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ronny1
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4,0
Publiée le 11 mars 2018
En adaptant le roman IL BELL’ANTONIO de Vitaliano Brancati, Mauro Bolognini et son scénariste, le jeune Pier Paolo Pasolini, abordent un thème particulièrement perturbant dans l’Italie de l’époque (1960), à savoir l’impotence. Antonio (Marcello Mastroianni, le latin lover désabusé des films de Fellini) est un homme follement amoureux de la pureté (« une sainte »), qu’il pense avoir trouvé en épousant Barbara (Claudia Cardinale). Ingénue totale et stupide, qui acceptera, non sans réticence, de quitter cet homme qu’elle aime, mais qui ne la touche pas (sinon elle perdrait sa pureté), pour un parti financièrement prestigieux. Les deux acteurs qui opèrent un contre pied total par rapport à leur image, interprètent avec beaucoup de finesse, lui le désarroi face à son amour perdu et elle la progressive coercition des traditions qui finiront par l’emprisonner conjugalement, perdant l’homme qu’elle aime pour le profit matériel voulu par ses parents. Au sein de la haute bourgeoisie et de la noblesse italienne, les mariages arrangés semblent remonter au dix neuvième siècle et pourtant cela se passe en 1960 au sein de la communauté européenne, dans une Sicile ultra phallocratique, le tout avec la bénédiction de l’église qui est la garante des règles qu’elle a elle même instaurée. spoiler: Le décès du père (Pierre Brasseur, qui en fait des tonnes) dans les bras d’une prostituée et la « découverte » ambiguë de la grossesse extra conjugale de la bonne, sont encensés par les familles, le magistrat et l’église (famille, loi et religion). Que la morale soit bafouée et l’union non consommée trahie n’a guère d’importance puisqu’ils prouvent que père et fils sont encore capable d’une érection. Cette radiographie sans concession de la haute société italienne doit sans doute beaucoup à Pasolini. Le jeu tout en finesse et retenue du couple central et de de Thomas Milian, pour la partie impotence, s’oppose à la verve bruyante de Pierre Brasseur, l’arrangeur arrangé, pour le volet social. Soulignée par un noir et blanc à la fois contrasté et très fin d’Armando Nannuzzi, la mise en scène élégante de Bolognini se conclue dans un final aussi sobre que bouleversant. Ce grand film est le sommet de l’œuvre du cinéaste.
Malgré ses tares pasoliniennes, Bolognini concocte (alors que Jean cocte tôt) à sa sauce des restes de Néo-réalisme avec l'élégance d'un Visconti et la caméra à l'épaule de la Nouvelle Vague. Marcello marche sur les eaux de la sexualité choisie en allant (ou inhalant pas) vers l'hymen. Ce qui l'amène à ne pas la franchir (est-il timbré cet affranchi?). Le cinéaste peint l'hypocrisie de l'Eglise avant, pendant et après la sexualité. il introduit habilement dans ses images léchées des symboles féminins que la censure ignore ou jésuite (verbe)...
Le Bel Antonio signé Mauro Bolognini dessine ici le portrait de Antonio Magnano , jeune homme "fringuant" ayant réussi à Rome ,revenant en Sicile auprès des siens afin d'épouser une jeune femme.. La timide mais belle Barbara Puglisi, fille d'un riche industriel... La réputation de coureur de jupons que s'est forgé malgré lui Antonio à la ville le suit dans son pays natal et lui vaut l'attention de tous, particulièrement de ces demoiselles ,toutes plus jalouses les unes, les autres de l'héritière Puglisi... L'union de ces deux-êtres crée littéralement un "événement "et semble inoxydable tant le couple reste fusionnel . Cependant Antonio est incapable d'avoir tout rapport sexuel avec sa jeune épouse, et ce, même au bout de une année partagée. Le mariage se trouve alors nul devant Dieu car non consommé, tradition quelque peu surprenante mais inéluctable ..Le cinéaste réalise un portrait aigre-doux des bourgades siciliennes avec pour décor ses villages pleins de vies ,de mots ,et en son centre la religion ,cette religion qui sera la colonne vertébrale de l 'oeuvre.. L' humour reste assez noir dans le texte ,et profond dans les traits de caractère soulignant ainsi la complexité des protagonistes ..Le Bel Antonio demeure une pièce rare dont la réalisation exponentielle ne peut être égalée .. Le sujet si atypique et surprenant que constitue la remise en cause de l'éternelle virilité italienne, en l'occurrence par le cas relativement délicat du personnage de Antonio est brillamment mis en image .. Marcello Mastroianni emprunte les traits de ce personnage mystérieux avec une détermination et force incroyable . L''interprétation grandiose de Claudia Cardinale à l 'instar de" Libera Amore Mio " signé toujours Mauro Bolognini,.est magnifique de justesse et retenue..Les deux monuments soulèvent littéralement les images jusque à atteindre l 'apothéose de "la" sublime scène finale ..Une oeuvre inaltérable ..
L’amour non consommé par le bel Antonio frustre et interroge le spectateur, comment peut-il rester insensible à la beauté candide de la superbe Claudia, prête à honorer le contrat passé entre les deux familles. Une dénonciation de certaines idées machistes fondatrices de la société sicilienne sobrement illustré par une belle photo en noir et blanc et des acteurs justes. Bon film.
A vrai dire j’ai décidé de le voir plus par la présence de Mastroianni et Cardinale que par le nom du réalisateur, qui jusque-là m’était parfaitement inconnu. Cela va sans dire qu’avec ce film – dont le scénario a été fait par Pasolini reprenant un roman de Brancati – je ne pense pas m’arrêter là, car ce film m’a plus que positivement surpris. L’histoire commence plutôt calmement, avec l’éternel dragueur Mastroianni qui semble amener les filles à ses pieds et repousser toutes leurs illusions. Le voilà qui revient à Catane, et se marie avec Barbara alias Cardinale, qu’il aime manifestement et réciproquement. A partir de là le film devient vraiment intéressant, en considérant 2 lignes directrices : d’une part le personnage de Mastroianni, celui que l’on croyait dragueur invétéré, qui se révèle être dans l’incapacité de coucher Barbara, et de l’autre toute la réaction de la société à son égard, la position de la religion que l’on n’ose contester, l’isolement de cet individu que l’on considère comme « anormal », et à nouveau la gloire lorsqu'on va apprendre à la fin qu’il a réussi à mettre enceinte la bonne… Une société qui n’a donc que des idées fixes, stéréotypées – ce qui est encore plus flagrant de voir ça aujourd'hui, à une époque où clairement les mœurs se sont libéralisées – et où un homme doit absolument assumer son rôle, son statut, son identité même, en sachant baiser (pour le dire vulgairement), sinon il est vu comme un moins que rien. Cette société qui se refuse à accepter Mastroianni, également représentée par son père, qui si au début va mettre la séparation du couple sur la critique de la famille de Barbara (elle qui souhaite épouser un autre homme beaucoup plus riche), il va devoir faire face à ce qui est son fils, le traitant d’ « imbécile » à mille reprises, et finalement va finir par coucher avec une prostituée (et en mourir), comme pour réussir, à un âge avancé, là où son fils a échoué. Film extrêmement critique donc, et j’ai vraiment apprécié sa tournure, puisque ça porte sur un ensemble de points, autant la religion que les mentalités des gens, avec évidemment beaucoup d’hypocrisie en leur sein. Pour un film datant de 1960, atteindre ce point-là est vraiment fort je trouve.
Une pépite du cinéma italien de la grande époque, aussi singulière que déconcertante. Traiter de l’impuissance sans tomber dans la grosse farce, la gaudriole, est une performance assez rare qu’il faut mettre au crédit du sérieux du scénariste Pasolini, dans son approche de la sexualité. Bolognini met un scène une haute société sicilienne foncièrement archaïque dans ses mœurs, malgré ce qu«’elle veut en laisser paraître, régie par un machisme mythomane pathétique, l’hypocrisie, le cynisme intéressé de mariages arrangés, une absolue ignorance du désir féminin. Le Bel Antonio a quelque chose d’Hamlet dans son dégoût du monde, son idéalisme et son impuissance à aller au bout de sa révolte. Mastroïanni est magnifique de douleur et de tristesse contenues. La jeunesse lui donne une beauté et une élégance sidérantes. Le film est un dosage d’humour, de drame rentré et de mélancolie assez unique, et très bien mis en valeur par l’image en noir et blanc.
Le bel Antonio est un film assez décevant de Mauro Bolognini. La mise en scène est irréprochable et les acteurs comme Claudia Cardinale, Marcello Mastroianni ou encore Pierre Brasseur sont convaincants. Mais je pense que le scénario aurait mérité d’être amélioré et je n’ai pas été convaincu à 200% par le film. Pour moi ça vaut juste la moyenne, 10 / 20.
Sous une apparence paisible, le film dénonce férocement l'hyprocrisie de la bourgeoisie italienne et de l'église, à partir d'un sujet rarement abordé au cinéma. A l'images de son héros le film comporte quelques moments faibles souvent contre balancés par la verve de Brasseur.
Un gachis malheureux est à déplorer pour "Il bell'Antonio" car d'un sujet de départ vraiment attirant Mauro Bolognini n'en a tiré qu'un drame simplet, académique et sans aucune saveur. Scénarisée par le célèbre cinéaste Pier Paolo Pasolini, l'oeuvre on le sait, traite de l'impuissance masculine en mettant en scène un Dom Juan rongé par le doute. Pour illustrer ce sujet attirant donc, puisque courageux et dénonciateur, le cinéaste s'est même armé de comédiens de renoms. Mais en partant de là, ça coince déjà tant l'interprétation est inégale. En effet, Marcello Mastroianni malgré sa sobriété reste vraiment trop froid et inexpressif à mon goût pour que l'on puisse réellement s'attacher à son personnage. Pareil pour Claudia Cardinale (actrice magnifique soit-elle !), trop discrète pour être mémorable. Seul Pierre Brasseur s'en tire plutôt bien. En fait l'interprétation est à l'image du film lui même c'est à dire fade, lent, sans la moindre tentative d'audace de la part du cinéaste pour alimenter son brulôt. L'intrigue alors perd progressivement de son interêt et Brasseur a beau élever la voix, nous, on ne suit plus.
Pour tout dire, je m'attendais à beaucoup mieux... Etant assez attiré par le cinéma transalpin de la grande époque et appréciant particulièrement plusieurs de ses illustres auteurs, c'est tout naturellement que je me suis dirigé vers "Il Bell'Antonio" certes réalisé par un oublié aujourd'hui (Bolognini) mais plusieurs fois primé à son époque, rédigé par Pasolini et mettant en scène le mythique couple de stars Mastroianni-Cardinale. Ce long-métrage est une étude des moeurs de la société de son époque, et s'attaque plus particulièrement aux campagnes profondes très traditionnelles, aux valeurs quasi-ancestrales et dont on peut assez aisément critiquer plusieurs des principes basiques. Sous la plume du très fin scénariste qu'est P.P.P., on pouvait penser se diriger vers quelque chose de virulent, de violemment contestataire abattant cyniquement les normes présentées dans le film. Etonnamment et pour ma plus grande désillusion, il s'avère au contraire assez frileux, ne s'engageant jamais dans une satire explicite, trouvant toujours le moyen de détourner les sujets gênants et restant la très grande majorité du temps dans le politiquement correct, le convenu. Les personnages ne sont qu'une triste accumulation de clichés et malgré un humour qui a tendance à faire mouche, on s'ennuie devant tant de platitude et de déjà-dits. Si encore la réalisation avait tenté quelque chose mais non ! Certes surnagent quelques beaux plans mais bien trop peu pour sembler s'éloigner un minimum des conventions en vogue à l'époque. Si l'interprétation du grand Marcello est conforme à son talent, on peut en revanche être déçus de la prestation en demi-teinte d'une timide Claudia Cardinale. Evidemment, sa beauté demeure intacte mais c'est bien le seul atout dont elle dispose ici, faisant preuve d'une inexpressivité relativement agaçante. "Il Bell'Antonio" n'affronte jamais réellement son sujet et ne s'attaque pas à ce qu'il devrait. Pas mauvais mais faisant fausse route la plupart du temps.
Je ne comprends pas pourquoi ce film a reçu tant de récompenses tant il est ennuyeux, en particulier la prestation de Claudia Cardinale. Heureusement qu'il y a Pierre Brasseur pour y mettre un peu de verve et d'action, comme à son habitude.
Une réussite. Réalisé en 1960 le film traite de l'impuissance masculine. Marcello Mastroianni de retour de Rome où il n'a pas pu obtenir le poste diplomatique qu'il visait revient précédé d'une réputation de Dom Juan. En fait si les femmes sont irrésistiblement attirées par lui (il est jeune, beau et à de la prestance) il n'a finalement eu que peu de conquêtes. La scène d'ouverture le montre au lit (mais habillé) avec une jeune fille qui le supplie de rester avec lui-même si il ne peut pas lui donner ce que toute femme amoureuse attend de "son" homme. Ainsi le thème du film est-il posé d'emblée. Au pays il se marie avec un "ange" pensant qu'avec elle il parviendra à dépasser son problème. Ses parents sont aux anges : outre sa beauté la fille est issue d'une famille riche. Et le verger du père d'Antonio ne représente pour le moment que des dettes. C'est Pierre Brasseur qui l'interprète, époustouflant en petit bourgeois haut en couleurs fier de la virilité de son fils et heureux de ce mariage d'intérêt. Il tombe des nues lorsqu'un an après le père de la mariée vient lui dire que le mariage n'est toujours pas consommé et va en conséquence en demander l'annulation. Claudia Cardinale, d'une beauté un peu glaçante, jure d'abord que jamais Antonio ne cessera d'être son mari puis se range à l'avis de son père qui veut la remarier à un riche prétendant. La vierge a entre-temps appris par une domestique que son mari ne se comporte pas avec elle comme il devrait. Un jour Antonio avoue à son cousin qu'il n'a réussit à coucher qu'avec une seule fille. Il décrit le froid intense qui l'envahit au moment crucial. A la fin il s'avère que la bonne est enceinte…d'Antonio. Est-il vraiment le père ou a-t-elle menti pour lui ? On se croirait parfois chez Bunuel. Antonioni n'est pas si loin et le grand Pasolini a signé le scénario. Le film fourmille de notations justes et cruelles sur la bonne société sicilienne confite dans ses valeurs et ses préjugés et au fond incroyablement vulgaire.
Un film dur et très profond, qui laisse une sombre image de la Sicile d'antan, et qui montre un héros à la fois admiré et détesté, mais surtout très triste. Le regard de Marcello Mastroianni est d'un dépit immense. Incontournable!