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Nine
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4,5
Publiée le 15 août 2026
Un très beau film des heures du grand cinéma italien. La critique de la société italienne et plus particulièrement de la Sicile y est virulente. On est bien dans un drame malgré que tout prête à la farce, entre ragots, réputation, culte de la virilité, ambivalence de la religion, et bourgeoisie. Marcello Mastroïani toujours très classe et profond apporte une grande dignité à son personnage. Claudia Cardinale parfaite pour incarner la jeune-fille pure et belle.
Un film bouleversant de Mauro Bolognini datant de 1960 sur les thèmes du mariage et de l'impuissance sexuelle dans l'Italie de l'époque ! "Le bel Antonio" , tout est indiqué dans le titre, est un homme de bonne famille Italienne qui a un physique de séducteur mais qui a un lourd secret qui va se réveiller à un mariage avec une jeune et charmante demoiselle, il est impuissant et ne peut pas donner de descendance. La première chose qui m'a frappé, c'est l'histoire, je ne savais pas que quand on est impuissant, on annule un mariage avec tout le foin qu'il y a autour, mais c'était une coutume en Italie à l'époque que j'apprends. Ce long métrage a de belles images de l'Italie et ses rues, un scénario instructif et surtout des comédiens talentueux comme le formidable Marcello Mastroianni, la belle Claudia Cardinale, mais surtout Pierre Brasseur dans la peau du père d'Antonio qui livre là une interprétation remarquable. Un film Italien de la grande période des années 60 à découvrir.
Précédé de sa réputation de Don Juan, le bel Antonio épouse Barbara, une fille de bonne famille dont la beauté angélique le subjugue -on le comprends, c'est Claudia Cardinale- et que, pour cette raison, il ne parvient pas à "honorer". "Le bel Antonio" est un film très intelligent où l'on perçoit assez vite que le drame du personnage de Marcello Mastroianni (excellent dans ce contre-emploi) se rapporte à une satire virulente de la bourgeoisie. L'incapacité conjugale d'Antonio, figure anticonformiste du fils prodigue et du séducteur, signifie son refus d'appartenir à une société dont les valeurs altèrent et souillent la beauté et la pureté. Dans ce milieu d'arrivistes et de gens cupides, il est l'innocent, le vilain canard, que l'on montre du doigt, l'intègre qui fait honte. spoiler: Son père, célébrant sans cesse le culte de la virilité, le renie; sa belle-famille le remplace, avec la complicité de l'Eglise, par un parti plus fortuné. Jusqu'à l'épouse vierge qui, sitôt qu'elle se figure le plaisir charnel, et sans respect pour le formidable amour que lui voue Antonio, le répudie avec mépris. Le dénouement, très significatif, sera peut-être encore plus cruel pour Antonio, cet anti-Rastignac. Malgré le ton grave du récit, on ne peut que deviner l'ironie que porte le scénario co-écrit par Pasolini, une causticité satirique très proche de celle de Bunuel, autre pourfendeur de la bourgeoisie. Mais, comme ce dernier -je pense en particulier à "Viridiana"- Pasolini ne fait que défendre une idée absolument pas subversive de la pureté. L'interprétation est remarquable, et on se rappellera particulièrement la composition tragi-comique de Pierre Brasseur, dans le rôle du père, anéanti, incrédule, à l'annonce de l'impuissance de son fils.
Durant son âge d'or, et surtout pendant les années 50 et 60, le cinéma italien s'est toujours fait un devoir de flinguer la petite bourgeoisie de province, ainsi que les moeurs rances de son pays, majoritairement régies par l'Église. "Le bel Antonio", n'échappe pas à la règle. Cela dit, là où d'autres classiques transalpins le faisaient de manière classique, si on peut dire, ici, c'est encore plus malin que ça. Puisque l'intermédiaire n'est ni plus, ni moins, que l'impuissance sexuelle, vouant un séducteur aux gémonies de la population, de la famille de sa femme, ainsi que de sa propre famille. Cela dit, chose rare dans le cinéma italien de ce temps là, sous un dénouement enfonçant le clou, se cache une humanité bienvenue. Marcello y est impeccable et cassait déjà cette image de séducteur latin qui lui collait à la peau, Claudia y est divine, comme à l'accoutumée, là où Brasseur père, malgré tout le talent qu'on lui connaît et qu'on ne lui contestera jamais, dénote un peu, pour la seule et bonne raison que ce n'est pas sa voix que l'on entend et vous savez tout aussi bien que moi que sa voix fut une arme redoutable.
Satire de la virilité réduite à l'expression érectile ou au nombre de conquêtes (amorales), ce drame se pare d'un humour caustique (notamment incarné par un volubile Pierre Brasseur) qui n'atténue pas la délicate sensibilité exprimée par un remarquable Marcello Mastroianni. Fausse intrigue matrimoniale, le récit s'intéresse aux ressorts psychologiques de l'intimité ainsi qu'au poids sociétal imposé aux mâles - et en creux, à celui vécu par les femmes. Un beau portrait d'homme...
Alors que le cinéma Italien laisse généralement la part belle à la comédie , comme angle de regard et point de vue sur la société et l’époque. Le cinéma de Bolognini notamment avec le Bel Antonio adopte un regard beaucoup plus douloureux et sombre sur ce que peut avoir de dramatiquement figé et codifié ici, une société sicilienne, et la place réduite qu’elle laisse au libre parcours de chacun. Par ailleurs avec ce portrait d’un jeune homme dont la position sociale de sémillant séducteur vient se fracasser sur une réalité intime et une vulnérabilité psychologique, et dont l’impuissance est de manière cruelle, seulement perçue comme obstacle à la perpétuation de la communauté , comment ne pas voir l’écho de la situation , de la condition d’homosexuel de Bolognini lui-même, dont Mastroianni serait ici ,une manière de double , otage et élément hétérogène d’une mécanique de reproduction du même.
Pier Paolo Pasolini est l'auteur de cette violente critique de la société sicilienne des années 60, et au delà du fascisme, où l'homme est jugé sur sa force sexuelle. C'est le cas d'Alfio, qui insiste sur ses conquêtes mais pas son son fils le très beau Antonio, qui est impuissant. Quand cela se sait, c'est le drame qui va détruire Antonio et da famille. Film subtil dans ces images mais violent dans sa critique. Interpretation magnifique de Marcello Mastroianni et de Pierre Brasseur
Un film intéressant sur la beauté en l'occurrence de l homme qui séduit les femm9sans les conquérir et sur l'impuissance qui peut saisir le don Juan face à une femme trop belle et trop désirable.
Un drame intimiste cruel qui évoque le tabou de l'impuissance dans une société sicilienne sous le poids des traditions, porté par l'interprétation émouvante de Marcelo Mastroianni.
Bolognini n'a pas en France la même réputation que Fellini, Visconti, Antonioni, De Sica ou Rosselini. Et pourtant ce merveilleux réalisateur a mis en scène des films dont le niveau est équivalent aux chefs d'oeuvre des réalisateurs précités. C'est ainsi le cas de "le bel Antonio " un des fleurons de la filmographie de Bolognini. En résumé, il s'agit de l'histoire d'un séducteur affecté d'impuissance avec sa femme qu'il aime. La réalisation, la photo , les décors, le casting du film ( dont les vedettes sont Mastroiani, Pierre Brasseur) et le jeu des acteurs en font un chef-d'oeuvre de l'âge d'or du cinéma italien ( années 50 et 60) .Si je pouvais donner 6 étoiles à ce film, je le ferai. Notons que le film a été restauré et peut être vu en salles dans des conditions idéales.
Il n'y a pas a hésiter ce film est un pur chef-d'oeuvre! Encré avec une forte influence néoréaliste, "Le bel Antonio" est une réussite autant du point de vue du fond que de la forme. Une mise en scène qui allie les reflets de miroirs, les mouvements de caméra et les jeux d'ombres et lumières pour un résultat visuel des plus imprégnant! Les descriptions de paysages urbains de province italienne me rappellent des plans à la Vittorio De Sica! Le film analyse parfois presque de façon naturaliste la décadence, la corruption et l'hypocrisie au sein de la bourgeoisie italienne de ce début des années 60. Il dénonce ainsi le sexisme d'un société patriarcale obsédée par la virilité: sauf que cette fois ci la victime est bel et bien le masculin. Le personnage principal est interprété par un Marcello Mastroianni toujours accompagné de son charme sensuel même lorsqu'il s'agit de jouer un homme condamné à un amour platonique: évidemment il illumine l'écran de sa beauté et de sa sensibilité (le voir pleurer est réellement déchirant) Contrairement à ce que j'ai pu lire, Claudia Cardinale est excellente dans son rôle! On lui reproche d'avoir dans un jeu trop "froid" mais après m'être intéressée au roman dont est tiré le film cela est complètement logique: son personnage est décrit comme étant "aussi froide que les barreaux qui la séparent d'Antonio" . Pas étonnant donc que Claudia Cardinale ait adapté son jeu à ce personnage. Personnellement j'ai été très conquise par sa performance: en dehors de sa beauté indiscutable, elle incarnait très bien cette jeune fille ingénue obligée d'épouser un homme qu'elle ne connait pas et ne connaissant rien à l'amour. Pierre Brasseur est fidèle à lui même: parfois trop dans le sur-jeu mais indéniablement convainquant. On pourrait peut être reprocher au réalisateur un rendu trop académique mais je n'arrive pas à me le permettre tan les sujets abordés sont tout sauf conventionnels (place de l'homme, place de la femme, religion, Eglise, sexualité,...) Bref, un film à voir absolument!
Ce film sur l’impuissance est d’un tragique qu’incarne merveilleusement Marcelo Mastroianni, le play-boy italien par excellence prend tout le monde à contre pied. Quelle audace ! Claudia Cardinale est d’une beauté immaculée, hélas.
Ce film présente aujourd'hui un intérêt documentaire sur la Sicile des années 50, le machisme ordinaire, les mariages arrangés de la bourgeoisie, et le jeu des acteurs-stars de cette époque. On a un peu de mal à s'intéresser aujourd'hui aux malheurs d'un couple superbe qui ne parvient pas à "consommer" son mariage et doit passer par le curé pour que la dame - la superbe Claudia Cardinale - finisse par épouser le plus beau parti de l'île, après l'annulation de son union. Ce cinéma à beaucoup vieilli et Bolognini n'est pas à la hauteur des grands maîtres de la belle époque du cinéma italien.
« Intacte »!!! Le mot résonne comme une tragédie. Une famille qui ira jusqu’à renier son fils car la honte est plus tenace que la souffrance. Bolognini filme l’orgueil dans le regard du père et la détresse dans les yeux du fils. Et cette fin qui sonne presque comme un terrible coup de massue ironique.
Antonio est un charmeur. Toutes les femmes l'adorent et sont folles de lui. De retour en Sicile après plusieurs années passées à Rome, il décide de se marier à la belle Barbara dont il est éperdument amoureux. Mais au bout d'un an, le mariage n'est toujours pas consommé. On parle d'annulation et la réputation d'Antonio et de sa famille est mise à mal. Le bel Antoni serait-il impuissant ? Pire, il peut coucher avec n'importe quelle femme du moment qu'il n'en est pas amoureux. De ce dilemme, Mauro Bolognini aurait pu tirer une comédie. Si parfois le film va lorgner de ce côté, il raconte aussi le drame d'Antonio qui ne peut posséder la femme qu'il aime (incarnée par Claudia Cardinale) et qui est contraint de passer sa vie dans le malheur. Avec une puissance dramatique inattendue, "Le Bel Antonio" dénonce la pression sociale de la virilité qui règne en Italie et plus particulièrement en Sicile où tout le monde, prêtres et bourgeois, s'accordent à dire qu'il faut coucher avec une femme si on l'aime ! Car en Sicile, pour un homme, l'impuissance est pire que la pauvreté, c'est le déshonneur qui s'abat sur la famille d'Antonio, celui-ci se débattant comme il peut avec son tourment tandis que son père, décidé à laver son honneur, va voir les prostituées ! Co-écrit par Pier Paolo Pasolini, le film ne manque pas de piquant et égratigne avec force cette image de la virilité italienne à travers de nombreuses scènes parfaitement cocasses. Marcello Mastroianni, qui n'a jamais refusé la moindre prise de risque, casse ici son image de séducteur pour un rôle plus fragile auquel il donne une belle intensité tandis que Pierre Brasseur se montre irrésistiblement cabotin en père prêt à tout pour l'honneur de la famille. Une belle découverte.