Les Universal Monsters s'étaient déjà pris les pieds dans les bandelettes avec La Momie (2017), maintenant ils toussent des boules de poils avec ce Wolf Man qui plante son univers tellement vite qu'il en oublie de faire peur, de créer un monstre cool, et surtout de nous divertir. Tout va beaucoup trop vite (l'ensemble de l'action se passe en une partie d'une nuit, oui, vous avez compris :
le gars se fait griffer, se transforme une heure plus tard, dégomme le monstre d'origine, cours après sa femme et sa fille, et se fait tuer,
tout ça en quelques heures... Pour la tension, les premiers signes de transformation, l'épouse qui se rend compte lentement de ce qu'il se passe, les
adieux
émotionnels à la fille, on repassera : on n'a pas le temps). On se coltine aussi ces "visions du Loup" complètement ridicules (en fluo, avec du charabia d'une voix déformée : il est dans une boîte de nuit, le Loup, non ?), ce "monstre effrayant" qui n'a aucun charisme (un gars chauve avec deux tifs qui pendent, qui grogne mollement et bave partout... Rendez-nous la classe d'un Lon Chaney Jr., la tension amoureuse déchirante dans ses yeux quand il attaquait la femme qu'il aimait, bref : rendez-nous l'ancienne version, stratosphériquement mieux que ce torchon), ces jumpscares épuisants d'immaturité (l'apanage des mauvais films d'horreur actuels, qui n'ont que ça pour "faire peur", sans ambiance, énergie de la scène, image marquante). Wolf Man n'a rien à raconter dans sa nuit-express où tout se déroule en vitesse grand V, qui ne prend le temps de rien (on ne dit rien sur les personnages, puisque le film lui-même n'en dit rien : pas le temps, on vous a dit !), si ce n'est de faire courir le gars chauve au dentier pointu qui dépasse et bave à peu près partout (le design, vraiment, on n'était pas prêt... Après toutes les productions, tous les visages de loups-garous qu'on a pu voir, on ne comprend pas que le studio Universal a choisi cette dégaine de plouc aviné pour son monstre "effrayant"). On ne sauvera donc rien de ce film qui ambitionne de relancer son univers étendu de créatures qui devraient se croiser / s'affronter dans le futur (
mais en faisant crever son loup-garou dès sa première nuit ?
On n'a pas compris la stratégie, là...), en oubliant juste d'être charismatique, cohérent, divertissant. Remettez-vous le film avec Lon Chaney Jr., sans préjugé ("En noir et blanc, c'est vieillot, non ?", réponse : "Non."), car il est mille fois plus moderne que celui-ci qui ne passera pas l'année, dans la mémoire collective.