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Marion P.
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3,0
Publiée le 4 décembre 2013
2013 serait-elle l’année d’un certain égarement pour James Gray ? Cinéaste talentueux, l’américain ne nous a pas montré cette année toute l’étendue de son talent en coécrivant le scénario du très ennuyeux « Blood Ties » puis en réalisant « The immigrant » qui, malheureusement, ne tient pas toutes ses promesses. Attention, le film est pour moi loin d’être mauvais mais il ne parvient jamais à atteindre le niveau de l’excellent « La nuit nous appartient » réalisé par le même Gray il y a sept ans.
L’histoire nous raconte la douloureuse arrivée d’Ewa, immigrée polonaise, sur le territoire américain. Arrivée avec sa sœur Magda, Ewa débarque finalement seule à New-York et rencontre Bruno, un homme qui se révèle très vite sombre et complexe. Le rêve américain ne prend alors pas vie pour Ewa qui est obligée de se prostituer pour pouvoir payer les soins médicaux de sa sœur, hospitalisée pour cause de tuberculose.
Alors qu’il s’empare d’un sujet de société fort, James Gray ne parvient jamais à donner une dimension universelle à son drame tant le film ne prend jamais de hauteur en s’accrochant désespérément de manière linéaire aux péripéties de ses trois protagonistes principaux. Les émotions n’apparaissent que très rarement dans les dialogues et les interactions qui ont lieu entre ces différents personnages. Cela confère une dimension trop froide au film et trop lisse, où tout se révèle linéaire et sans grande surprise (les émotions, les rebondissements).
Malgré ces défauts, il faut souligner la sublime photographie de Darius Khondji qui confère au film une atmosphère unique teintée d’un classicisme bienvenu. De plus, Joaquin Phoenix et Jeremy Renner effectuent tous les deux de bonnes performances. Cependant, les honneurs doivent surtout revenir à Marion Cotillard qui tient ici peut-être la meilleure performance de sa carrière. Juste, toujours dans une interprétation où elle n’en fait ni trop ni pas assez, l’actrice impressionne et retrouve un niveau de jeu qu’on ne lui avait pas connu depuis longtemps.
Au final, un beau film sur le plan esthétique qui manque de vie et d’émotion pour être devenir un grand film.
Pas mal mais finalement pas si bien que ça. Marion Cotillard que j'aime bien compose trop. Joaquim Phoenix se la joue "actor's studio". La fantaisie vient de Jérémy Renner dans un rôle qui change de d'habitude. Bref, pas emballée mais ça reste un beau film avec une photo superbe de l'Amérique des années 20.
Après un très remarqué Two Lovers (2008), James Gray revient en force avec The Immigrant, présenté à la sélection officielle du Festival de Cannes 2013. Même s’il n’a rien remporté, The Immigrant a littéralement conquis la presse et les spectateurs. Et pour cause, The Immigrant fait partie de ces films qu’on ne voit que trop rarement au cinéma, ces films qui marquent le spectateur par sa beauté.
La réalisation du film est quasiment parfaite. James Gray adopte une image à demi sombre, façon sepia pour donner du caractère et du sens à son film basé sur les années 1920. Cette mise en scène donne une ambiance au film vraiment incroyable et immerge directement le spectateur en plein des années 1920. Une mise en scène et une caméra tout à fait opposé au chouchou du festival de Cannes 2013 , Gatsby le magnifique avec ses couleurs outrancières. James Gray, lui, préfère l’authenticité, le vrai et c’est précisément cela qui fait en partie la réussite de The Immigrant. Les couleurs maussades de The Immigrant donnent au film une mélancolie divine en s’opposant à la lumière, la liberté personnifiée. Une bande son majestueuse, modeste vient appuyer le malheur de la jeune immigrante Ewa. Notons aussi, la reconstitution des immeubles, rues, appartement et costumes sont particulièrement bien réussi et donne une réelle impression d’être au cœur des années 1920.
C’est au niveau du scénario que The Immigrant perd un peu de son éclat. Le scénario en lui-même n’est pas novateur, l’histoire d’une jeune immigrante forcée de se prostituer a déjà était porté de nombreuse fois à l’écran. Et, même si la mise en scène fabuleuse de James Gray apporte un peu de nouveauté, l’histoire n’en reste pas moins banale. Pour compenser cette trivialité, ajoute un triangle amoureux entre l’immigrante, le souteneur et un magicien. Mais, ce triangle peine en prendre forme et à émouvoir le spectateur. Et, The Immigrant réserve des rebondissements parfois très inattendus afin de donner un peu de mouvement à ce film linéaire. Car, il faut le reconnaitre The Immigrant est un film plat et lent, qui peut finir par lasser son spectateur. En effet, il manque réellement à The Immigrant un peu de piment, de drame pour en faire un chef d’œuvre.
Mais, le casting vient dynamiser l’ensemble du film grâce à des prestations impeccable. Marion Cotillard dans son rôle d’immigrante est d’ailleurs à couper le souffle et avec son rôle d’Ewa signe une de ses meilleures prestations. En revanche, côté masculin, Joaquim Phoenix, en souteneur est difficile à cerner : est il un bon samaritain ou être diabolique ?. Une prestation à peine acceptable quand on connait la puissance de jeu de l’acteur (voir The Master). Quant à Jeremy Renner en prestidigitateur, il est intéressant et vraiment charmant.
Pour conclure, The Immigrant est un pur délice du cinéma, trop rare de nos jours. Un film dont la mise en scène est incroyable et laisse un souvenir indélébile. Mais, The Immigrant par sa platitude laissera de marbre certains spectateurs habitués à voir plus d’actions
Une prestation époustouflante de Marion Cotillard. L'actrice ne joue pas seulement un rôle , elle EST avant tout et cela très naturellement. Elle a cette faculté a être dans son personnage de façon troublante et très naturellement. Bravo
Léthargique, ce film nous endort peu à peu.... Est ce dû à la mollesse naturelle de M Cotillard qui parvient même à endormir J Phoenix ? Ou à l'histoire peu relevée ? Les décors et paysages sont artificiels (studio ? Numérique ?) : o n ne vibre jamais et on ne s'attend bien entendu à aucune surprise sur la fin....
The Immigrant est un bon film qui cependant, n'a pas été poussé assez loin. On nous fait gouter à quelque chose de délicieux pour ensuite nous l'enlever de la bouche. L'arrivée d'une immigrante polonaise, séparée de sa soeur tuberculeuse, tombée entre les mains d'un homme aux apparences douteuses. Devenant sa protégée, tout en lui montrant d'une manière assez bizarre sa façon à lui d'aimer, Ewa était loin de s'imaginer que le rêve américain était propice à cela. Rejetée par sa famille, Ewa va jusqu'à salir sa propre vie afin de sauver celle de sa soeur. Puis vient Orlando, le cousin de Bruno, beaugosse, magicien, gentillet (du moins en apparence), s'éprenant également d'Ewa. Deux hommes, l'un semblable au gentil, l'autre à l'escroc méchant. Plus le film avance, plus on commence à douter, on commence à avoir de l'affection pour un homme qui prostitue des femmes. On s'interroge sur les valeures morales, les différentes situations possibles, etc et quand on commence vraiment à rentrer dans le film à 100%, c'est la fin. Vu l'histoire, il y avait quand même de quoi faire un scénario de folie, avec un jeu d'acteurs époustouflant et avec de véritables émotions. Et ça n'a pas été assez développé. Marion Cotillard est monoexpressive, on ne sait jamais ce qu'elle pense, ni ce qu'elle ressent. Par contre, rien à dire sur Joaquin Phoenix, bluffant et émouvant malgré son personnage, et Jeremy Renner, personnage souriant et à l'origine du mélodrame. J'ai tout de même passé un agréable moment devant ce film, mais j'en suis ressortie assez frustrée par ce manque de développement.
Un drame plastiquement superbe et reflétant à merveille les sombres artifices de l'Amérique, dommage que Gray n'assume jamais que son personnage principal ne soit pas la fadasse Cotillard mais le superbe Phoenix, porteur des vraies émotions et thématiques shakespeariennes du film. À noter le magnifique plan final, parfaitement composé et fort en symboles.
Une demi déception; oui, c'est bien du James Grey; il y a tout: l'atmosphère avec cette reconstitution minutieuse du New York populaire -et même sordide- du début du siècle, le climat, la photographie, somptueuse, entre gris et sépia; et une intrigue basée sur des rapports fratricides -ici, ce sont deux cousins qui vont s'affronter. Les deux acteurs sont excellents: notre petite star internationale, Marion Cotillard, émouvante ; et Joachim Phoenix, que la maturité rend encore plus beau (sauf à la fin -je vous laisse apprendre pourquoi.....). Pourtant, il y a quelque chose qui manque. On ne rentre pas complètement dans ce mélo qui ferait passer Les deux orphelines pour du Dany Boon.... Je dois dire que, déjà, Two Lovers m'avait déçu par rapport à la force incroyable que véhiculaient les premiers films de Grey.
Elles arrivent de Pologne pour tenter leur chance dans le Nouveau Monde. Elles débarquent à Ellis Island, où les émigrants sont d'abord parqués, triés, examinés comme des chevaux. Magda tousse. Suspicion de tuberculose: elle ne quittera pas l'ile. Ewa se retrouve seule, perdue. Elle tombe comme une pêche mûre dans les mains d'un maquereau, Bruno, impresario d'une petite troupe de girls qui se produisent dans des boites minables avant de finir la nuit avec un client. Il faut de l'argent pour que Magda puisse être soignée; et plus encore pour la faire sortir clandestinement -Bruno est copain avec tous les flics ripoux du coin.... La dessus, intervient le cousin Orlando (Jeremy Renner), prestidigitateur probablement pas plus recommandable que Bruno, mais dont l'apparente douceur séduit la naïve....
C'est, en quelque sorte, un prolongement à Heimat. Heimat, c'était le choix difficile du départ vers un monde nouveau pour fuir une misère de plus en plus prégnante; The Immigrant, c'est ce qui se passe lorsqu'ils débarquent sur ce monde nouveau -mais, dans le cas des Etats Unis, terriblement dur pour les faibles. Et naturellement, on pense à tous les malheureux qui cherchent actuellement à tenter leur chance en Europe, devenue maintenant à son tour terre d'accueil -sauf qu'ils ne sont pas attendus. Combien y a t-il, actuellement, à Paris, d'Ewa venues des pays de l'Est -ou d'Afrique?
C'est bien, mais de Gray on attend plus, voilà. James, redonnez nous La nuit nous appartient! Redonnez nous The yards ou Little Odessa!
Tout d'abord niveau visuel, le film est très très beau, le New York des années 20-30 est remarquablement fait. Au niveau réalisme aussi le film est bien peut être un peu trop réaliste du coup à certains moments je m'ennuyais et sortais complètement du film, c'est dommage... Petit plus pour PHOENIX qui pour moi surclasse tout le monde dans ce film !
Le contexte historique de The Immigrant est intéressant. Son adaptation à l'écran est très réussite, que cela soit au niveau de l'atmosphère de l'époque, des décors ou des costumes. C'est au niveau de l'histoire que James Gray se loupe un peu, je l'ai trouvé d'une platitude assez étonnante. L'histoire n'est pas passionnante. Au niveau du casting, c'est Joaquin Phoenix que j'ai trouvé très bon comme d'habitude.
Bon film mais sans doute un peu trop long et un manque de pêche manifeste. Un peu glauque et triste ou sombre, en tout cas un peu trop noir à mon goût. Super acteurs quand même, là-dessus aucun doute. A voir quand même mais surtout ne pas s´attendre à voir une oeuvre d´art ...
Dans la plus scène du film, James Gray filme le visage de son actrice dans une quasi-obscurité, à la lumière des cierges et blottie dans un confessionnal où elle avoue sa vie de débauche, espérant, un jour, se racheter. Doit-elle aller en Enfer parce qu'elle cherche désespérément à être heureuse ? La beauté plastique de cette séquence est magistrale et la scène est bouleversante.
...
Plus Ewa est humiliée, plus elle est forte. On retrouve l'ambivalence douloureuse des personnages de "Two lovers", le plus beau film de Gray, même si The Immigrant n'atteint toutefois pas complètement ce sommet d'émotion. Dans un plan final extraordinairement bien composé, Ewa et Bruno n'appartiennent plus au même monde. L'un reste dans l'ombre de sa déchéance quand l'autre navigue vers de nouveaux horizons, si incertains soient-ils.
J'ai toujours aimé les films de James Gray pour leurs histoires passionnantes (mon préféré étant La nuit nous appartient). The Immigrant ne déroge pas à la règle en nous racontant la désillusion puis la descente aux enfers d'Ewa, magnifiquement interprétée par Marion Cotillard. J'insiste sur ce point en particulier car, mise à part la très critiquée scène du Dark Knight Rises de Christopher Nolan, elle est une très grande actrice (qui m'avait bouleversé l'année dernière dans De Rouille et d'Os). Elle nous offre ici une performance à fleur de peau. Ewa est une jeune femme fragile mais déterminée à soigner sa sœur, quitte à se vendre contre de l'argent. On a vraiment pitié pour elle lorsqu'on la voit isolée de sa sœur, abandonnée par sa famille et humiliée par les hommes.
Au-delà de son discours sur la difficulté d'intégration et la critique du rêve américain, The Immigrant traite aussi d'une histoire d'amour déchirante. Le film évite le manichéisme classique de la plupart des drames et permet de surprendre grâce au triangle amoureux formé par Bruno, Ewa et Orlando. En effet, celui-ci évite le cliché de la belle ingénue partagée entre le bien et le mal car chaque personnage possède un côté sombre et une part de bonté plus ou moins cachée.
Joaquin Phoenix est un des meilleurs acteurs de ces dernières années grâce à sa façon d'incarner pleinement chacun de ses rôles. Après un rôle en or dans The Master, il incarne ici Bruno Weiss, un homme à l’ambiguïté très prononcée. C'est sûrement le personnage le plus intéressant du film car celui-ci possède plusieurs facettes totalement opposées. On retrouve en lui ce qu'il y a de meilleur et de pire dans l'humanité. Ses mauvaises actions ne reflètent pas une personnalité qui au fond est beaucoup plus humaine. La relation qu'il construira avec Ewa sera remplie de haine mais aussi teintée d'une forme d'attachement.
Dans son enchaînement d'événements tragiques, Ewa trouvera un peu d'espoir en la personne d'Orlando le magicien, cousin de Bruno interprété par Jeremy Renner. Je dois dire que j'ai adoré le voir dans un rôle loin des films d'action auquel on le cantonne. Il incarne quelqu'un de bienveillant et plein d'espoir mais aussi assez impulsif ce qui rendra les chose compliquées.
Visuellement parlant, on ne peut que saluer le travail minutieux de reconstitution de l'ambiance des années 20 de la ville de New York. Celle-ci apparaît comme enveloppée dans un nuage gris teintée d'une lumière chaude oscillant entre le jaune et le orange. Cela apporte un sentiment d'étouffement permanent malgré la taille de la ville et qui contraste avec les pensées de liberté des immigrants.
Néanmoins malgré de grandes qualités, le film perd énormément de points à cause d'une émotion pas assez présente, un comble pour un drame. Pourtant il déploie une multitude de scènes à fort potentiel émotif mais celles-ci n'arrivent pas à nous atteindre assez profondément. Les rares scènes qui m'ont touché sont celles avec Joaquin Phoenix qui joue l'être torturé à la perfection.
Selon moi, The Immigrant est un film inégal à voir surtout pour la performance des acteurs (Joaquin Phoenix en tête) et pour l'ambiance des années 20 parfaitement transposée à l’écran et sublimée par une photographie magnifique. On regrettera vraiment une émotion pas tellement marquante et quelques longueurs mais qui n'empêchent pas au film de James Gray d'être plutôt bon, à défaut d'être son chef-d'oeuvre ultime.