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Un visiteur
2,5
Publiée le 13 juillet 2013
Une petite mise en lumière sur la chute de Pinochet intéressante, à prendre cependant avec des pincettes. en effet le réalisateur met en avant le travail des publicitaires pour finalement arriver à la conclusion que la victoire de la démocratie n'a été qu'une affaire de publicitaire plus ou moins bon. Evidemment après vérification du curriculum du réalisateur on s'aperçoit qu'il est lui-même publicitaire et on connait la tendance à l'autosatisfaction de ces parasites. Le film en lui-même ne permet pas de se faire une véritable idée car le montage est trop parcellaire par contre il met en évidence le poids de ces communicants sur les gouvernements et leurs échecs.
Une histoire excellente et des acteurs impeccables, au service d'un réalisateur qui massacre son film avec un découpage elliptique de certaines scenes tandis que les dialogues continuent (comme je sens que ma phrase n'est pas claire, en gros y'a un dialogue en continue mais qui se passe dans différents endroits à différents moments, ce qui procure une impression constante de faux raccord) et surtout une esthétique ridicule " hey les gars, si on faisait un film qui ressemble aux vieilles VHS des années 70? c'est top comme idée non ?" Non, ce n'est pas top. C'est de la merde. On a du mal du coup d'entrer dans l'histoire, cette esthétique trop présente gâchant l'immersion au lieu de la renforcer. Sans compter 20 bonnes minutes en trop, le film tournant souvent en rond au lieu d'avancer. Agréable au niveau de l'histoire donc, souvent amusant, mais franchement à la limite du regardable et à coté de la plaque niveau visuel.
Pablo Larraín referme avec No sa trilogie sur la dictature chilienne, mais là où Tony Manero et Post Mortem disséquaient la noirceur du régime, ce dernier volet s’habille d’une lumière trompeuse. 1988, l’heure du référendum. Le Chili est à un tournant, un choix binaire entre la perpétuation d’un pouvoir militaire et la promesse d’un renouveau démocratique. Mais derrière le choc des idées se joue un autre combat, plus insidieux : celui des images
Larraín filme avec une caméra U-matic des années 80, granuleuse, saturée, qui confond l’archive et la fiction dans un même flux. Le spectateur, projeté dans cette illusion documentaire, ne distingue plus l’histoire reconstituée de l’histoire tout court. Et c’est là que No frappe : en nous rappelant que l’image est une arme politique, un territoire de conquête où la vérité se façonne selon les codes du médium qui la transmet.
Deux visages du Chili se superposent dans cet affrontement médiatique. D’un côté, la propagande pro-Pinochet, vitrine léchée d’un ordre feutré, minimisant la répression derrière des plans policés de familles heureuses et d’infrastructures rutilantes. De l’autre, la campagne du "No", qui détourne les codes publicitaires pour vendre la démocratie comme une promesse de bonheur éclatant. Exit les discours militants, place aux jingles entraînants et aux visages radieux : la liberté devient un produit, un slogan, un clip formaté pour l’antenne.
René Saavedra (Gael García Bernal) incarne cette tension vertigineuse entre idéalisme et marchandisation du politique. Publicitaire rompu aux stratégies du consumérisme, il applique à la campagne du "No" les mêmes mécanismes qui font vendre du soda ou des micro-ondes. Son slogan, La alegría ya viene (« La joie arrive »), transforme le renversement d’un régime en une fête de l’image, un rêve de prospérité où la démocratie semble se résumer à un état de bien-être télévisuel.
Mais la victoire laisse un arrière-goût d’artifice. Pinochet s’efface, mais les élites demeurent. Le Chili tourne la page sans vraiment déchirer le livre. Et René, après avoir orchestré l’un des moments les plus marquants de l’histoire politique du pays, retourne à son bureau, prêt à vendre une autre illusion. La boucle est bouclée, et Larraín nous laisse avec un vertige : la démocratie a gagné, mais sous quelle forme ? Quand l’avenir d’un peuple se joue sur un spot de trente secondes, la liberté est-elle encore un choix ou seulement le produit le mieux marketé ?
No est une fresque politique aux allures de comédie acide, un film lumineux en surface mais cynique en profondeur. Par son esthétique rétro et sa mise en scène quasi-documentaire, Larraín interroge le pouvoir des images sur notre perception du réel. Qui façonne l’histoire ? Qui décide du récit dominant ? Et surtout, dans quelle mesure notre foi en la démocratie est-elle façonnée par ceux qui maîtrisent le cadre, le montage et la lumière ?
Intelligent dans sa manière de réfléchir la lutte politique et sur la nécessité de travailler l'aspect positif des propositions que l'on avance fasse à l'ordre établi. Mais cette publicité comme arme du combat politique pose autant de soucis qu'il en résout. Le film par son humanité et sa capacité à incarner des personnages justement non dogmatique évite les principaux pièges de l’exercice.
Le film de Pablo Larrain ne manque pas d'audace et traite avec habileté d'un épisode méconnu (en France du moins) de l'histoire du Chili. "No" suit avec légèreté mais sérieux, l'engagement mené par un groupe de publicitaires et résistants politiques pour faire tomber la dictature de Pinochet. Un film enthousiasmant qui met en lumière l'engagement et la lutte citoyenne de quelques uns afin de mener le Chili vers la démocratie. Un sujet en phase avec notre époque où la participation citoyenne, la légitimité du pouvoir politique et le poids des extrémismes sont des sujets d'actualité.
Le sujet du film est suffisamment intéressant pour passer sur les chichis (pas trop nombreux) d'images surexposées, aux couleurs baveuses... Le format 4/3 est en revanche tout à fait justifié puisqu'il s'agit de tourner des clips pour la campagne télé contre Pinochet, et qu'on n'était pas encore au format actuel de 16/9. C'est un plaisir de voir la victoire du non et la défaite du vieux salaud, grand ami de Mme Thatcher!
Un peu ras le bol de la caméra subjective qui vous ballotte jusqu'à vous donner mal au coeur. Sinon, j'adore Gabriel Garcia Bernal. Le thème est intéressant : comment la communication peut faire bouger l'opinion même dans un régime totalitaire ... mais ça ne fait pas un film.
Tel son personnage, Pablo Larrain réussit avec virtuosité à lancer un splendide appel à l’implication démocratique. Son mélange de fiction (le personnage de René Saavedra n’existence pas mais s’inspire de personnages rééls) filmée à la sauce vintage et d’images d’archives nous permet de revivre une date capitale de l’histoire du Chili mais surtout une image universelle du pouvoir de la manipulation médiatique sur les institutions politiques. Ce réquisitoire libertaire, auquel on peut reprocher la redondance des clips publicitaires, ne manque pas d’humour et profite du charisme de Gael Garcia Bernal.
No est un film à l'esthétique très suprenante (format carré, image un peu sale façon Super 8). Une fois passé le moment de surprise que cause ce parti-pris osé, on entre pleinement dans le film, et au fil de son déroulement il faut reconnaître que l'aspect particulier de No contribue en partie à son charme.
Ceci étant dit, un aspect visuel "normal" assurerait sans nul doute une bien plus grande diffusion au film.
Le sujet de No est à la fois original et ... la suite ici : http://0z.fr/SM6Pn
Si le parti pris stylistique est véritablement agaçant et inutile, le film conduit avec brio cette guerre impitoyable pour le non et le oui à coups de clips de propagande interposés. Réussi et étonnant.
Enfin un bon film politique dans l'esprit de Costa Gavras (en sa jeunesse) et une reconstitution très intéressante d'un évènement majeur de la démocratie Chilienne qui semblait pourtant perdue d'avance même au sein des opposants de Pinochet. Le choc de la rencontre des révolutionnaires avec le monde de la pub est intéressant et bien représenté sous la forme d'images retravaillées façon années 70.
Un film historiquement émouvant, mais qui tourne à vide et souffre d'un dispositif de faux-documentaire inutile et assez laid. Pablo Larrain revisite une page fondamentale de l'histoire chilienne en choisissant un angle passionnant à travers la campagne du no au referendum de 1988. Malheureusement, le cinéaste choisit de fabriquer une sorte de faux-documentaire à la photo cradingue. Il mêle ainsi images d'archives et images d'époque, mais on ne comprend jamais l'utilité de ce parti-pris. L'image est assez désagréable donc, et le film est très ennuyeux : l'histoire se met en place en dix minutes et puis ensuite on tourne à vide pendant 1h30, sans que les personnages évoluent vraiment. Le cinéaste suit trop de pistes différentes et entre les pressions du régime, l'histoire d'amour, les rivalités entre publicitaires... on ne va nulle part. La narration est donc très plate, aucun rebondissement ne vient donner au film un vrai intérêt. Si le témoignage d'histoire est donc la vraie valeur ajoutée du film, il ne se passe pas grand chose et la bonne idée de début est totalement foirée.
Après avoir notamment réalisé, le très moyen Santiago 73, Post Mortem, le réalisateur Chilien, revient avec sa troisième réalisation simplement intitulé « NO » en référence au choix qu’a dû faire le peuple chilien durant l’année 1988.
Pablo Larrain signe un film politique très intelligent dans la manière de l’aborder et de le traiter. En effet son scénario est écrit de manière très fine et fait avec beaucoup de morale (sans la donner bien entendu).
Ce scénario laisse place à une mise en scène colorée et originale. Il lui donne une forme spéciale, en voulant ne faire aucune distinction entre la réalité et fiction avec cette réalisation au genre « super 8 » lui donnant un aspect de documentaire ancien mais aussi parfois l’allure d’un spot publicitaire des années 80 (dans le sens positif et nostalgique du terme). Ce choix du 4/3 à l’aspect super 8 est un choix judicieux. Et ça marche vraiment bien, on est conquis par cette audace.
Pablo Larrain gagne en qualité en rajoutant de la couleur et de la vie. Il est vrai que ces précédents films étaient nettement plus ternes. L’œuvre parait plus vivante et plus crédible et gagne réellement en qualité. Sa caméra est perpétuellement en mouvement, près des personnages, et au cœur des situations et des évènements. Il se montre également distant comme un rôle de documentaire et en retrait par rapport à l’histoire qui se passe. Larrain nous expose une partie sans doute méconnue de cette histoire relativement sombre qu’il traite avec humour, subtilité et enthousiasme. Il dénonce intelligemment le régime de Pinochet dans lequel des millions de Chiliens ont vécu.
Mais NO n’est pas simplement un film politique. Il aborde également le thème de la puissance des médias et c’est ici qu’il tire tout ce côté agréable et amusant. Il le fait à travers cette quête du sensationnel et de l’humour recherchée par les protagonistes pour convaincre de voter « No ».
Une liberté et un optimisme qui font vraiment du bien. C’est sans doute aussi pour ça que ce NO est une réussite.
Le film et l’histoire opte pour le NO, mais nous vous disons « OUI » pour aller voir cette agréable surprise.
Une oeuvre douce pour montrer la fin du règne d'un tyran. Un concentré de sentiments déborde de ce film : joie, amertume, rancœur, espoir, avec un personnage principal qui reflète parfaitement ce cocktail taciturne mais conscient.