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GéDéon
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3,5
Publiée le 12 novembre 2023
En 1956, Claude Autant-Lara signe une pétillante comédie inspirée d’une nouvelle de Marcel Aymé. Sous l'Occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale, en plein Paris, deux hommes défient le couvre-feu pour livrer des denrées alimentaires au marché noir. En raison du formidable duo composé de Jean Gabin et Bourvil, mais aussi de la truculente apparition de Louis de Funès, le ton reste résolument drôle avec des dialogues qui pourraient être tout droit sortis de l’imaginaire d’un Michel Audiard. Toutefois, le regard un brin cynique sur le comportement des citoyens français, devant faire face au rationnement et à la pénurie de vivres, donne une dimension plus sombre au récit. Bref, un classique du cinéma populaire.
Au-delà des péripéties et des rencontres qui se présentent aux deux contrebandiers Grandgil et Martin - car le transport de nuit à Paris, sous l'Occupation, d'un cochon découpé, ne va pas sans aléas ni discrétion assurée- c'est la nature des personnages qui nous amuse le plus. Cette comédie qui se fait grave ou satirique selon les circonstances donne à voir quelques figures de la France occupée. L'humour corrosif et cynique de Marcel Aymé attaque le comportement couard des classes moyennes (voir par ailleurs "Uranus" du même Marvel Aymé). Le personnage de Gabin, artiste téméraire et provocateur, incarne l'intellectuel -non corrompu- au-dessus des contingences de l'Occupation. Sa rencontre avec Bourvil donne lieu à un brillant numéro d'acteurs, et la complémentarité, la connivence entre les deux, Bourvil en bravache sympathique, est évidente.
Grand classique du cinéma français, La Traversée de Paris est un exemple d'écriture et de mise en scène. Partant d'un concept simple, le film parvient à installer une tension et un suspense constant. Le duo formé par Jean Gabin et Bourvil est formidable et parvient à trouver un parfait équilibre, dans la lignée des meilleurs buddy movies.
Ce classique du cinéma français avec ces répliques est un très bon film avec Jean Gabin, Bourvil et moindres mesures Louis de Funes. Avec eux, on est sur de voir de vrais comédiens. Autant Lara le réalisateur arrive parfaitement à décrire la vie sous l'occupation avec son marché noir, ses couvres feux, les rationnements. Tout le long de cette traversée Gabin et Bourvil vont croiser différents personnages.
La 4ème étoile aurait pu être attribuée sans cette fin (heureuse fin ??). Le film aurait eu plus d'impact (dramatique) s'il s'arrêtait au départ du camion emmenant Bourvil.
NB : que pensez de cette plaque d'immatriculation (qui est erronée historiquement)
Une virée dans les traverses du marché noir parisien assez audacieuse pour montrer la réalité de la débrouillardise voire de la malhonnêteté nécessaire en tant de restrictions et de guerre. Portée par un truculent duo d'acteurs au diapason (soutenu par un bondissant Louis de Funès) cette déambulation se fait prétexte à de pétillants dialogues et à une réflexion sur la nature humaine dans une mise en scène très désuète. Suranné par son style mais fort bien mené!
La Traversée de Paris est un film réalisé par Claude Autant-Lara est sorti en 1956. Ce long métrage raconte l'histoire de deux hommes qui doivent traverser Paris pour livrer un cochon pendant l'Occupation. Le sujet traité (le marché noir à cette période) contraste avec la désinvolture du verbe des dialogues, ce qui est innovant pour l'époque. Les acteurs principaux (Bourvil et Jean Gabin) sont phénoménaux dans leur rôle, là où Louis de Funès obtient enfin un rôle important et marquant dans un film qui l'est tout autant. La réalisation est esthétiquement très réussie et les dialogues acides, féroces renforcent le propos du film. Un vrai classique à voir et à revoir.
Un très grand Gabin et un Bourvil qui fait du Bourvil. Le duo fonctionne à merveille, les deux étant des monuments d'interprétation. L'histoire est dure mais certains passages parviennent tout de même à nous faire rire. La fin toutefois est un peu bâclée selon moi, dommage. Il reste malgré tout un grand film que je conseille de regarder.
Dans la famille "les classiques que l'on découvre sur le tard", je demande "La Traversée de Paris" ! Et oui, malgré son statut et ses multiples rediffusions, je n'avais jusque ici jamais eu l'occasion de voir cette comédie dramatique. C'est chose enfin réparée. Pour ceux qui comme moi découvriraient le film, soyez prévenus. Il ne s'agit aucunement d'une farce gauloise, ou même d'une comédie légère et bon-vivant. "La Traversée de Paris" est surtout un portrait ultra-cynique et sans tabou de l'Occupation. A tel point qu'il secoua à sa sortie, le cinéma français ayant l'habitude de représenter une France résistante et noble. Ainsi, si la mise en scène demeure sobre, voire basique, le scénario est excellent, à la fois drôle et sombre. L'Occupation apporte son lot de misères et de contraintes quotidiennes, qui ne feront qu'amplifier les défauts des individus et de la société. Lâcheté, opportunisme, injustices entres classes sociales, injustices entre statuts (chômeurs, travailleurs, oisifs). Le contenu est riche et incisif, et ne dresse pas un portrait glorieux des Parisiens ! Nos deux héros convoyant en pleine nuit un cochon découpé dans le Paris occupé seront d'ailleurs plus qu'ambigus. Initialement dépeints comme très peu recommandables, on s'attachera peu à peu à ces personnages finalement très humains, qui deviendront amis malgré tout. A ce niveau, le film doit beaucoup à ses excellents interprètes, Jean Gabin et Bourvil, au sommet. Tandis que Louis de Funès (alors loin d'être une star) parvient à se faire une place à l'écran, malgré une poignée de scène et les monstres qu'il a en face. Un beau film, toujours à propos.
Un petit bijou de film. Emmené par 2 immenses comédiens Gabin et Bourvil le scénario nous emmène à Paris durant l'occupation. Martin (Bourvil) se retrouve à faire équipe avec Grandgil (Gabin) pour convoyer 4 valises pleine de viande de cochon. Après avoir récupéré la marchandise chez Jambiet (De Funès) les deux hommes se lance dans la traversée de Paris. Le film offre des scènes d'anthologie et met en avant le comportement de certains français durant la guerre. Un film court (1h20) à voir et revoir sans modération. Gabin et Bourvil livrent tout deux une formidable interprétation dans leurs rôles respectifs.
La traversée de Paris, est un très bon film qui est très bien aidé par le duo Bourvil-Gabin ! Bonne histoire, bonne comédie, et bon film dramatique ! (Louis de Funes est également très bon dans ce film ! )
Deux hommes qui ne se connaissent pas traversent Paris sous l'Occupation avec des valises remplies de porc de contrebande. Ils ne s'apprécient pas vraiment, mais ont la vie de l'autre logée dans l'anse de leur valise. La Traversée de Paris, un film tellement cité (et mal, la plupart du temps : c'est "Jambier", pas "Janvier") qu'on a l'impression de le connaître, mais quelle terrible erreur. La Traversée de Paris, ce n'est pas seulement (si l'on peut dire "seulement") la réunion de trois monstres sacrés du cinéma français que sont Bourvil, De Funès (bien jeune) et Jean Gabin, dont seul ce dernier était déjà bien établi dans son rôle de star bouffe-écran. C'est une lutte sans merci que livre Bourvil à Jean Gabin pour tuer sa propre aura de vedette de comique paysan (sa filmographie jusque-là), tout en imposant son personnage dramatique aux côtés d'une star au style gueulard qui fonctionne à tous les coups et qui met ici le paquet. Tandis qu'on vérifie qu'on n'est pas sourd en fin de film, on essuie au passage la petite larme qui nous a échappée devant la scène finale. On s'est fait avoir, et pour une fois, on est trop content de s'être fait si bien duper. Si le début bruyant, avec un De Funès décidément pas à l'aise avec ce rôle (il explosera dans la comédie et le théâtre de vaudeville, bien évidemment), avec un pincement au cœur devant la brutalité de la tuerie du cochon, avec une histoire qui semble toute tracée, nous a moins plu, la suite nous a lentement conquis, montant en puissance dramatique et en émotion (muette) entre les deux personnages, jusque dans les dernières minutes où l'on ne cligne pas de l’œil pour vérifier que les deux s'en sortent. Mais, en plus de voir le prodigieux effort de Bourvil (on sent qu'il veut jouer sa future carrière sur ce rôle), en plus de l'évolution touchante de ce binôme, en plus des scènes tendues de la fin, en plus de nous avoir (en l'espace de quelques minutes) brisé le cœur (spoiler: Bourvil qui s'efface dans la camionnette direction une mort certaine, en lançant des "Et moi ?! Et moi ?!"... On ne s'en remet pas) et fait bondir de joie (spoiler: lorsque les deux personnages se retrouvent, heureux, avec un dernier trait d'humour : "Alors, toujours à porter des valises ?" / "Eh oui, celles des autres !" , on rigole en essuyant sa larme, on ne sait plus où on en est), en plus de tout cela, vous pouvez profiter d'un noir et blanc somptueux, qui aime à jouer sur les ombres (avec l'apogée qui est ce jeu de distances qui fait grandir les ombres de Gabin et Bourvil au fur et à mesure qu'ils tentent de spoiler: s'échapper et se font prendre devant la boutique, à un pas de la réussite... La forme souligne le fonds tragique). La Traversée de Paris est un film qui monte lentement en puissance, préférant peu à peu les non-dits touchants aux engueulades, puis nous souffle dans le final, méritant sa place parmi les grands films français.
J'ai adoré "la Traversée de Paris", c'est une excellente comédie française aussi drôle qu'émouvante. Très vite le film nous plonge ; en partie grâce à des images et vidéos d'archives ; dans le contexte historique et social : Paris sous l'Occupation. Et pourtant, malgré cette atmosphère pesante, il se dégage de ce film une ambiance chaleureuse et conviviale, comme si cette occupation avait créé un lien entre tout les habitants de la capitale. Le scénario est assez fin, bon vivant même, j'ai adoré cette idée de voyager avec du jambon dans une valise. C'est très pittoresque. Dès lors nos deux personnages atypiques sont plongé dans la ville de Paris, qui est ici très bien filmé : on est dans un véritable petit monde nocturne. Bourvil joue bien, mais c'est surtout Jean Gabin que l'on retient et qui nous marque, avec sa voix rocailleuse, ses répliques cinglantes et sa philosophie de vie particulière. Un grand personnage de cinéma. Ensemble ils forment un duo étrange, aussi bien dysfonctionel que complémentaire. Quand à la fin, je la trouve très émouvante mais surtout, très satisfaisante. À tel point que je me suis surpris à avoir un sourire sur les lèvres au moment du générique de fin...
Un film doté d’un casting 3 étoiles avec des stars de l’époque, rien que Gabin, De Funès et Bourvil! Les meilleurs du comique sont réunis dans le même film, de quoi avoir envie de visionner cette « Traversée de Paris ». Seulement j’ai trouvé ce long métrage quelque peu pénibles par moments, les hurlements sont parfois fort énervants. Une scène m’a tout de même particulièrement fait rire dans la cave ou Bourvil doit jouer de l’accordéon pour étouffer le bruit d’un porc que De Funès est en train d’égorger dans une cave. Un film culte sympathique mais sans plus.
C'est évidemment un classique à voir - au-delà de la scène mythique de trio entre Bourvil, Gabin et de Funès - mais je trouve qu'il n'a pas très bien vieilli. La représentation en carton-pâte, tout en ombres, d'un Paris nocturne occupé est splendide, et le duo Gabin / Bourvil très efficace. Mais les violons et accordéons de la bande-son sont insupportables. Surtout, le personnage de Grandgil interprété par Gabin manque de profondeur et de cohérence, on ne comprend absolument pas ses motivations. Et puis la fin est trop tarte - si on ne respecte pas l'oeuvre originale (la nouvelle de Marcel Aymé), il faut quand même proposer une alternative à la hauteur. Addendum : c'est amusant de voir Gabin, véritable héros de la France Libre, soldat de la deuxième division blindée, etc. jouer un salaud sous l'Occupation. Je me demande ce qui l'a motivé à prendre ce rôle.
Voilà un sujet toujours délicat à traiter, entre drame, mélo voire comédie comme papy fait de la résistance ou la grande vadrouille. Ici, on est tout dans la nuance, toujours entre comédie au début, puis satire de la société de l'époque, puis drame, pour finir en mélo. Tout est si artistiquement entremêlé, si harmonieusement mélangé, qu'on savoure ce film. Gabin et Bourvil mais aussi De Funès n'y ont pas un très beau rôle, dans le sens humain du terme, mais l'époque voulait cela. L'ambiance de cette époque y est d'ailleurs très bien rendu même dans des décors de studio. A voir par tous sans exception, au moins pour témoignage de cette période, enfin un tout petit pan de cette période.