Foxcatcher
Note moyenne
3,5
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362 critiques spectateurs

5
19 critiques
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121 critiques
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anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 24 janvier 2015
Le coq et le renard

Mention : Bluffant

Le film s'est d'abord jeté dans l'arène en mai 2014. Très remarqué à Cannes, il est reparti du festival avec le prix de la mise en scène. Dès les premières minutes de Foxcatcher, cette récompense se montre comme une évidence. Un sens inouï du détail et une maitrise totale de l'image. La photographie est magnifique. L'ombre et la lumière, les plans larges et les gros plans, le gris et le dorée, bref le contrôle des contrastes est sublime. Tout est parfaitement cadré, en plus d'être esthétique le décor nourrit le propos. Cette splendide mise en scène installe avec subtilité et netteté les éléments du récit. Ce qui accentue sa longueur.

Le parcours vécu par Mark Schultz est atypique, les relations avec son frère et son mentor sont singulières. Il est comme un renard à la fois déterminé et égaré, le frangin Dave est comme un chien de garde à l'affut et fidèle, son entraineur qui se revendique comme un aigle a plus des allures de vieux loup solitaire. John du Pont est vraiment fascinant. Riche de patrimoine mais pauvre d'amis et d'entourage. Sa passion pour la lutte ne semble qu'un prétexte pour entretenir une forme de vie sociale. Steve Carell est incroyable, il donne toute la dimension pathétique à ce rôle, une vraie performance. Mark Ruffalo aussi est méconnaissable. Frère et père de famille très en retrait, Dave Schultz se laisse finalement entrainer aux jeux.

Au fur et à mesure, Foxcatcher délasse la part tragique de son histoire. Avant d'atteindre ce chaos saisissant, les rounds s'accumulent et s'étendent. Et malgré cela le film ne manque pas de répit, bien au contraire. Le rythme lent sert à poser le récit avec précision mais traîne en longueur. Le chemin parcouru en un peu plus de deux heures aurait pu être aussi riche et progressif avec quinze ou vingt minutes de moins.

Cette longueur ce fait d'autant plus ressentir si on ne rentre pas complètement dans l'histoire. Ça m'est très personnel, mais c'est à peu près mon cas. Si Steve Carell dévoile un John Dupont fascinant et très intime, les deux frangins restent relativement obscurs. Channing Tatum et Mark Ruffalo sont pas mauvais du tout, mais comme certains point hermétiques du récit, les desseins de ces gars sont fins et enfouis. Le scénario n'en est pas moins maitrisé et constructif.

A travers une mise en scène éblouissante et pleine de génie (l'une des plus marquantes de ces dernières années), Bennett Miller raconte avec la manière une sombre aventure. Celle de trois types confrontés à leur propre désarroi et à un combat intérieur.

Note : 14 / 20
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 24 janvier 2015
Bon on va pas revenir sur la mise en scène ,superbement milimetrée d'accord !!!
Mais pour moi le fiLM manque cruellement de dialogues .avec un senario
Ci riche on aurait aimer avoir des dialogues entre les protagonistes sur ce faux entraîneur , M DU PONT.
pour voir ce que les deux frères pouvez penser de cet homme aussi ingrat est manipulateur .
je respecte la volonté du réalisateur d'avoir créer un film noir sans acoustique , mais qui crée une ambiance propre au film ,une atmosphère dérangeante. surtout entre la relation de mark et John du pont.
l'homosexualité paraît flagrante.
.enfin .... dur de critiquer ce film tant il est d'une originalité impressionnante une froideur glaçante.
ÉDOUARD .
Malizia
Malizia

3 abonnés 7 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 24 janvier 2015
Inutilement long et mauvais... Film aussi vide que prétentieux (pas étonnant qu'il ait plu aux critiques françaises...) parsemé de quelques sous-entendus qui manquent totalement de subtilité...
Le sujet pouvait pourtant prétendre faire un film riche en émotions et profond.
Channing Tatum s'en sort bien dans ce rôle à contre emploi mais ne mérite pas non plus d'oscars...
Quelle perte de temps et d'argent!
Marcel D
Marcel D

113 abonnés 212 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 janvier 2015
Quand le film a commencé, le rythme très lent m’a interpelé (je précise que généralement je préfère les films posés plutôt que les films d’action), voire dérangé. J’allais voir un film de lutte avec Tatum, je devais être conditionné, prêt à voir courir la testostérone. :)
J’ai eu une petite demi-heure à me demander : pourquoi un tel rythme ?
La réponse qui a émergé (et qui me convient) c’est qu’avec ce rythme très lent, le réalisateur permet de cibler la psychologie, au détriment des combats et de la violence possible. Au lieu d’avoir des scènes de lutte (match-entrainement) avec de la musique boum boum, on a le droit à des dialogues très épurés, des regards, des postures.
Au final, j’ai aimé ce choix de mise en scène.

Par rapport au scénario, j'ai tiqué au départ sur le côté « pas assez fouillé ». Finalement, qu’est-ce qui se passe dans ce film ? Pas grand chose pourrait-on dire. Mais si on considère toutes les ellipses du film, on arrive à un contenu beaucoup plus dense. Surtout que je trouve que ces ellipses sont bien faites.

Dernière chose, je trouve que le film finit en apothéose. Je ne connaissais pas la vraie histoire, donc je ne m’attendais pas à ça. J’avoue que si ça avait été une fiction, j’aurais trouvé ça un peu exagéré, mais là, j’ai pris une bonne gifle !

Au final, un film qui m’a surpris et que j’ai trouvé particulier dans le bon sens du terme !
Blog Be French
Blog Be French

48 abonnés 263 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 janvier 2015
Bennett Miller livre encore une fois un grand film, où l’atmosphère austère de Foxcatcher Farm symbolise à merveille l’intrigue du film. Par une leçon de mise en scène et une photographie splendide, le réalisateur filme un triangle relationnel pernicieux, porté à bout de bras par Mark Ruffalo, Chaning Tatum, et surtout le méconnaissable Steve Carell ! On peut toutefois regretter le rythme imposé qui ajoute quelques longueurs à ce film presque parfait. Bref, du cinéma comme on l’aime, intense, subtil, et esthétiquement beau…

Retrouvez l'ensemble de cette critique sur Be French !
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 10 avril 2015
Biopic fort intéressant qui nous plonge dans la noirceur de John Du Pont et de son emprise sur deux frères catcheurs !
L'Info Tout Court

465 abonnés 1 025 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 janvier 2015
Après 3 films acclamés par la critique, Bennett Miller signe avec Foxcatcher un chef d’œuvre intense sur une histoire tragique. Une réalisation parfaite sublimée par un casting au sommet composé du duo exceptionnel Channing Tatum/ Mark Ruffalo et d’un Steve Carell métamorphosé tout simplement magistral. Pour en savoir plus, lisez notre critique complète:
pierre72
pierre72

162 abonnés 367 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 janvier 2015
En janvier, un film américain à l'affiche ornée de statuettes des Golden Globes ou de l'Oscar, possède inévitablement un certain nombre de paramètres qui finissent, années après années par lasser le spectateur. Malgré son prix de la mise en scène à Cannes, "Foxcatcher" n'échappe pas à la règle. Tiré d'un fait divers qui a du faire de bonnes audiences sur les chaînes judico-policières, il offre l'inévitable performance d'acteur qui mène au prix d'interprétation, une image tirant sur le vert bronze pour donner une impression de densité dramatique, un rythme plus lent que la moyenne de la production habituelle, signifiant par là que la vente de pop corn ne sera pas au rendez-vous pour les exploitants, le public gavé de films au montage clipesque risquant de bouder ce genre de production. Pour pallier à ce manque à gagner, la critique d'une seule et même voix de poulailler en folie parce qu'ayant pondu son oeuf en même temps, donne du chef d'oeuvre à qui veut l'entendre, histoire de ramener un public plus âgé et intello. Il faut au moins cela pour appâter les spectateurs pour un film avec la lutte gréco-romaine en toile de fond, sport pas vraiment bankable dans nos contrées. Et à l'arrivée, après 2h14 de projection, un énorme soupir d'ennui ...
Bennett Miller, le réalisateur n'a pas démérité . Son film visuellement parlant est bien fichu, mais , hélas il n'arrive jamais à intéresser vraiment. De cette histoire de champion olympique de lutte, pris en main par un riche célibataire pour lui faire gagner une seconde olympiade, il n'en fait qu'une espèce de soupe consistante mais sans saveur. Et ce n'est pas faute d'y avoir injecté des épices, seulement elles sont sérieusement éventées !
Tout d'abord, la performance de Steve Carell, grimé de manière outrancière, à la diction lente, un peu décalée peut plaire . C'est payant pour un acteur de comédie de jouer les méchants pas drôles. Seulement, ici, son personnage de vieux garçon entraîneur se traîne des clichés qui n'impressionnent plus personne depuis 40 ans. Oui c'est un homosexuel refoulé car il a une mère castratrice. Oui, il est attiré par la lutte pour pouvoir toucher quelques corps musclés mâles et les combats sont plus filmés comme une jolie chorégraphie sensuelle que comme un vrai match intense. Oui le fait qu'il soit avare de paroles le rend inquiétant. Le problème est que cette accumulation de poncifs psychologiques nous rase très vite. On cherche d'autres points d'accroche. La lutte des classes ? Un peu lourdingue également si l'on s'en réfère au sport présenté et là aussi traitée avec de gros sabots (mais très gros voyez-vous, de ceux qui ralentissent l'action à force de contemplation ). Un opéra fratricide et funèbre ?
La fin sur le blog
benoitG80

3 593 abonnés 1 464 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 janvier 2015
"Foxcatcher" met l'accent sur une relation humaine tragique, effrayante et incroyable...
Plongé dans le milieu du sport de lutte, très bien dépeint, c'est toute l'ambivalence et même l'ambiguïté des sentiments d'un homme richissime John Du Pont à l'égard du champion olympique Mark Shulz, qui est étudiée au plus près et ceci avec beaucoup de finesse et d'intelligence jusqu'à nous glacer les sangs...
La force et l'impact de ce film repose avant tout sur le comédien Steve Carell, incroyable ici, qui en incarnant John Le petit, allias L'Aigle Doré, devient petit à petit un être inquiétant, pervers, calculateur, tout cela allant crescendo au fur et à mesure sur l'on avance dans l'histoire !
Cet acteur aux expressions impressionnantes du regard aux rictus de la bouche, suscite un malaise de plus en plus palpable et envahissant, alors qu'on découvre petit à petit sa façon de vivre et son rapport avec sa mère castratrice !
Le jeu de Channing Tatum qui incarne Mark ce colosse au talon d'Achille, face à ce diabolique personnage est aussi au diapason, dans cette façon de se faire manipuler, utiliser et même détruire en tant que jeune homme influençable et fragile, en quête de repères, jusqu'au déclic enfin attendu qui sera sa chance ultime.
Il reste bien entendu, le frère de Mark qui est par la suite appelé en tant qu'entraîneur au côté de son frère dans l'idée de le préparer aux juteux de Séoul...
Lui non plus, ne perd pas une miette du jeu pervers, de l'attitude et de la complexité du personnage de John tout en essayant de préserver en parallèle ses intérêts personnels.
Il suffit de le voir face à la caméra pour cette parodie de reportage commandé par l'impossible John...
Pour ce rôle de frère aimant et compréhensif, Mark Ruffalo est assez émouvant, sincère et vrai !
À partir de ce trio et de son fonctionnement ou plutôt dysfonctionnement, cette histoire incroyable devient donc fascinante à suivre par l'implacable mécanique que met en place cet homme multi-facettes, à la fois arrogant et puissant, vil et faible, plus enfant qu'adulte sous l'influence de cette mère devant laquelle il a besoin de se mettre en scène pour se sentir valorisé !
Bennet Miller après le très bon "Le Stratège", a réussi là une parfaite analyse de ce qu'est le processus de domination et jusqu'où il peut mener...
On reste littéralement bouche bée devant les conséquences des actes, des réflexions et des attitudes d'un être prêt à tout pour arriver à ses fins.
C'est encore ici le pouvoir et l'argent qui vont donner toutes les latitudes possibles à John qui pourra ainsi se payer tous ses caprices, se façonner ses passions en se mettant en scène alors que personne ne croit une seule seconde à cette mascarade.
On reste séduit et à la fois horrifié par la dangereuse capacité destructrice d'un homme afin d'assouvir ses seuls désirs !
La mise en scène sobre, la beauté des images où ces athlètes sont plongés dans de véritables corps à corps, apportent enfin la touche finale pour confirmer la réussite totale de ce film, par ailleurs, profond, juste et pertinent avec cette incursion étonnante dans le mental et la psychologie d'un être humain plus qu'inquiétant !
WutheringHeights
WutheringHeights

131 abonnés 930 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 janvier 2015
Tout est mis en place pour une tragédie antique. Ne parle-t-on d'ailleurs pas de lutte gréco-romaine…(...) Foxcatcher impose son rythme et son implacable scénario avec une élégance et une puissance cinématographique qui en font un des grands films de l'hiver.

LA SUITE :
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 23 janvier 2015
Belle réflexion sur le pouvoir néfaste de l'argent. Interprétations remarquables et reconstitution fascinante d'un univers particulier grace à une réalisation qui vous prend au corps et aux tripes.

Caphi (la Webdromadaire, les PARIS de caphi)
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 23 janvier 2015
Fox catcher est incontestablement un bon film. L’histoire est originale. La mise en scène alterne avec bonheur des combats sportifs, des scènes tendues entre les protagonistes, des portraits fouillés des héros et des superbes paysages de Pennsylvanie. Le sujet reste toujours maîtrisé par le metteur en scène du Stratège (film sur le baseball) et de Truman Capote. Le scénario est cependant un peu mince et le film tient beaucoup sur ce superbe trio d’acteurs. Channing Tatum est ce grand enfant fragile, cette graine de champion protégé par son frère. Steve Carell est méconnaissable dans ce rôle à contre-emploi où il incarne avec talent ce milliardaire excentrique et inquiétant. Mark Ruffalo est fidèle à lui-même dans le rôle de Dave Shultz, solide et sympathique.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 23 janvier 2015
Comment sombrer dans la paranoïa......Steve Carell ahurissant dans le rôle de Du Pont!!! Limite à faire peur!!!
Channing Tatum et Mark ruffalo complètement dans leur rôle... Incroyable !!!!!

Foxcatcher un thriller psychologique de haut vol!!!!
QuelquesFilms.fr

359 abonnés 1 765 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 février 2025
Foxcatcher rejoint un étonnant tir groupé de films états-uniens (Night Call, Whiplash, A Most Violent Year), datant de 2013-2014, qui offrent une certaine vision du rêve américain, entre ombre et lumière. Où il est question de réussite individuelle, d’ascension et de reconnaissance sociales. Où les personnages sont prêts à payer le prix fort (en argent, en effort, en vertu ou en vice) pour parvenir à leurs fins.
Dans Foxcatcher, les trois protagonistes principaux incarnent chacun une facette de ce rêve américain. Mark Schultz est un beau bébé bodybuildé (mais fragile dans sa tête) qui veut simplement être le meilleur lutteur du monde (comme Rocky dans l’univers de la boxe), en cherchant la reconnaissance et l’affection exclusives d’un mentor : son frère puis le milliardaire-mécène. John du Pont est ce milliardaire-mécène (égocentrique, mytho et mégalo) qui incarne le pouvoir de l’argent et le patriotisme exacerbé ; il ambitionne de donner du rêve et de l’espoir à l’Amérique par le biais de la gloire sportive, dans une quête de reconnaissance nationale qui cache mal une quête plus intime… et plus pathologique : la reconnaissance de sa mère qui dénigre ses activités et le « castre », la reconnaissance de son « fils de substitution », fils prodigue en plein culte de sa personnalité, qui est également peut-être le vecteur espéré de sa « revirilisation ». Enfin, David Schultz, frère de Mark, représente le père de famille, la stabilité et la force protectrice, mais aussi l’art douloureux du compromis (la renonciation à sa reconnaissance de coach sportif, le manque de considération temporaire pour le mal-être de son frère contre la reconnaissance et la sécurité matérielle de sa famille).
Foxcatcher n’est pas un tableau critique des idéaux US, mais bien un constat amer de leur dévoiement, comme en témoigne la trajectoire du héros : de la pratique noble de la lutte, doublée d’un discours patriote prêché dans les écoles, au combat sauvage où tous les coups sont permis et encouragés par une foule criant « USA ! USA ! USA ! ». Foxcatcher, c’est le drame d’une Amérique qui se perd en rêvant, dans la confusion de ses motivations profondes.
Les scénaristes E. Max Frye et Dan Futterman, ainsi que le réalisateur Bennett Miller (Truman Capote, Le Stratège…) ont nourri cette réflexion à partir d’une histoire vraie, dont ils ont tiré un récit à la fois intime et ample, en évitant toutes sortes d’écueils démonstratifs ou psychologisants. Ce qui séduit le plus dans ce film élégant et intelligent, c’est son art subtil du non-dit et de l’allusion, sa façon de cerner la complexité et l’ambiguïté des relations humaines (notamment celle possiblement sexuelle entre John du Pont et son protégé, transformé plus ou moins en gigolo), tout en jouant avec des symboles qui donnent à cette histoire des résonances plus larges, psychanalytiques et sociétales. L’ensemble est un maelström intense et troublant d’influences, de désirs possessifs et de frustrations, orchestré par une mise en scène classique et maîtrisée, parfois un peu lente et froide, mais toujours pertinente dans l’expression des rapports de forces, dans la lutte des corps qui porte en elle les troubles émotionnels et psychologiques des personnages.
Le film doit aussi évidemment beaucoup à ses trois interprètes principaux. Channing Tatum, qui a le physique de l’emploi, se montre convaincant dans la pratique même de la lutte et dans son personnage de colosse mal dégrossi et friable ; Steve Carell, méconnaissable après maquillage, impose de façon surprenante une présence mystérieuse, malsaine et pathétique, dans un contre-emploi absolu qui fait oublier ses rôles comiques ; Mark Ruffalo, plus barbu et trapu qu’à l’accoutumée, se révèle très bon dans un registre qui n’est pas forcément le sien non plus, celui de la force tranquille, et fait preuve d’une belle finesse dans certains échanges, particulièrement lors d’une scène d’interview « arrangée », face caméra, remarquable.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 23 janvier 2015
Bennett Miller signe un film académique porté par d'excellents acteurs. "Foxcatcher" possède une mise en scène millimétré, extrêmement posé, ce qui donne au film un côté froid et dérangeant, pas forcément agréable mais qui sert tellement bien son propos. Le scénario est aussi froid mais fascinant. Il met les personnages au centre de l'histoire mais il met une distance entre les protagonistes et le spectateur. Cependant, le plus gros point fort de "Foxcatcher" est son trio d'acteurs. Tatum est impressionnant, il dégage une grande force physique mais une faible force psychologique. Ruffalo est bluffant, méconnaissable et mérite amplement sa nomination aux Oscar. Et que dire sur Steve Carell ? Exactement les mêmes mots que pour Mark Ruffalo. Bref, "Foxcatcher" déstabilise pour mieux frapper ensuite.
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