Après un second opus copié-collé, l’équipe de "Very Bad Trip" avait annoncé un troisième (et dernier) épisode qui prendrait ses distances avec ses prédécesseurs et renouvellerait la saga. Et, certes, il faut reconnaître que, sur ce point, le film tient ses promesses puisqu’il n’est pas question d’un enterrement de vie de garçon, le Wolfpack ne perd pas la mémoire suite à une prise de rogue involontaire et le film ne s’achève pas sur une succession de photos venant combler les trous de mémoire du trio. Malheureusement, cette prise de distance ne s’est pas accompagnée d’un véritable effort de renouvellement sur le plan de l’intrigue, les scénaristes s’étant, une nouvelle fois, un peu foutu de notre gueule. En effet, on retrouve la mise à l’écart de Doug (Justin Bartha), la stripteaseuse du premier opus (Heather Graham) et son bébé qui a bien grandi (une des scènes les plus inutiles du film mais surtout, une des plus maladroites avec ses faux-airs pédophiles), ainsi qu’une virée à Las Vegas qui marque également le retour du Doug noir (Mike Epps). Bref, on a droit à de multiples clins d’œil aux deux premiers épisodes (et surtout au premier) qui servent uniquement à combler les vides d’un scénario totalement décousu. Mais, plus grave, l’intrigue a été recentrée sur Alan (Zach Galifianakis) et sur le remuant Chow (Ken Jeong), qui passe du statut d’amusant second rôle à celui de personnage omniprésent et lourdingue (recentrage qui avait été dévoilé par l’une des affiches du film). Résultat : les deux autres membres du Wolfpack, Phil (Bradley Cooper) et Stu (Ed Helms), se contentent de servir la soupe à l’improbable duo et n’ont que peu de chose à se mettre sous la dent. La mise en avant de Chow, personnage complètement cintré et sans limite, a d’ailleurs, une conséquence néfaste sur le film, puisque la saga devient meurtrière. En tuant certains personnages, "Very Bad Trip 3" vient flinguer l’insouciance du Wolfpack, et accessoirement, celle du spectateur… surtout au vu de la qualité, pour le moins discutable, des gags proposés, souvent peu drôles et poussifs (à commencer par la décapitation de la girafe, très mal exploitée), le réalisateur Todd Philipps ayant même tendance à allonger certaines scènes au-delà du raisonnable, ce qui privent certains gags de toute efficacité (la mort du père ou les pleurs d’Alan en face de Phil en sont les meilleurs exemples). Il en est de même concernant les dialogues, d’une pauvreté indigne dans l’ensemble, même si, une fois de plus, la VF fait beaucoup de mal au film. Quant à la scène finale (qui vient remplacer l’hilarante séance photo), elle est à l’image du film : poussive et beaucoup trop axée sur le glorieux passé de la saga (le réalisateur balançant tout ce qu’il n’a pas pu placer avant, du réveil amnésique aux misères de Stu, en passant par le retour du singe et du micro-pénis de Chow). Dès lors, que reste-t-il de cette ultime épisode ? Quelques moments amusants (Alan qui chante aux obsèques de son père, les ambiguïtés sexuelles entre Chow et Alan…), quelques répliques qui font mouche ("il y a plein de gens que j’aurai voulu voir mourir avant mon, père… ma mère par exemple") et la présence de Melissa McCarthy, véritable alter-ego féminin de Zach Galifianakis, découverte dans "Mes meilleures amies". Dans ces conditions, difficile de parler de "Very Bad Trip 3" autrement que comme une énorme déception… qui en vient même à réhabiliter le second opus qui, certes, était un remake à peine voilé du premier épisode mais qui, au moins, avait le bon goût d’être drôle et rythmé… ce que cette conclusion n’est pas. Sans doute aurait-il fallu que "Very Bad Trip" ne connaisse jamais de suite…