Après "Invisible Man", Leigh Whannell revient avec "Wolf Man". S'inscrivant dans cette lignée de projets voulant remettre le film de monstres au bout du jour, ce long-métrage s'avère vraiment surprenant. Même s'il a ses défauts, je dois avouer que j'ai passé un très bon moment devant celui-ci. Après une introduction qui interroge, nous sommes lancées dans l'histoire du film, et je pense qu'il faut s'accrocher si vous voulez correctement profiter de l'ensemble. Très clairement, l'histoire est le point faible de ce projet, le récit étant prévisible et n'étant pas particulièrement subtil dans sa manière d'amener les dialogues. Les premières scènes du film se veulent très explicatives, le but étant de rapidement poser le contexte et les liens qui unissent nos personnages. Par conséquent, tout semble forcer et on a du mal à trouver cela crédible. Pourtant, je me demande si cette approche n'est finalement pas un mal pour un bien. Après l'introduction, le film décide de complètement changer de registre et il laisse ses dialogues de côté. À partir de là, les échanges vont se faire extrêmement rares, le film laissant davantage parler sa mise en scène, dans le but de favoriser l'immersion. L'ambiance prend donc le pas, et j'avoue avoir été client de ce qu'il propose. Nous plongeons au sein d'une forêt extrêmement dense, et étant un décor parfait pour ce genre de propositions, la caméra de Leigh Whannell s'essaie à l'idée de bousculer les concepts horrifiques de base. Sa principale particularité sera de nous plonger au sein de la longue transformation de notre personnage, vers ce monstre qu'est le loup-garou. Cela se fait par un énorme travail sur le son, ce qui donne lieu à des scènes vraiment dérangeantes (celle du placard). Mais également par une déformation des couleurs et de la perspective lorsque nous nous plaçons totalement de son point de vue. Là où n'importe quel film aurait simplement suivi cette famille, le long-métrage choisit de nous montrer les deux côtés. On comprend donc rapidement ce choix au niveau de la photographie, ce qui va probablement en décevoir certains. Le film est particulièrement sombre, parfois même un peu trop, mais on est capable d'accepter ce choix lorsque l'on comprend à quoi cela sert. Une fois que ce concept des points de vue est mis en place, le film va s'en servir de temps en temps, et le résultat s'avère déstabilisant.
Je prends l'exemple de cette scène dans la grange, où nous pensions simplement suivre le point de vue de la famille, mais où nous basculons sur celui du loup-garou. C'est une approche assez audacieuse, et je dois dire que l'effet passe bien, notamment, car la transition entre les deux est assez bien gérer.
Leigh Whannel prend donc un malin plaisir à nous enfoncer dans une ambiance extrêmement dérangeante et angoissante. La transformation de notre personnage sera lente, particulièrement visuelle, mais aussi très bien gérée par un excellent travail sur le maquillage et les prothèses. Bien sûr, tout cela n'est qu'une métaphore assez évidente, comme je l'ai expliqué tout à l'heure.
On voit rapidement que le film veut illustrer la thématique des relations parentales toxiques, et quiconque comprendra cela, va rapidement voir que le premier loup-garou est le père de notre héros.
Mais malgré cette évidence, je dois dire que j'ai aimé l'idée, sachant qu'elle rejoint parfaitement les envies initiales de ce genre d'histoire de monstres, qui viennent toujours aborder un sous-entendu (même si cette envie s'est un peu trop perdue avec le temps). Et dans l'ensemble, cette famille, même si elle n'est pas introduite de manière subtile, va s'avérer attachante. Le lien entre le père et sa fille sera très touchant, et je trouve donc que le dernier acte est particulièrement fort en ce sens.
Alors que le père lutte contre ce qu'il ne voulait pas devenir, lui qui a toujours tenté d'être un bon parent, la mère doit prendre ses responsabilités et assumer un rôle qu'elle a toujours fui. Encore une fois, ce n'est pas subtil, mais je trouve que le film n'a pas eu peur d'aller jusqu'au bout. Le fait qu'elle tue son mari paraît peut-être anodin, mais j'ai apprécié le fait que le projet ose aller jusque-là.
Par conséquent, ce n'est pas la subtilité qui caractérise ce projet, et si c'est ce que vous recherchez, vous serez probablement déçu. Mais ayant aimé l'univers visuel du film et sa manière d'aborder l'ambiance, j'ai vraiment apprécié mon visionnage. Pour conclure, une bonne relecture.