James Gray signe un scénario classique et déjà vu avec The Immigrant. Mais ce dernier emploi tellement de beauté dans la douleur de l’histoire, qu’il en fait un drame passionnant. Malgré les performances réussies de Marion Cotillard et de Joaquin Phoenix, ce premier film du réalisateur à se situer dans le passé est bloqué par une distance froide qui nous empêche de nous intégrer pleinement aux émotions d’Ewa. The Immigrant est un beau film. Ce qui reste regrettable, c’est son manque de prise de risque et de poigne qui en aurait fait un florilège de tensions dans le cœur du spectateur. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Réunir Marion Cotillard et Joachim Phoenix dans ce drame historique est une idée absolument géniale (sans oublier Jérémy Renner), seuls des acteurs aussi investis pouvaient jouer ces rôles à contre-pied. A part ça, le film est globalement de bonne qualité et bien rythmée.
Franchement la grosse déception !! Le scénario, le casting... tout était alléchant !! Mais le résultat est mou; Cotillard est apathique (comme souvent!!) et la fin est carrément désagréable !!! On a la fâcheuse impression que le réalisateur a survolé son sujet . Je me faisais une joie et j'ai déchanté !! Un chef d'oeuvre raté !!!
Ce qui m'a le plus dérangé c'est l'esthétique du film. Au bout d'une heure cinquante, ce jaune/brun commence vraiment à donner mal à la tête. Mais outre ce "léger" détail, le film est aussi extrêmement cliché. La petite polonaise qui débarque aux Etats-Unis et arrive à sortir du lot, on ne sait pas pourquoi. D'ailleurs les raisons de son choix restent floues. Ensuite, les autres protagonistes restent dans l'ombre. Ils ne sont pas assez développé et peu intéressant. Finalement, le scénario tourne en rond (combien de fois revient Eva chez ses oncles et tantes?) et c'est bien dommage car le film raconte une période très intéressante de l'Histoire américaine. On pourrait beaucoup dire dessus mais ce serait gâcher le plaisir historique du film. C'est bien dommage pour le reste.
1921 c’est l’arrivée massive d’immigrés aux Etats-Unis, le pays a mis en place une réelle sélection des arrivants au sein d’Ellis Island au large de New-York. Là, Ewa et Magda, deux jeunes femmes polonaises, vont être soumise à la question et à des tests de santé. L’immigration choisie, c’est assez ancien en fait. Ewa a le droit d’entrée grâce à un passeur qui soudoie un garde, elle paiera la note d’une autre manière ; Magda, atteinte de tuberculose, part en quarantaine avant d’être potentiellement réexpédiée au pays. Voulant faire entrer aux EU sa sœur à tout prix ; Ewa paiera la note une seconde fois… et de sa personne… En vendant son corps… Sur la terre promise, quel jolie nom au vu de ce qu’elle va subir, elle va se retrouver entre un maquereau et un magicien beau parleur… Tout est réuni pour explorer une enième fois, la tragédie amoureuse à trois. Et dans le rôle de l’amoureux éconduit, on retrouvera Joachim Phoenix dans ce rôle qu’il affectionne tant. On l’attend dans ce rôle maintes fois joué ; et le scénario est au diapason, tout est beaucoup trop attendu et convenu. Et pour la mise en scène, du talent bien entendu avec James Gray aux manettes, mais d’un classicisme sans génie ; seule la scène finale lui permet d’exprimer son talent… Quelle longue attente ! Seule la reconstitution historique vaut le détour ; tout le reste n’est pas raté mais trop prévisible. Les personnages ne sont guère incarnés ; le mélodrame distant et froid ; un film hyper corseté et sérieusement daté, d’un autre temps. Cahier du Cinéma : « le récit… intéresse sans bouleverser? C’est le grand paradoxe de "The Immigrant": la forme, pensée pour l’effusion, est irréprochable et souvent brillante, mais n’en jaillit qu’un spectacle étouffé et distant. » Vraiment pas indispensable
Jusque là, je n'avais trouvé aucune faille dans l'impeccable filmographie de James Gray. Alors certes, "The immigrant" n'est pas un film indigne, mais ma sévérité à son égard est due à l'écart que je trouve flagrant entre lui et ses précédentes réalisations. Il s'agit bien pourtant d'un travail d'orfèvre à la réalisation mais l'émotion, domaine où il excellait pourtant dans "Two Lovers" est ici quasiment absente. Je ne vais pas accabler Cotillard qui n'est pas la seule responsable avec son jeu continuellement au bord des larmes (elle sait pourtant faire nettement mieux, elle l'a prouvé dans "De rouille et d'os"). Est-ce le cadre historique qui étouffe le souffle romanesque de ce récit ? Il en résulte pour moi un long-métrage à la réalisation maniaque mais sans le moindre éclat.
Vu avec du retard étant pourtant fan absolu de James Gray, encore une fois ce maître de l'écriture et de la psychologie ciselé manière haute couture ne m'a pas déçu. Une plongée dans la clandestinité et la difficulté des immigrants du temps de la prohibition rappelant sur certains point le chef d'oeuvre de Leone "il était une fois en Amérique". J.Gray est un génie de l'écriture, mais pas encore un maître de la mise en scène du point de vue technique, la comparaison avec le film de Leone se limite surtout à l'ambiance générale et l'atmosphère de New-York du temps de Capone. Cotillard s'offre son meilleur film américain depuis son ascension à Hollywood et une prestation sobre et pleine d'élégance. Le duo Phoenix / Renner est aussi au top. Un mélodrame bouleversant au milieu d'une fresque subtile et superbe.
Ce film aurait pu être une belle réussite mais finalement on se retrouve face à un film lent qui manque d'émotions pourtant tout est là, les acteurs, les décors, le scénario... Mais on tourne en boucle pendant 2h en attendant un rebondissement... Dommage. Chapeau tout de même à Marion Cotillard qui a appris le polonais rien que pour le film !
Je ne sais trop quoi dire de ce film que j’ai plutôt apprécié, mais qui ne m’a pas pour autant vraiment enthousiasmé. Sa principale qualité reste quand même son interprétation, avec un Joaquin Phoenix toujours au top et une Marion Cotillard qui est vraiment exceptionnelle en immigrée polonaise prête à tous les sacrifices pour permettre à sa jeune sœur de la rejoindre sur le territoire américain. Le scénario est prenant, mais pas vraiment surprenant, presque classique et la noirceur, presque désespérée, du propos n’aide pas à se sentir en empathie avec les personnages. L’évocation de l’immigration vers l’Amérique au début du XXème siècle est intéressante, mais le traitement un peu déprimant qui lui est appliqué rend le film peu sympathique et a sûrement rebuté, si l’on se fit aux résultats du box-office (à peine plus de 7,8 millions d’entrées), un public qui préférera toujours une vision, sinon plus positive, au moins plus nuancée. James Gray dont le cinéma est souvent noir, ne parvient pas à sortir son film de son atmosphère déprimante et plombe ainsi une histoire plutôt intéressante. À voir néanmoins pour la belle reconstitution du New-York des années 20 et pour la prestation très réussie de ces deux principaux interprètes.
Un peu déçu par un film au sujet au combien intéressant, sur les mirages du rêve américain à la fin du XIXème siècle. Une époque où les États-Unis se construisent encore, avec des flots de migration importants. Joaquin Phœnix tient bien son rôle, campant un personnage à la personnalité ambigüe. Marion Cotillard est moins convaincante dans un rôle difficile, trop lourd pour elle. La première partie du film est pourtant réussie, présentant une galerie de personnages tous plus intéressants les uns que les autres. La deuxième partie est plus soporifique, moins rythmée et perd nettement en intensité dramatique. Dommage.
James Gray ne livre probablement pas là sa meilleure œuvre mais on a quand même une belle fresque épique. Un casting talentueux qui livre de très bonnes prestations, une superbe photographie en adéquation idéale avec l'époque du film. Avec son rythme un peu lent, ses thèmes très forts abordés comme la prostitution, la rédemption et la trahison, on retrouve toute la griffe coutumière du réalisateur dans ce triangle amoureux complexe mais l'ensemble manque peut-être un peu de magie pour marquer plus durablement les esprits.
"The Immigrant" est un mélodrame de l'excellent James Gray qui m'a très légèrement déçu, probablement parce que c'est un peu moins mon genre de cinéma que ses précédentes réalisations. Pourtant le film très bien joué, avec un Joaquin Phoenix exceptionnel (comme toujours) en mac meneur de revue, mais notre Marion Cotillard n'est pas en reste et livre une prestation très émouvante, elle aussi, en immigrée polonaise... La réalisation est de haute volée mais malheureusement certaines longueurs viennent plomber l'ensemble, ce qui est vraiment dommage tant la dramaturgie est au rendez-vous, avec un final notamment qui prend aux tripes ! Un film élégant, loin des bons sentiments et du manichéisme, mais qui manque peut-être d'un peu d'envergure et de rythme. Le dernier plan est très joli.