Le Bel Antonio
Note moyenne
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32 critiques spectateurs

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Jimmyc
Jimmyc

182 abonnés 144 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 avril 2014
Le Bel Antonio signé Mauro Bolognini dessine ici le portrait de Antonio Magnano , jeune homme "fringuant" ayant réussi à Rome ,revenant en Sicile auprès des siens afin d'épouser une jeune femme.. La timide mais belle Barbara Puglisi, fille d'un riche industriel... La réputation de coureur de jupons que s'est forgé malgré lui Antonio à la ville le suit dans son pays natal et lui vaut l'attention de tous, particulièrement de ces demoiselles ,toutes plus jalouses les unes, les autres de l'héritière Puglisi... L'union de ces deux-êtres crée littéralement un "événement "et semble inoxydable tant le couple reste fusionnel . Cependant Antonio est incapable d'avoir tout rapport sexuel avec sa jeune épouse, et ce, même au bout de une année partagée. Le mariage se trouve alors nul devant Dieu car non consommé, tradition quelque peu surprenante mais inéluctable ..Le cinéaste réalise un portrait aigre-doux des bourgades siciliennes avec pour décor ses villages pleins de vies ,de mots ,et en son centre la religion ,cette religion qui sera la colonne vertébrale de l 'oeuvre.. L' humour reste assez noir dans le texte ,et profond dans les traits de caractère soulignant ainsi la complexité des protagonistes ..Le Bel Antonio demeure une pièce rare dont la réalisation exponentielle ne peut être égalée .. Le sujet si atypique et surprenant que constitue la remise en cause de l'éternelle virilité italienne, en l'occurrence par le cas relativement délicat du personnage de Antonio est brillamment mis en image .. Marcello Mastroianni emprunte les traits de ce personnage mystérieux avec une détermination et force incroyable . L''interprétation grandiose de Claudia Cardinale à l 'instar de" Libera Amore Mio " signé toujours Mauro Bolognini,.est magnifique de justesse et retenue..Les deux monuments soulèvent littéralement les images jusque à atteindre l 'apothéose de "la" sublime scène finale ..Une oeuvre inaltérable ..
benoitparis
benoitparis

142 abonnés 1 277 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mars 2012
Une pépite du cinéma italien de la grande époque, aussi singulière que déconcertante. Traiter de l’impuissance sans tomber dans la grosse farce, la gaudriole, est une performance assez rare qu’il faut mettre au crédit du sérieux du scénariste Pasolini, dans son approche de la sexualité. Bolognini met un scène une haute société sicilienne foncièrement archaïque dans ses mœurs, malgré ce qu«’elle veut en laisser paraître, régie par un machisme mythomane pathétique, l’hypocrisie, le cynisme intéressé de mariages arrangés, une absolue ignorance du désir féminin. Le Bel Antonio a quelque chose d’Hamlet dans son dégoût du monde, son idéalisme et son impuissance à aller au bout de sa révolte. Mastroïanni est magnifique de douleur et de tristesse contenues. La jeunesse lui donne une beauté et une élégance sidérantes. Le film est un dosage d’humour, de drame rentré et de mélancolie assez unique, et très bien mis en valeur par l’image en noir et blanc.
NeoLain

5 887 abonnés 4 743 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 mars 2008
Le scénario (d'après Vitaliano Brancati) est de Pier Paolo Pasolini : c'est dire la férocité du regard porté sur cette Sicile froide, au départ du soleil brûlant, térrible, ou la moindre anormalité est ressentie comme un crime inexpiable. L'<< anormal" >>, ici est Antonio, beau, séducteur, séduisant, qui revient dans sa ville natale après un long séjour à Rome, pour épouser la fille choisie par son père. Mais on devine, peu à peu (Mastroianni est magnifique de douleur rentrée, d'humiliation contenue), que le bel Antonio est impuissant. Toujours belle, mais trop souvent esthétisante, la mise en scène de Bolognini commence par peindre uen petite ville vantarde et stupide, pour ne cadrer, sur la fin, que le visage de mastroianni, perdu dans le noir. D'un sujet tabou, Bolognini l'esthète, tire un film à la fois dur et raffiné, à la superbe photo en noir et blanc. Face à la resplendissante Claudia Cardinale, Mastroianni casse son image de séducteur. Une satire caustique du machisme sicilien servie à merveille par son scénario.
SebD31
SebD31

102 abonnés 553 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 mars 2008
Un film dur et très profond, qui laisse une sombre image de la Sicile d'antan, et qui montre un héros à la fois admiré et détesté, mais surtout très triste. Le regard de Marcello Mastroianni est d'un dépit immense. Incontournable!
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 722 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 avril 2018
« Intacte »!!!
Le mot résonne comme une tragédie. Une famille qui ira jusqu’à renier son fils car la honte est plus tenace que la souffrance.
Bolognini filme l’orgueil dans le regard du père et la détresse dans les yeux du fils. Et cette fin qui sonne presque comme un terrible coup de massue ironique.
Pascal
Pascal

253 abonnés 2 392 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 septembre 2021
Bolognini n'a pas en France la même réputation que Fellini, Visconti, Antonioni, De Sica ou Rosselini. Et pourtant ce merveilleux réalisateur a mis en scène des films dont le niveau est équivalent aux chefs d'oeuvre des réalisateurs précités. C'est ainsi le cas de "le bel Antonio " un des fleurons de la filmographie de Bolognini. En résumé, il s'agit de l'histoire d'un séducteur affecté d'impuissance avec sa femme qu'il aime. La réalisation, la photo , les décors, le casting du film ( dont les vedettes sont Mastroiani, Pierre Brasseur) et le jeu des acteurs en font un chef-d'oeuvre de l'âge d'or du cinéma italien ( années 50 et 60) .Si je pouvais donner 6 étoiles à ce film, je le ferai. Notons que le film a été restauré et peut être vu en salles dans des conditions idéales.
TTNOUGAT

699 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 février 2008
Voila exactement le type de film qui vous entraine sur des chemins inconnus.Pour un cinéphile,il reste incontournable tant par ses défauts que par ses qualités.On navigue sans cesse entre le sublime et le ridicule mais les personnages sont tous constamment respectés.Atmosphère italienne des années 60 à 100%,décors baroques et superbe noir et blanc.Coté acteur Claude Brasseur est énormément desservi par une voix qui n'est pas la sienne et malgré tout son talent il dénote un peu.Claudia Cardinale est superbe et magnifique dans un rôle absolument détestable que même un prêtre italien n'approuve pas.Marcello Mastroianni enfin a eu bien du mérite à accepter de ternir son image par ses mensonges permanents.A découvrir avant que le dvd ne s'épuise.
cylon86

2 832 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 mars 2018
Antonio est un charmeur. Toutes les femmes l'adorent et sont folles de lui. De retour en Sicile après plusieurs années passées à Rome, il décide de se marier à la belle Barbara dont il est éperdument amoureux. Mais au bout d'un an, le mariage n'est toujours pas consommé. On parle d'annulation et la réputation d'Antonio et de sa famille est mise à mal. Le bel Antoni serait-il impuissant ? Pire, il peut coucher avec n'importe quelle femme du moment qu'il n'en est pas amoureux. De ce dilemme, Mauro Bolognini aurait pu tirer une comédie. Si parfois le film va lorgner de ce côté, il raconte aussi le drame d'Antonio qui ne peut posséder la femme qu'il aime (incarnée par Claudia Cardinale) et qui est contraint de passer sa vie dans le malheur. Avec une puissance dramatique inattendue, "Le Bel Antonio" dénonce la pression sociale de la virilité qui règne en Italie et plus particulièrement en Sicile où tout le monde, prêtres et bourgeois, s'accordent à dire qu'il faut coucher avec une femme si on l'aime ! Car en Sicile, pour un homme, l'impuissance est pire que la pauvreté, c'est le déshonneur qui s'abat sur la famille d'Antonio, celui-ci se débattant comme il peut avec son tourment tandis que son père, décidé à laver son honneur, va voir les prostituées ! Co-écrit par Pier Paolo Pasolini, le film ne manque pas de piquant et égratigne avec force cette image de la virilité italienne à travers de nombreuses scènes parfaitement cocasses. Marcello Mastroianni, qui n'a jamais refusé la moindre prise de risque, casse ici son image de séducteur pour un rôle plus fragile auquel il donne une belle intensité tandis que Pierre Brasseur se montre irrésistiblement cabotin en père prêt à tout pour l'honneur de la famille. Une belle découverte.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 15 mai 2009
Sous une apparence paisible, le film dénonce férocement l'hyprocrisie de la bourgeoisie italienne et de l'église, à partir d'un sujet rarement abordé au cinéma. A l'images de son héros le film comporte quelques moments faibles souvent contre balancés par la verve de Brasseur.
vidalger

378 abonnés 1 311 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 avril 2018
Ce film présente aujourd'hui un intérêt documentaire sur la Sicile des années 50, le machisme ordinaire, les mariages arrangés de la bourgeoisie, et le jeu des acteurs-stars de cette époque. On a un peu de mal à s'intéresser aujourd'hui aux malheurs d'un couple superbe qui ne parvient pas à "consommer" son mariage et doit passer par le curé pour que la dame - la superbe Claudia Cardinale - finisse par épouser le plus beau parti de l'île, après l'annulation de son union. Ce cinéma à beaucoup vieilli et Bolognini n'est pas à la hauteur des grands maîtres de la belle époque du cinéma italien.
Hotinhere

790 abonnés 5 455 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 décembre 2022
Un drame intimiste cruel qui évoque le tabou de l'impuissance dans une société sicilienne sous le poids des traditions, porté par l'interprétation émouvante de Marcelo Mastroianni.
Max Rss
Max Rss

251 abonnés 2 306 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 novembre 2024
Durant son âge d'or, et surtout pendant les années 50 et 60, le cinéma italien s'est toujours fait un devoir de flinguer la petite bourgeoisie de province, ainsi que les moeurs rances de son pays, majoritairement régies par l'Église. "Le bel Antonio", n'échappe pas à la règle. Cela dit, là où d'autres classiques transalpins le faisaient de manière classique, si on peut dire, ici, c'est encore plus malin que ça. Puisque l'intermédiaire n'est ni plus, ni moins, que l'impuissance sexuelle, vouant un séducteur aux gémonies de la population, de la famille de sa femme, ainsi que de sa propre famille. Cela dit, chose rare dans le cinéma italien de ce temps là, sous un dénouement enfonçant le clou, se cache une humanité bienvenue. Marcello y est impeccable et cassait déjà cette image de séducteur latin qui lui collait à la peau, Claudia y est divine, comme à l'accoutumée, là où Brasseur père, malgré tout le talent qu'on lui connaît et qu'on ne lui contestera jamais, dénote un peu, pour la seule et bonne raison que ce n'est pas sa voix que l'on entend et vous savez tout aussi bien que moi que sa voix fut une arme redoutable.
Charlotte28
Charlotte28

202 abonnés 2 812 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 octobre 2024
Satire de la virilité réduite à l'expression érectile ou au nombre de conquêtes (amorales), ce drame se pare d'un humour caustique (notamment incarné par un volubile Pierre Brasseur) qui n'atténue pas la délicate sensibilité exprimée par un remarquable Marcello Mastroianni. Fausse intrigue matrimoniale, le récit s'intéresse aux ressorts psychologiques de l'intimité ainsi qu'au poids sociétal imposé aux mâles - et en creux, à celui vécu par les femmes. Un beau portrait d'homme...
ronny1
ronny1

55 abonnés 913 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 mars 2018
En adaptant le roman IL BELL’ANTONIO de Vitaliano Brancati, Mauro Bolognini et son scénariste, le jeune Pier Paolo Pasolini, abordent un thème particulièrement perturbant dans l’Italie de l’époque (1960), à savoir l’impotence.
Antonio (Marcello Mastroianni, le latin lover désabusé des films de Fellini) est un homme follement amoureux de la pureté (« une sainte »), qu’il pense avoir trouvé en épousant Barbara (Claudia Cardinale). Ingénue totale et stupide, qui acceptera, non sans réticence, de quitter cet homme qu’elle aime, mais qui ne la touche pas (sinon elle perdrait sa pureté), pour un parti financièrement prestigieux. Les deux acteurs qui opèrent un contre pied total par rapport à leur image, interprètent avec beaucoup de finesse, lui le désarroi face à son amour perdu et elle la progressive coercition des traditions qui finiront par l’emprisonner conjugalement, perdant l’homme qu’elle aime pour le profit matériel voulu par ses parents.
Au sein de la haute bourgeoisie et de la noblesse italienne, les mariages arrangés semblent remonter au dix neuvième siècle et pourtant cela se passe en 1960 au sein de la communauté européenne, dans une Sicile ultra phallocratique, le tout avec la bénédiction de l’église qui est la garante des règles qu’elle a elle même instaurée. spoiler: Le décès du père (Pierre Brasseur, qui en fait des tonnes) dans les bras d’une prostituée et la « découverte » ambiguë de la grossesse extra conjugale de la bonne, sont encensés par les familles, le magistrat et l’église (famille, loi et religion).
Que la morale soit bafouée et l’union non consommée trahie n’a guère d’importance puisqu’ils prouvent que père et fils sont encore capable d’une érection. Cette radiographie sans concession de la haute société italienne doit sans doute beaucoup à Pasolini.
Le jeu tout en finesse et retenue du couple central et de de Thomas Milian, pour la partie impotence, s’oppose à la verve bruyante de Pierre Brasseur, l’arrangeur arrangé, pour le volet social. Soulignée par un noir et blanc à la fois contrasté et très fin d’Armando Nannuzzi, la mise en scène élégante de Bolognini se conclue dans un final aussi sobre que bouleversant. Ce grand film est le sommet de l’œuvre du cinéaste.
Romain Z
Romain Z

14 abonnés 246 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 avril 2024
Alors que le cinéma Italien laisse généralement la part belle à la comédie , comme angle de regard et point de vue sur la société et l’époque. Le cinéma de Bolognini notamment avec le Bel Antonio adopte un regard beaucoup plus douloureux et sombre sur ce que peut avoir de dramatiquement figé et codifié ici, une société sicilienne, et la place réduite qu’elle laisse au libre parcours de chacun.
Par ailleurs avec ce portrait d’un jeune homme dont la position sociale de sémillant séducteur vient se fracasser sur une réalité intime et une vulnérabilité psychologique, et dont l’impuissance est de manière cruelle, seulement perçue comme obstacle à la perpétuation de la communauté , comment ne pas voir l’écho de la situation , de la condition d’homosexuel de Bolognini lui-même, dont Mastroianni serait ici ,une manière de double , otage et élément hétérogène d’une mécanique de reproduction du même.
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