Blade Runner
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anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 23 janvier 2014
Film de SF devenu culte au fil des années: un univers visuel rétro-futuriste inoubliable, une bande-son envoûtante, des emprunts aux films noirs.
De nombreux thèmes explorés: l'influence culturelle (en particulier japonaise), l'omniprésence de la publicité, des questionnements métaphysiques ect...
Petit bémol quelques incohérences de script, mais dans l'ensemble ce long-métrage vaut vraiment le détour.
Kiwi98
Kiwi98

295 abonnés 238 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 octobre 2017
L’Homme se prend pour Dieu. Il crée à son image. Il crée un reflet, qui ne fait que lui renvoyer sa propre nature, celle d’une espèce vouée à sa perte, dans les entrailles d’une cité tentaculaire, baignée dans l’obscurité, dans la brume d’un autre monde. Los Angeles, 2019, un ciel rougeoyant enveloppe les contours de constructions pharaoniques. Les lumières dansent. Les panaches de feu ondulent. Un œil se fait observateur impuissant de ce vertigineux théâtre. « Visionnaire », il est vrai que « Blade Runner » appartient à cette catégorie de films, ceux qui sont entrés à jamais dans l’inconscient collectif, par le biais d’une séquence, d’une réplique, d’une mélodie. Se hissant au delà de toute concurrence, Ridley Scott ne tarde pas à exploiter une atmosphère vertigineuse, touchant du bout des doigts la quintessence. Le réalisateur ne se contente pas de déployer benoitement sa virtuosité, il redéfinit le genre de l’anticipation au cinéma à travers une œuvre inédite.

Œuvre de science-fiction matricielle et mnémonique, ce film polychrome, digne héritier des longs-métrages des années 20-40, opère un aggiornamento salvateur, avec une finesse inouïe, une imperceptible beauté. Le ton est donné dès le départ, un carton indique que l’homme a créé des androïdes parfaits, intelligents, indissociables d’un être humain organique, exclusivement réservé à la main d’œuvre, dotés d’émotions, de désirs. Ce sont les « Réplicants ». La première scène concrète de « Blade Runner » met face à face un homme et l’une de ces machines lors d’un interrogatoire sous forme de teste. Le locuteur pose alors des questions à son sujet, pour déterminer si il est un être humain ou non. Rapidement, l’allocataire, que l’on sait pertinemment être un Réplicant, devient nerveux, il fait mine de ne pas comprendre les questions en pointant leur absurdité. Face à lui, l’homme ne peut que souligner sa soumission au protocole en avouant qu’il n’a pas écrit les questions qu’il pose. Ainsi, aussitôt, le Réplicant se révèle plus sincère, plus humain, plus libre que son interrogateur.

Débauche des formes et des couleurs, « Blade Runner » est, avant d’être un film de science fiction, un film noir atypique. Du genre, il en reprend le motif. Il le conjugue à sa forme en le plantant dans son contexte. Le héros du film, Rick Deckard, pourrait être un descendant de Marc Dixon, voire de Phillip Marlowe, en plus cynique et mélancolique. Il dispose d’une nonchalance à toute épreuve. C’est un policier fatigué, plongé dans une histoire dont il n’aurait jamais voulu entendre un mot. À ce titre, à voir le charisme et l’élégance d’Harrison Ford, il est difficile de ne pas songer à Humphrey Bogart. Toute la panoplie est là : un spectre imprévisible, inquiétant, dissimulé. Des indices cloisonnés. Un objet de fantasme, une brune mystérieuse. Le tout dans les ruelles en proie aux fumées des bouches d’aération, sur le trottoir mouillé, dans une ville de mille feux, splendide, mythique. Dessinée par Syd Mead, cette cité inspirée de villes européennes et asiatiques autant que par le baroque de la renaissance et le mouvement Art Déco, est l’un des plus beau joyaux que le cinéma nous ait offert, vivant grâce au trait du génie des effets spéciaux Douglas Trumbull et son équipe, qui rendent des matte painting offrant au film des images de synthèse d’une réalité encore aujourd’hui difficilement égalable.

Vivre au moment et à l’endroit où la vie s’éteint progressivement, se débattre, survivre, comme les licornes dans leur existence illusoire. La vie intime de Deckard se réduit à une rêverie après qu’il se soit vu attribuer une tache qui ne lui offrira ni plaisir, ni satisfaction : celle de supprimer un groupe de Réplicants désespérément cachés dans l’ombre. Les divers montages du film ont également posé les curseurs sur une question ardue : Deckard est-il lui même un Réplicant ? « Blade Runner » sait se tenir ambigu à ce propos, cachant la vérité sur le personnage à travers des détails visibles à l’écran, apparemment anodins. À titre personnel, j'ai toujours pensé que Deckard est un Réplicant, et la preuve, à mes yeux, se trouve dans la séquence suivant le combat entre le Réplicant Léon Kowalski et Deckard, ce dernier sauver in extremis par un autre Réplicant : Racheal. Dans cette séquence, on voit Deckard ensanglanté, les lèvres totalement ouvertes. Il entame un verre d’alcool, un filet de sang s’y égare. Tout se lit sur son visage.
(Voir l'extrait

« Blade Runner » tourne le dos à l’action, pour épouser la poésie cybernétique, la grâce, le crépuscule du monde, tout en dévoilant un terrible miroir de la condition humaine, ainsi qu'un glaçant portrait de la relation entre l’homme et la technologie. Phillip K. Dick écrivait : « Qu’est-ce qui fait d’un être humain un humain ? ». Si il s’agit des sentiments, alors Deckard, ainsi que l’humanité n’en sont plus. D’un coté, les hommes se mécanisent, de l’autre, les androïdes s’humanisent, luttant pour leur survie. Ce simple argument, fondé sur l’empathie que l’on éprouve auprès de chaque personnage, transforme ce qui partait comme une enquête classique en véritable dessin existentiel. C’est à cet instant que l’on devine le génie des scénaristes, Hampton Fancher et David Webb Peoples, qui parviennent, avec une douceur naturelle, à glisser leurs questions métaphysiques dans une traque captivante et palpitante, délicieusement menée par la musique de Vangelis.

Percutant les hallucinations et les pluies acides, le calvaire de l’oubli scintille sur les larmes du corps perdu de l’Aryen, dans ces abysses témoins de la résurrection d’un œil doré, cristallisant l'enfer urbain, les cadavres des voiles vaporeux, la fragilité de l’espoir. Cette histoire opaque entre dans une immense tristesse : celle d’un duel, entre un « homme » et un « surhomme ». « Blade Runner » obtient principalement sa richesse en mélangeant la grandeur visuelle et un intimisme transgressif, tout en causant une rupture à un classique manichéisme. Il est difficile, de ne pas s’extasier devant la finesse de ces plans vertigineux, devant cette mélancolie de tous les âges, cette puissance physiologique, ces images d’une noblesse infinie. « Blade Runner » est un conte opératique, se constituant d’une philosophie muette. Les images de Ridley Scott survolent la Terre, entament ces flammes astrales, subliment ces séquences fantasmées.

Comment identifier l’humanité ? Enveloppé de formes et de sens, « Blade Runner » est aussi étincelant qu’il est lugubre. Au delà des formes, des idées et des mots, des pensées et des actes, tout semble avoir été conçu pour troubler la frontière entre le métal de le physique. Apparaît la vision du monde en proie à la transsubstantiation, stérile, vain, ces mures s’écoulant dans une limpidité inouïe. « Blade Runner » s’élève à la hauteur de notre relation avec cet environnement corrosif, représenté par une totale déliquescence, dans cette ville qui laisse couler ses larmes de sang. Ici, tous les gestes racontent une histoire, chaque lumière est un nid d’interrogations, chaque regard apporte son empreinte. Les visages tombent, dévastés par leurs visions éphémères. Rares sont ces films, parvenant à transcender à ce point le temps, paraissant toujours un peu plus intemporel, au fil des années. « Blade Runner » en est l’archétype, le film absolu, l’illustration d’un obscur paradis. Un chef d’œuvre du cinéma, auquel j’ai trop longtemps refusé une place dans mon top dix. Une rivière de beauté, où éclosent des questions sempiternelles.
 Kurosawa

675 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 janvier 2014
Visuellement époustouflant et doté d'un scénario original (pour sa sortie en salle), "Blade Runner" reste frustrant, principalement à cause de son abstraction qui m'a laissé perplexe. Je ne doute pas que le film comporte de nombreuses pistes d'analyse extrêmement passionnantes, mais elles sont peu perceptibles. R. Scott est donc parvenu à créer un imaginaire esthétiquement fort, mais n'a pas réussi à mettre en relief ses axes thématiques.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 3 janvier 2014
- Tandis que La Guerre des Étoiles et Indiana Jones sont glorifiés, une nouvelle perle naît : Blade Runner, en 1982.

Adapté du roman éponyme de Philip K. Dick, ce thriller d'anticipation particulier est devenu en l'espace de trente ans un film culte, un véritable chef-d'oeuvre.

Ridley Scott signe son troisième long-métrage : un coup de maître pour si peu d'expérience.
Un film dont le manichéisme est complètement brouillé : une fable obscure, cruelle, qui reste impassible, dure, ne déterminant jamais le bien du mal. Qui sont vraiment les esclaves ? Les "répliquants" ? ou les hommes ? Car à force de vouloir s'améliorer on se détruit et on plonge dans la peur, l'angoisse, la folie... Dans Blade Runner soit nous exploitons, soit nous sommes exploités, soit nous nous battons, soit nous subissons la terreur. Le monde est tel qu'on a voulu qu'il soit, inégal et injuste. Et tout cela forme un thriller futuriste épatant, psychédélique mais réaliste. C'est intéressant de voir la vision que se faisaient les hommes du 21e siècle : ces voitures volantes, ces immeubles incroyablement hauts, ces nouvelles technologies, et ce monde dépourvu de vie. Deux heures de pure sorcellerie : la découverte d'un nouvel univers, pas si lointain qu'on ne le pense. Scott livre un cocktail explosif, dramatique et audacieux. On suit, intrigué, le parcours de Rick Deckard ( Harrison Ford, ébouriffant ), embarqué dans une aventure en apparence violente, mais mystérieusement romantique.

Constamment, une comparaison est établie entre les hommes et les animaux : leurs créations sont le reflet de leur caractère. Rutger Hauer, qui interprète le chef des Nexus 6, s'animalise férocement au cours du récit et hurle même comme un loup lors du dénouement.

Les combats ( rares sont-ils, excellents cependant ) se démarquent grâce à leur originalité, leur musicalité. C'est toute une chrorégraphie mise en place, exquise et déroutante.

De plus, les effets visuels de ce très grand film de science-fiction impressionnent pour l'époque.

Au fur et à mesure, le scénario, autrefois déguisé comme par une carapace, se dévoile et nous survolte. Autant de simplicité, que de travail acharné.

Un enchaînement maîtrisé de bizarreries séduisantes et sombres, tantôt allegro, tantôt largo, haletantes, ne s'essouflant qu'au bout de 120 minutes, comme une libération : la mort.

Vivez-le comme vous voulez : un ennui mortel, ou un grand moment de cinéma.
Le Français Glacé
Le Français Glacé

34 abonnés 328 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 octobre 2017
Blade Runner réalisé par Ridley Scott en 1982.
*Les points que j'ai appréciés →
• L'esthétique du film (décors, costumes, ...)
• La musique
• Harrison Ford (même s'il n'est pas vraiment mis en valeur

*Les points que je n'ai pas appréciés →
• Le rythme lent du film
• La complexité attendue de l'histoire qui ne l'est en faite pas
• Le manque d'action

*Conclusion →
Je suis neutre, c'est vrai pourtant le style visuel est sympa mais je m'attendais à bien mieux niveau histoire. 5/10.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 27 décembre 2013
Techniquement Blade Runner est une immense claque. De la pure science fiction qui malgré les années ne prend pas une ride. Un gros travail a été fait sur la réalisation. Les effets spéciaux et les décors nous plongent dans un monde futuriste plausible pas très rassurant. La musique utilisée renforce cette ambiance oppressante et permet de dégager un certain suspense.
Le scénario n'a rien de très recherché : une simple enquête policière pas très fascinante.
Un film culte à voir, amateur de SF ou non.
Mimit_le_vrai
Mimit_le_vrai

43 abonnés 504 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 décembre 2013
Un film avec une atmosphère très spéciale et un Harrison Ford toujours aussi bon. Je trouve qu'il y a quelques longueurs par moments. Une autre chose que j'ai beaucoup aimé : la bande son. 12/20
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 24 décembre 2013
Blade Runner de Ridley Scott est un pur chef d'oeuvre dans son genre et le restera pour toujours . Pour commencer qu'est ce que raconte se film et que dit-il; le symbolisme religieux, le cogito de René Descartes, les stéréotype féminins, les Origamis, et enfin d’eugénisme. La vie serait-elle à ce point injuste au point de faire disparaître à jamais le vécu? L'histoire "synop"; un polar futuriste qui suit 6 répliquants, qui reviennent sur terre pour avoir des réponses face à la mort, et son en quête de leur cré delà de l'histoire, le film pose la question et parle de savoir si nos souvenirs sont vrais sachant que par essence même nos souvenirs étant une reproduction de notre vécu, il n'existe donc pas. Mais si ce vécu n'avait pas existé lui non plus et que tous vos souvenirs ne sont en réalité que des implants qui vous permettent de croire que vous existez en tant qu'être humain. A ce ce moment je me souvient d'hier mais d'hier que j'ai construit dans ma mémoire alors est-ce que hier à réellement bien existé, est-ce que mon âme a une réalité, suis je que boite qui sert finalement de support à une âme. L'âme existe t-elle si finalement je ne suis qu'une machine "un répliquant", qui, comme dans le film, suppose que vous ne le savez pas vous mê ne connaissez que des souvenirs qui sont d'un autre peut-être! Vos souvenirs seront-ils perdus à jamais; "j'ai vu tant de chose, que vous humains, ne pourriez pas croire. De grand navire en feu surgissant de l'épaule d'Orion. J'ai vu des rayons fabuleux, des rayons C, briller dans l'ombre de la porte de Tanahauser. Tout ces moments se perdront dans l'oublis comme les larmes dans la pluie. Il est temps de mourir". Quelques mots sur la réalisation. Des plans grandioses, jouant sur des contres jours sublimes. Des lumières parfois filtrées, fumées avec des teintes sombres et froides, chaleureuses dans une palette créant un milieu agressif "la pluie, le climat", le futurisme des rues, des figurants incroyables. Dans des lieux en huit clos magnifique, avec des personnages captivant au premier regard. l'appartement de J.F Sébastien spoiler: où vivent des personnages mécaniques qui se bousculent avec humour et d'une créativité ultra réaliste, avec des palettes de couleurs incroyables
. La photographie est subtile et réveil des ambiances dans des lieux aussi différents que créatif. Les décors "des bâtiments gigantesques en forme de pyramide", des Spinners et autres utilitaires innovants digne d'un repère de geek "machine Voight Kampff, j'en passe et des meilleurs. Sans oublier la qualité de jeu des acteurs qui surpassent tout ce que vous pourriez imaginer. Roy et Pris forment un couple hallucinants et leur rôle leur cole à la peau. Sans parler de Rick qui approche l'interprétation parfaite. La bande son d'environnement conceptuel, avec en prime la musique de "Vangelis" qui vous plongera définitivement dans un monde futuriste magnifique et ultra réaliste. En ce qui me concerne un des dix plus grand film de tous les temps. Pour le reste ce film est indémodable, il parait avoir été réalisé cette année, alors que si vous comparez avec les films de l'époque, alors là vous comprendrez que la réalisation a été conduite de mains de maîtres, un coup de génie, et sans doute le meilleure film de Ridley Scott .
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 22 décembre 2013
Plus de 30 ans...jamais innegalé...toujours copié...dans 30 ans il sera toujours d'actualité.
Cissou P.
Cissou P.

15 abonnés 46 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 10 octobre 2014
Film vraiment très longuet. J'ai failli m'endormir en le regardant. Vu la fin il semble qu'il y ai une lecture philosophique derrière ces évènements. J'étais clairement pas dans cet optique quand je l'ai visionné.
Par contre pour un film de SF des années 80, Il a vraiment très bien vieilli.
Tiger V.
Tiger V.

116 abonnés 1 248 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 décembre 2013
Le premier film de Ridley Scott qui manque quelques petites choses pour que le film soit réellement bien, mais cela dit, ce reste un bon début pour le réalisateur. L'histoire est un peu banal ou déjà vu, puisque qu'il s'agit d'attraper des androïdes. Harrison Ford se débrouille pas mal du tout dans son rôle de policier et le reste du casting est convenable. Le film que je n'ai vraiment pas aimé, c'est l'ambiance qui est trop sombre ou les couleurs sortent à peine, cela aurait pu être bien mais c'est un peu trop exagéré. Les scènes de combat sont pas mal mais un peu lents. La plupart des décors ne sont pas terrible. Les costumes peuvent aller. Un film de science-fiction moyen.
Kalie
Kalie

84 abonnés 970 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 décembre 2013
Ce film mérite son qualificatif de chef-d’œuvre de la SF. Le réalisateur a su créer un monde futuriste crédible et désespérant avec sa pluie ininterrompue, son obscurité permanente, ses rues surpeuplées, ses écrans publicitaires géants, ses voitures volantes. Tout cela est au service d’un scénario en béton tiré d’une nouvelle de l’écrivain de SF Philip K. Dick. Harrison Ford en chasseur d’androïdes (les « réplicants ») et Rutger Hauer en « réplicant » nous fournissent là leur meilleure prestation à l’écran. Mes seules réserves concernent la nonchalance qui ressort parfois du film ainsi que la fin trop énigmatique à mon goût.
Jahro
Jahro

68 abonnés 684 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 mai 2015
Non content d’être le responsable du séisme Alien, Ridley Scott revient par la grande porte trois ans plus tard avec Blade runner – titre bizarrement emprunté au roman sans rapport du dénommé Alan E. Nourse. L’inspiration, la vraie, le cinéaste l’a eue dans une nouvelle de Philip K. Dick, chantre des âmes torturées, roi des dystopies paranos, grand maître des hauts châteaux de la démence la plus noire. C’est la première fois qu’il est porté à l’écran, et c’est donc par un jeune talentueux qui ne lui fera même pas la grâce de lui en lire quelques pages. Triste final pour une légende qu’on perdra quelques mois avant la sortie en salles. Mais qu’elle se rassure dans sa tombe : elle a forgé une merveille. Un pilier SF incontournable, une référence du cyberpunk, un monument de crasse urbaine et nyctalope (rien à voir avec JoeyStarr). Dans les rues blafardes, brumeuses, détrempées de pluies acides de la Chinatown de demain, sous le regard charmeur de geishas vantant des pilules d’on ne sait trop quoi, au milieu de la foule compacte nourrie de viande synthétique, Harrison Ford pourchasse les réplicants échappés de l’esclavage. Des robots, assignés aux basses tâches, mais qui ont tout d’êtres humains, même la soif de liberté. Un caractère indétectable qui profite aux effets spéciaux, encore dans le coup plus de trente ans plus tard, quelques incrustations venant seules nous rappeler leur âge. Sous les airs prophétiques du maestro Vangelis (oubliez la scène d’amour, paradigme de ringard dont Le petit journal a fait son jingle love), on observe donc Rick Deckard suivre les indices, remonter sa piste, éviter de s’interroger sur ce qu’il est, si lui-même est légitime, lui qui n’a que sa mission en tête : « retirer ». La nôtre tient aussi en un mot – revoir.
poneyexpress10
poneyexpress10

2 abonnés 50 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 décembre 2013
C’est un chef-d’œuvre, la beauté plastique des décors est intemporelle. C’est peut-être difficile d’en parler, parce qu’on l’aime dès la première vision quel que soit l’âge qu’on a. C’est à la fois du pur divertissement, un récit empruntant autant au film noir qu’à la science-fiction, rythmé et « agile », et d’une grande profondeur : tout passe le maniérisme, le côté un peu « gothique » aussi, cette façon de jouer de la part des personnages comme si on était dans une tragédie shakespearienne, avec de la morgue, des poses marmoréennes, le final époustouflant avec cette ultime tirade de Rutger Hauer, rien ne paraît pas monolithique, ou ridicule, ou outré,… Lors de la rencontre entre le Réplicant et son créateur, le face à face entre Dieu et sa créature, la question que soulève l’existence des réplicants, leur avoir donné la conscience et aussi la conscience de leur finitude, si il n’y a qu’une question philosophique à poser c’est celle du suicide selon Camus, face à l’absurdité, à laquelle est confrontée tout humain, et doublement, jeu de mot, les réplicants, qui justement ne sont que des doubles, donc des humains de seconde zone, cette question de ne pas posséder son destin est camusienne,…Le monde est une vaste ville, et une immense fabrique : partout on fabrique, on nourrit, on divertit, mais c’est un plan d’immanence, on a beau plané dans les airs, grâce à des véhicules qui glissent littéralement dans un espèce d’éther, une fois qu’on est au sol, tout se mélange, tout est mélange, les langues, les cultures, les humains, et tout donne le sentiment d’une vie hyperactive, et dans d’immenses immeubles, il règne le silence, les occupants sont partis obéissant aux sirènes des propositions de voyage vers d’autres mondes, et les artefacts technologiques comme ce traitement d’image, qu’utilise Deckard ou les animaux cybernétiques comme si la nature n’existait plus, ou bien les automates qui n’ont pas d’âge du point de vue de leur forme, ne nous donnent pas le sentiment d’être dans un film de science-fiction qui met en avant ses objets, pour bien appuyer que nous sommes dans un autre monde, cela semble un futur possible, une évolution possible de l’humanité.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 23 novembre 2013
Long, ennuyeux, histoire vraiment simple sans aucun rebondissement, tout est prévisible. En plus, les décors ont vraiment vieilli. Tout le film se passe dans le noir complet, à se demander si les réalisateurs avaient des lumières...
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