Malgré une bande annonce un peu trompeuse - mettant trop l'accent sur la comédie alors qu'on est franchement dans un registre dramatique - je n'ai pas été déçu par ce nouvel opus des frères Cohen. C'est joliment interprété et la photo est sublime, comme souvent. Quelques longueurs toutefois et un brin désespéré...
Un chat dans un film peut avoir un rôle plus important qu'on ne le croit. La preuve avec Ulysse, le compagnon d'un guitariste folk s'inspirant du personnage de Dave Van Ronk. Plus qu'une référence à la filmographie des cinéastes (O'Brother), ce nom symbolise l'Odyssée de Llewyn Davis : chaotique et étant en quête de sa propre vérité. De nombreuses épreuves, certaines plus douloureuses que d'autres, traversent sa vie et celle de ce film, la nouvelle œuvre réussie des frères Coen.
Si la magnifique photographie donne au Village un ton mystique et à l'image un teint presque immaculé, une baisse de rythme se fait parfois sentir dans cette narration parsemée de sublimes morceaux folks, tantôt nostalgique, tantôt mélancolique. La particularité de ce genre musical est la suivante : celle de viser la profondeur de l'âme humaine. Cela tombe bien, c'est le titre même des frères Cohen. Qu'est-ce qu'il y a vraiment à l'intérieur de cet homme ?
Alors que nous le suivons durant une semaine, Llewyn Davis se cherche et tente de trouver sa voie sans succès. Peut-être parce qu'il n'a pas le talent, peut-être parce qu'il n'y croit pas assez. Qu'importe, cet homme est antipathique et ne décroche aucun sourire. Arrogant avec certains, lâche avec d'autres, le guitariste tourne en rond et finit par ne plus savoir ce qu'il fait et où il va, si ce n'est répéter les mêmes erreurs. L'interprétation parfaite d'Oscar Isaac (Drive) va en profondeur de ce personnage tourmenté et antipathique, et le ferait presque devenir aimable aux yeux des spectateurs.
Inside Llewyn Davis est profondément pathétique. Chaque rencontre qu'il fait se solde par une insulte, un échec, une impasse. D'où notre mélancolie à la sortie du film de voir un homme chuter, et ne pas réussir à se relever. Les frères Coen ont fait un film abouti et ont très bien compris quelque chose de primordial : « même les vaincus ont droit au respect ».
C'est drôle : j'ai été à la fois extrêmement séduit et légèrement frustré par le dernier film des frères Coen. D'un côté, difficile de ne pas se régaler devant une réalisation d'orfèvre, calculée au millimètre et faisant tout pour rendre l'œuvre inoubliable visuellement. Mission plus qu'accomplie, la sublime photographie de Bruno Delbonnel rendant à la perfection l'ambiance brumeuse des clubs de Greenwich Vilage dans les 60's. De plus, difficile de ne pas s'attacher à ce personnage au comportement parfois assez lamentable, mais tellement poursuivi par une poisse d'anthologie que l'on ne peut que compatir régulièrement, d'autant que plusieurs situations tragi-comiques sont absolument irrésistibles. Pour autant, si le regard est moqueur, il n'est jamais condescendant, même presque tendre vis-à-vis de ce loser (excellent Oscar Isaac) vraiment pas comme les autres, talentueux sans être génial pour autant. Quelques rencontres sont ainsi formidables, en particulier celle avec le grand F. Murray Abraham, amenant ce qui est la meilleure scène du film tant on comprend toutes les contradictions du héros à ce moment. Et on a même droit à de très jolis moments, notamment deux scènes d'une grande sensibilité avec Carey Mulligan, sans parler d'une bande-originale merveilleuse, faisant qu' « Inside Llewyn Davis » s'écoute autant qu'il se regarde. Reste que malgré toutes ces superbes qualités, j'avoue que le renouvellement tant espéré chez les frangins n'est pas encore d'actualité. Nous sommes en effet presque en terrain connu, ce qui n'est pas forcément un problème lorsque celui-ci est d'aussi grande qualité, mais où l'on ne retrouve plus le parfum enivrant qui caractérisait leurs chefs-d'œuvres de la grande époque. Cela dit, ne serait-ce que retrouver la patte des frères Coen et leur univers unique est déjà une belle satisfaction en soi, le spectacle demeurant de fort belle facture. On pouvait donc espérer encore plus, mais la réconciliation avec Ethan et Joel est en marche : allez les gars, encore un petit effort, et vous redeviendrez les génies que vous avez pu être il n'y a pas si longtemps.
Je ne suis pas un inconditionnel des frères Coen, mais ce film m'a vraiment plu. La virtuosité technique habituelle des réalisateurs y est toujours présente, mais à la différence de certaines de leurs oeuvres, elle ne vampirise pas tout: "Inside Llewyn Davis" est habité par un souffle, une émotion qui lui confère une puissance particulière. Tout y est méticuleusement pensé, mais tout s'inscrit harmonieusement, presque naturellement, dans un tableau saisissant du New York des années 60. Pas d'idéalisation de cet "âge d'or", bien au contraire: les frères trouvent un équilibre remarquable entre l'idéalisme de l'époque et la rudesse du marché de la musique, où la percée, et dans le cas de Llewyn la simple survie, sont difficiles. Magnifique prestation d'Oscar Isaac, à la fois jeune et déjà presque usé par les épreuves et les échecs successifs, aussi bon comédien que chanteur. Et puis les personnages secondaires! Ca a toujours été un point fort des films des Coen: chez eux, même un personnage qui n'apparaît que quelques secondes à l'écran possède une personnalité (comique, pathétique...) qui fait qu'on s'en souvient très nettement. Il y a le producteur minable et arnaqueur de Llewyn, les syndicalistes de la marine marchande, le patron de la boîte où se produit Llewyn, même le producteur de Columbia qu'on ne voit qu'un instant... Au stade supérieur, F. Murray Abraham (Bud Grossman) et John Goodman (le vieux jazzeux accro et narcoleptique) font de super prestations. Enfin, il y a cette peinture du froid et de l'hiver (thème déjà abordé dans "Fargo"), qui donne une dimension presque métaphysique au voyage de Llewyn à Chicago. Remarquable!
C'est long, c'est gris, c'est triste, c'est plombant (sur l'avortement, c'est lourd et répétitif... c'est bon, on a compris...), bref, c'est ch... Même si on sourit de temps en temps, au final on s'ennuie ferme. Heureusement, il y a le chat - les chats.
Attendu comme chacun des films des frères Cohen, Inside Llewyn Davis est arrivé avec la pression supplémentaire qu'ont les films sélectionnés au festival de Cannes. De plus, le film intègre le couple chaotique du brillant et populaire Drive, joué par Carey Mulligan et Oscar Isaacs, ajoutant encore à l'attente autour de ce film, tout comme le fait que le précédent, True Grit, datait d'il y a deux ans et demi et que les fans inconditionnels n'en pouvaient plus d'attendre. L'histoire se concentre sur les déboires d'un jeune musicien, joué par le très bon Isaacs, qui s'entête à vouloir percer dans la musique folk malgré les échecs accumulés, et après la disparition de son ami et compère de scène. On voit dès les premières minutes le guitariste se faire casser la gueule, après avoir chanté une douce chanson mélancolique et morbide. L'on peut alors déjà s'assurer que l'image est magnifique, avec des teintes beiges, rendant la photo froide et transformant la ville de New York en une matrice qui écrase les individus, et que l'on a l'impression de découvrir pour la première fois sous cet angle. Ce qui m'a frappé et déçu, c'est le peu d'humour que comporte ce film par rapport à ses aînés. Certaines situations portent à sourire, mais jamais à rire franchement. De plus, si l'on est bien conscient du marasme et de la précarité dans laquelle se trouve notre personnage principal, le film ne pose pas vraiment les enjeux de l'histoire, tâtonnant un peu de tous les côtés, le musicien ne sachant vers où se tourner. Normal pour un personnage déboussolé qui espère vainement le succès comme un joueur de loto miroite le jackpot, sauf que cela procure un sentiment d'abandon chez le spectateur qui ne sait pas où le film va et ce à quoi il doit être attentif. La galère, le système D, la difficulté de réussir dans le monde artistique, voilà ce qu'on retiendra, mais je ne placerais pas ce film comme une œuvre majeure des Cohen.
Et bien moi j'ai mis beauuucoups d'etoiles car j'adorrrr musique, decors, mise en scene, costume, bagnoles, etc, les freres sont tres doué évidement, et pourtant je pense la meme chose que al 111 qui fait la une "critique juste", c'est vrais que même si j'ai aimé, ce film n'apporte rien, un bon moment de cinema genre festival, les cahiers... mais c'est tristoune et on en sort pas plus riche, mais quand même c'est tres bon, bizare non !
Un nouveau film des Coen brothers brillant techniquement mais paresseux côté scénario. On retrouve leur veine "humour noir et dépressif " mais je trouve que ça tire un peu trop sur le glauque et que ça tourne en rond autour de 2 ou 3 idées (le chat...), pas plus. Reste la musique, pas désagréable pour ceux qui aiment le folk et Oscar Isaac, qui est très bon. Alors, oui, le savoir faire des Coen n'est plus à prouver mais ce film est franchement surestimé...
Les petits Coen seraient ils en train de s'almodovariser? C'est à dire, de faire des films moins foutraques, moins va-comme-j'te-pousse, mais un peu pasteurisés? No country for old men, c'était formidable -mais on ne retrouvait pas entièrement la patte Joel et Ethan. Dans Inside Llewyn Davis, le héros est un loser intégral, on est donc bien revenus dans l'univers préféré des frères, mais il quand même nettement moins pittoresque que notre chéri, le Duke.... Et puis, on est un peu en manque de la bande (dont on retrouve quand même John Goodman dans son personnage favori de ronchon complètement cinglé). Rendez nous notre shérifette très enceinte aussi boulimique que perspicace...... Pourquoi elle ne tourne plus, la McDormand?
Cela dit, c'est quand même un délicieux film, surtout quand on aime le folk, car on en a à la pelle.... et Oscar Isaac est très bien dans ce rôle de chanteur besogneux, flanqué d'un manager miteux, se produisant dans des clubs tout aussi miteux et tentant désespérément de placer des disques dont personne ne veut. Il s'endort souvent complètement bourré, squatte à droite et à gauche et un jour, laisse échapper le chat de son admirateur le plus friqué (Ethan Phillips), ce qui va servir de squelette à un scénario qui serait sans cela un peu mince. Ses amours sont tout aussi minables puisqu'il se trouve acculé à payer l'avortement.... de la femme de son meilleur ami (Carey Mulligan). On voit passer des jeunes gens charmants parmi les folk-singers (Justin Timberlake, Garrett Hedlund), on a une petite séquence road-movie tout à fait amusante -malgré tout, on reste un peu sur sa faim.
Le chat roux est un acteur superbe. Essayez de faire tenir au bras, dans un métro bruyant et brinqueballant, un chat normal, et vous m'en direz des nouvelles.
A voir si vous aimez le bon vieux folk à texte des années 60 -avant l'invasion des tonitruances du rock. Et si vous êtes, comme moi, un inconditionnel des frères.
Inside Llewyn Davis n'est pas le meilleur film des frères Coen, mais une bonne bouffée d’air frais, sans prétention ni ronflons. Une nouvelle preuve qu'ils savent mieux que quiconque sublimer ces losers magnifiques qui font la gloire du cinéma.
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