Foxcatcher
Note moyenne
3,5
4084 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

362 critiques spectateurs

5
19 critiques
4
121 critiques
3
125 critiques
2
69 critiques
1
22 critiques
0
6 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
maxence T.
maxence T.

31 abonnés 62 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 août 2015
Alors là, c'est vraiment la belle surprise de l'année, même si je n'étais pas très enthousiaste pour regarder "FOXCATCHER", je fus surpris de constater à quel point il est fascinant. C'est une histoire dure et choc accompagnée d'une réalisation absolument sublime, une mise en scène radieuse et un jeu d'acteur époustouflant. John Du Pont est un héritier d'une famille richissime, grand amateur du lutte, il convoque Mark Schultz(médaillé olympique), une grande amitié va naitre entre les deux hommes qui malheureusement ne va pas durer...Il est difficile de parler de "Foxcatcher" sans spoiler donc j'y ferai attention, non pas que le scénario est la principale qualité du film(bien au contraire) mais ses quelques gros rebondissements vont être le seul atout émotionnel du film. La puissance de l’œuvre est d'une intensité remarquable. Steve Carell, Channing Tatum et Mark Ruffalo sont juste excellents dans leur rôle, personnellement j'ai un petit coup de cœur pour le personnage Mark Ruffalo( le frère de Mark Shultz), je trouve le caractère du personnage très puissant, il est profondément étudier, spoiler: quand son frère a besoin de lui il est toujours présent pour l'aider, peut importe si sont frère à un comportement correct ou pas il est toujours là. Sa mort à la fin m'a beaucoup touché, lui qui ne demande qu'a pratiquer son sport et voir sa famille est humilié en se prenant des balles
. John Du Pont joué magnifiquement bien par un Steve Carell méconnaissable est lui présenté au début comme un homme généreux, il ne développe aucune émotion, c'est un être vidé de sens qui vit avec le regret d’être la déception de sa mère qui elle ne supporte pas qu'il perde son temps avec la lutte. Au fur et à mesure spoiler: il deviendra quelqu'un de détestable, en aura assez de la vie qu'il mène et essayera de mieux cerner Mark qui n'accepte plus de se faire malmener autant par ce dernier. Il va littéralement exploser au moment où il décidera de tuer le frère de Mark, situation très forte
. La mise en scène est d'une ingéniosité remarquable, les plans sont choisis de façons extrêmement intelligente et permettes de mieux appréhender les sentiments des personnages qui sont à chaque fois justifiés par les astuces de mise en scène. On filme les acteurs de loin pour montrer leur désespoir et leur hésitation dans des moment importants. Les couleurs sont elles aussi extrêmement bien choisis, l'univers noir et bleu rappelle le cinéma de David Fincher avec son film "Millenium les hommes qui n'aimaient pas les femmes". Malgré toute l'amitié que je porte à l'égard de ce film, je dois bien avouer que quelques inconvénients gâchent un peu le film. Les coupures de rythme sont assez insupportables, on peut passer d'un moment très agité où beaucoup d'événements se passent à un moment calme et simple, je comprends que ce genre de situations peut énerver les spectateurs et les faire sortir du récit. Les longueurs peuvent elles aussi beaucoup gênés, on pourrait bien enlever 10 minutes au film. Les défauts techniques eux sont complétement absents, tout est parfait et le montage est vraiment sublime. Les paysages rappelant la magnifique série qu'est "Fargo" sont aussi magnifiques que le reste, ils en sont pour beaucoup sur la réussite visuelle du long-métrage. Pour finir je dirai que "Foxcatcher" est un film très fort émotionnellement, très bien réalisé, présentant des personnages superbement mis en scènes qui vaut le coup d’œil mais qui ne plaira pas à tout le monde pour son manque d'adrénaline.
estcetony1
estcetony1

20 abonnés 660 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 août 2015
Un film à l'ambiance malsaine où se mêle fascination, amour, jalousie, déchéance et j'en passe.
Les portraits des personnages sont très bien brossés et les relations entre eux bien complexes.
Les acteurs sont parfaits dans leurs roles.
Même si le dénouement est connu l'histoire reste extrêmement prenante.
Un très bon film
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 7 août 2015
Une histoire vraie poignante et des acteurs qui jouent à la perfection. Un film triste. Mais néanmoins bien.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 2 août 2015
J'y ai cru mais alors que c'est mou du genou pffffff. une déception, je pensais que ça allait être plus dynamique. Là c'est long...j'ai tout fait pour lutter mais j'ai finis par m'endormir je crois bien
Jérémy J
Jérémy J

33 abonnés 653 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 juillet 2015
Que cela est plaisant de voir de bon acteurs... emmené par un trio fabuleux, ce film nous plonge dans la folie. Une musique prenante, une histoire folle avec un destin dingue... bref un très bon film.
Catherine V.
Catherine V.

64 abonnés 610 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 août 2015
Bonne réalisation et excellente interprétation des trois acteurs principaux. Mention spéciale aux maquilleurs ayant rendu un Steve Carell méconnaissable pour son rôle, qu'il interprète fort bien. L'ensemble fut une très agréable surprise pour moi d'autant que je ne suis pas du tout une "fan" ni de Steve Carell, ni de Channing Tatum, ni de Mark Ruffalo !! On reste un peu sur sa faim après le drame au niveau du "pourquoi du comment" car rien n'est expliqué et toutes les hypothèses peuvent être permises. D'ailleurs, ce fut le cas dans la véritable affaire. A voir
Kilian Dayer
Kilian Dayer

130 abonnés 838 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 juillet 2015
Après le brillant Money Ball, Bennett Miller reste dans le domaine sportif avec son Foxcatcher, drame psychologique inspiré de faits réels. De passage sur la Croisette en 2014, acclamé par la critique lors de sa sortie en salle, ce nouvel exercice du réalisateur s’annonçait, sur le papier, comme indispensable. Le résultat confirme par ailleurs cet état de fait. Bennett Miller, après le Base Ball, démontre qu’il est aussi à l’aise dans les arcanes historiques de la lutte gréco-romaine, mettant en scène la rencontre chaotique entre deux champions olympiques, les frères Mark et Dave Schultz et un milliardaire mégalomaniaque, John Du Pont. D’une vie de sportif effacé, champion d’un sport méconnu, oublié du public américain, les belles paroles du nouveau mentor mettent du baume au cœur aux deux sportifs, d’abord le cadet puis, dans un second temps, à l’aîné. La gloire de l’Amérique, la patriotisme doit être associé à la lutte, sous la coupe d’un drôle de bonhomme plein aux as, égocentrique, maniaque et se révélant finalement fou dangereux.

Comment se fabrique-t-on une gloire en carton-pâte, à grand renfort d’argent, sur le dos de sportifs crédules? C’est à cette question véridique que tente de répondre Bennett Miller en mettant en scène un long-métrage hypnotique et psychologique, un film avant tout très méticuleux qui respecte aussi bien l’histoire que le domaine d’activité des protagonistes. Offrant quelques très belles séquences de combat, Channing Tatum et Mark Ruffalo sont, pour ce faire, très convaincants car investis, le cinéaste propose pourtant un récit dramatique allant bien au-delà de la discipline en elle-même. Sans s’attarder d’avantage qu’il n’est nécessaire sur le sport en lui-même, Foxcatcher est avant toute chose le portrait d’un trio, de deux frères radicalement différents mais très proches, et d’un magnat ambitieux mais trompeur, descendant d’une dynastie bourgeoise américaine, incapable, dans les faits, de faire briller le nom de sa famille. On notera que la véritable faiblesse mentale du personnage de John Du Pont est révélée par les apparitions de sa mère, la preuve en est avec cette formidable scène de coaching bidon alors que la doyenne, assiste, atterrée, à la nouvelle passion de son rejeton.

Pointu, accessible uniquement par le biais des sentiments très humains qu’il procure, Foxcatcher est un film à l’image des précédents long-métrages du réalisateur. S’adressant à un public avertit, passionné de 7ème art non pas pour le spectacle mais pour les émotions que le phénomène dégage, le réalisateur s’emploie à mettre à nu ses protagonistes, leurs offrant à la fois de maintes forces mais aussi toutes les faiblesses du monde. Le personnage de Mark, Channing Tatum dans son meilleur rôle jusqu’alors, en est l’exemple concret. De cette montagne de muscle, dévastatrice, rapide et têtue, le cinéaste parvient à en extraire toute la fragilité. Le personnage de Mark Ruffalo, lui, est plus nuancé, le comédien interprétant un rôle clef mais finalement annexe dans le combat d’égaux de son frère cadet et du mentor. La révélation du film, c’est bien entendu un Steve Carell métamorphosé, à mille bornes de ses rôles coutumiers, dans la comédie. Affublé d’une prothèse faciale pour le moins convaincante, l’acteur brille là où personne ne l’attendais, offrant de toutes belles séquences ou il captive à lui-seul tous les regards.

Bennett Miller réussit donc son pari haut la main, offrant un nouvel et brillant long-métrage. Subtil et émotionnellement captivant, Foxcatcher se termine par le drame, inévitablement. De par cette nouvelle démonstration, le cinéaste prouve qu’il est de ceux sur qui nous pourront compter à l’avenir pour nous offrir le meilleur du cinéma, l’essence même de ce qui fût le septième art depuis maintenant plus de 100 ans, un art. 16/20
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 17 juillet 2015
Je suis plutôt surpris du succès de ce film.
Coté scénario c'est cohérent vu que c'est tiré d'une histoire vrai.
Les acteurs sont dans leurs rôles.
Mais à coté de ça, je trouve que la psychologie de Du Pont n'est pas si fouillé que cela, que le film traîne un peu en longueur sur certaines scènes pour augmenter artificiellement la pression ressentis.
L'histoire n'est pas non plus époustouflante et le synopsis m'a mis plus en haleine.
Donc je me pose la question, c'est quoi cette tendance au film tiré de fait réel en ce moment qui font la une du box office?
Je ne dis pas que le film est mauvais loin de là mais je ne comprend pas le buzz.
Caine78

7 756 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 juillet 2015
Sans que le sujet ne me parle vraiment, les critiques dithyrambiques et la présence de Bennett « Truman Capote » Miller derrière la caméra ont suffi pour faire de ce « Foxcatcher » un de mes films les plus attendus de ce début d'année. Et comme on pouvait s'y attendre, le film a beaucoup d'arguments à faire valoir : sobre, élégant, maîtrisé... Le talent est là, au point de parvenir à nous intéresser à la lutte, ce qui n'était pas gagné d'avance. De plus, si Channing Tatum et surtout Mark Ruffalo livrent de belles prestations, on retiendra principalement le contre-emploi total de Steve Carell dans ce qui est certainement le plus grand rôle de sa carrière : pari audacieux mais totalement réussi. Mais alors pourquoi seulement trois étoiles ? Et bien parce que l'ensemble reste toutefois très classique, au point d'en être parfois légèrement ennuyeux, certaines scènes apparaissant quelque peu en décalage avec le reste, tandis qu'on a parfois du mal à comprendre la psychologie des personnages, leurs motivations étant à plusieurs reprises peu claires. Reste que l'œuvre, incroyable histoire vraie à la beauté ténébreuse et intéressant témoignage de l'Amérique des années 80 ne peut laisser totalement insensible : du cinéma de qualité.
Raphaël O
Raphaël O

184 abonnés 1 567 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 juin 2015
Inspiré d'une histoire vraie, ce drame servi par une distribution de choix dont le méconnaissable et non moins excellent Steve Carell relate un récit intéressant mais manquant de rythme à force de ne jamais sortir de sa réalisation plate et monotone.
On a déjà vu plus extravagant.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 9 juin 2015
J'ai été énormément déçu par Foxcatcher, et pourtant je voulais le voir ce film : la bande-annonce annonçait un thriller psychologique froid, adapté d'un fait divers fascinant. Mais quelle déception ! Comment dire ? C'est lent, mais lent, à aucun moment le film ne sort véritablement de sa lenteur monocorde, les scènes sont longues, contemplatives et dénuées de musique, et plus que tout, le film ne prend pas aux tripes, je ne me suis pas senti mal, même si je m'attendais à une fin dramatique, à aucun moment le film ne m'a tenu en haleine. Pourtant je ne déteste pas les parti-pris austères, mais là c'est trop. Pour bien vous le faire comprendre je dois parler des personnages : John Du Pont, un milliardaire inquiétant et mystérieux, Mark Schultz, un lutteur perdu et en manque de reconnaissance et enfin Dave Schultz, son frère, protecteur et amical. Là, c'est le gros problème : à aucun moment je ne me suis attaché ou pris de compassion pour l'un des personnages, et si je ne m'attache à personne, je ne rentre pas dans l'histoire, et du coup il y a une barrière entre le film et moi. Les personnages sont même volontairement déshumanisés, Du Pont avec son visage froid, impossible de l'apprécier car c'est un fou, un sale type détestable, Dave est sympathique, mais son physique me rebute complètement : il ressemble à un singe dans sa manière d'être : il est vouté, et avachi, et enfin Mark n'est qu'un éternel pommé assez froid. Et il y a même eu des fois où je ne comprenais pas entièrement les motivations des personnages, et ça m'empêche encore plus de m'attacher à eux. Le parti-pris du film d'être austère lui otte aussi toute émotion ( spoiler: même à la fin, lorsque Dave est assassiné, c'est surprenant, mais pas émouvant, car on ne s'est pas attaché à lui, le réalisateur s'attarde très peu sur la douleur de ses proches, et même dans sa façon de mourir Dave est animal, il rampe, ne dit pas un mot et meurt, c'est tout...
. Les relations entre les personnages sont certes très bien écrites, mais il y a encore cette barrière avec le film qui m'empêche de pleinement les savourer. Tout n'est pas mauvais : la mise en scène lente est très recherchée, mais elle contribue aussi à rendre le film mou et long. Les acteurs sont géniaux, surtout Tatum et Ruffalo, mais Steve Carrel, dont tout le monde a parlé pour sa nomination à l'Oscar du meilleur acteur, est monolithique et hautain, je sais que c'est pour le personnage, mais au final, pas de quoi s'emballer (Jake Gillenhaal dans Nightcrawler avait fait un meilleur boulot d'acteur et n'a pas eu de nomination à l'Oscar), le seul fait qu'il soit tant dans la peau de son personnage, c'est dû à son maquillage qui le rend méconnaissable, là où la vraie performance d'acteur aurait été de devenir méconnaissable sans maquillage. Je trouve la fin excellente par contre.
Un film qui m'a déçu, ni bon, ni mauvais selon moi, donc la note moyenne.
Ramm-MeinLieberKritiker-Stein
Ramm-MeinLieberKritiker-Stein

148 abonnés 544 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 juin 2015
La tâche ingrate qu'est de créer des images à partir d'une histoire vraie est un exercice complexe. Mais Bennett Miller, n'étant pas à son coup d'essai, signe une mise en scène géométrique à l'allure sublime. Il s'accompagne d'un trio prestigieux de personnalités. Et, bien-sûr, dans chaque groupe d'interprètes, il en faut un qui soit "au dessus du lot". Steve Carell, la mine renfrognée et le physique ravagé, se tient comme étant le chaînon explosif, celui qui se démarque d'autrui grâce à sa capacité de savoir refléter l'émotion à travers un regard embras(s)é par une folie douce, puis meurtrière. Ce n'est pas que la représentation d'une époque : "Foxcatcher" est le déchirement de trois âmes qui se contournent pour mieux s'affronter, dont l'une est assise derrière un bureau imposant et l'autre qui observe les dégâts liés à un affrontement musclé avec un frère en quête d'une véritable identité familiale. Et on s'attache, comme à la vie comme à la déraison. Un film qui représente un bien précieux, tellement qu'il sait recréer la densité d'un acte à travers le désespoir d'un personnage... Ou plutôt d'un homme.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 7 juin 2015
channing tatum n'est absolument pas mis en valeur dans ce film. on a l'impression qu'il est attardé par moment. c'est pas un super rôle. c'est tiré d'une histoire vraie, est ce que dans la vraie histoire, le catcheur était aussi bêbête ?
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juin 2015
“Foxcatcher” a fait sa petite sensation au festival de Cannes, Bennett Miller décrochant le prix de la mise en scène. Certains auraient même préféré voir ce film original et audacieux remporter la Palme d’or à la place du très contemplatif « Winter Sleep » du turc Nuri Bilge Ceylan. En s’appuyant sur un fait divers tragique survenu en 1996, Miller dresse le portrait de trois hommes pris dans une relation de domination qui se terminera tragiquement par la mort d’un homme. Aux jeux Olympiques de Los Angeles de 1984, les frères Schultz, Mark et Dave sont médaillés d’or en lutte. Ce sport très peu médiatique nourrit mal son homme et comme avant eux les vétérans du Vietnam, les deux frères constatent amèrement que l’Amérique ne les reconnait pas. Dave l'aîné (Mark Ruffalo), socialement plus adapté s’inscrit déjà dans une reconversion avec un poste d’entraineur fédéral en vue. De son côté, Mark anormalement introverti et très dépendant de sa relation avec son aîné se trouve brutalement en déshérence alors qu’il doit préparer les championnats du monde devant se dérouler à Clermont-Ferrand. C’est alors que surgit de nulle part, John Eleuthère du Pont (Steve Carell), richissime héritier de la famille du Pont Nemours (originaire de France) ayant établi sa fortune au XIXème siècle dans l’armement. Son but ou plutôt son obsession, remporter en tant que coach des deux frères la médaille d’or aux Jeux de Séoul de 1988. Mark (Channing Tatum) d’abord attiré seul dans le domaine familial du Delaware transformé en camp d'entraînement va rapidement tomber sous la dominance tyrannique de John Dupont. La réunion des deux solitudes va produire un mélange aussi bizarre que détonnant et destructeur pour Mark. L’arrivée de son frère ne sauvera rien de l’avenir sportif de Mark ni de son équilibre psychologique. spoiler: Le cercle infernal qui s’est établi fait de dépendance financière (les deux frères), d’homosexualité refoulée, (une relation fugace tenant presque du viol entre du Pont et Mark est suggérée), de frustration (l’incapacité de du Pont à assumer sa lignée prestigieuse et à surmonter l’ascendant d’une mère castratrice) et surtout d’incommunicabilité, va conduire au drame, John Dupont révélant sa nature psychotique par un geste de folie meurtrier
. Miller profite de cette trame romancée à partir d’un fait divers sordide et pathétique pour livrer un triple portrait où ses trois acteurs grimés explorent au travers d’une relation complexe les territoires mouvants conduisant aux frontières ténues de la raison. C’est bien sûr Steve Carell en contre-emploi total qui nous surprend le plus, rappelant vaguement par la silhouette qu’il compose, la prestation de Peter Sellers (lui aussi très grimé) dans le très troublant « Bienvenue, Mr Chance » de Hal Ashby en 1979. Tout comme Sellers, Carell sera nommé pour l’Oscar du meilleur acteur. Simulacre d’adulte encore prisonnier de sa chrysalide de petit garçon, spoiler: John du Pont cherche en vain la reconnaissance d’une impitoyable mère (Vanessa Redgrave) qui par ses désaveux le renvoie en permanence à une descendance inaccessible qui s’affiche sur les portraits qui le toise aux murs de sa salle de sport alors qu’il tente d’improviser avec la pire des maladresses une séance de coaching musclée face à une matriarche hémiplégique et impavide
. Un rôle sur mesure donc, truffé de scènes oscillant entre le baroque et le terrifiant pour un acteur assez méconnu en France dont la spécialité est l’humour un peu décalé et potache à la sauce Jude Appatow (« 40 ans et toujours puceau », 2005) qui en fait une sorte d’acteur hybride à mi-chemin entre Peter Sellers le susnommé et Woody Allen. Channing Tatum le beau gosse qui monte, adoubé à deux reprises par Steven Soderbergh ("Magic Mike" et "Effets secondaires") a admirablement profité du maquillage pour habiter ce jeune homme coupé des autres pour ne pas savoir exprimer ses sentiments et qui ne peut avancer sans l'aide de son frère dont le caractère amène et conciliant n'a pu que fatalement nourrir une jalousie enfouie à force de lui renvoyer en miroir ses troubles émotionnels. Mark Ruffalo parfait, caché derrière sa barbe incarne ce frère dont l'amour protecteur finira par se retourner contre lui. Le feu couve sous la braise et la confrontation stérile des deux mutismes de John du Pont et Mark Schultz va en provoquer l'embrasement. On assiste impuissant, fasciné et troublé à cette tragédie en trois actes dirigée de main de maître par un cinéaste très parcimonieux de son art (trois films en dix ans) qui semble nager très à son aise dans les méandres parfois labyrinthiques de la psyché humaine et qui s'avère en sus un remarquable directeur d'acteurs.
neilseim
neilseim

11 abonnés 321 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 mai 2015
Acteurs méconnaissables, personnages troublés, ambiance qui tend vers le malsain... c'est le type parfait de film lent, à l'atmosphère lourde, qui se regarde sans broncher !

L'histoire de cette relation malsaine entre ces personnages est vraiment intrigante, mais se comprend facilement, pour aboutir vers le pire. Je ne suis pas adepte des films "dramatiques", mais certains se démarquent par un parti prix, comme Tom à la ferme, qui dérange et nous garde en haleine !

Etant basé en plus sur une histoire vraie, cela permet de découvrir un sport, des méthodes de recrutement et d'entrainement pas très orthodoxes, le tout joué par des acteurs vraiment charismatiques !
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse