Le concept de cette histoire de vampire est intéressant, et Tilda Swinton est assez fascinante dans une composition vampiresque complètement atypique (elle avait 52 ans au moment du tournage). Pourtant le résultat ne satisfait que moyennement. Faute en est à certaines longueurs qui nous font bailler, à des digressions dont on se fiche complément (les descriptions des guitares électriques), à une bande-son assourdissante et au message écolo excessif (l'humanité est pourrie et la planète aussi, d'ailleurs l'eau va bientôt manquer...). Quant à l'humour, il faudra se contenter de deux esquimaux au sang, assez incongrus. (quel boute-en-train ce Jarmusch !)
Une belle ballade nocturne, romantique, nostalgique, et assez envoûtante, avec pour prétexte cette histoire de vampires. Attention cependant, "l'histoire" est secondaire, l'envoûtement met un peu de temps à venir et peut ne pas prendre, ça se joue sur un fil, certaines séquences sont parfois longues. Mais artistiquement c'est parfait, des moindres détails du décor, à l'image, la musique... À voir!
Avec "Only Lovers Left Alive", Jim Jarmusch aborde le vampirisme d'une manière peu commune, moderne et terriblement mélancolique. On se laisse agréablement porter par cette force tranquille qui se dégage de ce couple de vampires et de cette atmosphère apaisante. La mise en scène est somptueuse tout comme la photographie qui obvie à un scénario pas forcément des plus abouti.
Dans Only Lovers Left Alive, tout est une question de temps. Une question de temps et du rapport de l’artiste avec celui-ci. Dès lors Jarmusch alterne : -les moments suspendus, comme cette très belle ouverture où les étoiles se confondent avec le disque vinyle puis avec les corps étendus de nos 2 héros -les nappes de passé, comme les guitares d’Adam et les livres d’Eve représentant autant de témoignages alignés du passé et les nombreuses références à leurs vies passées et aux hommes cotoyés -la pointe de présent toute entière contenue dans l’insouciance et l’inconséquence d’Ava -« et le futur ? » me direz-vous. Le futur c’est là tout le problème de ces être intemporels et désincarnés voués semble-t-il à disparaitre, tout au mieux à survivre difficilement.
Les zombies (comprenez les humains) semblent voués à l’autodestruction. Ils boivent, se droguent, trafiquent, piratent, etc. et polluent même leur propre sang obligeant nos bons vampires à s’approvisionner dans des labo plutôt qu’à la « source ». Ils en retirent une sorte dans dandysme à boire leur sang dans des petits verres à cocktail ou sous forme de bâtonnets glacés mais aussi une forme de fragilité qui pourrait leur être fatale s’ils perdaient leurs fournisseurs. Ces "shooters" de sang O-négatif (est-ce que la négation du 0 est le grand tout ?) sont d’ailleurs perçus comme autant de shoots d’héroïne plongeant nos vampires dans une extase totale.
Alors l’artiste, être intemporel, hors du temps, attaché au passé nécessaire à sa création a-t-il un futur ? A propos de Detroit en ruines (résultat d’une grave crise économique de la ville) Eve dira « When the cities of the south will burn, this place will bloom ». On retrouve alors l’idée de cycle développée dans l’ouverture du film. On la retrouve également à la fin du film lorsqu’Adam et Eve se voient contraint d’agir d’une manière « so fucking XVth century ».
Finalement, si seuls ceux qui aiment restent en vie, Jarmusch substitut la survie du plus apte à la survie du plus aimant. Et comprenez par-là que finalement seul l’artiste obtient sa part d’immortalité par sa capacité à aimer ce que d’autres ont créés et à créer ce que d’autres aimeront.
Si je salue la forme : très belle photographie, mise en scène au cordeau, gestion du rythme parfaite, pointes d’humour, bonne b.o. et surtout interprétations fantastiques de Tom Hiddlestone, Tilda Swinton, John Hurt et Mia Wasikowska, le message me semble délivré de manière légèrement élitiste. Sans aller jusqu’à l’œuvre accessible à tous, Jarmusch aurait peut-être pu éviter cet étalage culturel qui confine parfois à la suffisance (regardez : je lis Goethe en allemand et je connais le nom de jeune fille de Mary Shelley, etc.).
Il en reste néanmoins un beau film à l'atmosphère très travaillée. 3.5/5
Visiblement content de lui, Jim Jarmusch prend ses travers pour des réalités. Sur la base d’une histoire de vampires qui ne le font pas, il réinvente le genre et s’adonne à sa vision rock’n roll d’un cinéma contemplatif. Ca fonctionne assez bien dans l’ensemble, mais à force de complaisance, il appuie son propos, l’étire, et maintenant l’ennui nous guette. Le duo réincarné en Eve et Adam, Tom Hiddleston -Tilda Swinton fonctionne plutôt bien et c’est ce qui nous rassure. Avec ce point de détail qui n’en est pas un Jarmusch filme toujours aussi bien, et Tanger la nuit, sur le port, quelle élégance … Pour en savoir plus
Complexe, Only Lovers Left Alive est une romance noire dont la magie se révèle à travers la langueur du film. Mélancolique et envoûtant, si le dernier film de Jim Jarmusch ne se démarque pas par une histoire originale, la bande originale enivrante et rock suffit à sauver un film finalement peu accessible mais ô combien poétique. Porté à l’écran par un duo habité, Tilda Swinton et Tom Hiddleston, Only Lovers Left Alive porte un regard sombre sur l’humanité tout en offrant une version inédite et fascinante d’Adam et Ève, incarnés par deux vieux démons engloutis par une lassitude béante.
Long, pompeux et soporifique à souhait ce film vu à Cannes il y a presque un an m'a laissé un souvenir bien fade. Certes la BO, les images et les acteurs sont très bons mais ça ne parvient pas à combler l'absence de rythme, un propos et un scénario peu aboutis. Si l'envie de sang vous titille revoyez d'urgence "Les Prédateurs" (1983) de Tony Scott. C'est autre chose
Un poème romantique et noir, un spleen poétique et rock, pour une nouvelle variation sur le mythe du vampire. Un très grand Jarmusch qui nous offre un film unique. Tilda Swinton et Tom Hiddelston en couple mythique. Un pur plaisir de cinéma.
Un film passionnant, envoutant, drôle et intelligent! Porté par des acteurs incroyables et fascinants, c'est le nouveau chef d'oeuvre de Jim Jarmusch, ma palme d'or !!!!
Jim Jarmusch revient avec un film à la hauteur de son talent: hypnotisant, romantique, rock mais aussi très drole ce film est une merveille, à la fois poétique et cynique enfin un film de vampire intelligent !
Le dernier film de Jim Jarmusch est tout simplement envoûtant! Glamours, romantiques, ces Adam et Eve du XXIe siècle sont sublimés dans cette atmosphère si poétique,- entre Détroit et Tanger- portée par une bande originale ultra puissante.
laissez-vous aller et partez pour un voyage sous acide entre Tanger et Détroit avec Jim, Tom et Tilda. Only lovers left alive est un film métaphysique, charnel, sublime et désespéré qui vous collera à la peau et aux neurones longtemps après l'avoir contemplé.