Hannah Arendt
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Florent Blenck
Florent Blenck

20 abonnés 42 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 juin 2013
Un long-metrage qui fait très "film Arte": la démarche de la réalisatrice est extrêmement didactique, sauf lors des (très très) inutiles flashbacks sur la jeunesse d'Hannah et sa rencontre avec Heiddeger. Le film compte expliquer comment la pensée d'Arendt sur la banalité du mal s'est formée lors du procès d'Eichmann a Jérusalem. Le film atteint son but de ce point de vue la, mais ne prend aucune distance critique vis-a-vis de la pensée de son héroïne.
De plus, un aspect historique du procès d'Eichmann a été malheureusement laissé de cote: la véritable prise de conscience du génocide que le procès d'Eichmann a engendré au sein même du peuple juif. La réalisatrice, en décidant de ne filmer qu'exclusivement Arendt et l'intellegentsia juive allemande qui l'entoure, a laisse de cote cet aspect, ce qui reste dommage.
Bref, un film didactique, qui atteint son but et nous donne envie de lire les œuvres d'Hannah Arendt, mais qui manque de toute envergure ou ambition.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 29 novembre 2013
Une réussite... à montrer dans les classes de philo et d'histoire.
Un film stimulant intellectuellement mais pas ennuyeux pour autant.
Matching P.
Matching P.

17 abonnés 133 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 mai 2013
...
Ce film raconte un épisode de la vie d'Hannah Arendt. Il commence lors de l'enlèvement du criminel de guerre Adolf Eichmann en 1960 en Buenos Aires, suit le procès en Israel et va jusqu'à la parution en anglais de son livre "Eichmann à Jérusalem".

Ses écrits sur la "banalité du mal" et les discussions qui suivirent, tournaient autour de deux thèmes centraux, "Eichmann et sa responsabilité" et "Les juifs et leur attitude dans la catastrophe". D'un côté on a reproché à Hannah Arendt de minimiser le rôle Eichmann en lui ôtant son caractère démoniaque, de ne voir en lui qu'un médiocre exécutant, et de l'autre côté on l'accusait de vouloir rendre les juifs en partie responsables du génocide par une attitude passive ou même coopérative. Mais elle revendiquait sa liberté de pensée comme une responsabilité face aux normes, face au conformisme, elle voyait le procès d'un homme et non pas d'un peuple, alors que de nombreux juifs auraient voulu lui donner une valeur de symbole des crimes et des criminels nazis. "Je n'appartiens pas à un peuple...il n'y a pour moi que des individus. ". Claude Lanzmann dans ses mémoires, qualifie son attitude "un manque d'empathie, d'arrogance et une incompréhension de la situation".

Nous suivons Hannah Arendt pendant ces années-là, quelques flash backs nous la montrent dans sa jeunesse et dans sa relation avec Martin Heidegger. Nous la voyons dans son appartement de Manhattan, entourée d'un mari amoureux, des amis intellectuels, avec ses étudiants, à Jérusalem aussi auprès d'anciens amis. Jonglant entre les langues, les phrases fusent et les dialogues bénéficient des écrits que les protagonistes ont laissés et cette authenticité fait que le spectateur suit le film avec intérêt.

Rien de spectaculaire, c'est plutôt du genre téléfilm, juste quelques scènes documentaires pour nous mettre face à Eichmann grâce à des images d'archives. Le récit, très centré sur le personnage principal qui est examiné dans les gestes de sa vie quotidienne, reste sobre, presque linéaire. Les débats entre amis sont nombreux, ce n'est pas ennuyeux cependant on peut reprocher au film de rester en surface, de ne pas nous conduire plus loin dans la réflexion philosophique et de ne pas vraiment la situer dans l'ensemble de l’œuvre d'Hannah Arendt. Mais le cinéma n'est peut-être pas le meilleur support pour cela.
Comme il est de plus en plus fréquent au cinéma, la reconstitution des années 60 est soignée, les meubles, les vêtements, la coiffure...et la cigarette ! Elle est constamment présente, indissociable du monde des intellectuels de l'époque !

Ce film nous fait penser à un autre film "Le liseur", d'après le livre de Bernhard Schlink. Là aussi nous sommes témoins du procès d'une criminelle de guerre et le personnage central, une femme terriblement banale, dit elle aussi n'avoir agi que par obéissance !

Barbara Sukowa est très convaincante dans le rôle d'une femme libre dans ses pensées et indépendante par rapport à son entourage. Margarethe von Trotta a réussi son film, parce que malgré un sujet si difficile, on regarde ce film avec plaisir, il y a même quelques moments de légèreté. Il est accessible à tout le monde et invite à la discussion après la séance.
Critik D
Critik D

175 abonnés 1 103 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 janvier 2014
La réalisation est superbe mélangeant des images d'archives du vrai procès d'Adolf Eichmann et des flashbacks du personnage sur sa vie antérieur de manière intéressante et parfois subtile. Le scénario est bien construit, on ne s'ennuie pas une minute et on est happé par l'histoire et ce petit bout de femme. Qui est d'ailleurs très bien interprété par Barbara Sukowa, qui malgré une fragilité physique a un caractère de fer, et il en faut pour combattre cette polémique. Le reste du casting est très convaincant.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 1 septembre 2013
Hannah Arendt est une philosophe et théoricienne politique allemande et juive, ancienne élève de Martin Heidegger.
Le film retrace sa couverture du procès Eichmann, un criminel de guerre nasi, jugé à Jérusalem, le livre qui en est issu et la controverse qui en a découlé.
Quand le film commence, Hannah Arendt est déjà connue pour ses travaux sur les origines du totalitarisme, le procès Eichmann va comencer et elle veux y assister.
De ses écrits, elle tirera notamment le concept de banalité du mal. Sa théorie étant que le mal absolue est lié à la médiocrité humaine plutôt qu'a la volonté de faire le mal. Selon elle, Eichmann ne serais pas antisémite mais n'aurait fait qu'obéir aux ordres. Cependant, il semble qu'elle ne cherche pas à déresponsabiliser Eichmann. Elle approuve d'ailleurs la peine capitale à laquelle il sera condamné. Cette théorie est sujette a discussion et elle a bien évidement du mal a passer. On comprend qu'elle suscite des réactions polémiques mais c'est pourtant une idée intéressante. On peut d'ors et déjà la mettre en relation avec les expériences de Stanley Milgram sur la soumission à l'autorité, menées à la même époque.
On ne va pas ici essayer d'expliquer toute la pensée de Hannah Arendt ni celle de Stanley Milgram, ni tenter de prendre parti, ce que le film ne fait pas non plus, selon moi.
Le film analyse une partie de la vie sentimentale et professionnelle de cette libre penseuse au fort caractère, avec une belle mise en scène et une belle photographie. Il à aussi le mérite de donner à réfléchir sur des sujets universels.
Ykarpathakis157

6 193 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 juillet 2020
Hannah Arendt de Margarethe von Trotta est un film sur la pensée. Il valorise tellement la pensée qu'il offre des discours et des débats élégants sans spectaculaires générés par ordinateur. Le film fait face à la controverse soulevée par Arendt quand elle a redéfini Eichmann non pas comme un monstre mais comme une personne ordinaire illustrant la banalité du mal. Elle a rapporté que certains juifs ont collaboré avec les nazis entraînant plus de morts que le chaos aurait causé et elle a dit qu'elle aime ses amis mais pas n'importe quel peuple dans ce cas les Juifs. Sur les trois chefs d'accusation elle a été condamnée pour avoir abandonné son peuple. Aujourd'hui, à l'écart de la chaleur de ce moment elle avait clairement raison sur tous les plans. Arendt était opposé à l'amour général de tout groupe de personnes non basé sur un engagement personnel car une telle identification nationaliste ou autre groupe empêchait de réfléchir sérieusement aux problèmes qui les entourent. Elle appréciait surtout une approche rationnelle et réfléchie qui n'était ni préjugée ni proscrite par aucune convention. Quant à la collaboration de certains juifs elle a simplement rapporté des faits survenus lors du procès. Cette observation n'était pas non plus antisémite car la collaboration peut-être bien intentionnée face à un danger horrible est une être réponse plausible chez quiconque. Arendt a été mis au pilori pour avoir affronté les faits et pour avoir rejeté les mythes. C'est ce que les historiens doivent faire et apparemment ce que les philosophes doivent périodiquement leur rappeler de faire...
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 octobre 2013
C'est plus qu’un portrait magnifique que nous brosse ici Margarethe Von Trotta, à travers le cheminement de la pensée de la philosophe Hana Arendt à l’issue du procès Eichemann à Jérusalem en 1961. Elle met en scène une réflexion, un état d’esprit, et le fait avec une telle maestria que le spectacle du cinéma demeure entier, tout en nous confrontant à quelques arguties philosophiques qui en d’autres lieux pourraient nous conduire au sauve qui peut. L’interprétation sobre de Barbara Sukowa est au diapason d’un film rare.

Les bonus

Rencontre avec la réalisatrice, la philosophe ( " Un certain regard", émission TV ) et des intervenants ,philosophe, psychanalyste, où l'on apprend encore beaucoup , avec un grand plaisir
Pour en savoir plus
shimizu
shimizu

13 abonnés 229 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 mai 2013
Très intéressante réflexion sur le procès d'Eichmann vu par Hannah Arendt, et le parcours de cette grande philosophe au coeur des questionnements et interrogations du précédent siècle.
Dg75
Dg75

12 abonnés 253 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 avril 2013
J'ai adoré ce film pour sa profondeur, sans parler du jeu de cette actrice que je ne connaissais pas. Quel courage pour cette femme d'oser dénoncer l'obéissance aveugle (Adoph Heichmann ne semblait pas plus que ça dérangé par les crimes perpétrés, tranquille avec sa conscience !!) qui même au crime., tant du coté de l’oppresseur (pour tuer) que de l’oppressé (pour subir).. mais ça dérange forcément. Je me suis toujours demandé comment les allemands ont pu suivre Hitler sans réfléchir à ce à quoi il les menait et comment le peuple juif ne s'est pas plus défendu, partant à "l’abattoir" presque sans révolte ? Des moutons voilà ce que sont ou deviennent ceux qui ne réfléchissent pas et qui suivent aveuglément une idéologie... Est-ce révolu, non je ne crois pas il suffirait de pas grand chose pour que ces exactions recommencent. D'ailleurs n'est-ce pas ce qui se passe partout dans le monde : l'oppression des uns contre ceux qui ne pensent pas comme eux. Heureusement qu'il existe des Hannah Arendt qui ose braver les "bien pensants" ! Vraiment excellent, aussi profond que La vie des autres.
Le Sid
Le Sid

16 abonnés 23 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 mai 2014
Exelent film, très cerebral cependant!
Film historique est qui plus est philosophique
pensée-evenement majeure qui rejoint les films
La controverse de Valladolid et Procés de singe.
Hannah Arendt est dans sa quete de verité historique
entre l'antisémite inconscient Dieudonné et le pseudo-sionniste plutot satanique BHL
Elle en avant non en quête d'argent ni de pouvoir mais en simlpe requete de la verité sur la Shoah.
Seulement trop tourmenté!
Peut être une pensée intelligible pour tous et rassérénante fera sont chemin depuis les limbes non pour accusée quelques âmes mais pour faire comprendre aux hommes ou chercher pour comprendre cette affirmation sortant de la bouche d'un homme ne provoquant pas l'hysterie géneral
Raphaël O
Raphaël O

184 abonnés 1 567 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 octobre 2013
Très bon film sur le procès d'un des S.S sous les ordre du Führer.
Barbara Sukowa joue ici le registre dramatique en interprétant une femme qui a réussi à éviter de justesse les camps de concentration.
Elle tente durant le procès d'y voir plus clair sur les responsabilités de l'accusé, si ce qu'il a fait a été fait par sa propre conviction ou si il a purement et simplement obéi aux ordres. Et si oui, est-il responsable de certains de ses actes ?
C'est un long métrage qui apporte une note de philosophie et de conscience intellectuelle tout en essayant de prouver quelque chose qui a eu lieu dans l'histoire.
Septième Sens
Septième Sens

99 abonnés 762 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 13 juin 2013
« Je pense, donc je suis » disait Descartes. Hannah Arendt aurait pu, lorsqu'elle devait se défendre contre tous ses opposants, s'en servir pour expliquer sa thèse. En 1961, elle assiste au procès Eichmann (criminel de guerre nazie) et demande au New Yorker de publier son article suite à cette audience. Ce rapport sur la banalité du mal va accuser la philosophe d'antisémite et faire couler beaucoup d'encre, dont ce film qui sort aujourd'hui.

Le thème choisi par Margarethe von Trotta est palpitant, capital pour comprendre l'homme, son fonctionnement et ses travers. Les grands maux de l'humanité sont-ils dans la banalité de l'individu, dans le sens où ce dernier fait tout simplement ce qu'on lui dit de faire car c'est son travail ? Car en plus d'examiner une vision philosophique de l'homme, la notion de travail est également prépondérante et permet d'ajouter une nouvelle question : tous les travaux nécessitent t-ils une réelle réflexion ?

Suite à ces nombreuses interrogations, nous sommes en droit de se demander si Hannah Arendt n'est pas didactique. Disons-le sans détour, ce film est un peu scolaire mais c'est, par essence, son thème qui veut ça (elle est professeur de philosophie). Par ailleurs, la réalisatrice n'oublie pas d'être subtile en ayant l'intelligence d'utiliser seulement des images d'archives pour montrer le procès Eichmann. Elle a aussi le mérite de ne pas juger et de laisser le spectateur, lui aussi, réfléchir par lui-même et méditer ces questions existentielles.

Nonobstant, il faut savoir qu'un bon thème ne fait pas un bon film. La cinéaste a eu la mauvaise idée d'inclure des flash-back peu pertinents à son oeuvre. De plus, les décors volontairement kitch des années 1960 sentent un peu trop le toc. Et la relation qu'entretiennent la philosophe et son mari Blücher suit la même voie, car les deux acteurs ne semblent pas être en osmose. Finalement, tous les éléments secondaires ne rendent pas le sujet palpitant, et les images ne surpassent en rien les lettres qui ont été écrites auparavant sur le sujet.

On retiendra l'interprétation solide de Barbara Sukowa qui joue ce qu'on lui demande d'incarner : une intellectuelle sûre de ses idées, mais cachant une part de fragilité et de nombreux doutes. On nous affirme en effet qu'elle continua de se poser des interrogations sur l'homme jusqu'à la fin de ses jours. Hannah Arendt s'avère être intéressant pour ceux qui connaissent peu cette période, mais peu enrichissant pour les plus connaisseurs.
Mondocine
Mondocine

82 abonnés 293 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 mai 2013
Un biopic partiel étourdissant de profondeur et passionnant sur une philosophe radicale aussi intelligente que charismatique qui a fait avancer un débat majeur. A impérativement projeter uniquement vers des yeux tolérants pour pouvoir accepter le cheminement de pensée fondateur du post-combat contre le nazisme venu d’une intellectuelle dont les idées et la construction de la pensée sont magistralement retranscrites en images.
Léa H.
Léa H.

38 abonnés 225 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 26 janvier 2014
On appréciera l’ambition du projet, le souci de restituer avec rigueur la maturation d’une pensée philosophique, l’interprétation intense de Barbara Sukowa. On regrettera l’héroïsation d’Hannah Arendt, qui a forcément raison contre tous, le refus d’ouvrir sa pensée à la critique (ses contradicteurs sont forcément des sionistes) ; ce qui a pour résultat de l’assécher, de lui enlever toute sa puissance dialectique. On regrettera enfin les travers du biopic (tous les personnages autour d’Hannah sont traité sommairement – voir le triste sort fait à son mari, elle-même n’échappe pas au formatage psychologique). Bref, un film très inégal qui a surtout le mérite de remettre sur le devant de la scène cette banalité du mal qui, à l’époque du libéralisme sauvage, retrouve tout son mordant.
Flore A.
Flore A.

36 abonnés 518 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 avril 2013
Barbara Sukowa incarne parfaitement cette grande philosophe au moment où elle se confronte à son passé, découvre avec étonnement ce grand criminel nazi et forte de ses constatations, construit librement sa pensée, contre vents et marées.
Un beau portrait de femme, une intéressante leçon d'histoire et de philosophie.
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