Plus de 35 ans après la sortie du premier épisode, Denis Villeneuve récupère la licence pour offrir "Blade Runner 2049". Dans la continuité de cette mode où l'on va ressortir des noms connus pour faire du chiffre et jouer sur la nostalgie, ce film a une très bonne réputation. Il est loin d'être mis dans le même panier que d'autres suites ou remakes, et il a globalement su convaincre son public. Personnellement, n'étant pas un immense fan du précédent opus, j'ai toujours suivi d'assez loin l'engouement autour de ce dernier. J'ai mis longtemps avant de le regarder, car je savais bien que mon visionnage n'allait pas être aussi intense que pour beaucoup de spectateurs. Pour le coup, mon appréhension s'est un peu avérée, même si l'ensemble n'a pas été éprouvant à regarder. J'ai bien aimé le long-métrage, je lui trouve beaucoup de qualités, le problème étant juste que cet univers, ou plutôt la manière de l'utiliser, ne me parle pas. Ici, mon souci va encore venir du scénario, que je trouve peu intéressant et très étiré. Il y avait moyen de parler de beaucoup de choses, avec un univers pareil, les idées ne manquent pas. Mais honnêtement, je trouve finalement que le long-métrage manque parfois de sujets, préférant se focaliser sur l'approche de l'ambiance. Pourtant, le film fait presque 3 heures, c'est donc assez fou de se dire qu'il y avait moyen de faire plus ! Pour donner quelques exemples, je pense d'abord au personnage de Niander Wallace. Pour le coup, j'aime beaucoup l'interprétation qu'en fait Jared Leto, il est vraiment dérangeant. Mais malheureusement, son utilisation est vraiment limitée, il n'apparaît que 2 scènes ! De même, je trouve finalement que l'utilité du personnage de Joi est assez légère. J'aime également la prestation d'Ana de Armas, mais son personnage me déçoit.
Je pense notamment à la manière dont elle disparaît du film, car on ne reparle plus jamais d'elle après cela (à part pour une scène où K repense à elle devant un hologramme), comme si elle n'avait jamais existé ! Et en vérité, c'est presque le cas, cette dernière n'ayant effectué aucune émotion vraiment marquante. Le seul fait important est qu'elle a introduit une femme dans l'appartement de K, mais même cette scène paraît grotesque. La justification de sa venue est très téléphonée, et je trouve lunaire le fait que Joi n'ait absolument pas vu ce qu'elle faisait ! Elle est censée être ultra-connectée, mais elle réussit à louper ce genre de détails, ce qui est juste très pratique pour le scénario !
Et malheureusement, cette accumulation d'éléments inutiles amène au même problème que le premier film. On passe tellement notre temps à regarder des choses vaines ou voir des scènes étirées, que la conclusion semble arriver comme un cheveu sur la soupe. Sincèrement, j'ai été déçu de la fin de ce film, car si on nous vend quelque chose d'épique et d'impressionnant, nous n'aurons rien de tout ça. Le décor de la "confrontation finale" paraît bien vide, le danger semble minime et, encore une fois, on oublie totalement ce qui devait être la menace principale de l'histoire : Niander Wallace. Une nouvelle fois, je ne trouve donc pas que ces longs-métrages utilisent correctement cet univers. On s'arrête sur trop de détails et d'éléments superficiels, et on privilégie l'ambiance au détriment d'un tout cohérent. Honnêtement, le seul élément bien mieux géré que le premier volet de ce point de vue-là est l'utilisation de la thématique centrale de la licence. Pour le coup, je trouve que la question autour des réplicants est un peu mieux gérée,
surtout via le fait que le principe des souvenirs partagés est bien plus au centre de l'histoire. Cette idée permet vraiment de se rendre compte de l'artificialité de tout cela, face au caractère très humain des réplicants.
Et globalement, même si je n'ai toujours pas apprécié l'écriture, je suis loin de penser que c'est un mauvais film. C'est même pire que ça, je préfère cette suite à l'original. Je la trouve plus complète, le casting est toujours aussi bon, c'est impressionnant visuellement et les thématiques sont mieux utilisées. C'est donc vraiment d'un point personnel que cela n'est pas passé. À côté, comme je l'ai dit, le film est un bonheur pour les yeux. Denis Villeneuve a toujours été un metteur en scène de qualité, et il s'est régalé sur ce film. Même si on est éloigné de l'ambiance froide et lugubre du premier, on retrouve les environnements du précédent. Le projet cherche avant tout à nous les distinguer, par une photographie plus variée notamment. La couleur rouge est beaucoup plus présente par exemple, faisant ressortir un sentiment oppressant et de danger. Et d'ailleurs, grâce au temps qui est passé, les effets visuels sont encore plus fous. On ne voit jamais les fonds verts ou les moments de triche, on se sent pleinement immergé dans l'univers. La musique aide également à cela, et, comme je l'ai dit, le casting est toujours au rendez-vous. Ryan Gosling est un héros assez convaincant, qui réussit à osciller entre son calme naturel et quelques moments plus émotionnels. Dans l'ensemble, je ne peux donc absolument pas dire que ce film rate le coche. Il offre une expérience vraiment intéressante, et particulièrement bien réalisée. Mon seul souci est le même que pour le premier, à savoir que cette ambiance ne réussit pas à me faire oublier les facilités et les défauts du scénario. Pour conclure, une suite fidèle à l'original.