Qu’on aime ou pas Jason Statham, chacun de ses films est un petit évènement chez les amateurs d’action pure, tant ce gros mastodonte ne peut rien jouer d’autre que les héros couillons mais sévèrement burnés.
Safe ne déroge pas à cette règle. Mais Safe le fait très bien. En effet, le film de Boaz Yakin est tellement conscient de la futilité de son propos, de l’avenir de son film (qui finira beaucoup loué sur les VOD et qui passera une fois par an sur des chaînes de la TNT) qu’il ne lésine sur aucune jouissance et offre assez d’action et de seconds rôles sympathiques (Reggie Lee, James Hong, Chris Sarandon, Anson Mount ou encore Robert John Burke, cabotins pour certains, monolithiques pour d’autres, mais tout aussi testostéronés) pour que le fan de vigilante movie soit rasassié.
S’il n’y avait que cela, le film ne serait pas différent des autres films d’actions sympas mais limités de ces dernières années. Mais Safe a un petit quelque chose en plus. Safe a un personnage féminin absolument parfait, Mei, qui cumule pourtant tous les défauts dans le cinéma US : asiatique, forte en maths, préadolescente. Mais, par miracle, Boaz Yakin réussit à rendre ce personnage plus que sympathique et à lui offrir un véritable moment de bravoure dans le dernier acte. En parlant de moments de bravoure, les combats sont plutôt bien filmés, avec une caméra qui ne remue pas trop en dépit du bon sens et on notera une bonne idée de mise en scène, la vue rétroviseur (Boaz Yakin avait compris, il nous la donne deux fois).
Parler du scénario bien trop compliqué de Safe serait idiot, tant le film ne repose que sur l’envie de donner aux spectateurs ce qu’ils veulent : de l’action, des punchlines lourdingues, de l’action, de l’action et encore de l’action.