Le Bel Antonio
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bobmorane63
bobmorane63

246 abonnés 2 209 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 octobre 2025
Un film bouleversant de Mauro Bolognini datant de 1960 sur les thèmes du mariage et de l'impuissance sexuelle dans l'Italie de l'époque !
"Le bel Antonio" , tout est indiqué dans le titre, est un homme de bonne famille Italienne qui a un physique de séducteur mais qui a un lourd secret qui va se réveiller à un mariage avec une jeune et charmante demoiselle, il est impuissant et ne peut pas donner de descendance. La première chose qui m'a frappé, c'est l'histoire, je ne savais pas que quand on est impuissant, on annule un mariage avec tout le foin qu'il y a autour, mais c'était une coutume en Italie à l'époque que j'apprends. Ce long métrage a de belles images de l'Italie et ses rues, un scénario instructif et surtout des comédiens talentueux comme le formidable Marcello Mastroianni, la belle Claudia Cardinale, mais surtout Pierre Brasseur dans la peau du père d'Antonio qui livre là une interprétation remarquable. Un film Italien de la grande période des années 60 à découvrir.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

91 abonnés 4 229 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 novembre 2024
Précédé de sa réputation de Don Juan, le bel Antonio épouse Barbara, une fille de bonne famille dont la beauté angélique le subjugue -on le comprends, c'est Claudia Cardinale- et que, pour cette raison, il ne parvient pas à "honorer".
"Le bel Antonio" est un film très intelligent où l'on perçoit assez vite que le drame du personnage de Marcello Mastroianni (excellent dans ce contre-emploi) se rapporte à une satire virulente de la bourgeoisie. L'incapacité conjugale d'Antonio, figure anticonformiste du fils prodigue et du séducteur, signifie son refus d'appartenir à une société dont les valeurs altèrent et souillent la beauté et la pureté. Dans ce milieu d'arrivistes et de gens cupides, il est l'innocent, le vilain canard, que l'on montre du doigt, l'intègre qui fait honte.
spoiler: Son père, célébrant sans cesse le culte de la virilité, le renie; sa belle-famille le remplace, avec la complicité de l'Eglise, par un parti plus fortuné. Jusqu'à l'épouse vierge qui, sitôt qu'elle se figure le plaisir charnel, et sans respect pour le formidable amour que lui voue Antonio, le répudie avec mépris.
Le dénouement, très significatif, sera peut-être encore plus cruel pour Antonio, cet anti-Rastignac.
Malgré le ton grave du récit, on ne peut que deviner l'ironie que porte le scénario co-écrit par Pasolini, une causticité satirique très proche de celle de Bunuel, autre pourfendeur de la bourgeoisie. Mais, comme ce dernier -je pense en particulier à "Viridiana"- Pasolini ne fait que défendre une idée absolument pas subversive de la pureté.
L'interprétation est remarquable, et on se rappellera particulièrement la composition tragi-comique de Pierre Brasseur, dans le rôle du père, anéanti, incrédule, à l'annonce de l'impuissance de son fils.
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 novembre 2024
Durant son âge d'or, et surtout pendant les années 50 et 60, le cinéma italien s'est toujours fait un devoir de flinguer la petite bourgeoisie de province, ainsi que les moeurs rances de son pays, majoritairement régies par l'Église. "Le bel Antonio", n'échappe pas à la règle. Cela dit, là où d'autres classiques transalpins le faisaient de manière classique, si on peut dire, ici, c'est encore plus malin que ça. Puisque l'intermédiaire n'est ni plus, ni moins, que l'impuissance sexuelle, vouant un séducteur aux gémonies de la population, de la famille de sa femme, ainsi que de sa propre famille. Cela dit, chose rare dans le cinéma italien de ce temps là, sous un dénouement enfonçant le clou, se cache une humanité bienvenue. Marcello y est impeccable et cassait déjà cette image de séducteur latin qui lui collait à la peau, Claudia y est divine, comme à l'accoutumée, là où Brasseur père, malgré tout le talent qu'on lui connaît et qu'on ne lui contestera jamais, dénote un peu, pour la seule et bonne raison que ce n'est pas sa voix que l'on entend et vous savez tout aussi bien que moi que sa voix fut une arme redoutable.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 826 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 octobre 2024
Satire de la virilité réduite à l'expression érectile ou au nombre de conquêtes (amorales), ce drame se pare d'un humour caustique (notamment incarné par un volubile Pierre Brasseur) qui n'atténue pas la délicate sensibilité exprimée par un remarquable Marcello Mastroianni. Fausse intrigue matrimoniale, le récit s'intéresse aux ressorts psychologiques de l'intimité ainsi qu'au poids sociétal imposé aux mâles - et en creux, à celui vécu par les femmes. Un beau portrait d'homme...
Romain Z
Romain Z

14 abonnés 246 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 avril 2024
Alors que le cinéma Italien laisse généralement la part belle à la comédie , comme angle de regard et point de vue sur la société et l’époque. Le cinéma de Bolognini notamment avec le Bel Antonio adopte un regard beaucoup plus douloureux et sombre sur ce que peut avoir de dramatiquement figé et codifié ici, une société sicilienne, et la place réduite qu’elle laisse au libre parcours de chacun.
Par ailleurs avec ce portrait d’un jeune homme dont la position sociale de sémillant séducteur vient se fracasser sur une réalité intime et une vulnérabilité psychologique, et dont l’impuissance est de manière cruelle, seulement perçue comme obstacle à la perpétuation de la communauté , comment ne pas voir l’écho de la situation , de la condition d’homosexuel de Bolognini lui-même, dont Mastroianni serait ici ,une manière de double , otage et élément hétérogène d’une mécanique de reproduction du même.
NinaMyers
NinaMyers

18 abonnés 241 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 février 2024
Pier Paolo Pasolini est l'auteur de cette violente critique de la société sicilienne des années 60, et au delà du fascisme, où l'homme est jugé sur sa force sexuelle. C'est le cas d'Alfio, qui insiste sur ses conquêtes mais pas son son fils le très beau Antonio, qui est impuissant. Quand cela se sait, c'est le drame qui va détruire Antonio et da famille. Film subtil dans ces images mais violent dans sa critique. Interpretation magnifique de Marcello Mastroianni et de Pierre Brasseur
Hervé L
Hervé L

92 abonnés 717 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 janvier 2023
Un film intéressant sur la beauté en l'occurrence de l homme qui séduit les femm9sans les conquérir et sur l'impuissance qui peut saisir le don Juan face à une femme trop belle et trop désirable.
Hotinhere

790 abonnés 5 461 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 décembre 2022
Un drame intimiste cruel qui évoque le tabou de l'impuissance dans une société sicilienne sous le poids des traditions, porté par l'interprétation émouvante de Marcelo Mastroianni.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 405 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 septembre 2021
Bolognini n'a pas en France la même réputation que Fellini, Visconti, Antonioni, De Sica ou Rosselini. Et pourtant ce merveilleux réalisateur a mis en scène des films dont le niveau est équivalent aux chefs d'oeuvre des réalisateurs précités. C'est ainsi le cas de "le bel Antonio " un des fleurons de la filmographie de Bolognini. En résumé, il s'agit de l'histoire d'un séducteur affecté d'impuissance avec sa femme qu'il aime. La réalisation, la photo , les décors, le casting du film ( dont les vedettes sont Mastroiani, Pierre Brasseur) et le jeu des acteurs en font un chef-d'oeuvre de l'âge d'or du cinéma italien ( années 50 et 60) .Si je pouvais donner 6 étoiles à ce film, je le ferai. Notons que le film a été restauré et peut être vu en salles dans des conditions idéales.
judy55
judy55

47 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 mai 2019
Il n'y a pas a hésiter ce film est un pur chef-d'oeuvre! Encré avec une forte influence néoréaliste, "Le bel Antonio" est une réussite autant du point de vue du fond que de la forme. Une mise en scène qui allie les reflets de miroirs, les mouvements de caméra et les jeux d'ombres et lumières pour un résultat visuel des plus imprégnant! Les descriptions de paysages urbains de province italienne me rappellent des plans à la Vittorio De Sica! Le film analyse parfois presque de façon naturaliste la décadence, la corruption et l'hypocrisie au sein de la bourgeoisie italienne de ce début des années 60. Il dénonce ainsi le sexisme d'un société patriarcale obsédée par la virilité: sauf que cette fois ci la victime est bel et bien le masculin. Le personnage principal est interprété par un Marcello Mastroianni toujours accompagné de son charme sensuel même lorsqu'il s'agit de jouer un homme condamné à un amour platonique: évidemment il illumine l'écran de sa beauté et de sa sensibilité (le voir pleurer est réellement déchirant) Contrairement à ce que j'ai pu lire, Claudia Cardinale est excellente dans son rôle! On lui reproche d'avoir dans un jeu trop "froid" mais après m'être intéressée au roman dont est tiré le film cela est complètement logique: son personnage est décrit comme étant "aussi froide que les barreaux qui la séparent d'Antonio" . Pas étonnant donc que Claudia Cardinale ait adapté son jeu à ce personnage. Personnellement j'ai été très conquise par sa performance: en dehors de sa beauté indiscutable, elle incarnait très bien cette jeune fille ingénue obligée d'épouser un homme qu'elle ne connait pas et ne connaissant rien à l'amour. Pierre Brasseur est fidèle à lui même: parfois trop dans le sur-jeu mais indéniablement convainquant. On pourrait peut être reprocher au réalisateur un rendu trop académique mais je n'arrive pas à me le permettre tan les sujets abordés sont tout sauf conventionnels (place de l'homme, place de la femme, religion, Eglise, sexualité,...) Bref, un film à voir absolument!
fooker95
fooker95

10 abonnés 86 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 août 2018
Ce film sur l’impuissance est d’un tragique qu’incarne merveilleusement Marcelo Mastroianni, le play-boy italien par excellence prend tout le monde à contre pied. Quelle audace ! Claudia Cardinale est d’une beauté immaculée, hélas.
vidalger

378 abonnés 1 311 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 avril 2018
Ce film présente aujourd'hui un intérêt documentaire sur la Sicile des années 50, le machisme ordinaire, les mariages arrangés de la bourgeoisie, et le jeu des acteurs-stars de cette époque. On a un peu de mal à s'intéresser aujourd'hui aux malheurs d'un couple superbe qui ne parvient pas à "consommer" son mariage et doit passer par le curé pour que la dame - la superbe Claudia Cardinale - finisse par épouser le plus beau parti de l'île, après l'annulation de son union. Ce cinéma à beaucoup vieilli et Bolognini n'est pas à la hauteur des grands maîtres de la belle époque du cinéma italien.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 727 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 avril 2018
« Intacte »!!!
Le mot résonne comme une tragédie. Une famille qui ira jusqu’à renier son fils car la honte est plus tenace que la souffrance.
Bolognini filme l’orgueil dans le regard du père et la détresse dans les yeux du fils. Et cette fin qui sonne presque comme un terrible coup de massue ironique.
cylon86

2 833 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 mars 2018
Antonio est un charmeur. Toutes les femmes l'adorent et sont folles de lui. De retour en Sicile après plusieurs années passées à Rome, il décide de se marier à la belle Barbara dont il est éperdument amoureux. Mais au bout d'un an, le mariage n'est toujours pas consommé. On parle d'annulation et la réputation d'Antonio et de sa famille est mise à mal. Le bel Antoni serait-il impuissant ? Pire, il peut coucher avec n'importe quelle femme du moment qu'il n'en est pas amoureux. De ce dilemme, Mauro Bolognini aurait pu tirer une comédie. Si parfois le film va lorgner de ce côté, il raconte aussi le drame d'Antonio qui ne peut posséder la femme qu'il aime (incarnée par Claudia Cardinale) et qui est contraint de passer sa vie dans le malheur. Avec une puissance dramatique inattendue, "Le Bel Antonio" dénonce la pression sociale de la virilité qui règne en Italie et plus particulièrement en Sicile où tout le monde, prêtres et bourgeois, s'accordent à dire qu'il faut coucher avec une femme si on l'aime ! Car en Sicile, pour un homme, l'impuissance est pire que la pauvreté, c'est le déshonneur qui s'abat sur la famille d'Antonio, celui-ci se débattant comme il peut avec son tourment tandis que son père, décidé à laver son honneur, va voir les prostituées ! Co-écrit par Pier Paolo Pasolini, le film ne manque pas de piquant et égratigne avec force cette image de la virilité italienne à travers de nombreuses scènes parfaitement cocasses. Marcello Mastroianni, qui n'a jamais refusé la moindre prise de risque, casse ici son image de séducteur pour un rôle plus fragile auquel il donne une belle intensité tandis que Pierre Brasseur se montre irrésistiblement cabotin en père prêt à tout pour l'honneur de la famille. Une belle découverte.
ronny1
ronny1

55 abonnés 913 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 mars 2018
En adaptant le roman IL BELL’ANTONIO de Vitaliano Brancati, Mauro Bolognini et son scénariste, le jeune Pier Paolo Pasolini, abordent un thème particulièrement perturbant dans l’Italie de l’époque (1960), à savoir l’impotence.
Antonio (Marcello Mastroianni, le latin lover désabusé des films de Fellini) est un homme follement amoureux de la pureté (« une sainte »), qu’il pense avoir trouvé en épousant Barbara (Claudia Cardinale). Ingénue totale et stupide, qui acceptera, non sans réticence, de quitter cet homme qu’elle aime, mais qui ne la touche pas (sinon elle perdrait sa pureté), pour un parti financièrement prestigieux. Les deux acteurs qui opèrent un contre pied total par rapport à leur image, interprètent avec beaucoup de finesse, lui le désarroi face à son amour perdu et elle la progressive coercition des traditions qui finiront par l’emprisonner conjugalement, perdant l’homme qu’elle aime pour le profit matériel voulu par ses parents.
Au sein de la haute bourgeoisie et de la noblesse italienne, les mariages arrangés semblent remonter au dix neuvième siècle et pourtant cela se passe en 1960 au sein de la communauté européenne, dans une Sicile ultra phallocratique, le tout avec la bénédiction de l’église qui est la garante des règles qu’elle a elle même instaurée. spoiler: Le décès du père (Pierre Brasseur, qui en fait des tonnes) dans les bras d’une prostituée et la « découverte » ambiguë de la grossesse extra conjugale de la bonne, sont encensés par les familles, le magistrat et l’église (famille, loi et religion).
Que la morale soit bafouée et l’union non consommée trahie n’a guère d’importance puisqu’ils prouvent que père et fils sont encore capable d’une érection. Cette radiographie sans concession de la haute société italienne doit sans doute beaucoup à Pasolini.
Le jeu tout en finesse et retenue du couple central et de de Thomas Milian, pour la partie impotence, s’oppose à la verve bruyante de Pierre Brasseur, l’arrangeur arrangé, pour le volet social. Soulignée par un noir et blanc à la fois contrasté et très fin d’Armando Nannuzzi, la mise en scène élégante de Bolognini se conclue dans un final aussi sobre que bouleversant. Ce grand film est le sommet de l’œuvre du cinéaste.
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