Après un premier film documentaire remarqué en 2008, Elle s'appelle Sabine, l'actrice Sandrine Bonnaire repasse devant la caméra pour son premier film de fiction. Après avoir parlé de sa sœur autiste, c'est un souvenir d'enfance et de jeunesse qui est à l'origine de J’enrage de son absence. Encore beaucoup d'elle même donc. S'il n'est pas exempt de quelques défauts... La suite sur : http://lecinedefred2.over-blog.fr/article-j-enrage-de-son-absence-112058061.html
Réaliste et souvent dérangeant, l’actrice réalise son premier drame d’une qualité estimable. Malheureusement le choix d’un William Hurt fatigué offre trop de lenteur au film.
Après un nombre assez impressionnant de films en tant que comédienne, Sandrine Bonnaire s'est lancée dans la réalisation il y a 5 ans avec Elle s'appelle Sabine, un documentaire consacré à sa sœur et à la façon dont sa maladie, l'autisme, avait été prise en charge. Aujourd'hui, c'est avec un film de fiction très personnel qu'elle retourne à la réalisation qui, pour elle, est passée de l'état de désir à celui de nécessité. L'histoire racontée par Sandrine Bonnaire lui permet d'aborder un certain nombre de thèmes qui lui sont manifestement très chers : l'enfance, la paternité, les amours impossibles, le chagrin, le secret. Sans esbroufe, simplement, en créant finement une tension qui n'a rien d'artificielle, elle impose sa personnalité et elle montre que, dorénavant, le cinéma devra compter avec elle autant comme réalisatrice que comme comédienne.
Une fois de plus, l'engouement des critiques professionnels qui, comme souvent, sont unanimes, oblige à se poser des questions sur leur empathie avec le bon public payant sa place et donc sur leur réelle utilité. Je n'ai vu pour ma part, qu'un film dont le scénario est tellement éloigné d'une quelconque vraissemblance qu'il est impossible d'y entrer. Les principaux protagonistes arrivent à tirer leur épingle du jeu mais souffrent de crédibilité dans des scènes surjouées où l'hyper-expressionnisme est mêlé à un surjeu rappelant les acteurs du cinéma muet. Et que dire de la musique pleine de bruit et de coups de cymbales et qui fait plus que friser le ridicule? Des répétitions de scènes sans intérêt finissent par rapidement éteindre le peu d'intérêt qu'on pouvait essayer de manifester.
Sandrine Bonnaire est une comédienne rayonnante et attachante doublée d'une femme de conviction. Pour son premier film de fiction, elle a choisi d'aborder un sujet difficile : comment vivre, survivre, après la perte d'un enfant ? Sur un scénario, inspiré en petite partie de l'histoire de sa mère à qui le film est dédié, Sandrine Bonnaire s'attache aux pas d'un homme, Jacques (William Hurt), qui revient en France pour régler la succession de son père et en profite pour revoir Mado (Alexandra Lamy) avec qui il a eu un enfant aujourd'hui décédé. Mado a refait sa vie et un autre enfant, Paul, 7 ans. Au gré de leurs rencontres, un grande complicité va naître entre Jacques et cet enfant. Gênée par ce rapprochement, Mado interdira à son fils de revoir Jacques qui, par amour (?) va s'installer secrètement dans la cave de l'immeuble où habite son ancienne maîtresse. A partir de ce canevas, Sandrine Bonnaire essaie de nous faire partager le désarroi de cet homme dont le deuil est impossible et qui va peu à peu s'enfoncer dans la folie. Malheureusement, elle n'y parvient pas. Le film traîne en longueur, chemine dans les directions incertaines du thriller pour revenir vers une trame mélodramatique. C'est long, très long, très répétitif aussi. William Hurt, le visage fermé, dur, joue l'intériorité. C'est tellement intérieur que je n'ai pas perçu grand chose, ni ambiguïté, ni amour, ni folie. Bloc humain monolithique, il hante le film sans générer la moindre émotion à l'exception peut être de la scène d'où est tiré le titre de ce film. Face à lui, Alexandra Lamy, toute en retenue, est vibrante d'émotion. Chacune de ses apparitions donne de la chair à cette histoire et confirme qu'elle est vraiment une de nos grandes comédiennes aussi crédible dans la fantaisie que dans le drame. Bien que double parfait de la réalisatrice ( la ressemblance est frappante entre la réalisatrice et la comédienne), son rôle est un peu laissé de côté pour donner la vedette à William Hurt. Du coup, la situation un peu limite de l'installation de Jacques dans la cave, devient totalement improbable. Couché à même le sol mais toujours propre, le visage aussi expressif qu'un masque mortuaire, on perçoit bien qu'il déraille, mais, ayant décroché depuis un moment, on s'en fiche quand même un peu. Pendant qu'il s'enfonce dans la folie, le spectateur plonge dans l'ennui. La fin sur le blog http://sansconnivence.blogspot.fr/2012/11/jenrage-de-son-absence-de-sandrine.html
Vu en avant-première au Katorza de Nantes le 9 octobre 2012. C'est un film grand public, vif, adroit... Une petite famille "nucléaire" d'aujourd'hui, et qui va de l'avant. Banale cave, quelques reliques stockées avec le vélo du fiston, 7 ans, adorable. Les dialogues ne restent pas rêver, les prises de vue virevoltent dans et autour de l'immeuble, au ras de cette vitre basse où le drame se noue... Le charme du petit garçon (Jalil Mehenni) opère tout de suite (ses petits pas irrésistibles...). Mise en scène, direction d'acteurs, tout sent le travail minutieux, la musique peut-être un peu grandiloquente par rapport à ce qui se passe sous nos yeux... Sandrine Bonnaire pour la deuxième fois derrière la caméra est à son affaire, peaufine les angles, glisse un détail, résume, serre son monde dans un étau. On crève de froid dans ce cachot improvisé, tenus de voguer non stop entre le jeune Paul et ce type à carrure imposante, droit, feutré, un peu fantôme (William Hurt). L'enfant qui aurait pu reculer d'effroi a sympathisé avec le "père de son frère mort". Copain secret triste avec d'excellentes raisons, complément de son vrai père, (le long Augustin Legrand) sympa quoique un peu dur quand il s'énerve... Mado, la mère (Alexandra Lamy) est la plus ambiguë du lot. Rien d'une faux-jeton, elle craque à ses heures, reprend vite son esprit pratique, le couvercle mis sur le passé et on la comprend... Pourtant, lors du déchaînement des derniers plans, si l'on se rappelle qu'il y a un enfant décédé à l'origine, son attitude peut décevoir au point de jeter un peu d'ombre sur l'ensemble.
Un film mou et sans saveur, qui reste agréable à regarder pendant la première demie heure avant de devenir carrément chiant dans l'heure qui suit. Dommage, il y avait là une belle idée et l'émotion est présente de temps en temps, apportée par des acteurs tous épatants (a commencer par le jeune garçon).
C'est un coup de coeur . Titre magnifique, pour une descente au tombeau d'un père inconsolable de la perte de son enfant. Film remarquable de justesse et d'émotion. William Hurt est exceptionnel et porte cette histoire de deuil impossible et de douleur . 5 étoiles pour soutenir ce film.Et un William Hurt qui pourrait émouvoir des pierres.
Un film intrigant, dérangeant, avec ce père détruit par la mort de son fils, qui fait un transfert sur l'autre enfant de son ex. Les acteurs jouent biens, mais à partir du moment où Jack se trouve dans la cave, le film n'avance plus, et le dénouement nous laisse un peu sur notre faim.
Fort et éprouvant, mais, surement par manque d'identification, j'ai perdu le fil et trouvé la situation de moins en moins crédible. Je reconnais une très bonne interprétation d'Alexandra Lamy et William Hurt, très bien mis en scène.
Après un premier documentaire extrêmement prometteur, Sandrine Bonnaire gagne définitivement ses galons de réalisatrice accomplie avec cette remarquable tragédie aussi troublante que bouleversante. L'inexorable douleur d'un deuil qui ronge les entrailles et l'âme d'un William Hurt sublime est ici filmée avec profondeur et sensibilité. La lumière est belle, le casting intelligent, le propos fort et universel, le tout à contre courant d'un cinéma ripoliné trop souvent offert à notre regard distrait. A voir absolument !!!!
Il ne faut pas faire beaucoup de psychologie de l'enfant pour se rendre compte de l'absurdité de la situation. Le pathos est tellement poussé loin qu'il en est risible. Dommage il y avait de l'idée.
S. Bonnaire est aussi une grande realisatrice et ce film le reflete magnifiquement . A. Lamy trouve enfin un role a la mesure de son talent et que dire du petit garçon.
L'idée de départ était bonne mais la réalisation l'est beaucoup moins pour moi... J'ai en effet trouvé la mise en scène "molle", plate et donc un peu ennuyeuse. Le scénario est pourtant assez intéressant et plutôt émouvant mais Sandrine Bonnaire n'a, pour moi, pas assez approfondi le sujet ce qui laisse à son film cette sale impression de non-achevé ou de film bâclé... En tout cas, je suis resté sur ma faim, j'aurais vraiment apprécié en savoir plus sur les personnalités des personnages, surtout que ceux-ci sont assez inspirés : William Hurt, avec son regard triste scotchant est impeccable dans son rôle, Alexandra Lamy elle m'a agréablement surpris par sa justesse et le petit Augustin Legrand est lui aussi très convaincant... C'est donc vraiment dommage pour S. Bonnaire de ne pas avoir été au fond des choses autour de cette histoire et de n'avoir pas travaillé un peu plus la mise en scène... Ne s'improvise pas grand réalisateur qui simplement veut !