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Un visiteur
4,0
Publiée le 21 septembre 2012
Si vous avez aimé les deux précédents films de Brizé ("je ne suis pas là pour être aimé" et "Mlle Chambon") alors vous aimerez celui-là, même s'il manque particulièrement de légèreté. Un reproche : avoir utilisé la BO d'un autre film (l'assassinat de Jesse James") , ce qui nuit à l'immersion pour qui connaît déjà cette musique. Or il s'agit d'un film dans lequel on plonge et donne un peu de soi, pour recevoir finalement encore plus.
Il y a des choses qui ne sont pas faciles à dire. Des « je t'aime » qu'on aimerait entendre plus souvent mais qui ne viennent pas, et qui ont laissé place à la colère et aux cris. Un homme vient de sortir de prison et est forcé de retourner vivre chez sa mère le temps qu'il retrouve un travail. Il va découvrir que cette dernière est gravement malade et souhaite s'euthanasier.
À la vue de ces premières lignes, Quelques heures de printemps fait peur par son scénario glauque et pathétique. Mais on se rend vite compte qu'avant d'être un film porté sur la maladie, c'est une histoire basée sur des relations tumultueuses entre une mère et son fils. D'une justesse irréprochable, cette mise en scène est minimaliste mais paradoxalement très généreuse. À chaque instant, elle tente d'approcher la vérité grâce à des plans séquence aussi simples que réussis. À l'image de Je ne suis pas là pour être aimé, Stéphane Brizé porte son regard sur des gens qui n'arrivent pas à communiquer et à montrer leurs sentiments, où cette pudeur se transforme en maladresse puis en colère, jusqu'au jour où il est trop tard pour faire marche arrière.
On assiste à un très beau film qui prend le spectateur et dévoile des acteurs (Lindon et Vincent étant au sommet de leur art) qui donnent beaucoup en nous offrant un jeu sans fioriture, pur et terriblement sincère. Ici, les silences sont plus importants que n'importe quel mot et c'est à l'intérieur du mutisme des personnages qu'on peut trouver des réponses, dans ces non-dits que l'intensité prend tout son sens. Il suffit de quelques heures de printemps pour voir une vérité, aussi infime soit-elle, éclater au grand jour.
Voilà l'exemple le plus représentatif de ce que nous savons faire de mieux : filmer cette simplicité qui a finalement beaucoup de choses à dire. Peut-être le meilleur film français de l'année.
C'est l'histoire d'un fils qui retourne vivre chez sa mère à l'âge de 48ans. Et c'est aussi l'histoire d'une femme qui décide de mettre fin à ses jours à cause d'une maladie incurable Les 2 personnages principaux sont magistraux et une mention spéciale à Vincent Lindon qui est excellent dans ce film qui décrit très bien le conflit de génération, l'amour entre une mère et son fils malgré le quotidien et la routine qui nous font souvent dire des mots blessants et qu'on regrette instantanément.
Un film dur et sobre servi par l'interprétation magistrale de toute la distribution, même les seconds rôles ce qui est rare dans le cinéma français. Mention spéciale à Helene Vincent, magnifique et bouleversante. Vincent Lindon est égal à lui même, avec une espèce de force animale, service minimal mais en même temps c'est toujours juste.Un film où chaque phrase, chaque regard, chaque détail de la décoration sonne juste.
J'ai eu toutes les peines du monde, selon l'expression qui convient, à retenir mes larmes. Tout le film, du début à la fin est poignant de réalisme. Je m'y attendais mais bien sûr, je me suis laissé aller... L'intervention d'Emmanuelle Seigner sert sans doute à faire baisser la tension quand celle-ci est à son comble... Merci pour les scènes vraiment détaillées
Bon disons le tout de suite, je ne suis pas un inconditionnel de ce genre de film. Le genre de film qui se concentre sur des scènes de quotidiens classiques entre une mère veuve et un fils qui n'ont jamais pu s'entendre et qui passent le plus clair de leur temps à se disputer. Les relations sont d'autant plus froides ici que le fils de 48 ans vient de sortir de prison et doit se résigner à venir vivre chez sa mère, une situation qu'il a du mal à accepter ayant passé l'âge de subir encore des sermons de sa maman. C'est dans cette ambiance tendu qu'Alain va découvrir que sa mère est atteinte d'une maladie grave et prépare sa fin de vie. Alors bien sûr dit comme ça, le film donne droit à des belles séquences, souvent émouvante et on ne peut que s'attendrir devant cette vieille dame, seule et d'une grande dignité que son fils Alain ne ménage pas toujours, à la fois par l'ignorance dont il fait preuve mais aussi dans ses paroles parfois très violente. Ces personnages ont d'autant plus d'épaisseur que les interprétations de Vincent Lindon et Hélène Vincent sont magistrales mais la répétitivité de certaines scène, longues et silencieuses, finissent par lasser (un nombre conséquent de scènes de repas devant ou sans la télé, sans qu'il ne se passe rien). Le sujet abordé in fine est des plus sérieux et on peut s'accorder sur le fait que Stéphane Brizé le traite avec tact et sans jugement....mais malheureusement d'un point de vue cinématographique, le tout a du mal à se révéler très captivant. Alors pourquoi être allé voir ce film ? Pour la simple et bonne raison qu'on arrêtait pas de m'en parler et je lisais partout que c'était THE film à ne pas louper en septembre voir même sur l'année 2012 (s'il faut voir un film c'est celui là !). Vincent Lindon confirme une fois de plus qu'il fait partie des tauliers du cinéma français mais je l'avais largement préféré dans le film de Philippe Lioret Toutes nos envies à qui j'avais attribué un 4 étoiles. Vous me direz le thème était assez similaire à celui de Quelques heures de printemps mais il y avait en fil rouge cette bataille judiciaire pour aider une femme au bord de l'endettement qui rendait l'histoire passionnante...
Le début m'a semblé un peu long, répétitif mais finalement, il a toute son utilité pour montrer ces non dits, ce quotidien morne car on ne dit pas ce que l'on a à se dire. La vie semble simple alors qu'elle est pleine de retenue et de douleur. Vincent Lindon et Hélène Vincent sont époustouflants de justesse et le film est très bien mené. J'ai été touchée par cette histoire qui sonne juste. A voir, nécessairement.
Quand j'ai vu quelques critiques ici avant d'aller voir le film, je me suis préparé à un film lent. Mais finalement, on ne fait même pas attention au temps tellement l'on est saisi par l'émotion transmise par la façon de filmer, de traiter le sujet. Parfois un peu documentaire, parfois vraiment dramatique, il y a des moments où la larme n'est pas loin de sortir de l'œil. C'est, en général, un bon signe que c'est un bon film. Surtout si, quand on ressort, on est bouleversé. Et c'est le cas !
Formidable Vincent Lindon, égal à lui-même et très beau jeu d'Hélène Vincent que je connaissais moins. Très belle surprise à propos de ce sujet, très sensible et délicat à traiter. Intense et qui fait vraiment réfléchir quoique ma décision soit prise depuis longtemps. J'approuve complètement cette démarche. Ma mère qui m'accompagnait et qui n'a pas forcément l'intention de suivre ce modèle, a beaucoup apprécié le film et le jeu remarquable de ces deux grands acteurs. Vincent Lindon prend de plus en plus d'épaisseur avec l'âge et c'est tant mieux pour nous, spectateurs.
On pousse la porte, on entre dans sa maison, dans sa cuisine, puis dans sa vie, ses chagrins, ses peurs et ses doutes et, c'est sans même sans rendre compte qu'on va la suivre jusque dans la mort, se rendant compte alors de notre indécence à la regarder dans sa dernière intimité. Mal à l'aise on l'est depuis un bon moment déjà, le mouchoir à la main, l'envie de vomir ou de sortir de la salle oui, voila un film qui ne laisse en rien indifférant, traitant d'un sujet qui de près ou de loin finira un jour ou l'autre par nous concerner, la mort.
Un film plutôt dur sur l'accompagnement d'une fin de vie d'un côté, et sur une difficile relation mère/fils de l'autre.
Vincent Lindon y est d'une justesse folle, mais rien d'inhabituel le concernant. Hélène Vincent l'est tout autant.
C'est un film brut, sans pincettes. Un film sur la vie normale, avec des gens qui le sont aussi.
C'est également un film qui fait beaucoup réfléchir puisque 13 ans après sa sortie, le débat sur le "suicide assisté" est toujours autant d'actualité, et complexe à gérer.
Terrible histoire que ces êtres sans amour, ces êtres lisses et frustres qui passent à côté de leur vie. Quelle leçon Monsieur Brizé! Vous avez tout dit, tout filmé jusqu'au moindre détail. tout est beau et terrifiant jusqu'à la scène finale qui nous liquéfie, un Vincent Lindon regardant la vie fixement sans oser la toucher ni la prendre dans ses bras, une Hélène Vincent qui attend, qui attend... Mon Dieu Monsieur Brizé, continuez....