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Ciné2909
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2,5
Publiée le 8 janvier 2016
On ne dirait pas comme ça avec son casting à l’international mais La voie de l’ennemi est réalisé par un français en l’occurrence Rachid Bouchareb. Précisons également qu’il s’agit d’un remake, celui de Deux hommes dans une ville réunissant à l'époque Alain Delon & Jean Gabin. La quête vers la rédemption est un chemin long et difficile comme va l'expérimenter notre pote Forest Whitaker. Harvey Keitel et une excellente Brenda Blethyn viennent s'ajouter à la distribution qui est sans doute l'un des rares atouts d'un film qui pâtit d'un scénario trop linéaire pour nous passionner outre-mesure.
Voilà un excellent polar frenchie, à la sauce américaine, sauce qui prend très bien ! L'histoire n'a rien d'innovante pourtant : détenu qui tente de se réinsérer et qui va rencontrer un tas d'obstacles sur le chemin de la rédemption, hormis son "probation officier" qui va tenter de l'aider. Pourtant, sous cette histoire il y a d'abord nos propres craintes : un détenu qui se convertit à l'Islam en détention, le sentiment que la Justice n'est pas assez passée (18ans de prison pour l'assassinat d'un adjoint au shérif) et puis la crainte que la réinsertion ne soit qu'un mythe auquel nous tentons tous de croire pour ne pas déshumaniser complètement la nature de chaque individus, fut-il le pire criminel. Au final, l'histoire bien filmée, bien racontée, sous ses extra-ordinaires paysages arides du sud des USA, sur fond d'immagration clandestine, nous livre des personnages brut : l'agent de probation, le vieux sheriff Bill Agati (qui fait penser à Joe Arpaio, shérif du comté de Maricopa - NM) et surtout Forest Whitaker, magistral en détenu voulant se réinsérer coûte que coûte.
Librement adapté de deux hommes dans la ville, la voie de l ennemi se concentre plus sur la difficulté de réinsertion après la prison mais il manque la force du pamphlet contre la peine de mort qu avait l original. S il souffre de la comparaison à ce niveau le film de Bouchareb n en reste pas moins excellent. Déjà il bénéficie de décors sensationnels et d une photo magnifique qui en font un western moderne sur une quête de rédemption qui paraît impossible. Les acteurs sont vraiment excellents l opposition Forrest Withaker Harvey Keitel fonctionne parfaitement à leur côté Brenda Blethyn est formidable en agent de probation. L histoire d amour du personnage de Withaker manque de crédibilité selon moi même si elle s inscrit très bien dans l histoire. Un vrai beau film qui mérite qu on s y arrête.
On pouvait craindre le pire en apprenant que Bouchareb avait fait un remake d'un film de Jose Giovanni, le chantre de la pègre, de la loi du milieu et du machisme le plus frelaté. Pourtant cette version est cent fois préférable à Deux hommes dans la ville. Trois comédiens exceptionnels, un décor aride, une tension toujours palpable élèvent ce film noir au niveau du drame antique. La sobriété et le dépouillement ne lui donnent que plus de force. Au passage, la société américaine qui honore son héros de retour d'Afghanistan en prend un petit coup. A la différence de bien d'autres cinéastes français, Bouchareb a bien réussi son passage outre-Atlantique.
Ce film dramatique semble très personnel. Il y a peu de personnages, il y a peu d'actions aussi mais on prend le temps de connaître les personnages. Eux-mêmes évoluant sur des terres désertiques ou presque, dans des paysages natures grandioses. Bref on se laisse aller. Et on apprécie les rôles de Whitaker, Keitel et l'officier de police. Deux Hommes dans la ville semble loin mais qu'importe, car ce trio nous fait oublier le binôme Gabin-Delon. Il est dommage qu'on n'en sache pas plus sur la vie d'avant de Whitaker, que le rapport avec les immigrés clandestins soient si peu étoffé. Mais cela reste un bon film.
Librement inspiré du film " deux hommes dans la ville ", Rachid Bouchareb nous livre son film brut. Il explore à la limite les interprétations de ses personnages et donc de ses acteurs. Une puissance artistique phénoménale doublée d'un charisme envoûtant pour F.Whitaker. H.Keitel en vieux loup est aussi affûté mais il ne reste que sur quelques plans séquences. Le film en lui-même manque cependant de souffle, il ne faut pas s'attendre à du polar actif,nerveux avec du gunfight et de l'action . C'est un film d'atmosphère, ambiance parfois pesante, plan image du désert, visages crispés. Une fin qui aurait peut-être trouvé une meilleure prise. Cela se termine comme le début, sans vraiment trouver l'issue favorable, une sorte de résignation, de point d'honneur de respecter le Code du genre. A voir donc surtout pour le jeu des protagonistes et moins pour l'histoire..
Un bon drame de la part de Rachid Bouchareb ; la trame est classique mais la sauce prend bien, la réalisation est réussie, le scénario traite avec crédibilité et profondeur la question de la rédemption. Quitte à laisser tout de même quelques zones d'ombres autour du film, un peu oubliées en route. A voir en particulier pour la prestation brillante de Forest Whitaker.
J'ai adoré,le film est lent dans sa construction ne se passant pas grand chose et pourtant Forest Whitaker y est Magistral il est comme habité par son personnage lui donnant toute cette Force et cette pudeur Moi suis de l’académie des Oscars je lui file l'oscar sans hésité Grand Film
ce film fait un tres beau tableau d'un sujet de société assez important: la réinsertion. Sans tomber dans des schémas caricaturaux ou simplistes. Assez émouvant très bien joué. Je le conseille chaudement
Une sélection en festival annuel réputé, ici la Berlinale, ne rime décidément pas avec film de grande qualité. C’est en somme le cas de La voie de l’ennemi, long métrage signé Rachid Bouchareb, production française tournée aux Etats-Unis, stars hollywoodiennes à l’appui. Inspiré librement de l’œuvre de José Giovanni, Deux hommes dans la ville, La voie de l’ennemi se glisse tout naturellement dans la filmographique de l’auteur d’Indigènes ou encore de Hors la Loi. Peu importe la géographie, la société exposée, Rachid Bouchareb finit inlassablement par en revenir à son origine musulmane, ici une condition que le metteur en scène intègre à une histoire de rédemption dans une Amérique meurtrie qui se méfie de tous les éléments perturbateurs potentiels. En douce plongée dans les grandes plaines arrides du Nouveau Mexique, nous faisons donc la connaissance de William Garnett, détenu remis en liberté conditionnel à la suite d’une peine d’emprisonnement de 18 ans, converti en route à l’Islam, d’un Shérif local rancunier et peu avenant et d’un agent de probation bourrée de bonne volonté.
Le potentiel était donc bien là, d’autant que l’œuvre, portée par des acteurs de renoms tels que Forest Whitaker ou encore Harvey Keitel, sur le papier, pouvait faire espérer un monument psychologique et policier sur la condition de l’ex-détenu et de la crainte qu’il inspire. On connaît tous les difficultés rencontrées par ces individus, privés durant de longue année de leur liberté puis remis en libre circulation dans une société dont ils ne font plus partie. Mais de cela, Rachid Bouchareb n’en fait qu’une anecdote, de même que la liaison explosive entre le Shérif en poste et l’ex taulard en voie de rédemption. Tout commence très bien, le contexte est clairement défini, les personnages soigneusement présentés, mais l’heure passée, le metteur en scène se perd dans une conjonction morale que n’intéresse foncièrement personne. Prenant le parti de dresser le portrait du personnage principal, très porté sur sa nouvelle religion, là même que celle du metteur en scène, celui-ci en oublie en route de développer l’avenir des personnages dans leur intégralité. Importants dans la première moitié du récit, les personnages d’Harvey Keitel puis de Brenda Blethyn disparaissent tout simplement dans les rouages d’un film au fort goût d’inachevé.
Forest Whitaker est donc le pion maître dans le jeu de metteur en scène francophone, qui outre son scénario qui se désagrège au fil du temps, semble avoir maîtrisé son tournage aux USA. L’équipe technique, l’équipe de production sont en effet françaises, mais un tournage sur sol américain n’a pourtant pas dû s’apparenter à une promenade de santé pour le réalisateur, qui techniquement, s’en tire plutôt bien. Malgré tout, son film laisse entrevoir toutes les faiblesses du cinéma d’auteur français lorsqu’il se confronte aux grandes espérances d’un public qui voyait là l’opportunité de découvrir un film fort. Au final, sous ses allures de grand drame policier, se cache un film psychologique très personnel, certes bien filmé et interprété, mais qui laissera bon nombre de marbre devant son final aussi pessimiste qu’inattendu, dans le mauvais sens du terme.
Un film qui commence bien et qui finit mal, en somme. En dépit d’un tournage américain, de la présence de pointures à l’interprétation, je conseille fortement aux non-initiés des travaux de Rachid Bouchareb de découvrir au préalable ses deux précédents longs, tournés entre France et Maghreb forts d’une polémique pour le moins captivante. 07/20
En plein désert, seul l'éclat du soleil est témoin de la violence dont l'homme peut faire preuve. À coup de pierres, une personne est sauvagement assassinée. Le coupable fera alors dix-huit ans d'emprisonnement pour être relâché sous liberté conditionnelle. Converti à l'Islam, Garnett est en voie de réinsertion.Forest Whitaker,donne encore toute son âme à ce personnage. Alors qu'il aurait pu n'être qu'un archétype, celui-ci prend tout son sens grâce à une interprétation sincère et sensible d'un homme qui veut se reconstruire. Malgré la rage d'un shérif ou l'insistance d'une ancienne connaissance, il évolue dans un décor filmer avec magnificence.
Dans les sublimes paysages désertiques du Nouveau Mexique, Rachid Bouchareb réalise un superbe polar langoureux sur la quête d'une rédemption impossible. Filmé comme un western, le film est jonché de plans magnifiques et de références au genre, comme son scenario d'ailleurs qui reprend le thème classique de l'ex taulard en quête d'une nouvelle vie en proie à son passé. Le tout est remarquablement interprété par Forest Whitaker, par contre la relation et le duel espéré avec Harvey Keitel n'est pas suffisamment traité, ce qui procure une petite déception. On aurait bien aimé que le film continue encore en nous offrant une fin en lien direct avec le shérif.
Un très bon film dramatique. C'est sobre dans l'ensemble avec de beaux paysages désertiques du Nouveau Mexique. Cependant c'est vraiment triste comme histoire, on n'est pas là pour se détendre et se marrer.
L’idée d’adapter Deux Hommes dans la ville pour le public américain était quelque peu étrange et s’est d’ailleurs soldée par un échec cinglant pour Rachid Bouchareb puisque le film n’a quasiment pas été vu en France, et finalement, il n’est pas non plus sorti aux Etats-Unis. On pourrait vraiment considérer cela comme un coup d’épée dans l’eau. Pourtant, le film en lui-même n’est pas dénué de qualités. D’abord, il parvient à actualiser le thème du film de Giovanni sans le répéter servilement (toute la fin est différente par exemple), si bien qu’on n’a jamais l’impression de voir un remake. Ensuite, les personnages ont des caractères différents de ceux du film original et leurs relations également. Enfin, là où l’on pouvait craindre un schématisme de la caractérisation, Bouchareb parvient à nuancer son propos par une attention de chaque instant à la psychologie des personnages. Si l’on ajoute à cela de beaux paysages désertiques et des acteurs au top, La voie de l’ennemi est finalement une réussite de plus à l’actif du réalisateur.
Une réalisation élégante pour un scénario de qualité. Forest Whitaker est sans aucun de doute un grand acteur, il promène sa grande carcasse comme un fardeau et défend son personnage avec pudeur et une colère retenue comme personne.
Harvey Keitel est tout aussi incontournable, on croise sa gueule cassée depuis un bail et ses performances sont toujours à la hauteur.Cette fois il est le flic revanchard et buté.
Brenda Blethyn est une sacrée bonne femme et confirme encore une fois son talent et enfin Luis Guzman nous fait un bon numéro de cabotinage. Un excellent casting et une bonne direction d’acteurs.
Une histoire poignante sur la rédemption et les destins voués à l’échec. Le scénario traine parfois en longueur mais le cadre est magnifique et la direction de photographie est superbe. Rachid Bouchareb sait nous surprendre à chaque film.