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Un visiteur
3,0
Publiée le 29 juillet 2018
Décidément, je ne peux pas revoir un film d’Almodovar sans être déçu, même et surtout les films que j’avais le plus aimés. Il n’y a que Tout sur ma mère qui continue de me toucher. A côté, Talons aiguilles ressemble à un brouillon. C’est la fin des années Movida et Almodovar commence tout juste à embrasser le genre du mélodrame. Il y a déjà quelques étincelles, comme les sublimes numéros musicaux sur la voix de Luz Casal. Malheureusement, il s’accroche en même temps au thriller, qui selon moi est la pire chose qui soit arrivée à sa carrière. Ça donne donc un scénario bancal, qui balance entre parodie et premier degré, sans réellement intéresser ou émouvoir. Il n’y a que l’humour qui fonctionne vraiment. Et une très belle réalisation quand même.
Tout simplement Almodovar. Peut-être que si c'était mon premier j'aurais noté moins sévère, sûrement que l'ordre dans lequel on découvre une filmographie influe sur le jugement. Donc autant dire que cette énième histoire de femme brisée, de relation mère/fille conflictuelle, de faux-semblants, de sexe... Bref. Il faut dire aussi que j'ai capté dès le début que spoiler: le travesti et le juge était la même personne, ce qui devait sûrement constituer en sorte le twist final , élément clé donc et qui m'a fortement amoindri le plaisir du visionnage. Plaisir que j'avais du mal à trouver malgré tout. Tellement du mal à m'identifier aux femmes de cette histoire, la fille qui épouse l'ex-amant de sa mère, incompréhensible. Soit disant pour se rapprocher, pour essayer de marcher sur les pas de son iconique maman, mouais, ça sonne quand même terriblement faux tout ça. Le pire ultime mauvais choix réside dans la grossesse qui une fois de plus arrive comme un cheveux sur la soupe pour encore plus complexifier l'affaire spoiler: surtout que là on se demande bien comment s'est possible mais passons . Bon après il y a le charme de Madrid, des chants espagnols... Certaines scènes comme les aveux en direct apportent une dimension tragique qui constitue ce que sait faire de mieux le réalisateur espagnol. Ça reste vite oubliable.
Si il n'est pas le meilleur film de Almodovar, "Tallons aiguilles" se révèle être un film passionnant tant il condense tous les éléments typiques du cinéma almodovarien. Mise en scène stylisée, scénario original assez complexe, personnage féminin très profonds mis en avant, mélange entre drame et comédie et thématiques sulfureuses, on retrouve tout ce qui fait l'essence du cinéma d'Almodovar. Tous ces éléments réunis forment un film convaincant mais qui manque parfois de maîtrise et de justesse. Le film est forcément touchant, les personnages sont bien construits, l'esthétique est irréprochable et les thèmes abordés sont intéressants mais l’ensemble manque de finesse. Certains éléments dramatiques sont un peu lourds et le scénario s’embarrasse de quelques longueurs qui viennent polluer l'ensemble. Néanmoins pour les raisons précédemment citées, "Talons aiguilles" fait partie des films d'Almodovar qu'il faut voir malgré ses quelques défauts qui n’empêchent pas le film de fonctionner.
Film culte...à juste titre. Une magistrale chanson devenue elle aussi culte qui fait froid dans le dos. Un des plus beaux films de Almodovar sur les relations mère-fille...thème prisé par le cinéaste....c'est juste....triste...beau.....réaliste.....un plaisir que de regarder un tel film.....
Un mélo sur fond de relation mère-fille tendue et un polar qui suit la piste du meurtre passionnel sont les deux tableaux sur lesquels joue "Talons Aiguilles", film dont la tonalité comique brise régulièrement un premier degré parfois étouffant, en partie à cause d'un pathos appuyé : en effet, Victoria Abril et Marisa Paredes pleurent beaucoup trop et s'emparent en quelque sorte d'une émotion d'ordinaire (et en toute logique) réservée au spectateur. Cette histoire d'une mère qui aura trop longtemps négligé sa fille au profit de sa gloire personnelle et d'une jeune femme dont le mariage est raté n'émeut pas en soi mais se voit dynamisée par les personnages masculins (Letal / le juge) aux identités remises en cause dans un final habilement écrit. D'un côté, il y a l'attirance réciproque de Rebecca pour un travesti; de l'autre, une enquête menée par un juge perspicace et bien aidé par sa mère qui cherche des indices sans jamais quitter sa chambre : les personnages masculins ont donc pour fonction de relancer le récit, d'orienter de nouvelles pistes autant sur le plan mélodramatique que policier. Pourtant, le film laisse l'impression d'une narration un peu lourde et aurait ainsi gagné à avoir un montage plus resserré afin que le scénario soit moins dispersé et, par conséquent, plus efficace. Mais ces problèmes d'écriture et de rythme ne doivent pas faire oublier un univers formel séduisant qui mise sur des associations de couleurs originales, typiques du cinéma d'Almodóvar, et sur des idées de mise en scène magnifiques, principalement à l'oeuvre lors des moments chantés (la larme de Becky qui tombe sur la trace de son rouge à lèvres pendant son concert). Un film plaisant, pas aussi bouleversant qu'il souhaite l'être, mais qui vaut le coup d’œil pour ses remarquables coups d'éclat.
A l’occasion du Festival de Cannes, la MCA (Maison de la Culture d’Amiens) nous offre une rétrospective de 8 films en version restaurée de Pedro Almodóvar. « Talons aiguilles » est sorti en 1991 et avait été mal accueilli par la critique alors qu’il est déjà très représentatif du cinéaste avec son attachement pour les femmes et ici le « combat » que mène Rebeca (Victoria Abril) à la fois contre et pour sa mère, Becky Del Pàramo (Marisa Paredes), une célèbre chanteuse des années 60 qui a fait sa carrière au Mexique (au passage avec l’aide de sa fille) et qui revient 15 ans plus tard à Madrid pour relancer sa carrière. Cette mère - qui comme elle le dit n’a vécu que « pour jouer le soir (sur la scène) » - a beaucoup manqué à sa fille qui tous les soirs attendait son retour rythmé par le bruit de ses « talons aiguilles », découvre que sa fille (devenu présentatrice à la télévision) a épousé Manuel, un de ses anciens amants, chef de la chaîne télévisée … mais ce sans amour alors que Rebeca va souvent assister le soir à un spectacle de transformiste où Letal reprend les grands succès de Becky tel que l’envoutant « Piensa en mi » de Luz Casal. Manuel va être assassiné et le soir même de la première de Becky, sa fille est incarcérée et confrontée à un juge dont on comprend assez vite qu’il n’est autre que Letal. Finalement Becky va comprendre la douleur de sa fille liée à un manque d’amour et alors qu’elle est hospitalisée pour un infarctus du myocarde sévère, un dernier marché avec sa fille. Un film qu’on peut juger « alambiqué » et choquant voire i ou a-moral, mais qui est très caractéristique du monde excessif et ici tragico-comique de Pedro Almodóvar.
Le film qui a permis à Almodovar d'être vraiment reconnu internationalement. Un film un peu plus apaisé également si l'on considère ses précédents travaux. On retrouve certains thèmes récurrents du réalisateur: la mère (ici sacralisée par le personnage jouée par Victoria Abril), les faux-semblants, les travestis, les acteurs/chanteurs. Au passage, le générique de début est magnifique. Par contre on ne suit que vaguement l'intrigue policière qui sert juste de postulat à mieux nous faire comprendre les relations mère-fille jouées par Abril et Paredes. Les personnages masculins sont un peu en retrait ou relégués aux rôles de machos. Seul Miguel Bose troublant en travesti la nuit, en juge le jour et amant par la même occasion de Rebecca sort son épingle du jeu. Mais ce film, assez hypnotique, rend bien l'ambiance de l'excentricité et des thèmes chers à Pedro Almodovar.
Encore un film très féminin et osé du réalisateur Almodovar, qui n'en reste pas moins un de ses meilleur. Avec en plus les musiques mythiques de Luz Casal et le jeu d'acteur extraordinaire de Victoria Abril!
Il était temps, "Talons Aiguilles" est le premier long métrage d'Almodovar que je visionne. Sans connaître son cinéma, j'ai retrouvé quelques échos perçus sur son style comme l'importance des rôles féminins, celle de la relation mère-fille ou encore son goût pour choquer le spectateur. Une bonne partie de la saveur de ce film vient de la gallerie de personnages iconoclastes et intéressants. Ce polar est en plus rythmé par une excellente bande originale. Cette oeuvre provocante m'a clairement donné envie d'en connaître plus sur ce cinéaste espagnol.
Talons aiguilles est un film maîtrisé, où l'obsession d'Almodovar pour les relations avec les mères ressurgit comme jamais. Alors qu'elles ont été séparées par le succès, une mère (Marisa Paredes) et sa fille (Victoria Abril) finissent par se retrouver. Mais La fille est mariée avec l'ancien amant de sa mère, qui est retrouvé mort. La fille s'accuse en direct à la télé, ce qui lui vaut d'être inculpée, puis relâchée car innocenté par un juge-travesti aveuglé par l'amour qu'il voue à cette femme. Bref. Almodovar exploite tout ce qui a fait son succès : l'amour, le dévouement par amour et les relations mère/fils et mère/fille, sans oublier la transexualité. Un film agréable et maîtrisé où règne un parfum espagnol et acide qui pique au vif le spectateur. Du bon Almodovar, bien que je n'ai jamais réellement compris pourquoi il était si génial. Ca choque les convenances, c'est certain, mais ça s'arrête un peu trop rapidement à mon goût. Dommage, la renommée du film ne dépend heureusement pas de mon avis personnel...
Un film sublime, l'un des meilleurs Almodovar (mais pas LE meilleur !) Bien sûr, il faut aimer le monde de la nuit, ses côtés un peu glauque et ses minorités sexuelles qui fascinent tant le réalisateur, mais le résultat est magnifique, stupéfiant et parfaitement maîtrisé, Quant à Vittoria Abril, on en croquerait. Qu'on se le dise : Almodovor ne réalisera jamais de remake de Love Story. Les relations vanilles ce n'est pas son truc et tant mieux !
Faut aimer la gaieté avec Almodóvar ! Couleurs flashy, femmes et travesties, le cinéma d'Almodóvar est unique et excentrique. On retiendra surtout de "Talons aiguilles", sa bande originale et son duo Abril/Paredes. Même si le fond du scénario est intéressant, la mise en scène d'Almodóvar en donne un tout autre aspect, qui ne sera pas du goût de tout le monde. Chez le cinéaste espagnol, la noirceur habituelle du drame s'exprime en couleur !
Pedro Almodóvar est aux commandes de ce film et ça se voit directement, décors aux couleurs criardes qui lui sont chers seront partout dans ce film au scénario hélas, qui était pas mal mais qui s'embourbe par des intrigues superficielles et peu importantes... Victoria Abril surjoue et énerve un peu, mais Marisa Paredes est excellente... De plus, malgré la scène de la chanson de cette dernière, le film ne m'a pas trop ému.. Dommage.
On retrouve tous les éléments qui feront la gloire d'Almodovar dans le futur: l'accent de Madrid, les femmes, la transexualité, l'homosexualité, la relation parents-enfants ou encore le désir de se déguiser, mettre un masque. L'histoire est originale, mais je ne vais pas la conter pour ne pas spoiler. Ensuite, les actrices sont superbes et annonce les prémices de "Tout Sur ma mère" et "Volver". Enfin, on trouve une intrigue un peu complexe, intéressante mais, malheureusement, très invraisemblable. L'histoire s'emmêle, part dans tous les sens, et finalement on se perd un peu. Et la fin est juste là pour boucher les trous de l'enquête. Mais bon, on retrouve toute l'amour qu'a le réalisateur pour les femmes. Il filme avec beaucoup de légèreté et de grâce ses protagonistes. Malheureusement, il y a certains détails qui l'empêchent d'être un chef-d'oeuvre absolu.
Déjà en '91, Almodovar avait trouvé les bases de son cinéma. Dans Talons Aiguilles sont montrées les principales obsessions du réalisateur, tous ces thèmes qu'il réutilisera par la suite sans jamais lasser, grâce à la richesse de ses scénarios. Parmi ces thèmes, on pense aux rapports entre les femmes, les questions liées à la sexualité, des émotions exacerbées et poussées très loin, tout cela sublimé par de magnifiques chansons espagnoles. Le scénario est tellement riche que je ne ferai pas de résumé : il faut voir le film pour comprendre. C'est beau, c'est touchant, l'intimisme et le grandiose se touche, bref c'est génial.