Critique TRON : ARES
15/20
(J’ai été voir le film 2 fois pour peaufiner ma critique)
INTRO (no spoil):
Sincèrement, je m’adresse aux chialeuses qui ont défoncé le film, vous vous attendiez à quoi en allant voir un film de la franchise Tron? Vous auriez voulu quoi?
La majeure partie des points qui ont été critiqués dans Tron 3 sont des points qui etaient deja présents dans les 2 premiers films.
Certes, le film n’est pas dénué de défauts. Mais il est important de resituer les choses.
Le contexte avant tout: faire une suite à Tron Legacy s’est avéré très compliqué. Il fut pendant un temps envisagé une suite directe au film de Joseph Kosinski, avec la même équipe et le même casting, puis le projet a subi plusieurs remaniements majeurs pour aboutir finalement, au bout de 15 ans, au film qui sort sur nos écrans aujourd’hui.
La diégèse, l’univers de TRON: dès la bande-annonce, les gens ont ralé sur le fait de voir des éléments du monde virtuel débarquer dans le monde réel, et que le film permette qu’on crée de la matière à partir de rien. Bah euh dans Tron 1, le laser d’Encom rematerialise Kevin Flynn dans le monde reel à partir de rien, ça n’a choqué personne, et dans Tron 2, les heros ont pour mission d’empecher Clu de debarquer dans le monde réel avec son armée de programmes, et ça n’a choqué personne.
Tron Ares est donc dans une suite parfaitement LOGIQUE, obéissant aux regles de la diégèse de la franchise TRON. Les gens qui ont ralé sur ces aspects soi disqnt stupides du film sont donc de la même trempe que les gens qui s’offusqueraient encore de constater qu’il y’a du son dans l’espace en allant voir un STAR WARS…
POINTS NÉGATIFS (no spoil):
-Le mixage sonore parfois maladroit, mettant au premier plan la musique de NIN alors que ce n’est pas toujours pertinent. Certes la musique est très bien, même si elle n’est pas à la hauteur de ce qu’avait fait DAFT PUNK dans le film précédent, et certes la musique etait un énorme argument com pour la promo du film, mais là parfois c’est un peu abusé et ça nuit un peu au film dans quelques scènes.
-Un scenario cousu de fil blanc. Disney montre bien son intention ici de rester dans un film familial qui sera abordable par un jeune public. De ce fait, alors que Tron Legacy faisait preuve d’une profondeur melancolique et parfois d’un petit vernis philosophique, ici on reste un peu sur notre faim et on est face à des enjeux simplistes et des personnages fonction. C’est bien fait mais c’est un peu simpliste.
-de VRAIES erreurs et incohérences scénaristiques (voir partie SPOIL) qui même discrètes, sont bien présentes.
-Une timidité sur certaines scènes possédant pourtant un réel potentiel. Frustrant.
-Presque trop d’hommages au premier film Tron et pas assez au deuxième, étant pourtant l’épisode préféré du public.
-Un film trop prudent, choix évident de Disney qui s’est montré frileux sur plusieurs points. Frustrant aussi mais surtout pour l’équipe du film selon moi.
-Un certain nombre de petits clichés de mise en scène, pas dérangeants en soi mais un peu trop nombreux, et facilement reconnaissables.
POINTS POSITIFS (no spoil):
-Un plaisir indiscutable pour les yeux et les oreilles, et un univers qui nous emporte. Et c’est le plus important au final. A l’instar d’un film Avatar, c’est presque tout ce qu’on lui demande. Et à ce niveau là le contrat est LARGEMENT rempli. Ce qui etait loin d’etre gagné quand on doit succéder à un film comme Tron Legacy. Joachim Ronning, qui avait deja realisé pour Disney des films comme Pirates des Caraïbes 5 ou Maléfique 2, etait à mon sens un réal capable de faire tout juste un travail « correct », et force est de constater, objectivement, qu’ici il m’a très agréablement surpris, avec des plans et mouvements de caméra audacieux, un sound design et un travail sur la lumière franchement soignés, et une capacité à ne pas du tout trahir l’héritage des deux films précédents, mais au contraire de les honorer comme il se doit, sans jamais tomber dans le fan-service trop lourdingue.
-Des personnages qui fonctionnent, malgré la simplicité de leur écriture. Meme Jared Leto parvient à faire preuve d’humilité dans son jeu et à ne pas tirer la couverture trop à lui. Il passe finalement tres bien. Et meme si la gentille PDG d’Encom qui fait face au méchant PDG de Dillinger Enterprises, c’est tres manichéen et simpliste, finalement ca fonctionne. Et le film arrive meme parfois à nous surprendre et nous toucher, et c’est pourtant loin d’etre gagné au départ.
-Comme dans les précedents episodes, la question de la religion est un sous-texte interessant et omniprésent dans le film. Avec le questionnement de la soumission aveugle à une entité qu’on vénère et qui a droit de vie ou de mort sur nous. D’autres questions pertinentes dans l’univers de Tron sont aussi posées comme celle de la fausse divinité ou des debordements possibles que peuvent générer l’ego ou notre rapport à la mortalité.
-des choix de focale, d’angles de vue, et un sound design, qui parviennent à nous faire ressentir un certain vertige face au gigantisme du Recognizer géant qui débarque en ville, et la menace qu’il représente, ou encore de superbes top shots (prises de vue aériennes verticales) magnifiant les tracés des trajectoires des motos lumineuses qui sont le symbole des films Tron.
/!\ SPOIL /!\
(vous pouvez passer direct à la conclusion si vous le souhaitez) :
-On pourrait reprocher un certain coté « cyber-Jésus » à Jared Leto à la fin du film, mais ce serait malhonnête car après tout Kevin Flynn est traité comme un « cyber-Dieu » dans l’opus précédent et ça n’a dérangé personne.
-Tout le passage dans la grille originelle des années 80 (avec le retour le temps d’une scène de Jeff Bridges dans le role de Flynn) aurait pu passer pour du fan service lourdingue mais ca passe tres bien car il y’a un vrai travail respectueux de ramener avec fidelité cet univers.
-Il y’a une idée geniale dans le film, c’est l’idée que la problematique centrale de l’histoire, c’est que les personnages et objets qui debarquent du monde virtuel pour atterrir dans le monde réel n’ont un temps de « survie » de 29 minutes uniquement avant de devenir instables et de s’effondrer sur eux-mêmes. C’est une bonne idée car ça rééquilibre les forces. Certains spectateurs se sont posés la question « mais ca sort d’où cette faiblesse? Elle ne semblait pas concerner Clu et son armée dans Tron Legacy. » et en fait si, tout est bien pensé. Dans Tron Legacy, Flynn precise bien que Clu a besoin de son disque d’identité pour envahir la Terre. on peut aisément en déduire que la fameuse ligne de code appelée « code de permanence », permettant à un programme de vivre de facon stable dans notre monde, se trouve dans le disque de Flynn. C’est d’ailleurs grace au disque de Flynn que Quorra debarque dans notre monde à la fin du deuxieme film. Et dans le troisieme film, Ares a besoin de retrouver Flynn pour obtenir le code de permanence qui lui permettra de ne pas « mourir » au bout de 29 minutes. Le film est donc cohérent sur ce point.
-Un VRAI problème dans le scénario pour le coup, c’est justement qu’Encom est finalement capable à la fin de créer tout et rien avec le code de permanence, de tout materialiser à partir de rien. On entend à la fin du film que ca a revolutionné le monde de facon uniquement positive en reglant des problemes de santé, agricoles, économiques, etc… ce n’est pas logique. Au contraire un tel pouvoir déséquilibrerait de maniere extremement violente l’echiquier economique et geopolitique mondial. Ce serait un chaos total et Encom deviendrait une compagnie aussi toute puissante et finalement dangereuse que toute autre corporation invincible et impitoyable que l’on rencontre dans bon nombre d’univers de science fiction (coucou Weyland, Umbrella, Vault tec, …)
-Je pensais que c’etait ridicule que le Recognizer puisse etre materialisé car il est bien plus grand que la capacité du hangar contenant l’imprimante 3D laser. En fait le Recognizer est modélisé à l’exterieur du hangar.
-Je pensais que la plus grande faille du scenario etait qu’il aurait suffi de debrancher l’imprimante 3D laser de Dillinger Enterprises, mais à un moment un des employés dit clairement qu’ils ont essayé de tout éteindre mais qu’ils n’y parviennent pas.
-Petite mention honorable pour l’hologramme intimidant représentant le visage de Dillinger, faisant evidemment penser au MCP du premier film, mais aussi trahissant un complexe de Dieu très présent chez Julian Dillinger, qui veut sans succès être considéré comme un dieu, à l’inverse de Kevin Flynn qui etait considéré comme un Dieu alors qu’il ne l’a pas demandé au départ.
CONCLUSION:
Si Disney s’est sûrement posé la question « existe-t-il encore un public pour un film Tron en 2025? », ce que je peux comprendre du fait que cet univers de fiction trouve plutot sa place dans les années 80-90 au départ, Disney aurait pu prendre du recul et voir que meme si Tron 1 et 2 ont connu des démarrages difficiles lors de leur sortié cinéma, ils sont devenus CULTES au fil de ans et ont été au final rentables et validés par les spectateurs, il existe une fanbase solide autour de Tron. Esperons le même destin pour le 3eme opus qui à mon sens le mérite. Oui. TRON ARES mérite d’être apprécié. Ce n’est pas un chef d’oeuvre, ce n’est pas aussi bon que TRON LEGACY, mais ce n’est pas un mauvais film! Du tout. Il est fait avec sincerité et energie, et ça se voit. C’est un hommage tres honnete à l’univers de Tron et aux fans, sans tomber dans pale copie ou le fan service dénue d’âme.
ALLEZ VOIR CE FILM! detendez vous, savourez votre pop-corn. Et si en sortant de la salle vous avez envie d’enfourcher votre moto cycle lumineux, et que vous etes un peu déçu de revenir dans le morne monde réel dépourvu de combinaison néon et de vehicules badass, c’est bien que le film a fait son boulot!
Bisous ^^