Tout d'abord, il est bien de préciser que je n'ai pas vu les précédents opus de la licence, mais que celui-ci m'a donné très envie de me rattraper et de les découvrir. Car disons le clairement, le spectacle est au rendez-vous et le divertissement très réussi. On entre très vite et assez facilement dans l'univers de Tron dès son introduction récapitulative et sa première scène. On commence ainsi par un résumé condensé des premiers films, une sorte d'historique sous forme de journaux télévisés numériques qui explique aussi la situation des principaux antagonistes. Cela reste très accessible à la compréhension et avec des explications assez claires qui nous présentent le contexte, tout en nous immergeant dans ce monde en plein progrès technologique. Un univers à la fois actuel et futuriste où le réel s'entrechoque avec le virtuel et où le virtuel prend le pas sur la réalité. Deux facettes, deux esthétiques, deux designs bien distincts. Et si le monde réel est bien le nôtre, sa technologie est beaucoup plus avancée tout en restant probable et pertinente. Quant au monde cybernétique de la grille, il est totalement high tech, designé un peu comme une cité futuriste sortie d'un jeu vidéo. Ainsi dans les codes couleurs de Tron, le noir et le blanc s'opposent directement avec le rouge et le bleu fluos qui pètent dans les villes, sur les armures, les armes et les véhicules. Et tout y est impressionnant par ces esquisses futuristes qui respirent la classe. Il y a même un petit côté rétro, sans en dévoiler plus. L'esthétique générale est donc ultra léchée et travaillée dans tous les domaines, jusque dans la mise en scène, qui est variée, soignée et très stylisée. Elle est portée par des scènes, des plans et de l'action de qualité. Le tout dans une esthétique sublime qui fonctionne très bien, appuyée par des effets spéciaux à la hauteur, qui permettent une immersion encore plus grande. Les scènes d'action, quant à elles, sont bien exécutées et possèdent une force tranquille. De par le caractère froid et calculateur des programmes et des musiques qui les accompagnent. Mais cela ne les empêchent pas d'être impressionnantes dans leur mise en scène, par les effets 3D, les différentes chorégraphies des poursuites et des combats. Au contraire même, elles possèdent des montées en puissance, notamment, grâce aux musiques électroniques et techno tout à fait dans le ton. Elles s'accordent parfaitement à toutes les scènes, sans être trop énervées ou excitées. De plus, on se surprend à taper du pied en rythme à certains moments, entrainés par le savant mélange de l'action des musiques. Ainsi Tron : Arès ne possède pas de temps mort, les scènes s'enchaînent sur un rythme soutenu, passant de l'histoire à l'action sans que l'on ne s'ennuie jamais et c'est vrai que l'on ne voit pas le temps passer. Le scénario possède de multiples rebondissements et beaucoup de références aux anciens films, mais rien d'incompréhensible pour ceux ne les ayant pas vu avant. On imagine clairement les fans de la première heure trépigner à l'évocation de certains passages ou personnages emblématiques. Un véritable hommage et une vraie force qui donne littéralement envie de découvrir la genèse de la saga. D'autant plus que l'histoire reste intéressante, quoiqu'elle peut paraître déjà vue. Dû à son sujet et la multiplication des films sur l'IA ces derniers temps. En revanche, petit reproche, on retrouve au final encore une fois la lutte des vilains marchands de guerre capitalistes et des gentils bien pensants inquiets du sort de la planète. Pas assez nuancé, un peu trop manichéen et manquant un peu de subtilité. Le film est servi par des personnages forts et charismatiques, certains attachants et d'autres agaçants. Le casting est dans le ton et les acteurs bien dans leurs rôles respectifs. On n'échappe malheureusement pas à l'archétype du méchant prêt à tout pour satisfaire ses ambitions personnelles et professionnelles. L'héroïne quant à elle, est une femme forte, moderne, qui se bat pour ses idéaux et pour les êtres qui lui sont chers. Mais qui lutte aussi pour la sauvegarde et la préservation de notre monde. Ce qui est dommage en revanche, c'est que tout ce qui touche au personnage de Arès n'est pas aussi creusé. On sent que le thème et les réflexions autour paraissent un peu effleurés et auraient mérité d'être plus développés. Les sujets abordés sont ainsi les différentes facettes de l'IA comme technologie émergente, en parlant de ses dérives, avec l'aspect dangereux ou bénéfique, de son utilisation et ses possibles évolutions. Il en découle des questionnements et des réflexions, pas toutes aussi poussées qu'on l'aurait souhaité mais qui sont belles et bien présentes. Le film contient à la fois une alerte sur les dangers de l'utilisation de l'IA mais aussi un message positif et d'espoir pour ce futur avec elle.