Holy Motors
Note moyenne
3,0
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607 critiques spectateurs

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B-Lyndon
B-Lyndon

86 abonnés 45 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 novembre 2012
Le crépuscule. Des bruits. Des mouvances. Des ombres toutes d'épures léchant les murs de brique. Des tombes alignés, des inscriptions étranges. Une silhouette, courant sur les pavés, les pavés de Paris. Pieds nus. Tête de monstre, où se lie à la fois, obscurité et lumière. La laideur du visage et la beauté, la beauté du geste. Sa liberté. Ses mouvements irréguliers, ses galipettes de clown, ses yeux bizarres, son goût pour les billets et les doigts des mondains. On vous présente Merde, mÔsieur Merde, pour être poli. Il est l'homme que l'on croit à tout pris de pas vouloir être, ou ne pas croiser, un jour, en allant voir Mamie, sortant d'un égout glauque. Il est un trait de peinture verte sur une toile vierge que l'on ne voudrait pas salir. Il est l'être qui se permet de se dévoiler nu à Eva Mendes, l'engin dressé, de se coucher sur elle, de se faire bercer. Il est le gosse hérétique des films d'horreur ricains. Il est la créature grotesque d'un Fellini mineur. Il est un mur de chair ou Carax recrache, ses fantasmes délirants, ses fantasmes de pécheur. Il est un geste d'artiste, libre, inépuisable, insaisissable. Il est le troisième des neuf que nous découvrirons, au long du film, au long de la Seine, des couloirs de souvenirs dans la Samaritaine. Il est le spectre de nos cauchemars angoissants, le squelette de nos rêves absurdes. Ces rêves qui nous habitent, nous possèdent, nous émerveillent, nous angoissent et s'en vont. On a dit de Carax qu'il était égoïste. Mais comment un égoïste serait-il capable d’offrir au public tant de nos rêves perdus et oubliés comme il le fait ici ? Pourquoi donc ferait-il l'effort de surpasser encore leur sublime à leur fin, alors que la beauté est déjà acquise, déjà palpable ? Il n'y a que Carax pour les choper en plein vol, ces rêves, ces papillons éphémères mourant au matin. Carax, ici, nous sert sans rien attendre en retour, l'air modeste, lunaire, attaché à la vie, sans la comprendre. La vie. Celle que l'on joue, tel des acteurs de chaque jour, et celle que l'on quitte, comme les comédiens des personnages, quand l'écran devient noir. La vie. Celle qui porte en son sein des fous, des banquiers, des mendiants, des singes, des voitures, des pensées, des mots, des phrases, des pleurs, des lueurs, des yeux. Ceux d'où semble sortir la beauté, comme le dit dans une scène, un homme tâché de vin autour de l’œil. La vie. Celle qui avec les années, s'affaiblit et s'effondre, près d'une lampe de chevet, dans une flaque de regrets. Holy Motors est donc un film sur la vie. Il ne raconte que ça. Jamais nous la montrer, mais nous la faire ressentir, telle est la devise de Carax, à travers des tableaux tous différents, des rendez vous avec les autres, que chacun peut comprendre. C'est un film qui se nourrit de notre monde. C'est un film crépusculaire qui renaît constamment de ces cendres. Qui se gorge de lui-même, se gorge de lumière, et tout ça pour le public, à qui Carax pardonne tout, même l'impardonnable. S'endormir devant un film, par exemple, le sien ou un autre, qu'importe...Et il pardonne surtout à ce qu'on fit du cinéma : d'un miroir de loge d'artiste reflétant l'existence, à une machine invisible se broyant elle-même ; sans oublier de se redonner espoir, de nous redonner espoir : le cinéma est fatigué, oui, mais il existe, et peut encore faire vibrer : suffit d'une rencontre, d'une musique, d'une courte chanson d'amour, entre deux anciens acteurs mélancoliques, errant dans un Paris rêvé. Voila ce que nous dit Holy Motors. Voila à quel point il est nécessaire à ce monde du septième art qu'il ne faut surtout pas perdre, lui-même nécessaire à notre vie. Un chef-d'oeuvre, oui, c'est cela, Holy Motors : un chef-d'oeuvre. Un chef-d'oeuvre intemporel et solitaire qui hantera nos rêves et nos yeux pleins d'étoiles pour encore longtemps. C'est le plus beau film de l'année. C'est l'un des plus beaux films du monde. Et c'est ce film qui nous servira à expliquer le cinéma aux enfants nés après sa mort. Ce film là. Pas un autre.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 3 août 2012
Voilà la difficulté avec Holly Motors : faut-il rester en position de spectateur, avec sa logique, ses orientations , ou faut-il partir dans une sorte de transfert consistant à s'approprier les intentions supposées de Carax, à leur trouver du culot et une légitimité ? Si c'est le spectateur qui parle, désolé mais l'honnêteté conduit à dire que Holly motors n'est qu'un happening très chiant qui ne serait pas allé jusqu'au bout. C'est entre la transgression et l'ode au classicisme, entre l'agit prop et les conventions petites bourgeoises, entre la narration et le refus d'écriture. Entre deux, quoi. Si c'est le spectateur transfériel et un brin complice, alors le point de vue change . Il y a chez Carax une volonté de prendre une revanche sur le cinéma actuel, d'y réaffirmer la primauté de l'ego du créateur, qui pourrait faire de lui un des ces iconoclastes respectables. Sauf qu'il y a un point que Carax ne semble pas avoir bien observé dans sa longue retraite : si une bonne part des nouveaux réalisateurs ont fait entre temps un retour sur le minimalisme et le sens, c'est tout simplement en résistance au délabrement de tous nos repères, une sorte d'énergie à remettre le cinéma du côté du témoignage et de la vérité. C'est chez eux que se trouve la transgression. Pour ne pas partager cela (ou ne pas pouvoir le partager), Carax aboutit au même résultat que le désastreux Film socialisme de Godard et sa méchante volonté de tout casser : la fuite en avant dans l'esthétisme. Et après ? est-on en droit de se demander.
Raw Moon Show
Raw Moon Show

153 abonnés 853 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 août 2013
Leos Carax aura mis le temps pour comprendre que la vocation première du cinéma est de nous faire rêver. Holy Motors est de cette étoffe soyeuse dont se parent les songes. J'ai d'ailleurs après coup la délicieuse impression d'avoir pu observer en toute liberté, à la loupe, un magicien ouvert d'esprit et disposé à me dévoiler ses trucs, à m'expliquer ses tours de passe-passe. Parce que son sac à malices est cette Limousine, luxueuse arrière boutique qui nous devient peu à peu familière, c'est la condition pour entrer en symbiose avec le film et ses personnages. Au final, des tranches de vie inégales mais qui touchent, transportent, font écho à nos propres souvenirs (d'homme et de cinéphile). La bonne idée ayant été de situer l'histoire dans un cadre séduisant (le film de genre) et de la baigner dans une atmosphère fantastique. Perso, j'ai pensé dans le désordre à Kubrick, Godard, Lynch, Cronenberg, et surtout Gilliam. Mais Carax est bien assez grand, plus besoin de personne pour occuper tout l'écran ! Holy Carax...
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 16 novembre 2012
mais on se fout de la gueule de qui ? avec des navets pareils moi je vous le dit : le cinéma français est sauvé et la branlette sanctifiée .
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 20 avril 2013
Passez votre chemin , ce film ne mène nul part , c'est de la masturbation intellectuelle pour critique de cinéma sous cocaïne !!! AH ben tiens j’aurais peut être du le regarder après avoir fumé j'aurais peut être compris kelke chose ;) NUL NUL
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 29 janvier 2013
regardez le , vous vrrez bien par vous même , mais bon courage.....franchement si vous avez autre chose à faire même anodine,un conseil faites le vous gagnerez du temps
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 28 février 2013
Un film d'un ennui sans nom, pompeux et pompant au possible.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 12 mars 2013
Ennuyeux à mourir et sans aucun intérêt, impossible d'aller jusqu'au bout de ce navet ! encore la preuve que les critiques de cinéma s'écoute parler en disant constamment n'importe quoi !! Lire entre autre que ce film méritait la palme d'or à Cannes , c'est tout simplement effarant !
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 8 novembre 2012
Le cinéma c'est de l'art mais dès fois c'est quand même de la merde, lol
Drumnadrochit
Drumnadrochit

1 abonné 51 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 3 février 2013
totalement hermétique, réservé à une élite dont je ne fais pas partie. Hors l'entracte que j'ai vraiment apprécié, tout le reste ressemble à une digression intellectualisée sur l'acteur. Mention tout de même à Lavant qui me parait être la seule satisfaction du film. Grosse déception vu le battage des critiques pros.

Drum
Peeping_Tom
Peeping_Tom

10 abonnés 75 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 mars 2013
Ce film n'est pas pour les pseudos-intellectuels ni les intellectuels ou je ne sais quoi mais tout simplement pour les amoureux fous du cinéma, car il
est d'une beauté sans nom.
EricDebarnot
EricDebarnot

239 abonnés 1 262 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 octobre 2013
D'abord, le temps des "auteurs" - au moins comme on l'entendait, au sens "nouvelle vague" du terme en France - semble prêt d'être révolu, et Carax, super auteur maudit s'il en est, n'échappe pas à cet effet d'obsolescence : lorsque "Holy Motors" débute, il y a comme une gêne à assister désormais à ce qui peut passer pour l'expression d'un nombrilisme intellectuel vaguement prétentieux, voire même arrogant, qui avait jadis coûté à Carax sa carrière. Et puis, peu à peu, l'aspect ludique du film se dessine, et l'emporte sur ce qui pourrait être un (bâillement) message sur la mort ou sur le futur du cinéma : si l'on admet que Carax ne nous dira rien de profond, ni même de vraiment intéressant, mais qu'il a décidé de nous divertir en illustrant ses fantasmes délirants de cinéphile avec tout le brio technique dont on le sait capable, on est alors prêt à s'embarquer pour un trip tout à fait délicieux, voire fascinant, et même par instants extraordinairement exaltant. "Holy Motors" se tient parfaitement en tant qu'enchainement de sketches presque tous réussis, et tous interprétés par un même acteur, l'épatant Denis Lavant, qui revêt une multiplicité d'identités folles - du génial Monsieur Merde à un banquier et son assassin à la fois, en passant par un père de famille angoissé par sa fille... De l'enthousiasmant intermède musical dans l'église à la longue citation de Sparks pendant le segment le plus émouvant du film, Carax confirme en outre ici cette sensibilité "rock" qui en fait un véritable frère pour nous. "Holy Motors" n'est sans doute pas le chef d'oeuvre que certains ont voulu nous vendre, mais il est un réjouissant moment de cinephilie jouissive, vivante et énergique. Voici un film sombre qui donne pourtant confiance en la vie et en le Cinéma, un film exceptionnel.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 8 novembre 2012
J'ai tenu 36 minutes...je voulais vérifier le décalage édifiant entre les critiques de cinéma "professionnels" et le grand public, eh bien j'ai été servi ! Absolument pas envie de me goinfrer le reste de cet OVNI qui me fait penser à certaines oeuvres d'art contemporaines; ça interpelle au premier abord, on se pose pour essayer de comprendre le message de l'auteur puis on se rend assez vite à l'évidence : ça ne sert à rien et c'est surtout assez laid !
Enfin bon, je ne voudrais pas en dégoûter les autres, essayez, je pense qu'assez peu d'entre vous auront le courage d'en venir à bout...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 20 février 2014
Holy motors n'est un film comme les autres! Il est plus une dizaine de films regroupé dans un recueil. C'est un recueil mettant en scène la vision du cinéma de Carax. Ce film est désormais mon film préféré pas pour le message qui véhicule mais pour "la beauté du geste" soit tous les sentiments exprimés, les images poétiques fabuleuses, des touches d'humour très subtiles. Il ne faut pas chercher à comprendre sinon vous resterez frustrer, il faut juste REGARDER: maître mot de ce film.
ptitmayo
ptitmayo

44 abonnés 969 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 juillet 2018
"Holy Motors" est une expérience cinématographique à ne pas manquer, tant Leos Carax éclate les codes pour offrir un vibrant hommage au cinéma ("Holy Motors" désigne les "moteurs" des tournages), à ceux qui sont derrière, et plus généralement à toutes les formes d'art. Ainsi, on assiste à une succession de scènes magistrales déroulant des styles artistiques multiples: le cinéma spoiler: (les trucages de sang)
, la photo spoiler: (la séance au cimetière)
, la peinture spoiler: (dans les égouts avec la femme en Burqa et l'homme nu)
, le théâtre spoiler: (l'entracte musical en plan-séquence, la mort du vieux)
, le cirque spoiler: (les petites images intermédiaires)
, la motion-capture spoiler: (le porno en images de synthèse)
, la comédie musicale spoiler: (Eva qui chante)
, la mode spoiler: (le défilé de Kay M)
. L'ensemble est en plus parcouru d'une forte estime pour le métier de comédien spoiler: (longue journée, déguisements et masques multiples, différents personnages à jouer, les tournages dans le froid, les sacrifices familiaux, l'émotion dépassant le réel, le protagoniste se perdant entre le vrai et l'irréel (le suicide))
et les performances majuscules de Denis Lavant incarnent parfaitement cela (l'acteur est époustouflant), sans compter l'énigmatique Edith Scob, la divine Eva Mendès et l'excellente Kylie Minogue. Derrière cela, Leos Carax garde un oeil avisé sur la société moderne, qui ne veut malheureusement plus des "Action!" spoiler: (la limousine, le boss)
mais de la télé-réalité spoiler: (la séance au cimetière) 0
, alors que le cinéma permet de s'évader et que la vraie réalité est obtenue par ce biais, car on finit par oublier les caméras spoiler: (la séance au cimetière) 1
et que le réalisateur s'efface au profit de la scène spoiler: (la séance au cimetière) 2
. Sur la forme, si le metteur en scène ne parvient pas à échapper au défaut de la structure redondante de l'enchaînement des séquences avec passage de la limousine en guise de chapitrage et qu'il exagère parfois son concept spoiler: (la séance au cimetière) 3
, il délivre suffisamment de moments très variés et hauts en couleur pour divertir et éviter d'ennuyer, tout en utilisant des musiques de grandes tragédies qui subliment le contenu. Au final, "Holy Motors" est un film pas comme les autres, qui parle intelligemment de la vie et de l'importance des arts dans celle-ci. La distribution est bluffante.
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