristement prévisible. Les prestations de Soko, face à un Vincent Lindon plus froid que jamais, sont impressionnantes et nous laisse entrevoir pour elle les débuts d’une carrière intéressante.
Augustine est sujet à des crises d'hystérie. Elle est admise dans le service du Professeur Charcot. Sans être un chef d'oeuvre, Augustine se laisse regarder d'abord pour la qualité de ses interprètes. Vincent Lindon en tête, qui livre toutes les ambiguïtés de son personnage avec une grande maîtrise. Soko est tout à la fois sensuelle, troublante, naïve... Une mention particulière à Roxane Duran qui, dans un petit rôle, celui de la cousine d'Augustine, livre une prestation toute en nuance, très habitée et qui fait preuve d'une incroyable présence à l'écran.
Tout le film est baigné d'une lumière blanche chlorotique, qui semble finir par imprégner un peu le scénario lui-même tant les thèmes auxquels nous nous attendions paraissent juste esquissés : l'hystérie, le professeur Charcot, son travail, la condition féminine ; on se demandait presque s'il n'avait pas manqué un script doctor à la réalisation. Mais peu importe au fond, les acteurs (Soko en tête) sont très bons et certains passages (inserts de femmes "folles", dont une Pussy Riot surprise, ad hoc !) emballent bien l'ensemble, ainsi que la musique d'Arvo Part sur la fin. De ces films qu'on trouve meilleurs après les avoir vus que sur le coup.