Tron: Ares est un film qui manque cruellement d’équilibre dans sa tapisserie narrative. Il y a trop peu de scènes marquantes, et plusieurs séquences paraissent inutilement longues, comme si le montage avait perdu le fil d’un labyrinthe scénaristique prometteur. Les bonnes idées sont bien là (contrairement à ce que certaines critiques disent), mais souvent bâclées, là où le film aurait pu transcender son matériau d’origine et offrir une relecture captivante de l’univers de la Grille.
Côté interprétation, Jared Leto surprend positivement, je m’attendait à pire mais son jeu reste loin d’être ahurissant. L’actrice principale Greta Lee, elle joue correctement, mais ne parvient pas non plus à insuffler cette intensité que j'espérais. En revanche, chaque retour dans la Grille, avec ses décors spectaculaire et sa lumière réimaginée, demeure immersif et visuellement fascinant et parfois bien amenées, bien pensées. Dommage qu’il n’y en ait pas plus : ces scènes sont le cœur battant du film.
Il faut le voir en 3D, absolument. Je ne l’ai pas vu ainsi, et je le regrette : tout est pensé pour une expérience sensorielle où la musique orchestrales accompagne l’action et la rend plus spectaculaire mais pas assez pour moi : ils auraient dû aller plus loin dans les scènes de combats, avec plus de scènes de combat, et de jeux, de compétition comme dans les précédents films. Pourtant, derrière cette belle façade, le scénario inachevé, les dialogues creux et le rythme saccadé ont créés de la frustration chez moi, comme si Disney avait confondu dynamisme et précipitation. Je ne suis pas non plus contre le fan service quand il est très bien fait, bien amené, bien réfléchis, quand il sert l'intrigue, ce qui était le cas dans le précédent opus mais beaucoup moins pour Tron : Ares.
Ce Tron aurait pu déployer une fascinante mosaïque entre le monde réel et la Grille, de nombreuses idées ambitieuses. Mais le studio a préféré jouer la sécurité, manquant d’audace et d’ambition. Les précédents films, bien que manichéens, savaient mêler réflexion et spectacle contrairement à ce que disent certaines critiques ; ici, tout semble coupé trop court, trop vite.
En somme, Tron: Ares m'a embarqué dans un univers visuellement captivant comme d'habitude, mais échoue à atteindre la densité thématique et émotionnelle des deux premiers volets. Certainement, un film à voir en 3D pour l’immersion, mais pas la révolution que j'espérais. J'avais pourtant vraiment apprécié tout les précédents contenus de cette franchise comme la Série Tron Uprising malheureusement inachevé après l'échec au Box Office de Tron l'Héritage qui méritait bien mieux que ce qu'il a reçu, ainsi que le jeux vidéos Tron : Evolution qui avait une histoire super pour un jeu vidéo. Je ne peux que dire aux producteurs, aux réalisateurs et Disney d'aller plus loin s'ils font un prochain film, je l'espère mais il n'y avait quasiment personne dans la salle où j'étais à l'UGC Lyon Part Dieu (alors que nous sommes dans les premiers jours en salle du film), ce qui m'incite à penser que le film va encore malheureusement bider, et que la boucle recommence. Je ne le souhaite pas mais encore une fois, ce n'est pas la faute aux spectateurs, c'est la faute à Disney qui prend les gens de son public pour des idiots de mauvaise fois, pour une fois qu'ils ont une belle idée, un bel univers de science fiction qui est pour moi un des meilleurs de tous, ils le bâclent.