Le souvenir du film original est loin, très loin. On se rappelle d’un film étrange pour l’époque mais avec un côté précurseur quant au numérique et au virtuel. En même temps il date des années 80 même s’il était devenu culte au fil des années. On ne se souvient pas beaucoup plus de sa suite tardive de la fin des années 2000 même si on se rappelle avoir passé un relatif bon moment, sans pour autant s’être rappelé du premier lorsqu’on l’a vue. On découvre donc ce « Tron : Ares » pas forcément super excité et finalement presque vierge de souvenirs. Cependant, on est remis direct dans le bain grâce à un petit récapitulatif adéquat de l’univers « Tron » durant le prologue. Comme chaque film semble prendre quelques bribes des précédents en restant juste dans le même domaine que l’on voit évoluer à chaque fois avec le progrès, c’est assez aisé de se replonger dedans. Et, bien sûr, quinze ans après le précédent, c’est forcément l’intelligence artificielle qui est au centre du récit. Déjà presque éculé sur le grand ou le petit écran, l’IA devient un sujet très (trop?) récurrent et dans tous les genres de l’horreur au drame en passant au blockbuster comme ici.
Quand on sort de « Tron : Ares », on a l’impression aussi désagréable et floue que singulière et sympathique d’avoir passé une nuit dans un club techno entre la musique électronique quasiment incessante et spectacle lumières qui va avec. En effet, ce blockbuster à la pointe technique de l’innovation ressemble parfois à un long clip ou à une gigantesque publicité futuriste pour voiture à tel point qu’on a l’impression parfois de ne plus être dans le domaine du cinéma. On prend cependant notre pied sur plusieurs aspects et le principal est bien sûr le visuel. Les effets spéciaux sont proprement incroyables et à la pointe du réalisme. On a vraiment l’impression que les programmes qui s’invitent dans notre monde sont réels. Et toute la direction artistique concernant lesdits programmes sont sublimes. Ce rouge dominant impacte la rétine et ces déclinaisons dans les personnages, les véhicules, les déplacements et la fameuse grille sont d’une cohérence visuelle incroyable. Certaines séquences spectaculaires sont magnétiques et vraiment réussies, que ce soit l’incroyable poursuite en moto ou le final avec cet imposant et magnifique vaisseau qui débarque sur la ville comme « Godzilla ». Même le retour dans le programme des années 80 a de la gueule. Et tout cela sur une bande son électronique de Nine Inch Nails qui suit celle de Daft Punk pour le précédent avec tout autant de style.
Rien à dire du côté formel donc pour « Tron :Ares ». Comme le précédent, dans les teintes de vert et de bleu, cet opus est admirable et irréprochable à ce niveau, un véritable régal oculaire. En revanche, du côté du fond, du sujet et de la narration c’est vraiment peu concluant et réduit au maximum. Comme si on avait décidé de tout donner pour le visuel et laisser tous les autres postes à leur expression la plus simpliste. Le discours sur l’IA est rebattu, déjà entendu et n’apporte rien de nouveau à tel point qu’il rendra le film périmé sous peu. Quant à l’intrigue, elle est d’une banalité affligeante et les enjeux sont, au mieux, naïfs, au pire, enfantins. Les acteurs n’ont pas grand-chose à jouer de passionnant, entre dialogues basiques et fonctionnels et des personnages typiques du blockbuster aseptisé. Il n’y a qu’à regarder la manière dont la géniale Gillian Anderson est ici employée. Il faut donc voir « Tron : Ares » plus comme un beau feu d’artifice ou superbe show pyrotechniques sans s’embarrasser de rien niveau narratif. Dans ce cas-là on passe un moment sympathique qui en met plein les yeux. Sinon...
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