Dans le genre western revisité, je trouve que c'est superbement réalisé et que tous les comédiens sont au top. On assiste à l'atrocité inexorable de l'esclavage, non seulement en suivant longuement quelques personnages centraux, mais aussi par tous ceux dont un moment entraperçu fait comprendre en quelques flashes toute la honte de leur sort figé dans l'horreur. Leonardo DioCaprio/Candie est génial dans son personnage cynique qui considère sa cruauté comme un comportement normal et nécessaire. Jamie Foxx /Djangoest terrible et fascinant, Christophe Waltz/Dr Schultz nous offre un jeu tout en subtilité et Kerry Washington/Hilda est très juste, sans être grandiose, dans son rôle d'esclave-objet sans espoir. Selon moi pourtant, le plus impressionnant de tous est Samuel L. Jackson/Stephen, fabuleux dans son rôle d'esclave odieux devenu l'ami, le confident, le conseiller et presque l'âme damnée de son maître. Un gros regret en fin de film: alors que jusque-là, tout avait été rendu d'une manière lentement implacable et impitoyable sans tomber dans une exhibition de violence - tentante pour ce genre de sujet -, soudain, on verse dans ce qui est pour moi une caricature de tueries où le sang explose des corps en gros jets à pratiquement chaque image. Jamie Foxx/Django devient tout à coup le héros d'un western-spaghetti outrancier, la somme de Bronson et Eastwood au temps de leurs colts aussi ravageurs que précis, abattant leurs ennemis comme au tir à pipe alors qu'aucune balle ne peut les atteindre. Du Tarantino tout plein, me dira-t-on? OK... Moi, ce qui me détraque, c'est que les dernières 20 minutes sont tout à fait en décalage avec le reste, comme si on était soudain dans un autre film. Sans cela, je considérais que j'avais assisté à un vrai chef-d'œuvre. Les dialogues, eux, sont percutants et font mouche même si certaines scènes sont un peu trop bavardes à mon goût.