Il était une fois en Anatolie
Note moyenne
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117 critiques spectateurs

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Patjob
Patjob

43 abonnés 755 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 mars 2022
Dans un prologue déjà d’une grande beauté, le cinéaste fait apercevoir ceux qui seront les protagonistes d’un sordide fait divers. Le fil conducteur du film sera la recherche de la vérité sur ce fait divers par les autorités locales, en particulier, un commissaire, un procureur et un médecin. Mais ce fil conducteur n’est qu’un support, le projet de Nuri Bilge Ceylan étant d’ordre esthétique, philosophique et moral. Le film est divisé en deux grandes parties, entrecoupées d’une scène de transition. La première partie, la recherche infructueuse du cadavre, restera dans les mémoires pour son originalité esthétique et symbolique. Les voitures et leurs occupants divaguent d’un point d’eau à l’autre et semblent perdus dans les grands espaces d’Anatolie, où la présence de statues rappelle des temps anciens. On passe du crépuscule à la nuit noire, les mouvements des phares évoquant alors de dérisoires lucioles. Chaque plan ou presque est une merveille de construction et de lumière contrastée. La scène de transition est elle aussi très contrastée : après un moment où le maire apparait bavard et superficiel, l’apparition de sa fille, à la lueur des chandelles, est un véritable moment de grâce ; ce sera le seul du film, mais il en porte tout l’espoir. Cette scène se conclut par un indice montrant un changement majeur, puisque le commissaire consent une cigarette au suspect. La seconde partie est visuellement différente (la pluie était annoncée par plusieurs personnages), l’image plus uniforme, l’ambiance blafarde. Les plans d’ensemble sont moins nombreux et l’on se rapproche des personnages, approfondissant les failles entrevues auparavant. La place du procureur et du médecin prend pus d’importance. La recherche de la vérité sur le meurtre fait suite à la recherche du cadavre, et elle culmine symboliquement avec la scène d’autopsie, où l’on dissèque un homme pour l’atteindre, mais c’est bien de la condition humaine qu’il s’agit, de la relation des hommes avec cette (leur) vérité, admise, déniée, ou cachée, de leurs problèmes avec leur passé, avec leur conscience, avec leur éthique. Tout cela est traité avec une humanité, une pudeur et une simplicité exemplaires, ce qui donne encore plus de force à cet immense film.
La_Mort_Dans_L_Oeil
La_Mort_Dans_L_Oeil

38 abonnés 248 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 novembre 2011
comme une fille de la campagne, qu'on trouverait diablement jolie à la lueur des bougies, telle une apparition miraculeuse, mais au réveil, à la lumière crue du petit matin blème, sans fard, qui n'en finit pas de se trainer, il se révèle qu'on avait peut-être un peu idéalisé, qu'on s'était peut-être un peu laissé abuser le regard, emporté par le climat fantastique, d'une nuit blanche un peu particulière...
hamasiblan
hamasiblan

27 abonnés 449 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 18 novembre 2011
à part quelques beaux paysages, ce film est d'un ennui total. Aucun intérêt, acteurs caricaturaux , tous risibles (sauf le Docteur) ...et ça dure 2h37...Une séance de torture
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 2 janvier 2012
Il était une fois en Anatolie commence par un long périple dans les limbes de la nuit, jamais loin de celles de l'ennui, à vrai dire, à travers cette quête nocturne d'un cadavre dont on vient à se demander si il ne serait pas fantoche. Heureusement, porté par une mise en scène élégante, souvent en décalage avec la narration elle-même et grâce à quelques dialogues bien sentis ou quelques scènes à l'humour plus noir que la pénombre de minuit, cette errance est portée par un mystère profond. Là où le bât blesse, c'est dans cette seconde partie, quand au petit matin, chacun retourne à son quotidien, car là où, classiquement, on pourrait s'attendre à un dénouement, subsiste des nœuds bien coulants.
Moorhuhn
Moorhuhn

167 abonnés 579 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 décembre 2011
Je suis assez mitigé concernant Il était une fois en Anatolie surtout que sur le papier je pouvais déjà me préparer à hurler au chef d'oeuvre. Pour commencer je citerais l'indéniable qualité du film, c'est sa force visuelle. La première partie du film (la plus longue) est magnifique. La photographie est impressionnante dans ce décor où l'action de nuit est éclairée à la seule lumière des phares de voiture, certains plans sont de véritables tableaux. L’atmosphère nocturne de cette première partie est très plaisante, la mise en scène fait un peu penser à du Kiarostami, c'est bien réalisé dans l'ensemble. La deuxième partie plus classique reste tout de même assez correcte sur le plan artistique mais une scène reste tout de même très impressionnante avec une utilisation glaçante du hors-champ.

Mais après je ne saurais pas dire, ce film m'a laissé un peu de côté. Je n'ai pas vraiment vu où Ceylan, que je découvrais ici, a voulu en venir. On sent bien la volonté de peindre des âmes en perte de repères, isolés dans ces paysages vides et silencieux. Mais l'intrigue m'a paru confuse, je n'ai pas eu l'impression de me retrouver devant un film totalement maîtrisé.
L'interprétation reste correcte, seuls deux rôles ont vraiment su captiver mon attention. Celui du suspect et celui du docteur, à vrai dire ce sont les deux rôles les moins caricaturaux. Après j'ai des doutes aussi concernant l'image de la femme dans ce film. Celles-ci trahissent, abandonnent... Bon je cherche peut-être un peu la petite bête mais ça m'a paru assez douteux.
Le film a des qualités, une ambiance convaincante, un visuel superbe mais je trouve qu'en fin de compte ça ne mène pas à grand chose et que la deuxième partie reste assez conventionnelle. Je ne pense pas que ce film ait volé son grand prix à Cannes même si je trouve que d'autres films l'auraient mérité davantage. Ca reste une oeuvre correcte, loin de toute esbroufe mais je ne suis pas forcément rentré dedans.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 19 août 2017
Une réalisation déroutante, tout simplement parce que nous passons par de rares moments de grâce qui se confondent avec la lenteur et le vide alentours. Il n'y a pas de contemplations, certainement pour dénoncer la monotonie de l'anatolie..mais je n'y vois aucun intérêt pour le spectateur. Ce film n'est pas accessible pour tout le monde, et même le public visé n'est pas rassasié. Pas convaincu !
Charles R
Charles R

59 abonnés 424 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 novembre 2011
Vous ne connaissez pas l'Anatolie? Eh bien, vous allez la découvrir de jour comme de nuit dans ce
film de Nuri Bilge Ceylan, l'un des plus remarquables cinéastes turcs d'aujourd'hui. Une enquête sur un meurtre nous conduit à parcourir les paysages à la fois pleins de poésie et terriblement austères de l'Anatolie. La police, la justice (en la personne d'un procureur) et un médecin sont de la partie, constituant une sorte de microcosme de la société civile turque. L'absurde est au rendez-vous, l'humour aussi, le plus grinçant et le plus noir. Merveilleuse scène d'autopsie finale qui, moyennant une économie de moyens impressionnante, parvient à une efficacité exemplaire. Nuri Bilge Ceylan se contente d'un constat très distancé: au spectateur par la suite de gloser et de trouver l'interprétation qui lui semblera la plus juste. Amateurs de films d'action, abstenez-vous: vous risqueriez d'être déçus. Mais si vous êtes portés à la contemplation et à la réflexion, alors ce film est fait pour vous. Et puis les plans - souvent très longs, comme toujours chez Nuri Bilge Ceylan - sont tellement beaux, tellement étudiés, tellement picturaux qu'il est difficile d'y demeurer insensible.
lograt
lograt

13 abonnés 509 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 septembre 2022
La première partie nocturne m'a vraiment embarqué, les personnages sont bien travailles et crédibles, les paysages nocturnes sont vraiment beaux et j'ai bien aimé le côté un peu absurde d'aller de lieu en lieu en se faisant balader par le suspect.
Bon après le film tire en longueur et la deuxième partie du film est moins intéressante et poétique.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 8 novembre 2011
On peut goûter la lenteur métaphysique d'un Angelopous ou le contemplatif d'un Kiarostami, mais on a bien du mal à lutter contre l'ennui que provoque le dernier Ceylan. Difficile ici de retrouver l'émotion de son "Uzak" tant le prosaïsme de l'histoire étouffe les sensations. Les images sont certes très belles, mais il ne se passe pas grande chose entre les hommes et leur environnement (c'était la force des précedents Ceylan) : on reste en huis-clos dans une voiture ou dans une grange. Du coup, on est pris en otage par une enquête soporifique et par la trivialité du quotidien. Quant au constat d'une gabgie kafkaïenne de la police, il est grossièrement éculé. Tout comme cette lassitude existentielle qui tient d'avantage de la pose auteuriste que de l'humanité d'un regard (N'est pas Tarkovski qui veut !). La seule chose surprenante dans cette histoire très masculine, c'est la vision de la femme : elle abandonne (le médecin largué), se venge égoïstement (le procureur dont la femme s'est suicidée) ou elle trahit (la femme de la victime)... ou alors c'est une vierge forcément irréelle. Lapsus ?
islander29

1 028 abonnés 2 662 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 novembre 2011
Voila un film que je regarderai surement en DVD...Dans le cinéma j'ai eu du mal à me concentrer, trop de monde, trop dur de s'enfermer dans sa bulle parmi cette foule...Donc mon avis est à relativiser...Je dois avouer que j'ai préféré la première partie du film, ces trois voitures dans la nuit qui font des pauses régulières où l'on parle un peu de tout et où l'on promène le suspect... L'ambiance est très lente et l'on a de beaux moments sonores (vent dans les arbres, aboiement lointain des chiens)...Par contre je m'attendais à un travail plus délicat de la photographie..J'aurais aimé aussi un peu de musique ou de chant (un seul passage)...Valeur sûre du film les dialogues vous promènent entre nihilisme et trivialité, entre philosophie et poésie..Ils sont riches de sens et parfois même d'humour (cf la longue litanie médicale quand l'inspecteur se prend pour Clark Gable).... Dire que Ceylan fait là son meilleur film est peut être improbable et j'aurais bien supprimé une demie heure du film (la fin étant plutot longuette) ...L'enquête policière n'est ici qu'une façon qu'a le réalisateur de nous faire percevoir certaines vérités mais ne me semble pas l'essentiel du film...J'ai aimé mais certaines critiques (canal plus) m'ont empêché de rentrer dans le film, bridant ce laisser aller qu'ils jugeaient néfastes au film...Méfions nous des critiques, elles peuvent vous gacher une séance...
Skipper Mike
Skipper Mike

111 abonnés 650 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 juin 2014
Nuri Bilge Ceylan décèle avec talent les émotions qui parcourent les hommes face à la confrontation avec le mal : entre lassitude du travail policier, volonté de bien faire, répulsion et empathie, les personnages d’"Il était une fois en Anatolie" sont des individus pétris d’humanité dont le seul désir est d’être entouré de douceur – cf. l’apparition d’une belle jeune femme au milieu d'hommes – mais qui ont pour seule compagnie l’âpreté du monde. Le paysage est vaste, les collines et les champs toujours identiques, et ils ne sont rien au milieu de tout ça. Pour tromper l’ennui, ils en viennent à parler de leurs vies, leurs souvenirs ou plus prosaïquement des conditions à respecter pour que l’enquête soit en règle. Et c’est ainsi qu’un film minimaliste devient une grande odyssée métaphysique : sans avoir connu la sublime femme décédée dont parle le procureur, elle s’incarne dans les esprits et on imagine sans peine sa douleur lors de la mort, douleur encore présente et qui s’intensifie même au cours des dialogues avec le docteur. Ainsi, une nuit et une matinée en compagnie d’une poignée d’officiels met à jour toutes leurs faiblesses et leurs désirs avec une grande subtilité. La somptueuse photographie, augmentant la dimension sensorielle du film, achève de faire d’"Il était une fois en Anatolie" un chef-d’œuvre.
Domnique T
Domnique T

80 abonnés 245 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 novembre 2011
2,5 / 5 parce que comme d'autres, j'hésite entre LE GRAND film et le raté total ...
Parce que, dès le début du film le metteur en scène fait montre d'une incroyable dextérité pour filmer la nuit … Mais « on s’en appui » une heure ; c’est long !! (avant de voir enfin le jour ...)
Parce que le silence est superbement filmé, comme savait le faire Antonioni, mais nous en montrer autant tourne à l’exercice de style.
Parce que les situations désuètes et désarmantes, l’humour et les dialogues parfois furieusement décalés nous font penser à « Fargo » des frères Coen et nous arrachent des rires … trop rares !!
Parce que à force de nous piéger dans une douce torpeur on s’endormirait … presque. Mais c’est aussi le sujet du film : l’Anatolie n’est PAS une destination touristique !!
Parce qu’il y a des plans sur les femmes, si belles, que ce sont de vrais instants de grâce…

Mais c’est lent, c’est long … couillon, que c’est lent !!!
Tumtumtree
Tumtumtree

202 abonnés 578 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 novembre 2011
Je me suis souvent demandé ce que ressentaient les cinéphiles des années 1960-1970-1980 découvrant en salle les chefs-d’œuvre de Tarkovski, Antonioni ou Bergman. Maintenant, je sais. J'avais tenté de m'intéresser à "Uzak" puis aux "Climats" : en vain (je ferai une nouvelle tentative !). Mais celui-ci, dès le premier plan, vous happe par l'ambiance, la lumière, ces hommes qui errent dans la nuit pour retrouver un cadavre. Le découpage, l'occupation du plan, le tempo, les dialogues : tout est admirable. On pense beaucoup à Tchekhov durant la première heure, puis à Tarkovski. N'ayez pas peur quand le jour revient et qu'on quitte l'ambiance nocturne qui nous berce pendant 1h30 : ce film est un chef-d’œuvre jusqu'au bout !! (Mais seule une minorité de spectateurs appréciera, tant le film rompt avec la plupart des codes habituels du cinéma. Ils en font pour tous les goûts !)
Jumgeo
Jumgeo

33 abonnés 19 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 juillet 2015
"Il était une fois en Anatolie" est un film teinté d'un absurde dilaté, paré d'un certain nombre de scènes grotesques, parmi lesquels l'oubli d'un sac pour transporter le cadavre, la déclinaison des vertus d'outils modernes pour dépecer le corps. Ces postures décalées, loin d'être cyniques, représentent les parades qu'on adopte contre le vide qui guette - aussi bien spatial que temporel. Il convient d'emplir le temps par des conduites asymétriques - c'est le propre des personnages d'un Beckett - afin de ne pas se laisser engloutir. La seule évocation d'une femme donne au film une orientation particulière, où les souvenirs qui affleurent témoignent de la disponibilité des esprits, de la vacuité des émotions. "Il était une fois en Anatolie" est véritablement un film sur l'oubli : oubli de médicaments (inconcevable), oubli de maintenir l'assassin éveillé. Et, en définitive, un film sur le deuil, qui justifie cette recherche invraisemblable du mort.
Ykarpathakis157

6 192 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 11 octobre 2021
C'est ma deuxième tentative de regarder un film turc et je dois dire que je suis terriblement déçu et se sera surement la dernière. C'est comme s'ils avaient beaucoup de bobines de films gratuites qui traînent et qu'ils enregistraient des choses au hasard et les appelaient des films. Dans celui-ci un meurtre a été commis et la police se déplace en voiture avec le suspect pour localiser le corps. Il n'y a pas de contexte à l'histoire et il n'y a pas de fin non plus à l'histoire si tant est qu'il y ait une histoire pour commencer. C'est juste des conversations stupides et aléatoires l'une après l'autre. C'est comme s'ils faisaient des films juste pour tester ma patience. Celui-ci dure 157 minutes et c'est comme si cela durait trois jours. L'industrie cinématographique est un non-sens absolu. La seule chose qui vaille la peine dans ce film c'est l'apparition d'une belle fille pendant environ deux minutes et pourquoi ont-ils tué le gars et qui l'a tué on n'en sait absolument rien. Donnez-moi une caméra et je ferai quelque chose de mieux que cette absurdité. Dans d'autres films si un type doit aller d'un point A à un point B ils le montrent partir puis montre peut-être un bout du trajet et enfin il arrive au point B. Dans le cinéma turc si quelqu'un doit faire 500 pas ils le montrent faire les 500 pas ce qui est un non-sens absolu. C'est juste un film trop abrutissant pour moi et qui plaira a d'autres sans aucun doute...
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