Titre oublié du cinéma français d'avant-guerre, « Cette vieille canaille » s'avère plutôt plaisant à (re)découvrir. Rappelant légèrement « Pygmalion » par certains aspects, Anatole Litvak a su intelligemment modifier la pièce originelle pour ne garder quasiment que le point de départ et le fil conducteur. Vous dire que j'ai été captivé serait mentir, mais l'intrigue est plutôt bien menée, offrant plusieurs scènes assez justes et même subtiles, notamment dans la relation qu'entretiennent M. Vautier et Hélène, auxquels va ensuite s'intégrer Jean, sans qu'aucun d'entre eux soit idéalisé ou que le lien unissant le « trio » ne devienne simpliste ou manichéen. Cela est particulièrement sensible à travers les dialogues, très mesurées concernant Harry Baur (étonnant, presque « sobre »), composant un personnage complexe voire assez mystérieux, et finalement assez économe pour les autres, la qualité des situations suffisant à les rendre crédibles. Quelques passages uniquement là pour combler (les numéros de cirque, le « guide touristique » des amoureux), mais aussi un beau final spoiler: (la chute en « deux temps », excellente trouvaille) , légèrement attendu mais fort bien mené, dont l'évidente mélancolie peut difficilement laisser insensible. Du bon cinéma, relativement original et finalement assez humaniste : sans être totalement sensible à cette œuvre d'antan, je lui reconnais de belles qualités.
Le chirurgien Vautier (Harry Baur), homme riche et vieillissant, jette son dévolu sur une belle foraine aperçue sur un champ de foire. La peu farouche Hélène devient sa "protégée". Le film n'a guère d'intérêt que par le rôle que tient Harry Baur, un emploi qui n'est pas sans en rappeler d'autres du comédien, tel le Brachart de Maurice Tourneur dans "Samson". Baur excelle dans ce type de personnages qui en impose. L'homme est aimable mais arrogant, que son argent autorise à réaliser ses caprices ou à éloigner les possibles rivaux. En grand acteur, Baur sait refléter l'ambivalence de Vautier, sa détermination égoïste et sa lucidité, à propos de son âge ou du mépris que d'aucuns lui vouent ("cette vieille canaille") En revanche, le scénario et la mise en scène de Litvak, trop simplistes ou alourdis par des séquences inutiles, ne sont pas à la hauteur du personnage principal. On le mesure notamment dans la seconde partie du film spoiler: avec le retour de l'ex-amant d'Hélène (Pierre Blanchar), qui donne lieu à une opposition parfois joliment dialoguée mais assez convenue, voire factice.
Litvak et Veber, une combination fantastique ! Both Litvak and Serge Veber are once again a fantastic combination. Un film a na pas manquer A film not to be missed. So French !