Babel, 2006, de Alejandro Gonzalez Inarritu, avec Brad Pitt, Cate Blanchett et surtout, avec des comédiens amateurs très justes. Babel est cet édifice géant imaginé (La Genèse) par les hommes pour se rapprocher de Dieu. Lequel, punissant ainsi l’orgueil des humains, aurait créé les langues, pour diviser les peuples. Opération certes réussie, sauf que, même dans des cultures différentes, les souffrances et frustrations dues à l’incommunicabilité restent les sentiments les mieux partagées sur la planète, quel que soit le lieu où elles s’expriment. Il me semble que c’est cela que le cinéaste nous dit, par le biais d’une carabine (avec une arme, on se défend, mais on agresse aussi…), qui va passer du Japon au cœur du désert marocain, créant des drames en chaîne jusqu’à la frontière américano-mexicaine. Message ambitieux, scénario très original, bien construit (Guillermo Arriaga), mise en scène soignée, fluide malgré l’éclatement des histoires et des lieux, magnifiques images et personnages crédibles, sauf, peut-être, au Japon, autour de cette jeune Tokyoïte névrosée, sourde-muette (et dont la mère s’est suicidée…too much côté mélo !!) qui porte des socquettes blanches d’écolière, mais pas de culotte ! Face à la douleur, on est tous vraiment seuls et désarmés. C’est ça aussi la mondialisation !!!!La démonstration, réglée comme une horloge suisse, est bluffante, dans le fond, comme dans la forme. Avec un petit bémol : on manque d’empathie pour le couple américain (les comédiens vedettes, au centre du puzzle), ce qui handicape notre émotion.