"Aux yeux de tous" est la première réalisation d'un metteur en scène que j'affectionne particulièrement : Cédric Jimenez. Alors, ayant envie de découvrir ces débuts, je me suis lancé à l'assaut de ce premier projet, ce dernier abordant une allure assez intrigante. Bénéficiant d'un budget forcément plus modeste que ces futures productions, l'idée même du long-métrage semblait déjà particulière. Ici, le but est de proposer un long-métrage jouant sur les caméras de surveillance pour se raconter. Et honnêtement, même si cela semblait suicidaire, car complexe à mettre en place, j'étais prêt à découvrir le résultat. Malheureusement, ce dernier est un immense échec, ne serait-ce qu'au niveau de son concept. Clairement, Cédric Jimenez n'a pas assumé son choix jusqu'au bout et a coupé court à cette envie de tout filmer via des caméras de surveillance. Très rapidement, il coupe donc l'immersion en nous proposant directement des plans sur le hacker, et cela casse franchement tout. Je ne dis pas que rester uniquement dans l'ordinateur de ce dernier aurait été mieux, mais on aurait au moins été au bout de l'expérience. Avec de telles coupures dans le réel, on n'arrive jamais à s'immerger dans le concept, et c'est dommage. Maintenant, pour réellement se sentir dedans, il aurait également fallu changer beaucoup de choses de toute façon. Dans la globalité, le film est extrêmement cliché, que ce soit dans son approche de la technologie ou dans le scénario en lui-même. Clairement, la vision portée à ce monde du hacking est très superficielle, et la mise en scène exploite cela de la même manière qu'un reportage de la série "Enquête d'action". On aura le droit à de gros zooms peu discrets et sublimés par des ajouts sonores brusques, un montage trop dynamique, et donc illisibles, pour les séquences "d'actions" ou encore des musiques bien "digitales" pour exprimer le monde connecté du hacker. Et encore, sur ce dernier point, je suis gentil, car certains morceaux restent quand même intéressants. Mais en bref, vous l'avez compris, l'équipe du film ne savait rien de ce monde et ils l'ont simplement retranscrit de la manière la plus basique possible. Et donc, quand le concept et l'univers ne s'emboîtent pas, il est difficile de se sentir pris par le tout. Surtout que, comme je l'ai dit, l'histoire n'aide également pas. Plongé dans un affrontement politique peu crédible, on ne ressent jamais rien face à ces événements. Déjà, car, hormis Mélanie Doutey, tout le casting est aux fraises, mais aussi, car l'ensemble paraît bien trop vide. Si on exclut la dernière demi-heure, on s'ennuie véritablement, même si le tout ne dépasse pas les 1h15. Alors, comme première expérience cinématographique, c'est un échec cuisant pour un réalisateur aussi correctement implanté des années après. Comme quoi, un premier film ne définit pas une carrière. Pour conclure, des premiers plans bien tremblants.