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Remi S.
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5,0
Publiée le 27 juin 2021
Avant la sortie d’*Annette*, j’ai eu comme une envie soudaine d’écrire sur *Holy Motors* de Leos Carax, qui s'avère pour moi comme un des quatre films fondamentaux de la dernière décennie (avec *Twin Peaks : The Return*, *P’tit Quinquin* et *Tree of life*). C'est difficile de poser des mots sur *Holy Motors*, tant ce voyage si singulier à travers Paris cristalliserait presque en lui-même tout le cinéma. C'est d'ailleurs encore étonnent pour moi de dire ca, tant cet objet virtuose m'avait profondément déçu lors de mon tout premier visionnage il y'a 4 ans de ça, où j’étais surement encore trop jeune (dans tous les sens du termes). Mais une chose est sûr : ce saint-moteur m'obsède ! Leos Carax a su construire des images qui me hanteront surement pour toujours. Plus jamais je ne pourrai arpenter un cimetière sans avoir la crainte de croiser un Mr Merde sortir des égouts ; plus jamais je ne pourrai m'enlever l'apparition chantante de Kylie Minogue au cœur d'une Samaritaine à l'abandon ; plus jamais l'espace même d'une église me restera impénétrable, tant ces accordéonistes fous en ont scruté les quatre coins avec ferveur.
*Holy Motors* synthétiserait peut-être aussi l'ensemble du cinéma merveilleux et unique de Leos Carax. Au-delà des nombreuses références, en passant de *Mauvais Sang* jusqu'aux *Amants du Pont-Neuf*, *Holy Motors* vient surtout célébrer une chose : l'acteur, comme moteur détraqué, fou et insaisissable ! Mais il y'a néanmoins deux moteurs fondamentaux dans le film (et dans le cinéma de Carax) : la caméra, et l'acteur. La première est souvent libre, enivrée, créatrice de révélation et de beauté. Une beauté qui vient se poser avec délicatesse et fantaisie sur les gestes gracieux et certains de l'acteur, deuxième machine ! Denis Lavant, tel un synonyme parfait, s'élance sans crainte, se rigidifie pour une vieille et pauvre femme, et se libère pour un étrange ballet numérique. Il fracasse et terrifie en père fatigué révélant une condamnation fatale à sa fille, et déambule en monstre déréglé avant de trouver l'amour divin. **La caméra saisirait l'acteur insaisissable. Celui qui vogue de vie en vie, croise et recroise d’anciennes compagnies de fortune, de vie, d’amour. Celui qui tiendrait l'inexplicable science, ou le fameux geste de cinéma ! (la « *beauté du geste* » que retorque Denis Lavant à un Michel Piccoli en force supérieure).** Mais où sont alors les caméras dans *Holy Motors* ? Celles, autrefois imposantes, puis devenues plus petites que nos têtes, avant de disparaitre complètement. Seraient-elles à l'image du public endormi en début de film ? Sans les caméras, il n'y a plus d'éveil, plus de magie. Comment rendre compte de l’exploit quand le champ des possibles se rétrécie, limitant le regard à un univers – cinéma – de la contrefaçon ?
Mais *Holy Motors* n'est pas là pour apporter des réponses ou autre, il témoigne ! Il témoigne d'une magie peut-être perdue. D'un cinéma qui n'a pas peur de s'élancer, d'invoquer des gestes, des envies, des regards. Un cinéma qui peut autant flirter avec le grotesque qu’avec le dramatique. Ces deux « mondes », si je peux puis dire, sont liés par une chose : le courage ! **Faire un film aussi fou et aussi sincère qu’*Holy Motors*, effectivement, ca relève du courage. Faire du cinéma avec courage, ca résulte incontestablement sur de la beauté. C'est tout simple, mais lorsque Denis Valant porte avec grâce Kylie Minogue au cœur même d’une Samaritaine quasi-baroque, avant que le musical commence, il y'a tout un cinéma, toute une unique magie qui revient aux yeux : les enlacements de Juliette et Jean au fond du fleuve dans *L'Atalante*, John et Madelaine, isolés du monde, devant la baie de San Francisco dans *Vertigo*. Elle est surement là la beauté, la vraie !**
C'est une œuvre réellement spéciale que ce Holy Motors, avec sa mise en scène classieuse et sa succession de sketchs étranges et hypnotisant. On accompagne l'excellent Denis Lavant dans une journée pleine de "rendez-vous", une allégorie permanente, la plus évidente étant celle sur la vie protéiforme d'un acteur, une éternelle renaissance. Difficile de comprendre toutes les références que Leos Carax a distillé dans son film, j'ai plusieurs fois été déstabilisé, mais nul besoin de tout saisir pour ressentir des émotions. Sans avoir adoré le voyage, je reconnais à Holy Motors cette ambition artistique débordante et sincère, une démarche qu'on ne peut que soutenir, réalisée avec un talent qu'on ne peut que saluer.
Une œuvre d'auteur qui paraît impossible à boire. Et pourtant. Holy Motors nous attire sans forcément notre consentement. Il nous pose des questions et nous en fait se poser sans toujours y répondre. Mais crie des vérités. En nombre. Certaines scènes sont profondément dérangeantes, d'autres nous rassurent, et on est coincés dans cet escalier infini ou un étage nous rapproche de la normalité du cinéma tandis que dans le prochain le dégout nous rattrape. Très spécial, je ne suis pas tant adepte du cinéma de genre aussi prononcé, mais Holy Motors a un quelque chose. Tout de même j'ai passé un moment enrichissant, mais le film divise à raison.
Film de Leos Carax que j etais curieux de découvrir pour son originalité et le réalisateur que je ne connaissais pas encore. Assez rapidement on se rend compte que c'est un OVNI, très étrange avec toutefois une trame principale avec un acteur qui change de costume pour interpréter tous les jours un certains nombres de rôles tous différents les uns des autres. L'acteur principal est assez incroyable c'est sur, il y a une belle façon de filmer les femmes et assez évidemment un bel hommage au cinéma. J'ai aussi bien-aimé certaines scènes symboliques comme le retour à la maison avec les singes, les chiens dans le cinéma, les différentes ambiances de chaque scène qui sont un genre à part entière.. le film regorge de symboles mais il est dur de les interpréter. Pour moi j'y ai vu une métaphore de la vie où l'on enfile une succession de masques parfois avec joie, lassitude... Difficile à noter, je trouve ça dans tous les cas intéressant d'essayer de créer mais je n'ai pas aimé le côté un peu trop intellectuel, prétentieux peut-être du film, pourquoi chercher forcément à faire des choses inaccessibles pour que les spectateurs se disent: "ah tout est dans la symbolique, le ressenti, vous pouvez pas comprendre"! Pourtant parfois on n'est pas loin d'avoir quelque chose sur lequel se raccrocher pour être perdu rapidement après.
C est un personnage blanc et chauve qui traverse les époques, les personnalités, les identités et les âges. En regardant Holy Motors, l on croirait pendant plus de la moitié du film, assister à une séance d ASMR, c est le calme, les images psychédéliques et douces qui règnent. Plus d une heure cinquante cinq de séquences qui s entrelacent sans être pourtant reliés, même si en tant que simple spectateur on a sûrement dû rater certaines nuances. Leos Carax a offert à Cannes 2012 une belle expérience cinématographique. Je le déconseille aux moins de 13 ans. 3/5
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0,5
Publiée le 8 juin 2020
Les choses à rechercher dans n'importe quel bon film sont une intrigue engageante, des dialogues étincelants, une connexion émotionnelle avec l'intrigue et les personnages, une direction étonnante et surtout un grand divertissement. Ce film si vous pouvez l'appeler ainsi ne parvient à livrer aucun des éléments ci-dessus. Il n'a aucun complot et le jeu des acteurs est aux mieux moyen. Les dialogues sont maladroit comme la boîte de vitesses Fiat Panda des années 1990. La réalisation ressemble aux meilleurs efforts d'un étudiant en cinéma fraîchement sorti de l'université. C'est le type de film pseudo-intellectuels qui affirment également que quelqu'un donnant un coup de pied dans une boîte à emporter vide dans la rue est un art. Ce n'est pas un film c'est une perte de temps...
Un film très perturbant qui ne plaira pas à tous mais tout à fait incroyable. Le jeu d'acteur est génial et le scénario particulièrement intéressant. Un film à découvrir.
J’ai tenté l’expérience "Holy motors", tout en sachant qu’il y avait peu de chance pour que j’apprécie car je n’aime pas ce cinéma qui pense que la narration c’est pour le grand public, que le cinéma d’auteur peut s’en passer. Évidemment, ce film à sketchs, égrainant les neuf vies dans lesquelles se fond Denis Lavant, m’a donc profondément irrité et ennuyé. Il est cependant ponctué de jolies fulgurances.
On est où la ? C'est un film ça ? Faut arrêter à un moment !! Au nom de l'art on peut vraiment faire des abominations pareils ? Le pire c'est les gens qui croient que c'est du génie un peu incompris propre à une élite qui comprends le cinéma d'une autre façon .... mais c'est nul il faut fuir quel est l'intérêt de l'histoire sinon un enchaînement de situation frôlant la psychiatrie pour moi car s'extasier devant ces moments... dire que c'est un hommage à l'art part la peinture , la photo ...... faut quand même pas pousser c'est un imbroglio sans fil conducteur et l'acteur me fait peine malgré son interprétation compliquée car pour le coup il joue nombre de personnage ridicule. Ce genre de film si on peut appeler cela film resteront toujours des grandes inconnus pour moi et pour quels publics sont ils faits ?
Amour, Sexe, Comédie musicale, Drame, Policier, Horreur, Folie, Histoire, Esthétique visuelle et musique Tous les ingrédients pour créer le film parfait.
Trois étoiles pour la maîtrise technique et l'idée de départ, très bonne; et bien sur, pour l'acteur principal. Mais, le film s'égare très rapidement, et pour certains spectateurs la dernière demi-heure sera insupportable de lenteur... J'ajouterais que les idées les plus folles sont aussi les plus faciles et les plus inintéressantes, de mon point de vue:spoiler: la scène avec Eva Mendes, les singes, les taxis. Je soupçonne un léger ou très gros excès d'intellectualisation.
Quand on y regarde de plus près, qu'est-ce que c'est que ce film ? Enfin, je veux dire, quel est son message ? Il paraît évident qu'il s'agit en premier lieu d'une remise en question du métier d'acteur. Et, en creusant un peu plus, on peut même aller jusqu'à y voir comme une projection d'un fantasme que beaucoup d'entre nous ne pourront jamais assouvir : changer de peau, être plusieurs personnages. Pour ce faire, Carax fait de son "Holy Motors" une succession de scènes absurdes où son personnage principal plonge à chaque fois dans l'univers d'une vie nouvelle. Seulement voilà, son film est une purge absolue. Si on peut se laisser séduire, le temps d'une trentaine de minutes, la mécanique s'essouffle et finit par lasser. A ce titre, les trois derniers quarts d'heure sont vides et interminables. Et, il y a un autre problème : le personnage principal. Revêtir onze apparences différentes ne suffit pas à le rendre intéressant. Il faut lui donner une profondeur, quelque chose. Or, ce personnage ne suscite absolument rien. Ni fascination, ni crainte, ni mépris. Rien. Il laisse absolument indifférent. L'idée était là, c'est clair, et c'est toujours un crève-coeur que de flanquer la note la plus basse à un film original, mais que faire d'autre lorsque c'est aussi assommant ?
Mais qu'est-ce qui m'a amené à mater ce film? Ben en ce moment je mate tous les films de la liste "meilleur films de tout les temps selon la presse". Je suis super content : j'ai découvert des chef d’œuvres!!! Mais qui a mis "HOLY MOTORS" dans "meilleurs films de tout les temps selon la presse" : Y a une erreur! Ah! Les français quand qu'il commence a noter un film français! Généralement quand on a un scénario exceptionnel on obtient un film exceptionnel surtout quand le réalisateur est talentueux. J'ai compris: c'est le scénario d'"Holy Motors" qui a la base n'est pas intéressant du tout, il est vraiment nul ! (je comprend pas du tout qu'il ait été nommé meilleur scénario!): ça force direct a avoir un film trop plat, mais avec un tel scénario que pouvez vous faire? le film va forcement être nul! (j'ai coupé au bout de 30 mn à mon premier visionnement), je me suis forcé ensuite à le voir. Mais que pouvait faire le realisateur? Avec un scénario aussi nul, aussi plat, c'est joué d'avance, quelque soit votre niveau de réalisateur ça donnera un tollé! Désolé ce film ne peut par conséquent être classé 5 étoiles et ne sera en aucun cas un chef d'oeuvre du cinéma! Un chef d'oeuvre du cinéma vous transporte réellement du début à la fin et la c'est pas du tout le cas! vraiment trop ennuyeux et j'aile pas le théâtre! Par ailleurs, un chef d'oeuvre doit former UN TOUT et la aussi ce n'est pas le cas. Quand a la musique du film, je sais pas, ça colle pas, c'est nul, comparé a d autre chef d oeuvre, je trouve que ici ça ne fonctionne pas, c'est vraiment nul, comparez par exemple a la bande son de Danse avec les loups.
A l’ère du tout-numérique où chaque geste est capturé et ainsi banalisé, Holy Motors déconstruit la pensée occidentale et la codification imposée d’une même mesure à l’homme et au cinéma. Ces saints moteurs évoquent non sans nostalgie un artisanat qui n’est plus ou qui se perd face aux puissantes superproductions en motion capture. Les masques se succèdent froidement comme s’enchaînent les rendez-vous d’un homme d’affaire qui court sans poser le pied à terre et en apprécier la pesanteur ; notre protagoniste principal rejette et épouse le conformisme, prend comme vaisseau une limousine immaculée agitée dans la marée urbaine et inerte, il contemple Paris depuis l’écran central alors qu’il lui suffirait de tourner la tête, il surgit de la limousine pour briser un destin malheureusement déjà écrit. Ses incursions relèvent du happening, mais d’un happening vidé de sa substance par la conscience même de l’évènement prévu par le cahier des charges et en train de se réaliser. Pour contrebalancer la salle de cinéma pleine d’un public aveuglé par l’écran insipide, des chiens ; pour contrebalancer le foyer archétypal où conduit toute journée, des singes. Ultime refus de la norme, recours au grotesque pour se différencier ô malheur ! Le cinéma apparaît tel un vieil homme à l’agonie, respecté et reconnu de tous, telle la Samaritaine, temple fermé peuplé des spectres d’un temps révolu forcément béni car à l’origine de tout. Carax peint l’origine du monde à travers ses vestiges, offre à l’acteur un dernier tour de piste avant de disparaître parmi les étoiles constitutives de son costume, nourrit une révolte artistique et humaine, pleure les autels renversés, le sacré profané à l’instar de cette religieuse au chocolat qui réconforte, s’ingurgite et s’oublie sans transsubstantiation. Un exigeant et bouleversant requiem.
Alors là on est sur de la métaphore de haut niveau. Carax propose un film qui revisite non seulement sa carrière mais surtout qui questionne ce que devient et ce qu’etait le cinema (peut-être avec trop de cynisme). Avec un Lavant excellent on parcours en limousine les genres cinématographiques et la manière dont ils sont exploités. C’est un film qui fait honneurs au Cinéma. Ca ne peut qu’être un très bon film. Ce qui l’empêche, selon moi, d’être un chef d’œuvre c’est le manque de clarté et la tendance megalo de carax (même si c’est à travers ce vice que le film est genial).